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La BBthèque chez soi… lectures confinées

La BBthèque poursuit son exploration et son partage d’idées et ressources de qualité à consulter et pratiquer depuis chez soi pendant la période de confinement imposé dans la crise sanitaire actuelle. Au menu du jour : un parcours lecture ! Et pour ce faire : explorer tout d’abord sa bibliothèque matérielle à fond les ballons, avant d’élargir le cas échéant ses horizons grâce aux initiatives immatérielles proposées actuellement par les acteurs des métiers du livre : auteurs-illustrateurs, éditeurs, bibliothécaires, sans oublier les libraires.

Explorer ma bibliothèque à fond !

Commencer par lire à haute voix les livres pour enfants qu’on a à la maison.

Et une fois qu’on a fait cela une première fois, on les ré-explore ! On peut les regrouper par thème, par auteur, par illustrateur, par couleur, par collections pour ceux qui en ont beaucoup…. On peut chercher les ressemblances, les différences, les complémentarités. On peut chercher ceux qui nous font rire, peur, pleurer, bouger. On peut mettre en scène l’histoire, la transformer en petites scènes de théâtre avec son enfant, en jouant des rôles, en jouant avec son corps, sa voix. On peut varier les lecteurs-acteurs : un parent, un autre parent, un grand frère, une grande sœur… On peut varier les lecteurs-spectateurs.

On peut faire raconter l’histoire à l’enfant, la lui faire dessiner sur des feuilles blanches, lui donner forme avec de la pâte à modeler, inventer une suite ou un commencement.

On peut instaurer tous les jours un temps « silence on lit » où toutes les personnes, petites et grandes, dans la maison, prennent un lire ou deux et le lisent… en silence et en autonomie, et ce y compris pour les tout-petits.

On peut partager ses lectures avec ses proches, en réalisant des petites vidéos de type « lectures filmées » : l’enfant choisit dans sa bibliothèque le livre dont il souhaite voir la lecture filmée, l’adulte le lit à haute voix et filme l’album avec son téléphone pendant qu’il le lit, en mettant l’enfant à contribution pour tourner les pages, émettre le cas échéant des commentaires, effectuer des bruitages… Partager ensuite cette lecture vécue avec sa famille ou ses amis, afin qu’ils puissent la découvrir à leur tour, et, en retour si le cœur leur en dit, vous adresser une lecture filmée d’un album de leurs bibliothèques.

On peut enrichir la bibliothèque d’un à plusieurs album.s qu’on créé de A à Z avec son enfant, si si ! Créer un imagier ou un abécédaire par exemple, en dessinant, en découpant, en collant, en photographiant, en imprimant, en écrivant, etc. On peut même se lancer dans cette très grande aventure en ayant pour coach Claude Ponti en personne, qui, dans le contexte de confinement actuel, propose à tout enfant qui le souhaite de réaliser « ton album perso à toi tout seul et personne d’autre » avec de nouvelles chozafères tous les jours déposées ici sur le drive de M. Ponti.

 

Élargir mes horizons sur la toile

La bibliothèque matérielle peut être enrichie d’une plongée dans des bibliothèques immatérielles, si vous éprouvez l’envie d’élargir avec vos petits bouts (sauf les bébés pour qui les sélections suivantes sont moins adaptées) les horizons de vos lecteurs en herbe en allant faire un tour sur le web. Petite sélection ci-dessous :

