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Visite à la maternité : la famille s’agrandit !

C’est le retour dans la BBthèque de la collection « Les maisons de Léon » de Lorea de Vos, chez Marcel & Joachim : une série de livres tout cartonnés dont la conception, architecturale et ludique, donne à découvrir au jeune lecteur un bâtiment… aujourd’hui, dans Toi, moi, nous, l’hôpital, à l’occasion de la naissance du petit frère ou de la petite sœur du héros éponyme, Léon.

L’histoire commence ainsi : Léon, petit garçon, et son papa dialoguent dans la rue…

– Papa, Papa, alors, j’ai un petit frère ou une petite sœur ?

– Je t’ai dit que tu aurais la surprise et tu ne vas pas attendre longtemps car nous partons voir Maman à l’hôpital.

Et c’est parti pour une visite de l’hôpital, service maternité : le bâtiment se construit progressivement au fil du parcours du père & du fils relaté sur les pages de gauche, traduit par un judicieux jeu de découpage sur les pages de droite…

  • au rez-de-chaussée les urgences
  • au premier étage l’accueil et la salle d’attente ainsi que les salles de consultation de gynécologie et obstétrique
  • au deuxième étage les salles de soin aux nouveaux-nés…
  • et, acmé de la visite, au dernier étage, les chambres pour les suites de couche, où se trouvent la maman & le bébé tant recherchés !

Au-delà, un joli biais, tendre mais aussi pédagogique, pour aborder avec un premier enfant la naissance d’un second enfant.

Quelques images ici : http://www.marceletjoachim.fr/catalogue/#/toi-moi-nous/

Pssssss : sur le thème « la fratrie s’agrandit… », je vous (re) recommande, avant la naissance du second enfant, cet autre album, poétique, sur ce qui prend vie dans le ventre de la maman, où un aîné demande à sa mère :

Qu’est-ce qu’il y a dans ton ventre ? et qu’elle lui répond par une série d’images, d’évocations et de projections… C’est signé Sara Trofa et Elis Wilk aux éditions Le diplodocus.

 

 

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Sous les étoiles…

Sous les étoiles… 

la terre…

Et sur la terre… ?

Au gré du vent…

vole…

un papillon.

Lumière aujourd’hui sur la réédition récente d’un très beau livre, tout cartonné, célébrant la vie en mouvement et les organismes vivants : Sous les étoiles… — du rôle fondamental des points de suspension —, signé Martine Perrin aux éditions Les Grandes Personnes :

Livre-objet, livre-jeu à manipuler… le concept à l’œuvre, c’est un imagier à dévoiler, par un jeu de découpes où le motif rond est roi, accompagné de couleurs vives annonciatrices de l’élément à trouver aux pages suivantes :

  • sous le cercle de la couverture, ciel empli d’étoiles… la Terre, multicolore ;
  • le feuillage, vert, de l’arbre émergera des courbes de la colline ;
  • le soleil, jaune, révélera ses rayons tout là-haut…

De page en page, le bébé lecteur découvre, toujours en quatre temps aka quatre pages — 1 : une image : un complément circonstanciel ; 2 : un cache, rond : un verbe ; 3. un trou, rond : suspens… quel sera l’être derrière la page ? 4. une image : l’être en action, soit le sujet de la phrase ! le tout exprimé via un duo de couleurs complémentaires propre à chaque séquence, mais qu’on retrouvera plus tard… sous une forme un peu différente… car l’existence est faite de résonances — l’essence éternellement renouvelée de la vie sur la planète Terre : le soleil, la pluie et le vent, les animaux volant et nageant, les végétaux fleurissant, et, bien sûr, pour parachever ce tableau, comme un cadeau à l’homme, le bébé naissant du ventre de sa maman :

Et sur la terre…

vient…

un enfant.

Une lecture poétique, graphique, symbolique et magnifique, accessible à tout âge pour les petits enfants… et les futurs ou déjà parents, donnant à voir ce qui ne se voit pas encore…, du moins à première vue.

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Quand un enfant s’endort…

Ceci n’est pas un album, mais un livre à trous. Ceci n’est pas un livre (à trous) mais une affiche ! Ceci est… une publication hybride, solide, modulable, transformable… le tout pour servir un propos poétique et évanescent : les rêves des tout petits enfants ! Un ouvrage beau et original, sobrement intitulé Quand un enfant s’endort, cosigné Malika Doray et Annelore Parot au Seuil Jeunesse. 

quand un enfant s endort malika doray annelore parot.jpg

Dans cette histoire si onirique à lire et relire le soir, scoop, perché sur un arbre… un enfant (trop mignon) s’endort… et quand il s’endort… suspens… qu’advient-il ? Tournons la page : « quand un enfant s’endort… un petit rêve apparaît » ! Oui, sur la gauche à la cîme de l’arbre, l’enfant dort (ce n’est pas le cas de tout le monde alentour…), et sur la droite, le livre ménage une ouverture révélant l’objet de ce petit rêve : un chat !

