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Adulte = (un peu, beaucoup…) Enfant !

Pépite pour les petits et les grands, dans la BBthèque aujourd’hui ! Un livre pour savoir à quoi ça ressemble d’être un adulte, par Henry Blackshaw, aux éditions du Seuil Jeunesse. Et la quatrième de couverture de préciser :

Un livre pour les enfants qui veulent savoir ce que c’est d’être un adulte.

Un livre pour les adultes qui veulent savoir ce que c’est d’être toujours un enfant.

Alors… un adulte… ça ressemble à quoi ? Scoop : à… un enfant… celui qu’il a été un jour… tout comme toi, bébé lecteur !

Chers enfants,

Saviez-vous que tous les adultes ont un enfant qui vit en eux ?

Mais si… regarde bien sur l’image de la couverture : tu le vois, cet enfant contenu dans l’adulte ! Oui ? Maintenant que l’auteur-illustrateur t’a révélé cette grande vérité invisible à l’œil nu, ouvre grand tes yeux de bébé lecteur, afin d’imaginer, donner corps, avec Henry Blackshaw, à tous ces enfants contenus dans ces corps devenus grands. Tu t’apercevras peut-être que les attitudes de ces adultes, vis-à-vis de leur âme d’enfant, sont très variables, d’un individu à l’autre, et même d’un jour à l’autre. Si un adulte très occupé ou stressé tend à contenir son enfant en lui, sa part d’enfance finit souvent… toujours !? par le rattraper. Oui, tout adulte est encore finalement un peu beaucoup un enfant : regarde celui-ci qui danse, celle-là qui joue, ceux que la peur ou l’amour gagnent, et les plus âges d’entre nous qui font les 400 coups !

Et l’auteur-illustrateur de conclure :

L’enfance est un moment important. On y apprend des choses qu’on ne pourra jamais oublier ! Quand vous serez grands, vous aurez toujours un enfant en vous. […] Promettez-moi que vous prendrez soin de cet enfant en vous. […] Car c’est cet enfant qui rend la vie d’adulte… bien plus amusante !

Un album extraordinaire, par ses propos et ses illustrations qui rendent si palpables les enfants qui subsistent en nous, fondamentalement : l’enfance revêt un caractère essentiel… or il toujours savoir revenir à l’essentiel ; le temps passe, mais l’enfance demeure vivace, source de vie, tel un réservoir d’énergie.

A hauteur de bébé lecteur, de quoi se réjouir et voir les adultes autrement… comme d’autres enfants… quand c’est possible, à certains moments !

Des extraits à découvrir ici. Bonus : sur la couverture du livre imprimé, que tu ne manqueras pas d’acheter, d’emprunter, de consulter… tu peux toucher du doigt l’enfant qui saute au plafond dans l’adulte en costard-cravate !

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Une maison très spéciale

Maurice Sendak et Ruth Krauss font enfin leur entrée dans la BBthèque, par un album classique (1953) qui nous arrive en France en 2019 grâce à la traduction de Françoise Morvan et aux éditions MeMo. Cet album rythmé et joyeux, hymne à l’imagination et à la construction de l’identité des petits, s’apparente à une comptine d’enfant, un enfant racontant la maison de ses rêves :

Une maison très spéciale

Dans cet album, où le fond est de couleur ocre, où l’enfant (qui est le narrateur) constitue le seul (personnage) doté de couleurs (peau blanche et haut blanc, cheveux noirs et salopette bleue) et où les autres êtres et objets sont dessinés au crayon noir uniquement, l’enfant à salopette bleue, heureux, chantonne SA version de SA maison.

Je connais une maison — pas une maison d’ânon ou d’écureuil des bois — pas une maison qu’on voit — pas au bord d’une rue ni d’une route non plus — oh juste une maison qui est à moi Moi MOI.

Dans cette maison il y a… un lit, une étagère, des chaises, des portes, des murs, une table… et chacun de ces éléments est, c’est à préciser, très spécial. Dans cette maison l’enfant peut apporter un tas de trésors : une tortue, un lapin, une souris, des ouistitis et même un lion ! qui s’attaque, c’est jouissif, au mobilier. C’est une maison où il fait bon de bouger en bonne compagnie : se dire des secrets, rire à s’en rouler par terre, jouer, mimer, chanter, courir… sans jamais devoir s’arrêter. C’est le royaume où on peut clamer « ENCORE » sans que personne ne dise « STOP ».

Cette maison, il y a plein d’endroits où elle n’est pas, et un seul lieu où elle est : la tête de l’enfant qui l’imagine, qui la construit, qui la dessine, qui la chante (sur un air de jazz qui plus est), qui la danse, qui la dit et redit… et qui s’en réjouit.

