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Origines

Vous souvenez-vous du magnifique libre-objet Papaye et Mamangue, sur la naissance et la parentalité version fruitée, signée Lydia Gaudin Chakrabarty aux éditions Chandeigne ? Lydia Gaudin récidive, avec un splendide nouvel album intitulé…

Origines 

Un livre tout cartonné, tout en carton découpé, qui se forme littéralement au fur et à mesure de sa lecture à tout âge de la vie pour explorer précisément tous les âges de la vie :

  • Dès la page de couverture, un trou, tout rond, permet de voir les différentes strates du vivant par essence évoluant, comme un judas pénétrant le monde d’autrefois, celui d’avant l’homme, et, au-delà, une invitation, pour le lecteur, à ouvrir grand ses yeux et à libérer ses mains pour explorer cette matière en mouvement…
  • Car à peine le livre ouvert et la lecture commencée, au fil des pages, c’est un défilé à observer et palper : tour à tour de multiples combinaisons de couleurs et de formes sobres et tout en rondeurs, en continuité ou en rupture avec les pages passées, représentent juxtaposée l’histoire plurielle de nos origines minérales (la pierre, les montagnes…)… végétales (les feuilles, les fruits)… animales, qu’il pleuve ou que le soleil réponde présent au rendez-vous.

Une promenade graphique, poétique, à la fois scientifique et spirituelle, tant la planète Terre toute entière et son historicité semblent contenus dans ces quelques pages, et, comme une mise en abîme sublime en couverture, dans cette sphère en volume, ouverture et lecture à la fois infimes et infinies sur le monde, sphérique, dans lequel nous vivons. La dernière de couverture, d’ailleurs, présente, en écho à la couverture, la figure d’un être humain héritier de tout ce processus, avec le deuxième et dernier mot du livre, après le premier qui correspond au titre : « nous ». Une expérience riche pour le jeune enfant, tant d’un point de vue sensoriel que pour se familiariser intelligemment avec les notions de vie ou encore de temps.

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L’enfance de l’art

L’art est un jeu d’enfants, démontre une nouvelle fois la maison d’édition Palette… avec son nouveau livre-jeu destiné aux lecteurs en herbe :

L’enfance de l’art

conçu par Loïc Le Gall

avec le suivi éditorial de Marion Balalud de Saint-Jean

Ce livre d’éveil artistique — format paysage et à spirales s’il-vous-plaît — joue la carte ludique à 100%. Dès la première page, la règle du jeu est communiquée à l’enfant :

Retrouve les trois œuvres qui illustrent chaque thème : femme, arbre, maison, enfant, fleur, fruit, légume, chat, chien, cheval, oiseau, bateau, soleil, voiture !

Puis, hop, le livre se scinde en trois colonnes, trois mini-livres pour s’adonner au jeu des mille et unes correspondances ! Comme dans un méli-mélo, c’est au bébé lecteur de faire tourner les mini-pages, chaque mini-page reproduisant une grande œuvre d’art… classique, moderne ou contemporaine… peinture, sculpture, faïence… déco, portrait, nature morte… jusqu’à obtenir la combinaison gagnante : les trois maisons, les trois femmes, les trois enfants…

Une démarche originale pour faire découvrir aux plus petits les plus grandes œuvres d’art : par le jeu, donc, mais aussi par des thèmes universels et accessibles, le tout servi par une très belle qualité d’impression permettant d’apprécier les détails de chaque tableau. Dans ce premier documentaire à manipuler avec ses petites mains, chaque repro est légendée : thème, nom de l’artiste, titre et date de l’œuvre, pour la culture générale de l’adulte lecteur… mais aussi pour une lecture évolutive de l’enfant grandissant, qui se voit offrir un formidable et fécond voyage dans l’histoire et la pratique de l’art.

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Vivons les aventures des trois gibbons…

« Voici Ibbon, Nibbon et Sabbon.

Ce sont les Trois Gibbons. »

Les Trois Gibbons de Kenji Abe, auteur-illustrateur japonais installé à Paris, publié par les éditions MeMo. Non pas un, non pas deux, mais trois, trois petits êtres de papier tout en vivacité, tonicité, le sourire aux lèvres et le poil lustré…

Ces trois petits personnages-là, doux, souples, agiles, tant dans le trait que par l’esprit, partagent avec nous leur petite journée ou parcours du jour : leur promenade, sur un chemin qui descend, roulades au programme, têtes en bas puis de nouveau têtes en haut, grimpette sur le tronc d’un palmier, puis se tenir la main pour, à trois, sauter par dessus la rivière et éviter le crocodile fort intéressé, danser de joie, manger… des bananes, chanter une fois rassasiés, puis rentrer chez soi se reposer.

