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SPLASH !

La BBthèque poursuit dans sa lignée originalité/modernité : après les comptines version électroacoustique (Tipi Tipi Ta… par ), place à un album très graphique et complètement pop qui fait penser au street art, aux graffitis, aux dessins animés aussi, et y associe de manière profondément ludique les tout-petits. Le titre et la couverture annoncent la couleur, voici…

SPLASH !

de Jon Burgerman

aux éditions Les Fourmis rouges

Dans ce livre, c’est l’acte même de tourner les pages, par le bébé lecteur ou l’adulte lecteur, qui motive voire génère l’histoire : une action, une conséquence. Splash. Car le principe du livre, c’est de faire Splash, en rabattant la page de droite sur la page de gauche. Splash. Et ainsi l’illustration de gauche s’enrichit de l’illustration de droite, en mode je m’écrase sur toi. Splash. Au départ il y a… sur la page de gauche et sur fonds rose un truc vert, on dirait vaguement un arbuste, une branche de brocolis ; sur la page de droite et sur fonds jaune, deux yeux lorgnant sur l’illustration de gauche et une bouche sourire en coin ; que se passe-t-il si tu tournes la page ? demande l’auteur-illustrateur à son lecteur… Splash ! Nous voyons désormais sur la page de droite un bonhomme vert un peu sonné par le choc, il a récupéré des yeux (même s’il n’a pas encore le regard bien clair) et il tire sa nouvelle langue, tiens-bon, petit bonhomme, tu n’es pas au bout de tes peines. Ce n’était que ton premier Splash ! parmi une série de splash. Au fil de la lecture, tu te prendras dans la figure une tarte, un sandwich, des lunettes, des paillettes, des plus ou moins petites bêtes, tu seras rincé et ventilé, avant de tout recommencer !! Méga Splash !

Un livre à gags dont le bébé lecteur est le principal acteur, pour son plus grand plaisir. L’humour de répétition se joue du principe d’accumulation, dans la tête du lecteur ça peut donner lieu à un tourbillon de questions, et si j’ajoute ça, qu’est-ce que ça donne, oh mais puisqu’il y a ça en plus, il faudrait aussi ceci et pourquoi pas cela, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin, il va falloir remettre ça, bon OK on s’arrête… ou pas… !!! Au total, 32 pages où le bébé lecteur vit une expérience, intégralement livresque, totalement inoffensive, mêlant transgression, toute-puissance et fou-rires à foison. De temps à autre, il se met même à la place du malheureux personnage entarté. Et vous l’imaginez bien… rien que prononcer l’onomatopée splash à chaque splash remplit le tout jeune lecteur de joie !

La BBthèque vous recommande vivement cette crème de livre, ou plutôt ce livre qui se transforme, c’est peu commun, en lancers de tarte à la crème & autres surprises, et dont vous trouverez quelques extraits par ! Et pssssst, pourquoi ne pas prolonger la lecture de ce livre par des activités plastiques ?

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Le livre qui se penche sur ton berceau

Jamais deux sans trois : après Le visiteur d’Iching Hung et Tu vas voir de Frédérique Bertrand, voici tout comme d’Henri Meunier, un tout aussi chouette livre de naissance, paru au Rouergue, qui se distingue par sa gaie fantaisie :

Ici, ce sont toutes sortes de fées de France et de Navarre qui viennent se pencher sur le berceau du bébé pas-encore-né ou tout-juste-né et qui lui adressent une tendre prédiction se fondant toujours sur un effet miroir : tu seras tout comme moi, mon fils, ma fille, mon filleul, ma filleule, etc. !

Le ton, résolument ludique, des images comme des mots, plaira aux tout-petits comme aux plus grands, l’écart entre la fée et le bébé, traduit visuellement, étant proprement hilarant :

« Oouh oouh ! » dit le loup, tu auras de l’appétit et tu auras bon goût, comme moi

[à ma gauche, un loup avec fourchette et couteau ; à ma droite, un biberon]

« Grooar », dit le lion, tu auras des rêves majestueux et tu trôneras, comme moi

[à ma gauche, le roi lion sur son siège ; à ma droite, un pot et du papier toilette]

Cet album traduit avec beaucoup de bienveillance les tout premiers échanges qui ont presque toujours lieu à l’occasion d’une naissance, entre un nouveau-né et ses êtres les plus proches, ce qu’ils lui disent, la part d’eux-mêmes qu’ils ne manquent pas de projeter sur cette toute petite et toute nouvelle personne, tandis que celle-ci entend, perçoit et reçoit ces premiers gestes et mots destinés à elle seule.