Un bonheur de lecture avec les petits.

 

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Sens et essence de l’art… expliqués aux tout-petits

Pour ouvrir l’année en beauté, la BBthèque vous présente ce jour un ouvrage d’éveil artistique, publié aux éditions Phaidon et conçu par Tamara Shopsin & Jason Fulford :

L’art sens dessus dessous 

Pourquoi ce titre ? Parce que le bébé lecteur est invité par les concepteurs de l’ouvrage à manipuler dans tous les sens ce livre-objet tout cartonné :

Viens voir ! Regarde bien, regarde en haut, regarde en bas, de près, de loin, et même derrière toi.
Surtout, ne t’arrête jamais de regarder !

Huit ensembles d’œuvres modernes — issues des collections du Whitney Museum de New York — sont ainsi montrées aux bébés lecteurs :

  • la sérigraphie Noir et blanc kaléïdoscopique de Carmen Herrera (2009) qu’on peut regarder indifféremment (ou pas) à l’endroit ou à l’envers
  • la sculpture Femmes et chien de Marisol (1963-64) dont on peut faire le tour pour apprécier les multiples représentations et volumes
  • la série Flowers d’Andy Warhol (1970) dont les motifs restent identiques quand les couleurs varient
  • la photographie d’un dessin de rue réalisé au sol par des enfants, signée Helen Levitt (vers 1940), à regarder par terre
  • un mobile d’Alexandre Calder, Grand rouge (1959), à regarder en l’air
  • un tableau explosif (1967) de Roy Lichtenstein à observer de près et de loin
  • la démarche de photographies / autoportraits de Cindy Sherman (née en 1964) que le bébé lecteur est invité à essayer grâce à un dispositif de miroir inséré dans le livre
  • l’oeuvre d’art mystère, avec la démarche de Christo qui, avec Paquet sur un diable (1973), créé un objet et l’enveloppe sans jamais dire ce que c’était… avant de l’exposer dans un musée !

La lecture de cet ouvrage est une expérience à part pour les tout-petits : d’une part, elle met en jeu leurs facultés d’observation ; d’autre part, elle développe les liens entre l’œuvre (photographie, sculpture, arts plastiques…) produite par un.e artiste et sa réception dès le plus jeune âge, en se fondant sur le geste de l’artiste mais aussi du spectateur : prendre connaissance d’une œuvre d’art, c’est ainsi pour le tout petit spectateur une action dans laquelle il s’implique d’une façon ou d’une autre, à laquelle il participe devenant ainsi spectacteur ; cette démarche lui pose des questions, ouvre des portes, renouvelle le regard qu’il peut porter, sur l’art, mais aussi sur le monde qu’il représente. Enfin, la lecture de cet ouvrage donne, in fine, une mine d’idées d’activités créatives à réaliser avec les tout-petits… artistes !

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Petits explorateurs

La BBthèque emboîte le pas des bébés explorateurs et lecteurs à la fois, en chroniquant ici plusieurs livres, accessibles dès la petite enfance, qui disent la découverte du monde… et de soi :

attends-moi !

de Claire Garralon

Il était une fois un petit poisson rouge et un plus grand : sa maman. La maman dit au petit : « allez, on va faire un tour, suis-moi ! » Le petit peine à suivre sa maman : « Maman, attends-moi », tant et si bien que la panique semble le gagner quand sa maman devient hors de portée… de vue. Il cherche et appelle sa maman en pleurant, avant de retrouver le sourire en s’apercevant que sa maman est juste devant lui.

Ils ne pouvaient en effet être loin de l’autre, nous disent les illustrations qui jusqu’alors nous laissaient penser que les poissons étaient dans une grande étendue d’eau, à l’image vraisemblablement du ressenti du jeune enfant : en fait, ils vivent dans un bocal… à poissons rouges, ce dont la maman est parfaitement au courant ! Un bocal… tout rond.

Coucou… caché ! C’est reparti pour un tour, en relisant depuis le début cet album tout cartonné qui dit tout à la fois les séparations et les premières explorations ?

Vole, petit oiseau !

d’Emma Robert et Romain Lubière

C’est l’histoire d’un oiseau qui, à peine sorti du nid, effectue son premier envol :

Vole, petit oiseau, tu as tant de choses à découvrir…

L’album, tout cartonné, suit le vol de l’oiseau, et le bébé lecteur découvre ainsi le monde tel que le parcourt l’animal voyageur dans les airs : les champs colorés, les montagnes poilues, les forêts, les déserts, la banquise, les mers et océans, les savanes arides, les villes… et leurs habitants : vaches, chameaux, ours polaires, antilopes, humains, etc.

