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Cot cot cot & moi moi moi

Jean Gourounas revisite, aux éditions de l’Atelier du poisson soluble, un grand classique du conte pour enfants : la petite poule rousse, cette histoire où une petite poule, rousse, mène un projet à bien (transformer un grain de blé en bon pain croustillant) en demandant régulièrement de l’aide à ses voisins (un cochon, un carnard, un chat) sans qu’elle ne l’obtienne jamais, et décide donc de savourer seule, à la fin, le fruit de son travail.

L’originalité et l’intérêt de cette nouvelle version, qui préserve à merveille le sens et l’esprit de ses ancêtres, réside dans son approche ludique, qui s’exprime tant par des jeux graphiques sur les codes et les formes (la poule se réduit à une crête rouge, un œil noir et un bec jaune), que par des jeux de mots (répétitions et variantes, expressions figurées, onomatopées, typographie), qui donnent envie de poursuivre le temps de lecture par des activités (écriture, théâtre, géométrie, collages, etc.)… Le conte s’en trouve rajeuni pour le bonheur des petits et des plus grands qui se l’approprient.

Bref, je n’ai plus que quatre mots à vous dire ou à vous écrire :

cot ! groin ! coin ! miou !

tout en vous invitant à feuilleter à votre tour l’aventure de cette nouvelle petite poule rousse : par ici !

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Cache-cache-caméléon

Avez-vous déjà joué à cache-cache avec un caméléon ? Après la lecture de cet article, vous ne pourrez plus dire non ! Car aujourd’hui je vous présente un drôle d’album intitulé Caméléon, signé Jean Gourounas aux éditions L’atelier du poisson soluble… Tout un programme… haut en couleurs :

Au début, on le voit tout entier, mon caméléon, avec toutes ses couleurs : sa tête bleue, ses yeux blanc, son ventre rouge, sa queue jaune, ses pattes vertes. Oui, on le voit dans son intégralité, perché sur sa branche d’arbre grise elle même dessinée sur un fond noir de chez noir. Et comme on le voit même drôlement bien, c’est l’occasion ou jamais pour l’auteur de nous le présenter :

Là, c’est mon caméléon.

Regarde comme il est joli.

Mais les choses ne tardent pas à se gâter… et mon caméléon va peu à peu, tiens-toi bien, disparaître… car un caméléon ça a un don… c’est de maîtriser l’art du camouflage en prenant la couleur qu’il veut… !

Donc cher bébé lecteur, si tu regardes la tête du caméléon et uniquement sa tête, et bien… elle se fond dans le décor devenu bleu comme elle… et on ne voit plus guère le bout du nez du caméléon, non, on ne voit plus que ses deux yeux, un peu circonspects ! Et puis si tu te focalises sur son ventre, rouge… malheureux, voici que, désormais, et la tête, et le ventre, se confondent avec le fond devenu rouge à son tour ! Si tu lui chatouilles les pattes, vertes… elles partiront à leur tour, dans le vert ambiant… Si tu lui gratouilles la queue, jaune (fluo), tu ne verra plus qu’une paire d’yeux sur fond jaune (fluo). Et si tu regardes ton caméléon droit dans le blanc des yeux… ploup ils se feront eux aussi la malle sur un fond blanc !

Aie aie aie l’angoisse de la page blanche… comment la dépasser ? C’est pourtant bien simple, elle n’est pas complètement, intégralement blanche, la page. Parce que sur la page, il n’y a pas qu’un caméléon qui change de couleur quand tu repères une de ses couleurs. Il y a aussi une branche, grise, qui jusqu’ici tient le coup (oui, car elle ne change pas de couleur à tout bout de champ comme notre ami le caméléon). Et tu veux que je te dise, chez bébé lecteur ? Dans ce monde, la branche sur laquelle on se pose, on peut s’y fier (du moins pour le moment) et l’auteur d’ironiser quand le caméléon s’est envolé :

Là, c’est la branche de mon caméléon.

Regarde comme elle est jolie.

Oui car si le caméléon change de couleur, la branche, dans l’ensemble, non… !

Echo joyeux aux classiques et géniaux Va-t-en, Grand Monstre Vert ! et Bonne nuit, Petit Monstre Vert d’Ed Emberley, Caméléon est un tout-cartonné au trait alerte & expressif, aux couleurs vives vives, qui permet d’aborder par les biais de l’humour (qu’est-ce qu’on rit) et du jeu (qu’est-ce qu’on joue), des notions très variées et pourtant essentielles : la présence et l’absence, le changement et la permanence, les couleurs, ou encore les parties du corps… Encore !!