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Livres de naissance

Dans la BBthèque aujourd’hui, lumière sur une nouvelle sélection de livres de naissances, de la conception, parfois ardue, à la mise au monde, et plus encore…

Petite pousse

de Sandra Le Guen et Popy Matigot aux éditions Sarbacane

« Née une nuit de juillet au cœur d’un été chaud, bleu, sable, un peu sec et orageux, je suis… »

Je, c’est Petite pousse, la narratrice. Je suis, dit-elle : je suis dès que mon père et ma mère m’ont conçue, à partir du moment où je suis « arrivée dans le ventre de ma mère », je suis et je deviens, en secret d’abord, puis en images, avant de voir le jour, et de me montrer en chair et en os : « je suis moi ».

Un album poétique et sensoriel sur l’amour, la parentalité, la naissance et l’identité.

Am stram graine

d’Anne-Catherine Le Roux et Jules aux éditions Le Pommier

Publié par les éditions Le Pommier qui mettent des questions scientifiques à portée de tous, cet album met en scène, à l’occasion des mille et une hypothèses de « comment on fait les bébés… !? » suite à l’annonce par la maîtresse qu’elle porte un enfant en son ventre, une petite fille qui raconte une histoire à ses copains, une histoire que l’on dit sans doute rarement en cour de recréation, mais qui est la sienne et qu’elle est ravie de partager. C’est l’histoire originale de sa conception, telle que ses parents la lui ont expliquée : des parents qui avaient très envie d’avoir un bébé, mais qui n’y parvenaient pas, ont donc consulté le corps médical pour comprendre, et ainsi appris la nature du problème : les « graines » du papa étaient trop petites, avant de trouver une solution : le don de graines (« on appelle ça les gamètes »). Grâce à ce don, la maman est devenue enceinte, et les (futurs) parents se sont beaucoup investis dès la période de grossesse dans leur relation avec leur (future) enfant : en lui disant des mots d’amour, en lui chantant des chansons, etc.

Un album qui dit aussi l’amour de parents pour un(e) enfant & réciproquement, et permet d’aborder avec les enfants l’extrême diversité des origines, y compris dans l’acte de conception.

Pablo

de Rascal aux éditions L’Ecole des loisirs

Avec Pablo, on quitte les humains pour s’intéresser à un volatile à naître. C’est l’histoire, en noir & blanc, parfaitement graphique, de la naissance d’un oiseau : Pablo. Première double page avant même la page de titre : un fonds noir (Pablo est dans l’obscurité tant qu’il réside dans l’œuf), deux yeux blancs, un bec blanc. Dernière double page avant la dernière de couverture : un fonds blanc (Pablo est né, la lumière l’éclaire), deux yeux noirs, un bec noir. Entre les deux, le bébé lecteur va observer la naissance de Pablo. Au début donc, il est encore dans son œuf, mais il « doit sortir de sa coquille » car « maintenant, il est trop grand ». Comment il s’y prend ? Progressivement. Avec un premier petit trou au niveau de son œil droit, il peut jeter un œil sur l’inconnu qui l’attend ; et renouveler l’opération avec l’œil droit ; puis percer de nouveaux trous pour écouter le monde, découvrir ses odeurs, le tâter des pattes avant enfin de déployer ses ailes pour mieux le parcourir, tout en gardant, on sait jamais, un bout de coquille, pour se protéger si besoin. Un beau propos servi par un graphisme de haut vol : à mesure que l’oisillon sort de l’œuf, l’œuf se transforme en oisillon.

Mon petit roi

de Rascal et Serge Bloch aux éditions Tom’poche

Graphisme toujours ! Mon petit roi assimile le créateur (qu’est l’auteur et/ou le dessinateur) à un papa : quelqu’un qui donne naissance à quelqu’un d’autre. Dans cet album qui marie superbement dessin et photographie, les lecteurs assistent à la naissance, en direct, d’un personnage dessiné (tout en traits) par le biais d’une (vraie) main (elle semble d’autant plus vraie qu’elle est photographiée), figurant celle de son créateur. « Voici la première page d’une histoire à naître. Une histoire dont j’ignore tout » : dans ce livre, un être naît, et avec lui son histoire… à venir et à construire.

