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Imagier de la montagne

François Delebecque est de retour dans la BBthèque ! Après notamment un Imagier de la plage, il prend de l’altitude et nous livre en plus, encore et toujours aux éditions (Les Grandes Personnes) un…

Imagier de la montagne

Cet imagier est un livre-jeu, qui se donne à lire avec des volets à soulever : en première approche, une silhouette ou forme en noir sur fonds blanc ou inversement ; et sous le rabat, une photo représentant la même image mais, en couleur et plus riche en détails. Comme une approche progressive des massifs montagneux et des principales caractéristiques de ce milieu : comment y va-t-on ? pourquoi pas en train ; qui y trouve-t-on ? vache et mouton l’été, chien de traîneau l’hiver ; qu’y fait-on ? on y randonne et dès le plus jeune âge pardi ! de l’accrobranche, parfois, aussi ; qu’y voit-on ? des boutons d’or, une cascade, un lac, un château, ou encore un glacier tout là-haut…

Un premier documentaire à partager été comme hiver, printemps et automne, à la montagne ou ailleurs, avec les tout jeunes enfants pour qui c’est l’occasion de mettre en mots et en images cet environnement donnant la part belle à la nature et à milles et une expériences en plein air.

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2 comptines, 1 poule, 1 canard

Dans la BBthèque cette semaine, voici deux comptines volatiles, revisitées avec brio par deux grands auteurs-illustrateurs jeunesse pour le plaisir des yeux et des oreilles des tout-petits :

« Une poule sur un mur … »

par Thierry Dedieu

Un nouveau titre signé Dedieu dans l’excellente collection Bon pour les bébés au Seuil jeunesse, c’est toujours une bonne nouvelle — pour mémoire, cette collection combine notamment un grand format pour tout-petit lecteur et des illustrations noir et blanc exclusivement.

Retour aux fondamentaux avec cette comptine si triviale et musicale à la fois, tellement universelle qu’elle fait systématiquement le bonheur des très jeunes enfants, et ce tout particulièrement quand les paroles de la comptine sont servies par des illustrations aussi expressives, mention spéciale à la poule dont le bébé lecteur épouse les mouvements de tête, les mouvements de cou, les mouvements de bec, pour, avec un large sourire, picoti… picota, picoter sa nourriture, le pain dur, lever la queue puis lever le camp !

« Un petit canard au bord de l’eau … »

par Jeanne Ashbé

Publié dans la collection Pastel des éditions de l’Ecole des loisirs, le nouvel album de Jeanne Ashbé exprime dès la couverture sa substantifique moelle : une coquille d’oeuf (dont le bébé lecteur appréciera le volume du bout des doigts) en train de se fêler car il est l’heure pour un caneton de voir le jour… ou comment naître au monde, mais aussi grandir — faire ses premiers pas, connaître son premier envol, sous le regard protecteur et bienveillant d’une maman.

Bon…, s’intitule cet album de naissance : comme une maman dirait, murmurerait, scanderait, chantonnerait, commenterait chaque petit ou grand événement par autant de « bon… », « bon bon bon »…, « bon… jour, toi », « bon… zour », jolie répétition de sonorités pour les bébés, et au-delà, jeux et choix de mots qui disent tout l’amour que le parent porte à l’enfant et qui nourrit la confiance de celui-ci envers le monde qu’il découvre, sécurité affective te voici te voilà.

Place ensuite… à une musique un peu plus complexe, une comptine, revisitée, qui correspond à un deuxième temps : le caneton va devenir canard, car voici qu’au bord de la mare la comptine narre l’autonomisation progressive de ce petit être en devenir. « Un petit canard au bord de l’eau… il est si beau… il est si beau… » (se mirer dans l’eau, prendre conscience de soi : je suis un être à part entière à présent), « un petit canard au bord de l’eau… il est si beau qu’il tombe dans l’eau… Plouf ! » « Bon… bon… booon »… commente la mère cane, large sourire au bec, de voir le jeune canard ressortir la tête de l’eau après ce plongeon involontaire et premier, l’air de dire l’air de dire, tu es tombé, ce n’est pas grave, tu t’es relevé maintenant, c’est en faisant qu’on apprend, bref, bon… voilà qui est fait… alors… on passe à une nouvelle étape : le petit canard, mais aussi ses comparses (si ce n’est toi c’est donc ta sœur… ou ton frère), barbotent ainsi, ensuite, derrière leur mère, avant de s’envoler ensemble dans les airs !