En bref…

  • Un propos épuré, décrivant une aventure positive et solidaire, à portée des tout-petits, le temps d’une journée.
  • Un graphisme au top, tout en sobriété : des traits légers pour dessiner les corps en mouvements, des visages ronds dont on lit l’expression comme des émoticons (initiant le tout-petit au langage des émotions), le tout en noir et blanc agrémenté de touches de vert (les feuilles des arbres, le crocodile) et de jaune (les bananes !).

Et voici que les trois gibbons… mais aussi le crocodile… reviennent : la suite !

Une autre journée en compagnie des Trois Gibbons, qui cette fois, rencontrent un bébé crocodile en difficulté… et décident, malgré leur peur de cette petite-grosse bête, de le sauver ! Motricité, ingéniosité, générosité, les trois compères sont enchantés d’avoir libéré cette créature tierce… Et la maman ou le papa de l’enfant crocodile l’est tout autant : voici les ennemis devenus amis… ou comment coopérer et ainsi composer au mieux avec autrui  !

Ces premiers récits, jolis, jolis, à découvrir en images sur le site de l’éditeur : ici et .

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Une journée à jouer

Une nouveauté sympa chez Marcel & Joachim : Une belle journée, de Flora Gressard, avec des photographies signées Stéphane Gaudot.

Le principe est simple, efficace, structuré et structurant : décrire et dérouler la journée d’un jeune enfant à travers de petites mises en scène de ses jouets. Partir de ce qui est familier au bébé, pour rythmer son quotidien.

Chaque moment de la journée fait l’objet d’une double-page : le petit- déjeuner, une séance de jeu (en l’occurrence le spectacle… en route vers l’abstraction), le déjeuner, la sieste, la fête d’anniversaire chez le copain ou la copine, le bain, le dîner, le coucher.

  • Pour chacun de ces moments, un fonds de couleur uni : jaune (réveil soleil), puis bleu (théâtre), orange (miam), gris (repos), rouge (festif), bleu (aquatique), violet (miam), noir (nuit) ;
  • Pour chacun de ces moments, l’assemblage de jouets pour enfants de diverses marques, le tout pris en photos pour incarner ce moment ;
  • Pour chacun de ces mots, une petite bulle de texte, phylactère de bande dessinée, s’adressant au jeune lecteur pour traduire en mots ce qui est représenté par la photo, et l’inviter à jouer, à interagir avec l’image : ce que l’enfant préfère manger, lui proposer de compter les jouets au lieu des moutons pour tomber dans les bras de Morphée, de repérer les couleurs, les différences, etc.

A n’en pas douter, le bébé lecteur jouera d’ailleurs aussi à repérer lesquels des jouets figurant dans ce livre il connaît…

Quelques extraits ici pour vous faire une idée : http://www.marceletjoachim.fr/catalogue/#/une-belle-journee/ !

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Quand l’arbre se livre…

Est-ce un arbre ? Plusieurs arbres ? Un livre ? Plusieurs livres ? C’est en tout cas un ovni des plus réussis invitant les tout-petits à l’observation de la nature et du vivant dans un environnement donné évoluant avec le temps :

 

ARBRE

d’Amandine Laprun

chez Actes sud junior

 

L’idée et la réalisation de cet ouvrage original sont proprement géniales pour un premier documentaire à destination des jeunes enfants : chaque double page présente le même arbre, un cerisier, à une période différente de l’année, en partant du printemps où tout fleurit… pour parvenir, à la fin du livre, au printemps suivant.

Le temps s’écoule à mesure que les pages défilent, silencieusement : lecture par l’image uniquement. La météo évolue, les saisons se suivent sans se ressembler, et l’arbre vit sa vie sous le soleil, la pluie et les températures variées : les fleurs laissent la place aux feuilles, les fruits font leur apparition, mûrissent… pour la grande joie des merles et des enfants grimpant faire bombance et cueillette ; jaunissement des feuilles, puis les voilà qui tombent à l’heure de l’automne, l’arbre se dénude en hiver, peu à peu enseveli sous la neige jusqu’à ce qu’émergent, de nouveau, les premiers bourgeons. Une année riche en événements pour ce cerisier et ces enfants… une année pourtant si vite passée !

Fermé dans la bibliothèque, ce livre-objet a la forme d’un demi-arbre. Ouvert, il a la forme d’un arbre complet. Et, surprise, quand on relie ensemble la page de couverture et la quatrième de couverture de ce livre-objet, et qu’on pose le concomitamment le tronc au sol, les branches en haut, on obtient… le récit visuel, et en volume, 360°, d’une année de vie de ce cerisier ! Un cycle entier qui se renouvelle chaque année.