« Quand un deuxième enfant s’endort… son rêve ne tarde pas à arriver ». Un autre petit dormeur ! Un autre rêve… Un drôle d’éléphant ?

« Quand un troisième enfant s’endort… son rêve pointe le bout de son nez… » Oh… une fusée !!

Peu à peu l’arbre du sommeil et de la vie se peuple d’enfants endormis, de doudous et bêtes bienveillantes à cette heure avancée plus ou moins vaillantes, tandis que, sur la page de droite, sont révélés des bouts de chacun de leurs rêves les plus fous ! Car finalement « quand tous les enfants sont endormis, tous les rêves sont réunis »… (non ?). Ce qui est sûr et certain, c’est que… « quand tous les enfants sont endormis… tout un monde entre en vie ! ». Cette leçon vaut bien un poster de rêves et rêveurs, sans doute !

Un album doux, aux couleurs de la nuit et de la vie, pour aborder sereinement le coucher à l’approche de la nuit. Un livre-comptine à dérouler et narrer comme une comptine, pour conter et compter, avec le(s) bébé(s), les rêveurs autant que les rêves, et apprendre à compter sur eux pour dormir sur nos deux oreilles et faire le plein de merveilles. Une ode tranquille aux imaginaires féconds des tout-petits enfants, jusque dans leur inconscient.

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Rétro-pop-up !

Oyez, oyez, les éditions Hélium ont l’excellente idée de remettre au goût du jour, en cette fin d’année, un illustrateur tchèque des années 1960 : Rudolf Lukeš… sous forme d’albums… pop-up !

Rétro + pop-up rétro-pop-up

Magnifiques couleurs &illustrations, superbes pliages & volumes…

Chaque double page vient découvrir un animal en action dans son environnement, et l’enfant, et l’adulte accompagnant, s’amusent à animer la bête en ouvrant et fermant l’ouvrage à grande ou petite vitesse !

Un théâtre d’images à la fois fantaisiste et réaliste, accompagné de petits textes de type premiers documentaires, présentant en quelques mots le héros de papier (découpé) si bien croqué…

Les détails corporels, l’expressivité des regards, expressions, mines, gestes, postures et interactions avec la compagnie (souvent l’animal parent est entouré, surplombé, chevauché… de ses enfants) constituent les primes qualités de cette série de bestiaires vifs, instructifs et interactifs.

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Un pur bonheur visuel, expérience de lecture riche en surprises pour les plus petits… et les plus grands. Réjouissant.

Et pour clore ce billet, quelques infos des plus intéressantes sur l’auteur-illustrateur de ces livres : Rudolf Lukeš (1923-1976), artiste tchèque qui passa de la réalisation de décors pour le cinéma à l’illustration de livres jeunesse : diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Prague, il travaille pour le grand écran jusqu’à ce que le parti communiste, en raison du refus de l’artiste d’y adhérer, l’oblige à cesser cette activité à la fin des années 1940 ; en 1960, il se ressource en tant qu’illustrateur jeunesse, mais dans l’anonymat. C’est en 1965 qu’il créé anonymement cette série de pop-up… qui porte aujourd’hui son nom.

 

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1,2,3… école !

Lumière sur 1,2,3… école !, un  tout cartonné mi-album, mi-documentaire, publié aux éditions Marcel & Joachim dans l’ingénieuse collection « Les maisons de Léon »  et signé Lorea De Vos :

1-2-3-ecole-lorea-de-vos-maisons-leon

Le plus de ce l’ouvrage, c’est sa conception architecturale et ludique : pas de hasard, la collection « Les maisons de Léon » dans laquelle il s’inscrit a été co-élaborée par une architecte et une professeur des écoles maternelles… Le concept fort et efficace, c’est que la maison / le bâtiment, représenté(s) en son entier & en 3D sur la page de couverture comme un jeu d’anticipation, se construit au fil de la lecture, grâce à un système de pages… découpées. La scénographie ensuite repose sur le binôme suivant :

  • sur chaque page de gauche : le récit proprement dit, avec les protagonistes, des enfants en petite section (dont, vous l’aurez compris, l’ami Léon)… en quête ici des billes qu’ils ont égarées quelque part dans l’école…
  • et sur chaque page de droite : une (nouvelle) pièce de la bâtisse révélée grâce au principe d’ouverture / de découpe, où le jeune lecteur s’amuse à observer les détails la caractérisant… En l’occurrence, la salle de classe, la cantine, la cour de récréation, les toilettes, etc. où les bambins vont chercher successivement les précieuses billes perdues.

Un livre intéressant, alliant la découverte de l’école à celles des chiffres (ici, on compte les billes perdues… et retrouvées).

 

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Maman veille… et bébé dort

Magique, un livre pour ouvrir et fermer les yeux !! Lumière sur Maman veille et bébé dort, de Pittau & Gervais, paru chez Gallimard jeunesse, collection Giboulées, en ce début d’année.