Il dit l’amour, mais aussi, fondamentalement, l’humour, dès le premier souffle de vie. Car l’événement met en joie et après le premier cri viendront les sourires et les rires nourris de complicité : l’histoire, qui se dit comme une ritournelle, se donne aussi à voir comme un spectacle, un théâtre pour tout public friand de bons sentiments ET de second degré — quand la base est là, on peut passer ensemble au niveau suivant. Place à la comédie, parodie des visites à la maternité, et entrée, par l’intertextualité, du bébé lecteur en lecture et littérature ! En effet, en fait, dans ce livre, les proches venus rencontrer le bébé ne ressemblent pas tant que ça à des parents, je dirais même plus, quelques-unes des fées réunies rappellent à s’y tromper des personnages tout droit sortis du folklore et patrimoine de la littérature jeunesse : le loup grand dévoreur depuis les temps anciens, le lion indétrônable roi des animaux, la grenouille qui veut qu’on l’embrasse… tant d’avatars issus de notre imaginaire fécond depuis des générations ! Vous reconnaîtrez-vous dans l’un de ces multiples personnages, papa coq, maman poule, maman coq, papa poule et tonton Robert ? Quand l’adulte fait le clown, fait l’enfant, pour accueillir et faire rire son propre enfant !

Bref, un livre-caresse dont le bébé est le héros… tout comme le reste de sa famille, les amis, et puis aussi les livres pour tout-petits… youpi, hohoho, hahaha, tralala et hihihi !

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Théâtre hilarant en pâte à modeler

Le froid s’installe, la nuit tombe de plus en plus tôt, les uns et les autres font grise mine… halte à la déprime, l’auteur(e) et illustrateur japonaise Michiyo Namura a décidé de nous redonner le sourire avec son album hi hi ha ha ha publié à l’école des loisirs, théâtre hilarant pour enfants, tout en pâte à modeler  :

Un atelier plastique résolument joyeux, dans la mesure où Michiyo Namura utilise la pâte à modeler, très colorée, pour représenter et offrir aux bébés lecteurs le spectacle de la gaieté. Ses réalisations rondes et vives (la bienveillance jusqu’à la dernière dent de tous ces sourires à pleines dents) sont photographiées et présentées sur fonds de couleurs pastel unies (blanc, violet, rose, vert, bleu…)… plus vraies que nature, comme si elles venaient d’être modelées par les petites mains des petits lecteurs. Ses réalisations, à savoir de petits bonshommes, adultes, enfants, bébés, à qui la vie sourit ou qui sourient à la vie, exprimant leur bonheur tant via leurs mines réjouies que par l’émission de drôles de petits bruits, onomatopées enclenchant tout un jeu avec le son… les sonorités, donc, des émotions. Ici, le rire est toujours partagé : un tout-petit dans les bras d’un adulte aimant, le berçant ; et parfois même une famille entière ! Des câlins, des guiliguilis, une berceuse, une balade, une sieste (avec doudous contents itou également), des bisous, un méga sourire quand on nous prend en photo… in fine, tout au long de la journée, tout peut devenir prétexte à s’amuser et s’extasier.

En bref, un album un brin euphorisant pour mettre en images et en sons les émotions avec les jeunes enfants, rire ensemble à gorge déployée… et leur lancer, pourquoi pas, des défis en pâte à modeler !

Et… psssst… rendez-vous ici pour découvrir d’autres livres d’éveil artistique !

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Miru Miru

Place à une bande dessinée très jeune public pour les plus grands des bébés, issu, une fois n’est pas coutume sur ce blog, d’une série d’animation produite par Folimage, et créée par Haruna Kishi, Mathilde Maraninchie et Guillaume Lorin.