« Bon voyage, petit canard ! » dit le mot de la fin, montrant notre petit canard sans frère, sans sœur, sans maman, mais volant comme un grand… en souriant.

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SPLASH !

La BBthèque poursuit dans sa lignée originalité/modernité : après les comptines version électroacoustique (Tipi Tipi Ta… par ), place à un album très graphique et complètement pop qui fait penser au street art, aux graffitis, aux dessins animés aussi, et y associe de manière profondément ludique les tout-petits. Le titre et la couverture annoncent la couleur, voici…

SPLASH !

de Jon Burgerman

aux éditions Les Fourmis rouges

Dans ce livre, c’est l’acte même de tourner les pages, par le bébé lecteur ou l’adulte lecteur, qui motive voire génère l’histoire : une action, une conséquence. Splash. Car le principe du livre, c’est de faire Splash, en rabattant la page de droite sur la page de gauche. Splash. Et ainsi l’illustration de gauche s’enrichit de l’illustration de droite, en mode je m’écrase sur toi. Splash. Au départ il y a… sur la page de gauche et sur fonds rose un truc vert, on dirait vaguement un arbuste, une branche de brocolis ; sur la page de droite et sur fonds jaune, deux yeux lorgnant sur l’illustration de gauche et une bouche sourire en coin ; que se passe-t-il si tu tournes la page ? demande l’auteur-illustrateur à son lecteur… Splash ! Nous voyons désormais sur la page de droite un bonhomme vert un peu sonné par le choc, il a récupéré des yeux (même s’il n’a pas encore le regard bien clair) et il tire sa nouvelle langue, tiens-bon, petit bonhomme, tu n’es pas au bout de tes peines. Ce n’était que ton premier Splash ! parmi une série de splash. Au fil de la lecture, tu te prendras dans la figure une tarte, un sandwich, des lunettes, des paillettes, des plus ou moins petites bêtes, tu seras rincé et ventilé, avant de tout recommencer !! Méga Splash !

Un livre à gags dont le bébé lecteur est le principal acteur, pour son plus grand plaisir. L’humour de répétition se joue du principe d’accumulation, dans la tête du lecteur ça peut donner lieu à un tourbillon de questions, et si j’ajoute ça, qu’est-ce que ça donne, oh mais puisqu’il y a ça en plus, il faudrait aussi ceci et pourquoi pas cela, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin, il va falloir remettre ça, bon OK on s’arrête… ou pas… !!! Au total, 32 pages où le bébé lecteur vit une expérience, intégralement livresque, totalement inoffensive, mêlant transgression, toute-puissance et fou-rires à foison. De temps à autre, il se met même à la place du malheureux personnage entarté. Et vous l’imaginez bien… rien que prononcer l’onomatopée splash à chaque splash remplit le tout jeune lecteur de joie !

La BBthèque vous recommande vivement cette crème de livre, ou plutôt ce livre qui se transforme, c’est peu commun, en lancers de tarte à la crème & autres surprises, et dont vous trouverez quelques extraits par ! Et pssssst, pourquoi ne pas prolonger la lecture de ce livre par des activités plastiques ?

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Des poules et des oeufs

Des poules et des œufs : c’est le titre d’un livre tout cartonné écrit et illustré par Pauline Kalioujny, publié en 2019 aux éditions Thierry Magnier. Un premier documentaire qui dit et met brillamment en scène cette question, éternelle en ce que la réponse apportée engendre une nouvelle question qui trouve la même réponse que la question initiale, et ainsi de suite sans qu’il ne semble y avoir de fin et, si bien qu’au final on ne sait plus très bien quelle était la première question et on la reformule ainsi : diantre, qui de l’œuf ou de la poule est apparu le premier ?

Sans doute le noterez vous en observant la couverture du livre ci-dessus : cet album est un livre avec un trou… c’est même un livre à trous, comme le lecteur le découvre en feuilletant ce livre-objet à lire, écouter, regarder et manipuler.

Le narrateur est un poussin (représenté par un un tout petit trou en forme de poussin) qui pose une question à sa maman : « Dis, Maman, je suis né comment ? ». Et la maman de répondre : « D’un œuf » (représenté par un petit trou ovale évoquant la forme de l’œuf) ;  « Et d’une poule, et d’un coq ».

L’explication pourrait s’arrêter là, sauf que le petit poussin est curieux et intelligent : maintenant qu’il sait d’où il vient, il demande à sa maman d’où elle vient. L’histoire se répète ainsi, mais plus loin dans le temps, et avec des trous plus grands. A la fin du livre, le bébé lecteur découvre des poules et des œufs (en creux) emboîtés les uns dans les autres, du plus petit au plus grand, comme des matriochka, poupées russes déclinant le thème de la parentalité (lire et relire à ce propos ces deux autres tout cartonnés géniaux De maman en maman et De papa en papa d’Emilie Vast, chroniqués ici).