Du côté des éditeurs : pourquoi ne pas commencer par un conte abracadabrant, partagé en ligne par les éditions La Joie de lire, avant de mettre un bref instant le nez dans le pré en compagnie de la vache Marta elle-même friande d’aventures poétiques en montgolfière ou dans les mers, et de s’amuser à lire chaque jour une nouvelle fable revisitée. On poursuit par les lectures filmées de magnifiques livres-objets au programme de la série de vidéos présente sur le site des éditions des Grandes Personnes. On regarde aussi les classiques lectures filmées de l’Ecole des loisirs, parmi lesquelles C’est moi le plus beau de Mario Ramos, Ma vallée de Claude Ponti, Le train des souris de Kazuo Iwamura, mais aussi des titres d’Alain Mets, Alex Sanders et Pierrick Bisinski, Claude Boujon… On peut se lancer dans le feuilleton, ou roman-photo, du bébé chien Dachenka, de Karel Čapek, à visionner ici sur le site des éditions MeMo. Mention spéciale aux éditeurs réunis sur le site de La Bernique qui nous délivrent quotidiennement des pastilles antivirus : rendez-vous tous les jours sur http://labernique.com/pastilleantivirus/ pour prendre vos médicaments (albums lus, albums à lire, parmi lesquels le confinement animal dans Tous aux abris ! et activités autour des livres).

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Du côté des bibliothèques : vous pouvez consulter Gallicadabra, la bibliothèque numérique pour les enfants créée par la Bibliothèque nationale de France. Il s’agit d’une application qui propose notamment une sélection d’une cinquantaine de classiques de la littérature pour la jeunesse, lus par des comédiens et relevant de genres comme les contes, fables, comptines, abécédaires. La BBthèque vous invite aussi à penser à consulter le site web de votre bibliothèque municipale, qui pourrait bien vous proposer des ressources jeunesse en ligne de grande qualité pendant ce confinement généralisé !

Les librairies ne sont pas en reste : pourquoi ne pas vous rapprocher de votre libraire préféré par mail ou via son site web, sa page facebook, ou autre moyen de communication numérique ? Il ou elle a sûrement des coups de cœur à partager avec vous… Mettons-nous en appétit pour lire de nouveaux livres à la fin du confinement !

*** La BBthèque vous souhaite d’excellentes lectures confinées… et partagées ! ***

 

 

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La BBthèque chez soi… 1001 coloriages… et + encore

L’éveil musical de la semaine dernière vous a plu ? Cette semaine la BBthèque poursuit sa sélection de ressources à portée de clics pour les plus jeunes, pour s’associer à l’effort collectif et diversifier les plaisirs des petits et grands dans cette période de confinement : sus aux coloriages et aux leçons de dessins ! Psssst : on me chuchote à l’oreille qu’il paraît que ce sont là des activités également très bénéfiques pour les parents 😉

Apprentis coloristes, coloriages d’artistes

« Permis de colorier » ! nous dit Carole Chaix : ses dessins suivants circulent sur les réseaux sociaux et font l’effet d’un bol d’air, un grand bravo et merci à elle !

L’image contient peut-être : dessin

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La BBthèque invite aussi les jeunes enfants à voyager au pays des dragons en mettant en couleurs ce carnet d’artiste de Lucie Vandevelde (@lucie.vandevelde.illus sur facebook), ou encore à devenir les 1001 coloristes de Benjamin Chaud, Camille Jourdy, Peggy Nille (merci à la librairie Récréalivres pour le partage d’infos !) ou encore Elise Gravel qui publient en ligne sur leurs pages facebook respectives ou sur leurs sites web ces jours-ci des illustrations à colorier (pour y accéder, cliquer sur les noms de ces artistes ci-dessus).

Vous pouvez vous régaler aussi, si vous n’avez pas ces ouvrages superbes chez vous, avec les pages de couverture reproduites ci-dessous des drôles de coloriage d’Adrienne Barman et de Dominika Lipniewska (avec quelques autres extraits publiés par l’éditeur La Joie de lire en cliquant sur chaque image ci-dessous !)

Les sites des éditeurs jeunesse proposent également en ligne une série de coloriages d’artistes à portée de clic : c’est le cas notamment des éditions L’Ecole des loisirs (rubrique « l’école des loisirs à la maison » pour accéder aux activités du jour… exemple ce vendredi 20 mars c’était une journée avec Claude Ponti ! coloriages de poussins garantis), La Joie de lire (rubrique Friandises), Benjamins Media (rubrique Goodises), Didier jeunesse (rubrique Bonus), Mijade (rubrique le monde de Mijade – coloriages, mention spéciale pour l’albums de coloriage à télécharger ci-dessous).