On y découvre un univers graphique japonais, celui d’Haruna Kishi, dont le dessin est épuré et rond ; les récits*, situés au pays nippon, narrent le quotidien facétieux du héros, cette petite loutre de mer avide de mille découvertes et qui ne semble jamais en reste… dans la mesure où elle a toujours un tour dans son sac !

Pour les jeunes lecteurs, c’est l’occasion de faire connaissance avec des traditions, comme les raviolis japonais dans lesquels le cuisinier glisse un ingrédient surprise (secret professionnel !)…ou encore avec le menu quotidien des grands, comme la visite chez l’esthéticien(ne). Miru Miru dans les deux cas ouvre grand ses yeux voire ses oreilles, observe méticuleusement la scène, puis, imitation oblige, se lance à son tour dans la réalisation… de raviolis « surprises », donc, ou encore de « travestissements » entre amis… à la nuance près qu’il réinvente ce qu’il a saisi avec sa touche fantaisie, dans une logique de partage puisqu’il y associe ses amis. Le voici invitant ainsi ses proches à un repas convivial de raviolis avec des surprises plus improbables les unes que les autres, ou encore se maquillant puis peinturlurant la compagnie, opération camouflage réussie !

En bref, une première BD qui fait sourire et voyager, avec un protagoniste rusé, jovial et social. Une petite série sympa, qui sort de l’auto-centrisme et des chemins battus…

*adaptation : Sophie Furlaud et Samir Senoussi

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Tout en haut du toboggan

Hourrah, Malika Doray revient dans la BBthèque ! Son nouvel album, publié à l’Ecole des loisirs dans la collection Loulou & Cie, propose aux petit-tout(e)s de vivre une aventure courante et ô combien excitante : la descente du toboggan ! Et pas n’importe quel toboggan… un toboggan GÉANT !

Tout en haut du toboggan

tout en haut du toboggan - malika doray

Pour donner au bébé la pleine mesure de cette chute libre et exaltante, ce livre tout cartonné est en format paysage & se lit de haut… en bas pour des raisons similaires à l’excellent Bloub°Bloub°Bloub° sur un thème très approchant : la dégringolade en version aquatique comme terrestre… quelle bonne rigolade !!

Ici, une ribambelle de bébés animaux (tous différents, sauf les cousins lapins qui ne divergent que par leurs vêtements… bien évidemment) se lancent dans l’aventure, depuis l’éléphanteau qui, redoutant l’expérience, se laisse néanmoins entraîner par l’entreprenante et enthousiaste fourmi, le chat à la poursuite de la souris, jusqu’aux macareux et crocodiles en duo (plus on est de fous, plus on rit), tout le monde tourne, tourne (un petit tour et puis s’en va… mais où sont-ils donc passés ?) et descend, descend, descend… jusqu’à rejoindre, tout en bas, les parents… les attendant… et les félicitant de cette descente décoiffante !

Le bébé lecteur retrouve avec bonheur les personnages qui peuplent l’univers de Malika Doray, tout doux, doudous… En bref, un album tout en rimes et en douceurs, pour s’amuser et apprivoiser ses peurs : hauteur (sur ce sujet, je vous recommande aussi vivement, itou également, Vu d’en haut de Marie Poirier), vertige, vide… dans la bonne humeur !

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Contraires canins, contraires malins

Dans une veine graphique et design, voici un imagier dédié à l’apprentissage des contraires par le jeu, conçu la créatrice franco-suédoise Élo avec la complicité des éditions Sarbacane :

Les chiens (contraires)

les chiens contraires elo

Un petit livre animé tout cartonné et de forme carrée, qui invite le tout petit à appréhender un mot et son contraire en manipulant les différents pliages & rabats (accordéon, fenêtre, etc. !), entamant par la même occasion une partie de cache-cache avec une galerie de chiens surprenants et amusants. Le fil rouge de cette aventure ? l’univers canin, oui, mais aussi les variations de point de vue et le mouvement à l’origine de ces changements :