Un tour du monde à hauteur d’oiseau, qui initie les tout-petits à la géographie.

Mouha

de Claude Ponti

Mouha, c’est l’histoire d’un.e jeune enfant (toi ? moi !) qui se nomme Mouha. Mouha vit dans un arbre-maison dans les hauteurs. Tout de jaune vêtue comme en bébé-pyjama, et un peu très décoiffée, Mouha est très curieuse de descendre pour voir le monde en bas :

Je suis sûre qu’en bas de l’arbre maison, sur le sol de par terre, où je ne suis jamais allée, il y a plein de choses inconnues que je n’ai jamais vues, des animaux et des personnes inconnues, belles et intéressantes, plein d’occasions belles et intéressantes, plein de plantes belles et intéressantes, plein de bruits, de couleurs, d’odeurs, d’aventures belles et intéressantes ».

Et hop ! Elle se laisse tomber et son voyage commence. Elle trouve un oisillon tombé du nid itou également, qu’elle prend pour compagnon. Elle croise le chemin de Blaise, le poussin masqué, qui lui délivre un message très important :

Ici, sur le sol de par terre, ce qui a l’air vrai ne l’est pas toujours, et ce qui a l’air méchant ou gentil, ne l’est pas toujours non plus.

Certaines personnes, parfois venues de loin, ou d’ailleurs, seront là à temps et au bon moment.

Ce qui est important, c’est que tu es importante.

A part ça, j’aime ta coiffure.

Elle poursuit sa route avec un drôle d’engin, le Bourlingue-Œil. Après avoir vu les arbres, elle découvre les pierres, et de nouveaux animaux. Certains d’entre eux sont des alliés, d’autres non. Il faut être très beaucoup malin pour passer son chemin quand on tombe sur quelqu’un ou quelqu’une qui, comme dans la mythologie, te pose une énigme pour statuer sur ton destin. Chemin faisant, Mouha aiguise sa motricité, mais aussi son sens de l’observation et son esprit logique, sa géométrie (voyage au pays des cubes) et sa créativité (peindre des coccinelles pour les sortir du doute d’être des coccinelles si elles ne sont pas rouges)

L’album, en papier, dans un format paysage, se donne à lire à travers une succession d’images (trois par page), de séquences, telle une histoire à dérouler, un peu comme dans une bande dessinée. La toute jeune lectrice, le tout jeune lecteur, y apprend à grandir en observant, en écoutant, en pensant, en jouant, en faisant, seul, et avec, ou parfois contre, autrui. Un récit initiatique entre réalisme et fiction, avec des mots d’enfants qui disent leur propre expérience de ce grand monde dans lequel ils font leurs premiers pas.

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Dessine-moi une forme ou une idée

S’il-te-plaît dessine-moi… une forme, qui fait des trucs.

S’il-te plaît dessine-moi… mon humeur, mes idées.

La BBthèque vous présente aujourd’hui deux albums qui illustrent et racontent la constitution de desseins par le dessin lui-même en construction. Des livres combinant éveil artistique et éveil des tout-petits à d’autres notions variées telles que les formes, mais aussi les actions et les émotions :

O

de Lucie Phan

Lucie Phan, dont vous avez peut-être pu déjà découvrir le fantastique Croc croque (non ? séance de rattrapage ici), sort un nouvel album, tout cartonné et format carré, s’adressant à nouveau aux tout-petits en jouant avec les lettres, les couleurs et les formes, 100% à hauteur des bébés lecteurs.

Au commencement c’est l’histoire de O, un cercle rouge donc… qui roule : deux coups de crayon noir et le voilà dévalant une pente… et cogner à la double page suivante le deuxième protagoniste qui n’est autre qu’un carré bleu. BOum. C’est une première rencontre, l’auteur-illustrateur-démiurge donne aux deux formes des yeux pour leur permettre de (se) voir, mais aussi de quoi évoluer et grandir chacun côte à côte en bonne entente : elle leur dessine ainsi des jambes, pour marcher, grimper… tomber ! Continue d’explorer la motricité en leur donnant des bras, créé leur capacité d’écoute en leur attribuant des oreilles et leur confère pour finir une bouche qui leur permettra tant de parler que de manger. En quatrième couverture, surprise, le duo de formes rond rouge & carré bleu élargit son univers en rencontrant un troisième personnage, un triangle… jaune !