Cliquer pour accéder à zebre-coloriage.pdf

https://www.mijade.be/jeunesse/news/Coloriage/

Colorier et créer : ce patrimoine à inventer !

La Bibliothèque nationale de France répertorie, en outre, rien de moins qu’un catalogue de dessins à colorier ! Quand l’activité coloriage rencontre le bagage du patrimoine… munis de nos crayons, pénétrons pas à pas dans la caverne d’Ali Baba : les coloriages de Gallica, accessibles en cliquant ici. Les 1001 dessins que contient cette malle aux trésors sont classés par thèmes : abécédaires, animaux, cirque, contes, imagiers, jeux, moyens de transport, paysages, plantes…

D’un côté les œuvres du passé à colorier / coloriser, de l’autre les œuvres à créer aujourd’hui et demain : au-delà du coloriage, libérer votre créativité… :

  • En pratiquant de l’anticoloriage ! C’est l’idée créative, inspirée par des pédagogies alternatives promouvant le dessin libre, que développe Madeleine Deny dans son excellent blog ludique Si tu veux jouer. Anticoloriage, façon Madeleine Deny, mode d’emploi (images à découvrir en découvrant sur le titre de son blog ci-dessus) : Gribouiller une feuille dans toutes les directions / Quand la feuille est remplie de tracés de l’enfant, l’observer dans le but de découvrir des formes réalistes/ les souligner/ les colorier (c’est ici que le coloriage revient). Une activité qui combine motricité fine et imagination dès le plus jeune âge…
  • Et monter avec vos enfants une exposition chez vous, ça vous dit ? Avec un petit coup de pouce d’Hervé Tullet ? Alors rendez-vous le site web de L’exposition idéale : www.lexpoideale.com, où Hervé Tullet partage ses inspirations, réflexions, processus et techniques de création : une websérie, des ateliers vidéos, des exemples de réalisation… tout pour constituer avec l’artiste sa propre exposition et contribuer à la construction collaborative d’une grande exposition idéale qui serait celle du plus grand nombre d’artistes en herbe !

Expo idéale - Hervé Tullet

A vos crayons, feutres, stylos, pinceaux… et plus encore !

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Petits explorateurs

La BBthèque emboîte le pas des bébés explorateurs et lecteurs à la fois, en chroniquant ici plusieurs livres, accessibles dès la petite enfance, qui disent la découverte du monde… et de soi :

attends-moi !

de Claire Garralon

Il était une fois un petit poisson rouge et un plus grand : sa maman. La maman dit au petit : « allez, on va faire un tour, suis-moi ! » Le petit peine à suivre sa maman : « Maman, attends-moi », tant et si bien que la panique semble le gagner quand sa maman devient hors de portée… de vue. Il cherche et appelle sa maman en pleurant, avant de retrouver le sourire en s’apercevant que sa maman est juste devant lui.

Ils ne pouvaient en effet être loin de l’autre, nous disent les illustrations qui jusqu’alors nous laissaient penser que les poissons étaient dans une grande étendue d’eau, à l’image vraisemblablement du ressenti du jeune enfant : en fait, ils vivent dans un bocal… à poissons rouges, ce dont la maman est parfaitement au courant ! Un bocal… tout rond.

Coucou… caché ! C’est reparti pour un tour, en relisant depuis le début cet album tout cartonné qui dit tout à la fois les séparations et les premières explorations ?

Vole, petit oiseau !

d’Emma Robert et Romain Lubière

C’est l’histoire d’un oiseau qui, à peine sorti du nid, effectue son premier envol :

Vole, petit oiseau, tu as tant de choses à découvrir…

L’album, tout cartonné, suit le vol de l’oiseau, et le bébé lecteur découvre ainsi le monde tel que le parcourt l’animal voyageur dans les airs : les champs colorés, les montagnes poilues, les forêts, les déserts, la banquise, les mers et océans, les savanes arides, les villes… et leurs habitants : vaches, chameaux, ours polaires, antilopes, humains, etc.

