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A la découverte des fourmis

En ces temps où, souvent, même les citadins se mettent au vert, la BBthèque invite aujourd’hui les bébés lecteurs à découvrir la trépidante vie des fourmis, à travers un premier documentaire signé Fleur Faugey et Chloé du Colombier aux éditions Ricochet :

Ce livre, format carré d’une vingtaine de pages, donnant la part large à l’illustration, éveille à la nature comme son cousin La vie dans la banquise, en s’intéressant cette fois à des insectes très proches de nous : les fourmis, dont le cycle de vie nous est raconté ici comme un récit. Nous voici dans « le secret de la fourmilière » en compagnie de la reine des fourmis qui chaque jour pond des œufs… donnant naissance à des larves, nourries par ses grandes sœurs dites ouvrières nourrices, avant de devenir une nymphe se transformant dans son cocon à son tour en fourmi, et de prendre le relais pour nourrir les nouveaux bébés fourmis. Les petites fourmis les mieux nourries ont des ailes qui poussent de leur corps : ce sont les princesses et les princes, appelés à fonder ensemble un jour leurs propres familles ; d’un coup d’aile celles devenues ainsi reines s’installeront dans d’autres fourmilières que la communauté développera. En vieillissant, la fourmi ouvrière quant à elle voit en effet son travail évoluer ; elle entretient et agrandit la fourmilière, avant de pouvoir à son tour sortir à l’air libre chercher de la nourriture à l’extérieur.

Un ouvrage instructif sur le mode de vie de ces êtres plus petits que soi.

Quelques extraits à découvrir ici !

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Bébé B-A-ba : bébé dictionnaire ou dictionnaire pour bébé

Après un tout premier roman pour les bébés (souvenez-vous… il s’appelle Caché et il est chroniqué ici), Corinne Dreyfuss relève un nouveau défi : avec l’illustratrice Kei Lam, elle écrit un tout premier dictionnaire pour les tout-petits publié en 2019 aux éditions Thierry Magnier… La BBthèque vous présente ainsi aujourd’hui :

Bébé Béaba : le tout premier dico

Corinne Dreyfuss & Kei Lam

Ce premier documentaire, présentant globalement le même aspect matériel que le premier roman pour bébés (dimensions du livre, format portrait… serait-ce le début d’une nouvelle collection !??), mélange et réunit en un seul objet des caractéristiques standard des livres pour bébés — c’est un tout cartonné, qui marie texte et images en donnant la part belle à des illustrations colorées — et des attributs des livres pour public plus âgé voire adulte — c’est un dictionnaire, liste de mots avec définition classés par ordre alphabétique.

Or donc, il s’agit d’un dictionnaire pour tout-petit, qui référence une trentaine de mots qui fondent les premiers échanges entre les bébés et les adultes, à commencer par les parents. Ces mots sont sélectionnés pour ce qu’ils désignent dans l’environnement familier et quotidien du jeune enfant (miam miam : manger, joujoux : tes jouets ; mamma : maman ; papa : papa), comme pour leurs sonorités (miam miam : onomatopée, tout comme à dada, blabla, cuicui, glagla) ou encore pour ce qu’ils ne manqueront pas d’évoquer comme sensation (caca : ça pue / cracra : c’est sale / guili guili : ça chatouille) ; ils ont une valeur éducative, aussi, parfois (pipi : c’est dans la couche ou dans le pot). Ces premiers mots, constitution d’un vocabulaire et d’une vocalisation balbutiant.e.s, figurent rarement dans un dictionnaire pour adulte, ni pour enfant : ce sont des vrai-faux mots dont l’usage est restreint aux parents, encadrants et enfants qui pourraient les utiliser pendant cette période spécifique de premier apprentissage intuitif du langage qu’est la petite enfance. Ils sont illustrés avec force humour, par des dessins sobres et expressifs, sur fonds de couleurs alternées ; à chaque page, on retrouve une image du bébé parleur / bébé lecteur, qui tour à tour, en fonction des termes qu’il incarne, prend des airs ravi, coquin, triste, conspirateur, observateur, serein, aventureux, etc. Tout ce que les mots nous permettent de vivre et d’exprimer…

Une démarche originale qui permet d’aborder avec le bébé lecteur de nombreuses notions, parmi lesquelles et de manière privilégiée : la parole, et de l’amener pas à pas vers la lecture et l’écriture, jusqu’à un jour, au sortir de la petite enfance, reconnaître et distinguer des lettres, par ordre alphabétique s’il-vous-plaît… l’heure sera alors venue d’écrire ou de consulter un nouveau dictionnaire, sans doute. Celui qui complétera le B-A-ba par de nouvelles images, de nouvelles expressions, de nouveaux mots.