Une lecture toute en jeux et volumes, jaune poussin, coquille d’or, variantes-répétitions à gogo qui, l’un dans l’autre, dit et échange beaucoup avec le jeune enfant sur la question des origines tout particulièrement.

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Mini bestiaires pour apprendre à compter ou encore s’initier au japonais… !

Les bébés lecteurs ont une appétence singulière pour les extrêmes, en matière de formats livresques : les albums gigantesquement géants et ceux tout tout tout… petits. Les minis, concentrés de riches contenus et livres-objets à manipuler par les petites mains. Comme celui-ci, ou comme ceux présentés aujourd’hui, qui empruntent chacun au genre du bestiaire… combiné avec d’autres approches suscitant l’éveil des jeunes enfants :

1 chien, 10 chats !

par Martine Perrin

Ce tout cartonné, format carré de 9 x 9 cm s’il-vous-plaît, est tout à la fois un bestiaire (faisant l’apologie du plein air !), un livre-jeu et un livre pour apprendre à compter (de 1 à 10)… tout en s’amusant à coucou-cacher et à nommer/dénombrer les animaux rencontrés au quotidien, à la campagne ou dans un jardin.

Grâce à un trou rond présent une page sur deux et aux jeux de graphisme autour ce trou-trou, l’enfant se lance dans une partie de devinette : je vois un bout de l’image mais pas tout, qu’y a-t-il d’autre ? et trouve la réponse à ses questions à la page suivante, en même tant que, dans le trou, prend place le nombre illustré sur la double page dévoilée, et ce de manière extrêmement lisible. Dans mon jardin, il y a ainsi… 1… chien ; il y a aussi une pente et sur la pente… 2… escargots ; il y a un arbre et en haut de l’arbre… 3… oiseaux ; etc.

A la toute fin, surprise, tout le jardin, montré jusqu’ici par bribes, comme autant de gros plans sans corrélation apparente les uns avec les autres, est représenté globalement dans l’espace avec une sorte de jeu fait plan, par lequel l’enfant comprend son aménagement, ainsi que les habitats respectifs des petits êtres qu’il vient de rencontrer, de la niche au poulailler, la mare au pied de l’arbre, la terre en pente au dessus du terrier. Une invitation pour le jeune enfant à observer son environnement, et à le traduire en mots et en nombres.

Quelques images ici !

Mon imagier japonais : les animaux

de Julie Blanchin Fujita

Cet autre premier documentaire tout cartonné, un poil plus grand que le précédent (10 x 10 cm), propose au bébé lecteur de l’initier à la langue mais aussi à la faune japonaise. Dans cet imagier bilingue (français-japonais) de 22 petites pages, chaque double page présente un animal… occidental ou extrême-oriental : le moineau, le papillon, l’ours noir d’Asie, le poisson rouge, le chat, le scarabée, le chien viverrin, la libellule, la luciole, le chien akita.

Sur chaque page de gauche, l’illustration de l’animal, réalisée à la peinture à l’eau ; sur chaque page de droite, le mot lui-même : écrit comme à la main en langue française pour commencer, puis en japonais, et ce de plusieurs façons différentes : comment le mot se prononce (grâce à sa transcription en lettres latines) et comment il s’écrit (sa graphie  : kanji, hiragana et katakana !). Une belle introduction à une autre culture…

Quelques images à découvrir ici.

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A l’intérieur des émotions

Oyez, oyez, ouvrez grand vos oreilles et vos yeux, car voici venir une merveille de livre jeunesse pour mieux comprendre et connaître nos émotions : cette merveille s’intitule A l’intérieur de mes émotions, elle est signée Clothilde Perrin aux éditions du Seuil, avec la collaboration de l’atelier Saje.

Dans ce premier documentaire qui donne le primat à l’illustration et à la manipulation, Clothilde Perrin dresse un portrait résolument humain (et non robot) de cinq émotions fondamentales qui nous animent quotidiennement : la colère, la tristesse, la joie, la peur et le dégoût. L’objet-livre est grand (41 x 28 cm) et riche, mais aussi conséquemment fragile, du fait de ses mille et un détails à manipuler pour mieux découvrir, tout en images, tout en analogies, le fonctionnement de ces affects qui agissent en nous et nous troublent, depuis la petite enfance jusqu’à la fin de vie, et qu’il est utile d’apprendre à connaître dès le plus jeune âge afin de mieux pouvoir les gérer.