Un tour du monde à hauteur d’oiseau, qui initie les tout-petits à la géographie.

Mouha

de Claude Ponti

Mouha, c’est l’histoire d’un.e jeune enfant (toi ? moi !) qui se nomme Mouha. Mouha vit dans un arbre-maison dans les hauteurs. Tout de jaune vêtue comme en bébé-pyjama, et un peu très décoiffée, Mouha est très curieuse de descendre pour voir le monde en bas :

Je suis sûre qu’en bas de l’arbre maison, sur le sol de par terre, où je ne suis jamais allée, il y a plein de choses inconnues que je n’ai jamais vues, des animaux et des personnes inconnues, belles et intéressantes, plein d’occasions belles et intéressantes, plein de plantes belles et intéressantes, plein de bruits, de couleurs, d’odeurs, d’aventures belles et intéressantes ».

Et hop ! Elle se laisse tomber et son voyage commence. Elle trouve un oisillon tombé du nid itou également, qu’elle prend pour compagnon. Elle croise le chemin de Blaise, le poussin masqué, qui lui délivre un message très important :

Ici, sur le sol de par terre, ce qui a l’air vrai ne l’est pas toujours, et ce qui a l’air méchant ou gentil, ne l’est pas toujours non plus.

Certaines personnes, parfois venues de loin, ou d’ailleurs, seront là à temps et au bon moment.

Ce qui est important, c’est que tu es importante.

A part ça, j’aime ta coiffure.

Elle poursuit sa route avec un drôle d’engin, le Bourlingue-Œil. Après avoir vu les arbres, elle découvre les pierres, et de nouveaux animaux. Certains d’entre eux sont des alliés, d’autres non. Il faut être très beaucoup malin pour passer son chemin quand on tombe sur quelqu’un ou quelqu’une qui, comme dans la mythologie, te pose une énigme pour statuer sur ton destin. Chemin faisant, Mouha aiguise sa motricité, mais aussi son sens de l’observation et son esprit logique, sa géométrie (voyage au pays des cubes) et sa créativité (peindre des coccinelles pour les sortir du doute d’être des coccinelles si elles ne sont pas rouges)

L’album, en papier, dans un format paysage, se donne à lire à travers une succession d’images (trois par page), de séquences, telle une histoire à dérouler, un peu comme dans une bande dessinée. La toute jeune lectrice, le tout jeune lecteur, y apprend à grandir en observant, en écoutant, en pensant, en jouant, en faisant, seul, et avec, ou parfois contre, autrui. Un récit initiatique entre réalisme et fiction, avec des mots d’enfants qui disent leur propre expérience de ce grand monde dans lequel ils font leurs premiers pas.

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Dessine-moi une forme ou une idée

S’il-te-plaît dessine-moi… une forme, qui fait des trucs.

S’il-te plaît dessine-moi… mon humeur, mes idées.

La BBthèque vous présente aujourd’hui deux albums qui illustrent et racontent la constitution de desseins par le dessin lui-même en construction. Des livres combinant éveil artistique et éveil des tout-petits à d’autres notions variées telles que les formes, mais aussi les actions et les émotions :

O

de Lucie Phan

Lucie Phan, dont vous avez peut-être pu déjà découvrir le fantastique Croc croque (non ? séance de rattrapage ici), sort un nouvel album, tout cartonné et format carré, s’adressant à nouveau aux tout-petits en jouant avec les lettres, les couleurs et les formes, 100% à hauteur des bébés lecteurs.