PS : encore d’autres livres sur la naissance à découvrir ici !

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Jour de marché

Aujourd’hui, c’est jour de marché ! Ou pas… mais avec le livre du jour dans la BBthèque c’est tout comme :

Au marché

de Noëlle Smit

aux éditions Sarbacane

Par jour de beau temps, c’est l’été ou le printemps, main dans la main, une petite fille et sa maman (ainsi que le petit chien) partent faire leurs emplettes au marché, chacune avec leur panier. L’album se limite, en termes de texte, au seul titre, programmatique. Tout le reste est muet, succession de tableaux d’un marché en plein air…

Le voyage commence par une vue extérieure et surplombante : la mère et la fille, venues à bicyclette, ont garé leurs vélos à proximité des camions, et avancent en direction de la zone des stands, arborée. Le parcours se poursuit de scènes en scènes : pour chaque marchand auprès duquel les deux clientes flânent ou achètent, l’auteur-illustrateur ainsi que le bébé lecteur s’arrêtent et se nourrissent itou également…. des produits et de l’ambiance.

Une mine d’or pour observer… les étals du poissonnier, du boucher-charcutier, du maraîcher, du fromager, de condiments variés ou encore du boulanger, du bouquiniste, du fleuriste, des vendeurs de tissus, de chapeaux ou encore de glaces, sans oublier le bric-à-brac ! Chaque illustration fourmille de mille et un détails, selon qu’on s’attache aux passants, aux marchands, aux produits, aux actions et points de vue de la fille ou de la mère voire des animaux, chiens, chats, oiseaux… Jusqu’à ce que, hop ! les paniers soient remplis ! Les donzelles peuvent alors repartir… avec une perspective délicieuse de repas en plein air avec tous ces produits frais !

Un très beau premier documentaire sur le marché, qui met en lumière la diversité de ses produits frais, ses acteurs, producteurs, vendeurs, consommateurs, son ancrage profond et essentiel dans la société : quelle animation au marché, et quel bonheur de bien s’alimenter ! Une virée hautement conseillée.

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Qui veut jouer avec moi ?

Un livre-jeu pour bien démarrer les vacances !! Le titre c’est : Qui veut jouer avec moi, l’auteur Davide Calli, et les éditions… Sarbacane :

qui veut jouer avec moi davide cali

Un livre-jeu à la première personne, comme l’indique le titre, et c’est même l’histoire d’un petit bout de chou qui s’auto-déclare le capitaine de l’équipe qu’il va constituer :

C’est moi le CAPITAINE !

C’est moi qui choisis mon équipe !

Sauf que le petit narrateur est plutôt en mode « Non, non, non », je ne veux pas X, je veux pas Y, et puis ni V, W, X, Y ou Z, en fait personne n’est à mon goût… mais flûte à force de rejeter tous mes camarades, je me retrouve avec une équipe réduite à 1 seule et même petite personne… moi-même. En bref, cet album apprend, de manière ludique, la vie en collectivité vs… l’approche individuelle, ou comment, en tant que personne, on est amené à faire des choix raisonnables et des compromis pour continuer d’avoir des amis et construire un projet à plusieurs.