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Fruits et légumes de saison

Pour bien démarrer la rentrée, lumière sur deux tout-cartonnés formidables pour faire son marché… se cultiver et bien s’alimenter : Fruits de saison et Légumes de saison, de Clara Corman, aux éditions Amaterra !

Au menu de ces deux livres complémentaires, la découverte, donc, de ces aliments issus des potagers, maraîchers…

Côté fruits, la pomme, l’ananas, la pastèque, la banane, l’orange, la tomate, la fraise, la grenade, la pêche, la figue, le kiwi, la cerise, l’avocat, la noix de coco, le pitaya, la noix ! Chaque fruit fait l’objet d’une double page bien remplie, avec des illustrations précises et réalistes permettant aux jeunes lecteurs d’identifier aisément chaque fruit : sur la page de gauche, le fruit représenté en train de pousser, sur sa plante, donc, avec une petite phrase décrivant une spécificité de sa culture (« l’ananas pousse dans les pays chauds », « la pastèque grandit posée sur le sol »…) ; sur la page de droite, gros plan sur le fruit cueilli, vu de l’extérieur, puis de l’intérieur grâce à un jeu de rabats à soulever par le lecteur curieux et gourmand ! Une petite phrase accompagne alors aussi cette découverte du fruit.

Côtés légumes, c’est exactement le même topo, pédagogiquement réjouissant. Sont passés ainsi en revue : les petits pois, le chou rouge, l’artichaut, la carotte, la pomme de terre, le fenouil, le maïs, le poivron, le concombre, l’oignon, le champignon, le chou de Bruxelles, le radis, l’ail, la betterave !

Last but not least : la dernière double page de ces deux livres récapitule, avec un système de symboles, à quelle saison on récolte et donc mange tel ou tel fruit ou légume.

Une lecture belle et utile, à proposer dès le plus jeune âge, pour ouvrir l’appétit, le goût de la nature de la terre jusqu’à l’assiette, au fil des saisons. Deux livres dont je vous invite à vous servir et re-servir à loisir, pour manger sain et bon.

A feuilleter ici et ici sur le site de l’éditeur… et comme lecture complémentaire sur le même sujet… cet autre livre-jeu très sympa Au marché… je choisis !

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Croque la vie avec Ploc

C’est stimulant, de chroniquer Ploc, sorti cette année aux éditions MeMo. Stimulant tant Mélanie Rutten développe dans ce tout-cartonné, sa première œuvre destinée aux bébés, un univers diantrement original, tendre, pêchu et plein de charmes : formes, couleurs, mots et caractères, dans ce livre extraordinaire, tout concourt à transporter tout-petits et grands vers une mythologie imaginaire à même de refléter les premiers apprentissages de la vie.

Les illustrations, peut-être, d’abord :

Oui, les images, mélange de peintures aquarelles et encre de Chine, donnent le ton, ainsi que les formes et noms des personnages de l’histoire : Ploc, Tine, Baba, Bubu… une bande d’amis que Mélanie Rutten introduit auprès des touts-petits en mettant en scène une tranche de leur vie, un petit bout de journée en leur compagnie, riche en émotions et enseignements, dans un cadre extérieur respirant la fraîcheur.

L’histoire, bien évidemment, ensuite. Mélanie Rutten ne craint pas de donner à lire un récit plutôt long pour son jeune public : un texte précis dans son vocabulaire, ses descriptions, ses actions, un vrai texte de grands pour les tout petits enfants.

Au début du livre et de la journée, il y a ce que chacun sait déjà faire, et, souvent, ce ne sont pas les mêmes choses que leurs petits voisins. Et voici qu’interviennent tout naturellement les bénéfices, les bienfaits de la socialisation : observer et apprendre (de) la différence… en collectivité vive la complémentarité ! Savoir se définir soi-même, par rapport à autrui ; imiter, partager, échanger, jouer ensemble, dans la joie et la bonne humeur, la frustration aussi, la peur, la colère, la tristesse quand un objet auquel on tient se casse… réparer les dégâts, soigner les blessures, relativiser, s’embrasser !

A la fin du livre et de la journée, chaque petit être ressort grandi de cette exposition au grand air et de cette interaction avec autrui : certains ont développé leurs compétences, quand d’autres ont appris à gérer leurs émotions. Le rideau peut tomber, sur un moment qui réunit et contente tout le monde : le goûter avec un superbe gâteau… ! Bon appétit chers amis, et continuez de bien croquer la vie…