Au commencement c’est l’histoire de O, un cercle rouge donc… qui roule : deux coups de crayon noir et le voilà dévalant une pente… et cogner à la double page suivante le deuxième protagoniste qui n’est autre qu’un carré bleu. BOum. C’est une première rencontre, l’auteur-illustrateur-démiurge donne aux deux formes des yeux pour leur permettre de (se) voir, mais aussi de quoi évoluer et grandir chacun côte à côte en bonne entente : elle leur dessine ainsi des jambes, pour marcher, grimper… tomber ! Continue d’explorer la motricité en leur donnant des bras, créé leur capacité d’écoute en leur attribuant des oreilles et leur confère pour finir une bouche qui leur permettra tant de parler que de manger. En quatrième couverture, surprise, le duo de formes rond rouge & carré bleu élargit son univers en rencontrant un troisième personnage, un triangle… jaune !

A partir d’éléments de géométrie simple et en utilisant les couleurs primaires, Lucie Phan dessine, dans ce court et compact album au graphisme ludique et dynamique, un monde évolutif, qui prend littéralement corps au fur et à mesure de la lecture… et illustre à merveille le développement des tout-petits.

mes idées noires

de Leticia Rose

Lumière à présent sur un premier documentaire qui relève haut la main un pari difficile : dessiner des émotions, en déployant un graphisme de haut vol fondé sur un travail autour de la couleur. Le noir et blanc pour commencer, puis les couleurs, beaucoup de couleurs, une fois les idées noires apprivoisées… et dépassées.

quand je n’ai pas le moral,

dans ma tête se faufilent mes idées noires,

ces mauvaises pensées qu’on laisse venir et qui s’installent quand on se sent mal

dit le texte, jaune sur fond noir (le jaune dit déjà la lumière dans la nuit, une lueur d’espoir que la suite du récit matérialisera), sur la page de gauche, tandis que sur la page de droite, 6 à 9 toutes petites spirales noires crayonnées sur fonds blanc illustrent ces idées émergentes, qui vont prendre une place grandissante. Les pages suivantes décrivent par les mots et par l’image ce que ces idées, spirales noires croissantes jusqu’à remplir la double page de noir, opèrent chez le narrateur : elles apportent tristesse, découragement, fatigue, elles peuvent oppresser aussi, occuper tout l’esprit.

Quand réapparaît la couleur : le narrateur commence à nouveau à voir le verre non plus à moitié vide, mais à moitié plein, en se mettant à penser aux idées joyeuses. Celles que ses idées noires aurait comme emprisonné (et l’illustration de montrer des billes de couleurs derrière des barreaux noirs, sur fond blanc) ou noyé (et l’illustration de mettre en scène les billes multicolores au fond d’une mer noire). Si les idées noires fourmillent, les idées colorées jaillissent du cœur et montent jusqu’au cerveau, pour irradier à nouveau le corps et l’esprit. « C’est un peu comme si elles coloriait mes idées noires » dit le texte, quand l’illustration montre des dessins de spirales noires sur lesquelles on aurait redessiné avec des crayons de couleur. « Ou comme si mes idées noires étaient mangées par mes idées joyeuses » : le graphisme s’inspire alors du jeu pacman avec des ronds colorés de taille moyenne et gueule ouverte mangeant des cercles noirs devenus petits. La guerre est déclarée, reste à choisir son camp, et, puisque le travail est déjà bien entamé, se concentrer sur ces bulles colorées et joyeuses et les imaginer grandir, grandir et occuper tout l’écran de ses pensées.

En une trentaine de pages, le tout jeune lecteur vit, grâce à la démarche artistique adoptée, une expérience de lecture, à la fois distanciée et immersive, de ces émotions universelles (tristesse / gaieté ; malheur / bonheur…) qui traversent tout un chacun et qu’il est essentiel de connaître pour pouvoir les gérer. Ici, c’est le dessin, esthétique et didactique, qui donne corps aux idées et permet de les maîtriser. Un livre-clé, qui donne de nouvelles idées : pourquoi ne pas inviter les jeunes enfants à dessiner eux aussi leurs ressentis ?