  • Un chien COURT et ramassé sur lui-même (note de fantaisie : qu’on se le dise, ce chien au pelage vert a des oreilles et des pattes tigrées rose & noir) s’allllllloooooonge et se transforme en LONG chien quand on soulève son corps constitué d’un rabat-accordéon ;
  • Un GROS chien (rouge à petits traits noirs), opposé à un chien FIN (et rose, à l’exception des oreilles et pattes alternant le jaune et le noir en mode spirale), devient carrément TRÈS GROS une fois ouvert son ventre faisant office de volet ;
  • DESSOUS le rabat, il y a un autre chien bleu (sauf les oreilles & pattes orange à taches noires… bien sûr). En rabattant ce rabat… surprise, un chien orange à taches noires (et oreilles bleues !) DESSUS ;
  • DEVANT le gros chien (rouge à pois noir, museau prune, oreilles grises pendantes) allongé, un chien fin (couleur vert amande, oreilles et pattes prune, et long museau jaune moutarde avec, en guise de piercing, un clou) se tient debout ; tourner le rabat (correspondant à la partie inférieure du gros chien) sur sa partie supérieure, et voilà désormais le chien fin DERRIÈRE le gros chien.
  • Un chien bleu ciel (dont je tairai la couleur des oreilles, des pattes et et du museau) se tient, selon la façon de manipuler le rabat qui le constitue, DEBOUT ou ASSIS ;
  • De même, d’autres chiens très originaux se retrouvent selon le bon vouloir manipulateur du jeune lecteur :
    • A POIS ou SANS POIS
    • DROIT ou TORDU
    • DEHORS ou DEDANS
    • DE FACE ou DE DOS
    • A L’ENDROIT ou A l’ENVERS !

Un album-documentaire astucieux et facétieux, pour que les bébés jouent en toute liberté tout en se familiarisant avec le vocabulaire décrivant comment ces drôles de chiens mais aussi ces farceurs d’humains — bref, comment tout un chacun — se situe(nt) dans l’espace, nom d’un chien !


Pour vous aider à trouver ce livre en librairie ou en bibliothèque, en voici les références complètes :

Les chiens : contraires [Texte imprimé] / Elo. – Paris : Ed. Sarbacane, 2016. – 1 vol. (20 p.) ; illustrations en couleur ; 17 x 17 cm.
ISBN 978-2-84865-854-4 : 12 EUR

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Petits chaussons à adopter !

Je vous propose aujourd’hui d’aborder les comptines avec facétie, en enfilant des petits chaussons, ceux de Julia Chausson : cet auteur-illustrateur tient, chez Rue du monde, une magnifique collection d’éveil musical, dont le parti pris ne peut que marquer l’esprit des tout petits :

En effet, au-delà des livres de comptines traditionnels, Julia Chausson investit chaque chansonnette avec l’intelligence du sens et le sens de l’espièglerie : pour chaque titre, un livre, en format carré tout cartonné ; chaque album est illustré par ses gravures sur bois représentant le texte de la dite comptine restitué en même temps que distancié, pour devenir un objet complètement interactif, surprenant ses lecteurs tout-petits & grands. La gravure grave la répétition inhérente au genre, mais joue des variations proposées par Julia Chausson, qui suscitent des sourires chez l’enfant de plus d’un an, voire le font rire aux éclats !

Focus sur quelques comptines ainsi revisitées :

Une poule sur un mur

Parce qu’après avoir picoré (du pain dur), elle lève la queue et puis s’en va, Julia Chausson prend la poule au pied de la lettre : puisque tu t’en vas, je montre à mes petits lecteurs que tu t’en vas ! Et la poule de disparaître des illustrations petit à petit mais inéluctablement, tout comme la comptine ritournelle se trouve peu à peu vidée de ses mots pour aller à l’essentiel : « une poule… et puis s’en va… » puis enfin seulement « et puis s’en va ».

C’est tout ? Mais non, il suffit de…. A…. A… ATCHOUM !!! et hop, la poule reparaît dans son intégralité, et c’est reparti pour un tour ^^ !

Dans la forêt lointaine

Dans la forêt lointaine, on entend le coucou…

Du haut de son grand chêne, il répond au hibou !

Coucou hibou, coucou hibou, coucou, hibou, coucou… (bis)

Mais… le hibou a-t-il vraiment envie d’entendre (le) (les) coucou(s) ? Surtout autant de fois que le (les) coucou(s) lui dit (disent) coucou (coucou coucou coucou) ?? Vous le découvrirez en lisant ce petit album qui donne enfin la parole au hibou !!


Pour en savoir plus :