Ce contenu est servi par un graphisme au top : sur la page de gauche, des phylactères, ou bulles de bande dessinée, indiquant à voix haute les intentions du capitaine : « d’abord pas de roses », tandis que sur la page de droite le bébé lecteur peut visualiser l’ensemble des candidats (au départ très nombreux, ils remplissent la page) pour entrer dans l’équipe dudit capitaine ; le phylactère épouse la forme et/ou la couleur des candidats que le capitaine en herbe, représenté par un petit carré vert, rejette. A la page de droite suivante, voici que tous les candidats roses ont vidé les lieux, tandis que le capitaine continue d’écumer son auditoire, page après page : exit les violets, les bleus, les triangles, les ronds, les bizarres, les gribouillis, les trop petits et les trop gros… et même ceux dont la nuance de vert diffère du vert du capitaine ! A trop exiger, à trop chipoter, le cap’ se retrouve face à une page blanche… Na !

Pssst… et si on relisait le livre dans l’autre sens pour faire la pêche aux copains et revoir son choix d’équipe ? A nous, cher bébé lecteur, le plaisir de trier au passage les formes et les couleurs, de compter les sortants ou entrants, et de tolérer, voire d’apprécier, le caractère unique de chacun et la complémentarité de tous !

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Héros surprises

Avis aux déjà-geeks et futurs-geeks, Gilbert Legrand, le pro de la transfo des objets en trucs dinguos, s’attaque aux super-héros ! Dans la famille livres-surprises, après les Animaux et les Trésors… je demande les Héros !

Ca se passe toujours aux éditions Sarbacane, en cartonné format carré hautement manipulable par les petites mains et les grands yeux, avides de jouer avec les objets du quotidien… eux-même intrinsèquement dotés, mais si bien sûr, de sacrés pouvoirs… aux yeux des bambins ! Une belle ode à ces menus (mais super) produits, personnalisés à souhait pour accomplir leurs (super) missions… ! Allez, deux exemples, en images s’il-vous-plaît :

L’image reprise en couverture de l’album :

Un tire bouchon ? [l’apprenti lecteur voit sur sa gauche l’image détourée d’un tire-bouchon… et entend l’adulte lire « un tire-bouchon » ; il tire le rabat et découvre à la droite du tire-bouchon un drôle de super-héros :

EXTRACTOR Devant lui, les bouchons s’enfuient !

Mais aussi… ceci :

Psst connaissez-vous aussi…. la vie caché de ces instruments là : voici qu’un couvercle à casserole se transforme en CUISTOMAN étouffant les marmites en fusion, une perceuse en PERCEMAN, roi du mille trous minutes, une planche à découper en PLANCHA GANGSTAS, une bombe de peinture en DOCTEUR TAG qui de son ombre domine la ville fantôme,  etc. !

Une merveille, que dis-je, mille merveilles, visuelle(s) et fonctionnelle(s) pour les plus petits et les plus grands, qui met(tent) littéralement le design à portée de main des bébés… émerveillés.

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Les félins en formes, ou la géométrie avec les chats

Vous n’avez encore jamais vu de chat… comme ça ! Après LES OISEAUX (couleurs) et LES CHIENS (contraires), voici qu’Elo, aux éditions Sarbacane, explore les formes avec LES CHATS… qu’elle forme et déforme afin que le bébé lecteur identifie et manipule à son tour les formes !

Oui, la créatrice franco-suédoise Elo livre ainsi un nouvel imagier des plus réussis, avec ce fil rouge du chat déformable à merci, ce qui est par ailleurs très rigolo. Le résultat ? Un premier documentaire, aux tons colorés et joyeux, sous forme de livre-jeu avec des volets et rabats à soulever par le jeune enfant : un chat rond (vert), présenté de face, surprise, est entouré d’un chat (jaune à taches) l’encerclant ; un chat (violet à pois) de côté, en mode triangle, se transforme, déplié, en chat blanc tout étalé, format carré (chat ou coussin félin ?), un chat jaune à poids qui fait le pont (arc) d’un côté devient un chat violet qui fait le gros dos (ovale), une queue en ligne droite mute si vite en zig zag, etc.

On devine, dès la première page, toute l’affection portée à ces êtres à quatre pattes, compagnons quotidiens, à travers ces mises en scènes originales de félins… si proches pourtant du modèle original tant Elo capte bien les expressions et attitudes de cet animal domestique… ou rebelle à la domestication !