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Des chiffres et des lettres

La BBthèque fait sa rentrée en accompagnant les bébés lecteurs dans leur rentrée !

Au menu cette semaine, des chiffres et des lettres : un premier contact, ludique, graphique, artistique, avec les nombres et l’alphabet, à travers une série de nouvelles publications.

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Côté chiffres

La BBthèque vous présente en particulier trois nouveaux livres pour l’éveil aux mathématiques, l’apprentissage progressif et créatif des chiffres de 1 à 10 : Chiffres de Leo Lionni aux éditions de l’école des loisirs ; 1, 2, 3… art de Marie-Jo Vidalinc et Carole Crouzet aux éditions Eliart ; Les poissons (chiffres) d’Elo aux éditions Sarbacane.

Chiffres de Leo Lionni

Ce petit ouvrage tout cartonné, format carré, écrit par l’auteur-illustrateur de Petit-Bleu et Petit-Jaune, Leo Lionni, met en en scène 1, 2, 3… souris.

Une page, un chiffre ; le tout raconte une histoire : 1, quand la souris est seule, elle a la larme à l’œil ; 2, quand la souris rencontre un.e ami.e, l’une et l’autre sourient ; 3, les deux souris se sont reproduit ; 2 parents + 2 enfants dont 4 ; avant que le nombre de souriceaux continue de croître… l’occasion pour ces derniers de s’amuser, en nombre, avec les chiffres qui désignent leur quantité : monter sur le 5 ou sur le 8, caresser le 7 avec sa queue, porter à bout de bras le 6, lancer le 9 comme on lance un ballon, etc. Ou comment jouer avec la matérialité des mathématiques.

1, 2, 3… art par Marie-Jo Vidalinc et Carole Crouzet

Chiffres toujours, mais en compagnie, non plus de souris, mais de tableaux de renom : éveiller conjointement aux mathématiques et à l’art, tel est le pari relevé par les éditions Eliart dans ce premier documentaire.

Dans ce livre, format portrait, chaque double page incarne un chiffre : sur une page, la reproduction d’une œuvre d’art ; sur l’autre page, le chiffre lui-même et son écriture en toutes lettres, ainsi qu’un texte commentant l’œuvre à hauteur d’enfant… et invitant ce dernier à chercher-trouver, dans le tableau, un élément présent dans la quantité décrite par le nombre.

Au fur et à mesure de la lecture, un caméléon facétieux et heureux, comptant sur les doigts de sa maman, prend forme, matérialisant l’atteinte par les jeunes lecteurs de l’objectif mathématique : compter jusqu’à 10 ! Au passage, découvrir, observer, analysée des tableaux de Paul Signac, Joan Miró, Le Douanier Rousseau, Paul Cézanne, Vassily Kandinsky, Andy Warhol, Le Greco…

Quelques extraits à découvrir ici.

Les poissons (chiffres) d’Elo

Vous souvenez-vous des précédentes publications d’Elo aux éditions Sarbacane ? Après LES OISEAUX (couleurs), LES CHIENS (contraires) et LES CHATS (formes), Elo apprend aux tout-petits à compter comme des poissons dans l’eau, plongeant les chiffres avec les poissons dans l’eau de l’aquarium ou de l’océan.

Le principe de la collection est le même que pour les titres précédents : un livre-jeu à rabats aux illustration colorées et fantaisistes, à manipuler à souhait, sur le principe du coucou-caché : 1 gros poisson peut ainsi cacher 2 plus petits poissons : selon le point de vue, la scène change, une nageoire déplacée par exemple peut faire apparaître 1 nouveau poisson insoupçonné. Chaque double page introduit 1 poisson supplémentaire : + 1 ! Un titre fondamentalement ludique pour apprendre à compter (les poissons).

Côté lettres

Lettres de Leo Lionni

Indispensable pendant à Chiffres chroniqué ci-dessus, et également publié aux éditions de l’Ecole des loisirs, Lettres de Leo Lionni constitue un tout premier abécédaire, où une série de souris joue littérale-graphique-ment avec les lettres de l’alphabet.