A partir d’éléments de géométrie simple et en utilisant les couleurs primaires, Lucie Phan dessine, dans ce court et compact album au graphisme ludique et dynamique, un monde évolutif, qui prend littéralement corps au fur et à mesure de la lecture… et illustre à merveille le développement des tout-petits.

mes idées noires

de Leticia Rose

Lumière à présent sur un premier documentaire qui relève haut la main un pari difficile : dessiner des émotions, en déployant un graphisme de haut vol fondé sur un travail autour de la couleur. Le noir et blanc pour commencer, puis les couleurs, beaucoup de couleurs, une fois les idées noires apprivoisées… et dépassées.

quand je n’ai pas le moral,

dans ma tête se faufilent mes idées noires,

ces mauvaises pensées qu’on laisse venir et qui s’installent quand on se sent mal

dit le texte, jaune sur fond noir (le jaune dit déjà la lumière dans la nuit, une lueur d’espoir que la suite du récit matérialisera), sur la page de gauche, tandis que sur la page de droite, 6 à 9 toutes petites spirales noires crayonnées sur fonds blanc illustrent ces idées émergentes, qui vont prendre une place grandissante. Les pages suivantes décrivent par les mots et par l’image ce que ces idées, spirales noires croissantes jusqu’à remplir la double page de noir, opèrent chez le narrateur : elles apportent tristesse, découragement, fatigue, elles peuvent oppresser aussi, occuper tout l’esprit.

Quand réapparaît la couleur : le narrateur commence à nouveau à voir le verre non plus à moitié vide, mais à moitié plein, en se mettant à penser aux idées joyeuses. Celles que ses idées noires aurait comme emprisonné (et l’illustration de montrer des billes de couleurs derrière des barreaux noirs, sur fond blanc) ou noyé (et l’illustration de mettre en scène les billes multicolores au fond d’une mer noire). Si les idées noires fourmillent, les idées colorées jaillissent du cœur et montent jusqu’au cerveau, pour irradier à nouveau le corps et l’esprit. « C’est un peu comme si elles coloriait mes idées noires » dit le texte, quand l’illustration montre des dessins de spirales noires sur lesquelles on aurait redessiné avec des crayons de couleur. « Ou comme si mes idées noires étaient mangées par mes idées joyeuses » : le graphisme s’inspire alors du jeu pacman avec des ronds colorés de taille moyenne et gueule ouverte mangeant des cercles noirs devenus petits. La guerre est déclarée, reste à choisir son camp, et, puisque le travail est déjà bien entamé, se concentrer sur ces bulles colorées et joyeuses et les imaginer grandir, grandir et occuper tout l’écran de ses pensées.

En une trentaine de pages, le tout jeune lecteur vit, grâce à la démarche artistique adoptée, une expérience de lecture, à la fois distanciée et immersive, de ces émotions universelles (tristesse / gaieté ; malheur / bonheur…) qui traversent tout un chacun et qu’il est essentiel de connaître pour pouvoir les gérer. Ici, c’est le dessin, esthétique et didactique, qui donne corps aux idées et permet de les maîtriser. Un livre-clé, qui donne de nouvelles idées : pourquoi ne pas inviter les jeunes enfants à dessiner eux aussi leurs ressentis ?

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Le chemin de la vie

La BBthèque aujourd’hui vous présente trois nouveaux et superbes livres qui racontent le chemin de la vie aux tout-petits, de la conception à la fin de vie, en passant par toutes les péripéties qu’entre-temps l’on vit :

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Hariki

de Lucie Félix

Réjouissons-nous : Lucie Félix, l’auteur-illustratrice de Prendre & donner, La promenade de Petit Bonhomme, Coucou !… est de retour, avec un livre-objet de toute beauté, qui dit, en couleurs et en mouvements, l’origine de la vie sur Terre à ceux qui viennent précisément tout juste de la découvrir.

En effet, les protagonistes de ce livre animé sont des cellules… aux noms ludiques (Harikos, Harikis !, qui plairont beaucoup aux tout-petits) et aux comportements fondamentalement exploratoires : et si j’allais ici, et si j’allais par là, tout seul ou en bonne compagnie ? Des personnages hauts en couleurs curieux de parcourir le monde à plusieurs et de se mélanger les uns les autres pour grandir et changer.

L’acteur de ces rencontres, de ces actions, dans ce livre, n’est autre que le bébé lecteur, qui fait glisser les micro-personnages d’un point A à un point B, écrivant sa propre histoire tout en reconstituant la grande Histoire.

Car ces cellules ne sont pas sans évoquer, aussi, les bébés eux-mêmes… D’ailleurs la narratrice conte l’Histoire comme si elle s’adressait à ses propres enfants à qui elle lirait une histoire du soir : « et maintenant, […] mes Harikos nouveaux, au dodo ! »

Un trésor de livre pour les tout-petits.