Quand bébé dort à poings fermés, maman veille sur lui et ses rêves d’or.

maman veille bebe dort pittau gervais

Dans cet album tout cartonné, à lire avec les bébés avant le coucher, ou à toute heure de la journée, l’auteur Francisco Pittau et sa compagne illustratrice Bernadette Gervais mettent en scène une série d’animaux, avec la maman sur la page de droite, les yeux grand ouverts et bienveillants, et son bébé endormi sur la page de gauche, les yeux clos, serein, les pattes ou ailes détendues. Permanence de l’éveil, veille, de toutes les mamans aux yeux bleus constants, grâce aux deux yeux ronds découpés dans les pages qui permettent de voir d’un côté la mère éveillée et, quand on tourne la page, son bébé, les yeux (presque) toujours fermés… et ainsi de suite jusqu’à la surprise finale !

De l’art de transformer le quotidien en jeu : le tout petit et sa maman (voire son papa, s’il veut jouer à se travestir en figure maternelle) apprécieront les trous laissés à la place des yeux, qui invitent à y passer les doigts, pourquoi pas, et à s’emparer du livre comme d’une collection de masques : et hop, la maman devient ours, lion, singe, hibou, panda, vache, koala, raton laveur, chat, cochon ! et le bébé itou également.

Une lecture souriante, aimante, apaisante, sous forme de ritournelle, qui se clôt, telle une pirouette, sur une jolie pique : note d’humour judicieuse pour achever d’aborder le sommeil avec simplicité et sérénité, et interroger en filigrane le rôle de messieurs les papas sur ce sujet-là…


 

the-light-bulb-363064_640Pour vous aider à trouver ce livre en librairie ou en bibliothèque, en voici les références complètes :

Maman veille : et bébé dort [Texte imprimé] / Francesco Pittau ; illustrations Bernadette Gervais. – Paris : Gallimard-Jeunesse, 2016. – 1 vol. (24 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 25 x 21 cm.
ISBN 978-2-07-058756-8 : 14,5 EUR

 

 

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Bonne nuit, petit monstre vert

Ed Emberley est l’auteur d’un album ludique extrêmement apprécié des enfants :

Va-t-en, Grand Monstre Vert !

que je vous invite à lire et à relire et à rerelire avec un jeune public si ce n’est déjà fait… un régal intégral, et une bonne partie de rigolade !

Avec cet article, je suis heureuse de vous annoncer la naissance de Petit Monstre Vert, à qui Ed Emberley, et le bébé lecteur, vont souhaiter bonne nuit… :

BONNE NUIT, PETIT MONSTRE VERT

bonne nuit petit monstre vert ed emberley

Les deux albums sont construits à l’identique : des papiers découpés — un papier glacé, solide, épais — sur fonds de couleurs vives. Magique : à chaque page tournée, un nouvel élément apparaît… ou disparaît ! Dans la version destinée aux tout petits, l’auteur-illustrateur commence par présenter son personnage : chaque page de droite décrit ainsi tendrement une partie du corps du monstre — « petit monstre a deux petits yeux jaunes » / « un petit nez bleu turquoise et deux petites oreilles tordues de la même couleur » —, jusqu’à former, à mi-parcours du livre, son « joyeux petit visage vert ». C’est alors qu’une étoile luit, signe qu’il est temps de souhaiter bonne nuit à la créature ainsi apprivoisée, et de la laisser peu à peu s’évanouir à travers champs tandis que le petit lecteur, tranquillisé, succombe à son tour au sommeil :  » […] bonne nuit, petit nez bleu turquoise et petites oreilles tordues de la même couleur » /   » […] bonne nuit, petits yeux jaunes […] » « fais de beaux rêves, petit monstre vert » !

Prouesse technique, portée par un phrasé rythmé d’anaphores et ritournelles, ce livre-jeu marie avec succès, et dans la bonne humeur, deux objectifs pédagogiques :

* apprendre aux tout petits les noms des couleurs d’une part, les noms des parties du visage humain d’autre part — car ce petit monstre, en vrai, a tout d’un bébé singulièrement humain…

* les confronter à la peur de l’inconnu et lutter contre celle-ci, en invitant le bébé lecteur à faire, tout simplement, plus intime connaissance avec cet autre que lui : un exercice cathartique bienvenu, pour le tout petit qui commence à distinguer les êtres étrangers de ceux qui lui sont familiers, et en éprouve de l’angoisse !


the-light-bulb-363064_640Pour vous aider à trouver ce livre en librairie ou en bibliothèque municipale, en voici les références complètes :

Bonne nuit, petit monstre vert [Texte imprimé] / Ed Emberley ; [traduit de l’américain par Élisabeth Duval]. – [Paris] : Kaléidoscope, DL 2013 (impr. en Malaisie). – 1 vol. (non paginé [28] p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 21 cm.
. – Trad. de : Nighty night, little green monster
ISBN 978-2-87767-782-0 (rel.) : 11,80 EUR.