Les lettres, représentées dans l’ordre alphabétique, se distinguent dans ce tout cartonné, format carré, par leurs couleurs et l’impression de matérialité qu’elles dégagent.

Les souris, toutes grises, touchent, portent, montent, traversent, transportent, se prêtent, échangent, etc. ces éléments que sont les lettres de l’alphabet.

La preuve en images :

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Bonne rentrée à toutes et à tous ! Vous pourrez retrouver aux liens suivants d’autres ouvrages au top sur les chiffres et les lettres pour les tout-petits :

  • A,B,C : sélection d’abécédaires pour les 0-3 ans
  • 1,2,3 : sélections de livres à chiffres pour les 0-3 ans
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Roulé – caché !

Lumière sur deux tout-cartonnés, publiés à l’attention des bébés en 2019 aux éditions l’Ecole des loisirs, qui ont pour point commun de raconter et mettre en scène le jeu premier… soit les jeux fondamentaux auxquels on joue dès la petite enfance et qui peuvent faire l’objet de mille et une variantes :

  • jouer à la balle : c’est l’objet de Roule ma boule, de Grégoire Solotareff
  • jouer à cache-cache : comme La mouette et le goéland, de Jeanne Boyer

Roule

ma boule

Sur la page de droite de la première double plage, la première phrase de cet album annonce la couleur : « C’est l’histoire de ma boule ». La deuxième phrase ouvre le récit : « Je l’avais laissée tout en haut de l’escalier » ; sur la page de gauche, le bébé lecteur voit « ma balle » (rouge) en haut d’un escalier (rose) de trois marches. Quand soudain arrive le facteur déclencheur. Un chat. Dont la patte joueuse passait par là. Résultat : la balle roula jusqu’en bas (de l’escalier rose qui désormais compte beaucoup beaucoup beaucoup plus de marches). Ce n’est pas le tout : l’histoire de ma boule continue, avec une porte lumineuse, donnant cependant sur un espace plongé dans le noir. Nouveau facteur déclencheur : une main s’empare de l’objet roulant… qui est à présent lancé, si loin qu’il a bien le temps de voir du pays et nous faire voyager avant de revenir… devinez, en haut d’un escalier. 3, 2, 1 c’est potentiellement reparti pour une nouvelle histoire !

Qui l’eût cru ? L’histoire de ma boule, signée Grégoire Solotareff, est une aventure à part entière, un périple parsemé de surprises, un voyage qui nous emmène loin et près à la fois ! Ce récit fondamentalement ludique et dynamique, à hauteur des tout-petits, est servi par des illustrations épurées et colorées, permettant aux très jeunes lecteurs d’identifier aisément les formes et le mouvement, tout en s’identifiant à cet objet devenu personnage principal de l’histoire : ma boule.

La mouette et le goéland

la mouette et le goéland jeanne boyer

En complément, voici deux oiseaux habitués de la plage : la mouette et le goéland, qui se donnent rendez-vous les pattes dans le sable et conviennent de se livrer à une partie de cache-cache. Coucou-caché, c’est le goéland qui compte et la mouette qui part se cacher. Passé le chiffre 20, le goéland démarre sa quête – et le bébé lecteur avec lui. Où est cachée la mouette ? Derrière les rochers ? Que nenni derrière les rochers c’est un crabe qui est caché ! Dans le château de sable ? Mais non ce sont les étoiles de mer qui nous saluent bien bas dans ce sable-là ! Sous la serviette ? Ne confondons pas tout et laissons à la tortue son abri pour son moment de calme et répit. Derrière le parasol ? Encore moins… vous allez rire, c’est un phoque qui se trouve là, les yeux rivés sur son smartphone… ! La mouette se serait-elle envolée ? Et pourquoi pas ? C’est en levant les yeux au ciel que le goéland finit par trouver au-dessus ce qu’il cherchait.