Une maman c’est comme une maison

d’Aurore Petit

Dès la page de couverture, des couleurs vives, une femme, un enfant, enlacés, l’un avec l’autre interagissant. C’est le portrait d’une maman, hommage à toutes les mères du monde. C’est l’histoire des origines de l’enfant, qu’il conservera avec lui quand il sera plus grand.

Dans cet album de 48 pages, chaque page écrit et illustre ce qu’est une maman, en utilisant le biais de l’anaphore imagée : « Une maman, c’est comme… ». Au fil des pages, le temps passe : au début, la maman est comme une maison abritant le tout-petit encore lové dans son ventre rond ; puis la maman est comme un véhicule marchant d’un bon pas, vers la maternité peut-être ; puis la maman est comme un nid quand elle tient entre ses bras un nouveau-né… Le papa aussi est présent dans les images, parfois. La relation au fil des pages entre la femme et l’enfant continue de se construire, une mère et son petit, fille ou garçon : « une maman, c’est doux », « une maman, c’est comme un refuge », « une maman, c’est comme un miroir », une maman, c’est comme une île »… et d’évoluer tout en conservant sa qualité.

Et voici qu’un jour l’enfant se met debout. « Une maman, c’est comme une cascade » quand elle est émue.

Il fait ses tout premiers pas, en partant des bras de son papa… pour rejoindre tout seul sa maman qui lui tend les bras un mètre plus loin. « Une maman, c’est comme une récompense ».

Et puis le voici autonome, heureux de marcher seul, confiant, sous le regard bienveillant de ses parents. « Une maman, c’est comme une maison… »

Immense coup de cœur pour ce livre-somme sur la maternité vue comme un foyer, et tellement plus encore : un album-poème aux illustrations modernes, qui transforme des scènes de vie quotidiennes en un tableau universel de l’origine de la vie.

Les rides

par JR

Et voici pour finir un très beau livre de photographies, à découvrir dès le plus jeune âge, fruit du travail de l’artiste et photographe JR dont c’est le premier livre pour la jeunesse. Ce premier livre d’art, que l’auteur dédie à « nos grand-parents », fait le choix de mettre à l’honneur un sujet original et difficile parfois : les rides… montrées sous l’angle des histoires qu’elles racontent.

Les rides racontent les histoires de toute une vie.

La page de couverture, sur fond très coloré, montre une personne très ridée, que le bébé lecteur peut effleurer de ses doigts. Puis le texte vient expliquer, accompagné de portraits : « nous avons tous deux yeux, un nez, une bouche… » « … et certains d’entre nous ont des rides ». Pourquoi des rides ? Parce qu’elles apparaissent avec l’âge. Quelles sont leurs caractéristiques physiques ? Elles semblent se graver doucement et progressivement comme des rayures sur la peau. Comment ? Quand on rit, quand on aime, quand on s’amuse, quand on se repose, quand on réfléchit… Quand on vit.

Chaque ride raconte une histoire ; chaque personne âgée et ridée a vécu mille et une histoires… à te raconter. Magnifique ouverture au dialogue intergénérationnel : le propos est sublime, et les photographies, noir et blanc, aussi, mettant en scène des modèles ayant tous le point commun d’avoir un certain âge et d’exposer les effets de l’âge avec naturel et beauté. A la fin du livre d’ailleurs, JR présente « les histoires qui se cachent derrière les rides de ce livre », en rédigeant de courtes bibliographies des modèles.

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Mécanique générale

Aujourd’hui dans la BBthèque, les moyens de transports prennent du volume ! Grâce au livre pop up Mécanique générale de Philippe Ug aux éditions (Les Grandes Personnes) :

Dans ce premier documentaire en 3D, le bébé lecteur joue à vroum-vroumer de tout côté. Chaque double page de cet imagier des transports, format paysage, présente un véhicule (plus ou moins réaliste), dont l’illustration se déploie et s’anime à mesure que le jeune lecteur manipule l’ouvrage. Tout se passe comme si la mécanique générale désignait ici le contenu (les véhicules représentés) et le contenant (l’ingéniosité des pop-up) : les véhicules prenant forme.

Apparaissent ainsi à tour de rôle : une dépanneuse, un bolide, une vieille « gimbarde », un minibus, un tout-terrain, un engin électrique, mais aussi et surtout le préféré de l’auteur : « le carrosse de mes parents », bien évidemment !

Un véhicule, une activité : voici le bébé lecteur embarqué à bord d’un voyage qui roule… à merveille. Quelques images pour vous convier à bord :

Bonne lecture… et bonne route !