Quelques images pour vous faire une idée :

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Une histoire de pieds… en éventail

L’été se poursuit dans la BBthèque, qui fait honneur, une fois n’est pas coutume, aux pieds d’ici et d’ailleurs, avec un éloge du pied dans tous ses états :

Les pieds en éventail

de Sandra Le Guen & Marjorie Béal

aux éditions Les P’tits Bérets

Dans ce tout cartonné format carré aux couleurs vives de l’enfance et de l’été, seuls comptent les pieds pourvu qu’ils trouvent rimes à leurs pieds : les pieds nus de Léo qui pataugent dans l’eau, ceux de Charlotte qui ne jurent que par les bottes, ceux de Lisette qui préfèrent les grosses chaussettes, ceux de mamie jolis mais rabougris, ceux de la grande sœur qui se peint les ongles de toutes les couleurs, etc.

Et puis il y a les pieds du narrateur : qui sont-ils, que font-ils ? « Et mes petits pieds à moi… ça dépend des fois ! » Comme quoi… Sur les dernières double pages de cet album, les pieds de l’enfant sont ainsi entraînés dans toute une série d’actions : jouer, pédaler, dévaler, courir, marcher, danser, nager, sauter… Autant dire qu’ils en font des choses et dès le plus jeune âge, ces petits pieds ! Et même se reposer… les doigts en éventail.

Bref… la poésie… c’est le pied en été !? Une lecture-détente à partager avec les petits qui découvrent dès la petite enfance leur corps et celui d’autrui, ainsi que les activités physiques diverses et variées en développant leur motricité.

Psssst : (au moins) un escargot figure sur chaque double page, le bébé lecteur saura-t-il le retrouver ?

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Imagier de la montagne

François Delebecque est de retour dans la BBthèque ! Après notamment un Imagier de la plage, il prend de l’altitude et nous livre en plus, encore et toujours aux éditions (Les Grandes Personnes) un…

Imagier de la montagne

Cet imagier est un livre-jeu, qui se donne à lire avec des volets à soulever : en première approche, une silhouette ou forme en noir sur fonds blanc ou inversement ; et sous le rabat, une photo représentant la même image mais, en couleur et plus riche en détails. Comme une approche progressive des massifs montagneux et des principales caractéristiques de ce milieu : comment y va-t-on ? pourquoi pas en train ; qui y trouve-t-on ? vache et mouton l’été, chien de traîneau l’hiver ; qu’y fait-on ? on y randonne et dès le plus jeune âge pardi ! de l’accrobranche, parfois, aussi ; qu’y voit-on ? des boutons d’or, une cascade, un lac, un château, ou encore un glacier tout là-haut…

Un premier documentaire à partager été comme hiver, printemps et automne, à la montagne ou ailleurs, avec les tout jeunes enfants pour qui c’est l’occasion de mettre en mots et en images cet environnement donnant la part belle à la nature et à milles et une expériences en plein air.

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La vie dans la banquise

Par ces fortes températures, toute sensation de fraîcheur, même livresque, est la bienvenue ! C’est pourquoi la BBthèque vous propose de faire un petit tour sur la banquise ce jour… avec le premier documentaire suivant paru aux éditions du Ricochet :

La p’tite banquise

de Marie Lescroart et Chloé du Colombier

Sur la Terre, sais-tu où il fait le plus froid ?

Au pôle Nord tout en haut et au pôle Sud tout en bas.

Ainsi commence le livre, avec la représentation graphique de la terre, donnant la part belle à ces contrées blanches et glacées, avant de pénétrer plus avant dans ces pays et paysages. Il y est question du climat qui y règne, et de la faune qui l’habite : focus sur des animaux (l’ours blanc, les pingouins, les manchots, les orques…) et leurs modes de vie, sur les étonnantes capacités de nombre d’entre eux à changer d’apparence pour se fondre dans le décor d’une saison à l’autre, leurs trucs pour se protéger du froid, etc. Il est même question, au printemps, des oiseaux du monde entier qui viennent y pondre leurs bébés !

Un premier documentaire bien emmené et très adapté pour les jeunes enfants.

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Ca veut dire quoi, être normal.e ?

Aujourd’hui, la BBthèque vous présente un livre au top, paru aux éditions Kaléïdoscope, qui aborde la question de l’identité de soi au regard des autres, sujet fondamental à l’heure des premières sociabilisations, en crèche par exemple, puis à l’école :

Les gens normaux

de Michaël Escoffier et Laure Monboulou

Le point de départ de l’album, c’est un.e enfant (Logan) qui dit à un.e autre enfant (Zita) qu’il.elle n’est pas normal.e. L’enfant recevant cette remarque s’interroge : ça veut dire quoi, être normal.e ? Pose d’abord la question à ses parents (réponse lambda mais qui ne lui suffit pas : être normal.e, c’est ressembler aux autres, faire comme tout le monde), puis se résout à mener sa propre enquête. Voici l’enfant supposé.e pas normal.e, Zita, en train d’observer et de prendre en notes, « méthodiquement », nous précise-t-on, dans diverses situations du quotidien, les caractéristiques et comportements de chacun de ses camarades :