Cet album, écrit et illustré par Jeanne Boyer, raconte avec humour une partie de cache-cache en bord de mer ; l’occasion de passer en revue le bestiaire marin mais aussi les poncifs de la plage, dans la bonne humeur, tout en faisant la part belle à l’amitié : se chercher pour mieux se trouver ; dans une partie de coucou-caché, il est essentiel, en effet, de se retrouver ; et profiter alors à nouveau, comme la mouette et le goéland, d’un agréable moment… ensemble.

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2 comptines, 1 poule, 1 canard

Dans la BBthèque cette semaine, voici deux comptines volatiles, revisitées avec brio par deux grands auteurs-illustrateurs jeunesse pour le plaisir des yeux et des oreilles des tout-petits :

« Une poule sur un mur … »

par Thierry Dedieu

Un nouveau titre signé Dedieu dans l’excellente collection Bon pour les bébés au Seuil jeunesse, c’est toujours une bonne nouvelle — pour mémoire, cette collection combine notamment un grand format pour tout-petit lecteur et des illustrations noir et blanc exclusivement.

Retour aux fondamentaux avec cette comptine si triviale et musicale à la fois, tellement universelle qu’elle fait systématiquement le bonheur des très jeunes enfants, et ce tout particulièrement quand les paroles de la comptine sont servies par des illustrations aussi expressives, mention spéciale à la poule dont le bébé lecteur épouse les mouvements de tête, les mouvements de cou, les mouvements de bec, pour, avec un large sourire, picoti… picota, picoter sa nourriture, le pain dur, lever la queue puis lever le camp !

« Un petit canard au bord de l’eau … »

par Jeanne Ashbé

Publié dans la collection Pastel des éditions de l’Ecole des loisirs, le nouvel album de Jeanne Ashbé exprime dès la couverture sa substantifique moelle : une coquille d’oeuf (dont le bébé lecteur appréciera le volume du bout des doigts) en train de se fêler car il est l’heure pour un caneton de voir le jour… ou comment naître au monde, mais aussi grandir — faire ses premiers pas, connaître son premier envol, sous le regard protecteur et bienveillant d’une maman.

Bon…, s’intitule cet album de naissance : comme une maman dirait, murmurerait, scanderait, chantonnerait, commenterait chaque petit ou grand événement par autant de « bon… », « bon bon bon »…, « bon… jour, toi », « bon… zour », jolie répétition de sonorités pour les bébés, et au-delà, jeux et choix de mots qui disent tout l’amour que le parent porte à l’enfant et qui nourrit la confiance de celui-ci envers le monde qu’il découvre, sécurité affective te voici te voilà.

Place ensuite… à une musique un peu plus complexe, une comptine, revisitée, qui correspond à un deuxième temps : le caneton va devenir canard, car voici qu’au bord de la mare la comptine narre l’autonomisation progressive de ce petit être en devenir. « Un petit canard au bord de l’eau… il est si beau… il est si beau… » (se mirer dans l’eau, prendre conscience de soi : je suis un être à part entière à présent), « un petit canard au bord de l’eau… il est si beau qu’il tombe dans l’eau… Plouf ! » « Bon… bon… booon »… commente la mère cane, large sourire au bec, de voir le jeune canard ressortir la tête de l’eau après ce plongeon involontaire et premier, l’air de dire l’air de dire, tu es tombé, ce n’est pas grave, tu t’es relevé maintenant, c’est en faisant qu’on apprend, bref, bon… voilà qui est fait… alors… on passe à une nouvelle étape : le petit canard, mais aussi ses comparses (si ce n’est toi c’est donc ta sœur… ou ton frère), barbotent ainsi, ensuite, derrière leur mère, avant de s’envoler ensemble dans les airs !

« Bon voyage, petit canard ! » dit le mot de la fin, montrant notre petit canard sans frère, sans sœur, sans maman, mais volant comme un grand… en souriant.