Par le jeu, le bébé lecteur découvre — littéralement — et nomme — avec l’adulte accompagnant — les formes simples ET complexes : le rond, le cercle, le triangle, le carré, l’arc, l’ovale, la ligne droite, le zig zag, le triangle, le losange, le parallélépipède, le trapèze, le carré, le rectangle, la flèche, l’hexagone, la spirale, la croix. Par la manipulation, le tout-petit fait ses premiers pas en géométrie, observant mais aussi et surtout devenant le créateur des formes qu’il construit.

Pour terminer ce billet… un petit extrait… tout en plis et déplis… magie magie rime avec géométrie !

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Les couleurs volatiles

Après les contraires canins/malins, voici qu’Elo et la Sarbacane se sont fait pousser des ailes pour mieux exposer aux tout-petits un bel éventail de couleurs :

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Dans le livre animé Les Oiseaux (couleurs), par d’astucieux rabats, les bébés lecteurs jouent avec les plumages pour dévoiler les teintes cachées de drôles d’oiseaux : une aile blanche en mode recto, noire en mode verso ; une autre blanche et noire, mais aussi rouge quand le volatile s’envole ! un troisième se camoufle sous un manteau gris ; un œil fermé se révèle d’un bleu pâle persistant ; un bec mutant, passant du noir à l’orange, très étonnant ! une poule couvant son poussin si jaune ; une huppe faisant sa tomber sa huppe couleur marron, un presque-paon nous fait l’honneur de nous montrer son derrière… vert… et pourquoi pas aussi… on va dire… un cygne… violet ?? Et la chouette n’en fait pour sa part qu’à sa tête … pour voir la vie en rose !

En bref, un imagier ludique et chouette (hehe) sur le thème des couleurs, avec, en bonus, un graphisme toujours design et un choix original et fort à propos de couleurs non standardisées, éveillant le regard des tout-petits et les invitant à sortir, par le jeu, des sentiers battus.

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Le doudou des bois

Un récit presque initiatique qui sent bon l’air vif de la forêt et l’amour tendre des petits lutins : Angélique Villeneuve et Amélie Videlo signent aux éditions Sarbacane, avec Le doudou des bois, un très bel album à lire dès l’acheminement vers la fin de la petite enfance… et l’entrée dans l’ère de l’enfance, la cour des grands.

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On suit les pas d’une bambinette, Georgette, partie se promener dans les bois, (il était) une fois. Georgette, en pleine nature, nage dans le bonheur de l’éveil des sens — l’odorat pour elle, la vue pour nous, embarqués par les sublimes illustrations. Georgette partage ses découvertes avec son doudou lapin, avec qui elle pique un petit somme, avant de repartir de plus belle… Mais quand vient le soir et le coucher dans son lit, aïe aïe aïe quel oubli ! solitude et chagrin, le doudou gris est resté là-bas dans les feuillages.

Alors Georgette, dès le lendemain, part en quête du doudou perdu… sans succès aucun, hélas, il a disparu. Mais, dixit l’auteur :

Georgette est une petite personne très courageuse.
Elle s’est appuyée contre un arbre et a décidé qu’ici, dans ces bois, elle dénicherait sans tarder un doudou bien à elle, très doux, qui sentirait comme l’autre, peut-être même meilleur. L’odeur du dodo, l’odeur du dehors.

Devinez-vous quel sera ce nouveau doudou ? Georgette renifle, touche, pour mieux établir son choix : une feuille ? une châtaigne ? une flaque ? …

Enfin, Georgette trouve LE candidat : gris, tiède, doux… et définitivement vivant. Oui, surprise ! Le doudou de Georgette à présent, c’est un (vrai de vrai) jeune loup… compagnon à quatre pattes en devenir avec qui vivre mille nouvelles aventures !