  • quelle est la tendance en matière capillaire : peut-on dire que la norme c’est cheveux courts garçons / cheveux longs filles, ou y a-t-il des exceptions ?
  • comment les uns et les autres croisent leurs bras ? la plupart comme ci, mais certains comme cela
  • avec quoi on mange les frites : ketchup ou mayo ? ici le match est équilibré… mais il y a un.e enfant qui est allergique aux pommes de terre, donc c’est bon on peut le.la classer dans la catégorie des « pas normaux »

Zita arrive au terme de son enquête et analyse les résultats : deux groupes, dans la catégorie « pas normal » il y a plein d’enfants, presque tous en fait ; dans la catégorie « normal » il n’a qu’un.e enfant, Logan. « Quelque chose cloche… » Zita se met à espionner Logan… jusqu’à trouver la faille : Logan fait les boucles du « f » comme personne… il n’est donc pas normal NON PLUS !

Conclusion, que Zita court annoncer comme une bonne nouvelle à ses camarades :

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LES GENS NORMAUX N’EXISTENT PAS !

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Desservi par un graphisme enfantin et écrit 100% à hauteur d’enfant avec toute l’ingénuité, la détermination et l’intelligence de l’enfance, cet album est à lire et relire aux jeunes enfants, pour prendre conscience que, si nous sommes tous des être humains, chaque humain a sa propre identité, que rien ne sert donc de normer.

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2 comptines, 1 poule, 1 canard

Dans la BBthèque cette semaine, voici deux comptines volatiles, revisitées avec brio par deux grands auteurs-illustrateurs jeunesse pour le plaisir des yeux et des oreilles des tout-petits :

« Une poule sur un mur … »

par Thierry Dedieu

Un nouveau titre signé Dedieu dans l’excellente collection Bon pour les bébés au Seuil jeunesse, c’est toujours une bonne nouvelle — pour mémoire, cette collection combine notamment un grand format pour tout-petit lecteur et des illustrations noir et blanc exclusivement.

Retour aux fondamentaux avec cette comptine si triviale et musicale à la fois, tellement universelle qu’elle fait systématiquement le bonheur des très jeunes enfants, et ce tout particulièrement quand les paroles de la comptine sont servies par des illustrations aussi expressives, mention spéciale à la poule dont le bébé lecteur épouse les mouvements de tête, les mouvements de cou, les mouvements de bec, pour, avec un large sourire, picoti… picota, picoter sa nourriture, le pain dur, lever la queue puis lever le camp !

« Un petit canard au bord de l’eau … »

par Jeanne Ashbé

Publié dans la collection Pastel des éditions de l’Ecole des loisirs, le nouvel album de Jeanne Ashbé exprime dès la couverture sa substantifique moelle : une coquille d’oeuf (dont le bébé lecteur appréciera le volume du bout des doigts) en train de se fêler car il est l’heure pour un caneton de voir le jour… ou comment naître au monde, mais aussi grandir — faire ses premiers pas, connaître son premier envol, sous le regard protecteur et bienveillant d’une maman.

Bon…, s’intitule cet album de naissance : comme une maman dirait, murmurerait, scanderait, chantonnerait, commenterait chaque petit ou grand événement par autant de « bon… », « bon bon bon »…, « bon… jour, toi », « bon… zour », jolie répétition de sonorités pour les bébés, et au-delà, jeux et choix de mots qui disent tout l’amour que le parent porte à l’enfant et qui nourrit la confiance de celui-ci envers le monde qu’il découvre, sécurité affective te voici te voilà.

Place ensuite… à une musique un peu plus complexe, une comptine, revisitée, qui correspond à un deuxième temps : le caneton va devenir canard, car voici qu’au bord de la mare la comptine narre l’autonomisation progressive de ce petit être en devenir. « Un petit canard au bord de l’eau… il est si beau… il est si beau… » (se mirer dans l’eau, prendre conscience de soi : je suis un être à part entière à présent), « un petit canard au bord de l’eau… il est si beau qu’il tombe dans l’eau… Plouf ! » « Bon… bon… booon »… commente la mère cane, large sourire au bec, de voir le jeune canard ressortir la tête de l’eau après ce plongeon involontaire et premier, l’air de dire l’air de dire, tu es tombé, ce n’est pas grave, tu t’es relevé maintenant, c’est en faisant qu’on apprend, bref, bon… voilà qui est fait… alors… on passe à une nouvelle étape : le petit canard, mais aussi ses comparses (si ce n’est toi c’est donc ta sœur… ou ton frère), barbotent ainsi, ensuite, derrière leur mère, avant de s’envoler ensemble dans les airs !

« Bon voyage, petit canard ! » dit le mot de la fin, montrant notre petit canard sans frère, sans sœur, sans maman, mais volant comme un grand… en souriant.