Chaque émotion fait l’objet d’une double page, avec une personnification au programme : ainsi, sur chaque page de droite, l’incarnation de l’émotion en un personnage illustré. Prenons par exemple Colère. Si tu me regardes et si tu soulèves les différents rabats qui constituent mon corps, tu constateras que mes poings sont fermés, mon sourire inversé, mon front plissé, une fumée sort de mes oreilles, sur ma tête des petites cornes ont poussé, un feu terrible grandit en moi, avec mes bras je risque de taper et cogner, mon cœur bat la chamade et je suis prêt à dégainer ma fiole de gros mots et mon paquet de nerfs… sacrément emmêlés. Sur la page de gauche, tu découvriras mes différentes caractéristiques : mon physique, mes points forts et mes points faibles, ce que j’aime ou j’adore (mes personnages préférés à savoir ceux qui se mettent facilement en colère ; mes œuvres d’art préférées, en l’occurrence Max et les Maximonstres, bien sûr, mais aussi le boxeur de Basquiat ; mes jeux et repas préférés…), ce que je n’aime pas mais vraiment pas, ainsi que mes sensations.

Une œuvre de toute beauté que l’enfant, comme l’adulte, prend beaucoup de plaisir à explorer, pour appréhender ensemble, avec des images, des mots, des jeux, des chansons… la complexité et la richesse de nos émotions. Vous trouverez ici et  quelques extraits en ligne de ce théâtre cathartique des émotions, à se procurer d’urgence pour se mettre dans leur peau et le cas échéant, leur faire la peau ; ou comment, avec le jeune enfant, prendre par la main nos affects principaux et se donner ainsi les moyens de les prendre en main.

Psssst : vous cherchez des idées complémentaires d’albums sur les émotions ? La BBthèque vous en recommande quelques autres… par  !

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Abécédaires : donner corps et voix aux lettres

L’Année 2019 dans la Bébéthèque s’ouvre sur deux ABcédaires, qui revisitent le genre en version « augmentée », l’un par la 3D, l’autre par une approche sonore : ABC en relief, de Pittau et Gervais aux éditions des Grandes Personnes (2016) ; Le bruit des lettres, de Jeanne Boyer et Julien Billadeau chez Benjamin médias (2018).

ABC en relief

de Pittau et Gervais

Dans ce premier documentaire, petit format carré, les lettres prennent vie… par la magie de la mise en volume.

Dans l’ABC 3D de Marion Bataille, paru en 2008 aux éditions Albin Michel, la lettre elle-même était en relief… et je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous ces images pour celles et ceux qui ne connaissent pas cette oeuvre d’art :


Dans l’ABC en relief de Pittau et Gervais, ce ne sont pas les lettres qui sont en relief, mais des mots qui commencent par chacune d’entre elles; le langage est linéaire, mais la réalité qu’il représente, non ; ainsi chaque page comprend une lettre bien lisible, et donne à voir, dans une approche ludique et scénographique, par un système de rabats souvent doublé d’une ingénierie pop-up, l’illustration 3D d’un mot dont l’initiale est constituée par cette même lettre : A pour artichaut, B pour Bateau, C pour Caméléon, etc. Objets, animaux, végétaux d’ici et d’ailleurs… une lecture à la fois distrayante et instructive ! Quelques images :

Le bruit des lettres

de Jeanne Boyer et Julien Billaudeau

La lettre A fait AAAAH comme quand on accueille un ami que l’on attendait.
La lettre B fait B’ B’ B’ B’ comme les bulles d’une bouteille que l’on plonge dans le bain.
La lettre C fait K’ K’ K’ comme quand on casse la coquille d’un oeuf à la coque…

Jeanne Boyer et Julien Billaudeau abordent quant à eux, aux éditions Benjamins media, collection M, l’alphabet à travers son écriture ou dessin d’une part, et sa sonorité d’autre part, soit le bruit que chaque lettre fait quand on la prononce, quand on l’entend, quand on parle ou qu’on écoute une conversation : jeux de langue, jeux phoniques, jeux musicaux… L’approche adoptée, servie par des illustrations vives et un complément audio (CD MP3 accompagnant l’ouvrage, avec un extrait audio ici !) ouvre la voie à une riche découverte vocale du langage. Les lettres prennent ainsi vie quand elles sont dites, chantées, soufflées, criées, écoutées, sifflées, chuchotées, onomatopées, partagées !