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Caché… premier roman pour bébé

Voici un album sans texte

non au contraire, une fois n’est pas coutume,

un album sans image… autrement dit…

UN PREMIER ROMAN POUR LES BÉBÉS !

Si ! Intitulé Caché et signé Corinne Dreyfuss aux éditions Thierry Magnier :

Mention spéciale pour la couverture très pop de ce tout-cartonné, presque orange fluo avec une typo qui s’efface et joue elle-aussi, comme le titre du livre, à cache-cache ! Caché, dit le titre ; trouvé, dit la couleur vive vive vive ! Et puis on ouvre le livre, et là, place — typique du tip top livre pour tout-petit — au noir (de l’écriture) sur blanc (de la page). Dans ce livre d’un genre inédit, roman jusqu’au format (13*22 cm)  — avec, qui-plus-est, chapitres, numéro et titres, ainsi que rappel des titres et pagination dans l’en-tête de chaque double-page —, point d’illustrateur mais un(e) auteur-typographe de talent : ici, c’est le texte seul, qui tient lieu d’image(s), par la mise en page et la typographie. Place aux mots, donc, au langage… à portée des bébés. Comment ?

  • par la scénographie de l’écrit : le récit se fait théâtre
  • par les choix de sujet et d’objet du récit : le jeu se fait langage

L’objet, c’est une partie de cache-cache… dont le bébé est le héros. Car celui qui est caché… il ne le sait pas encore, il le saura seulement à la toute fin… c’est le bébé lecteur, avec qui l’adulte lit cette histoire.

  • Chapitre 1 : dedans ; je finis de compter jusqu’à 10 et je vais te chercher, petit caché ! je t’appelle, je t’écoute, mais je ne te trouve pas. Je sors donc et j’atteins le…
  • Chapitre 2 : dehors ! oh des animaux, je les entends (onomatopées cui-cui * x, bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz…), je les salue, mais toi où es-tu ? je regarde un peu partout, de près et de loin, rien. Alors je rentre.
  • Chapitre 3 : toc toc toc. Probablement je ne suis pas loin de te trouver… je te cherche de manière plus approfondie. Assis, à quatre pattes… je monte et je descends… mais on dirait que tu es vraiment bien caché. Alors je profite sans le vouloir d’une petite distraction pour que, sans le vouloir non plus, tu me révèles ta cachette ! Et là… littéralement… je te vois ! Oui ! Car le fond de la dernière double page n’est plus blanc, mais, comme une matière aluminium, un miroir où tu te reflètes : oui, c’est donc bien toi… et moi… que je vois… que tu vois ! Nous sommes de nouveau réunis.
  • Alors… si on recommençait… ? Chacun son tour ? Cette fois, tu tiens le livre et c’est moi qui me cache… 1, 2, 3, 4, 5… c’est parti !

Beaucoup, beaucoup de choses à dire et à vivre avec ce livre qui dit tout l’amour des mots en partage avec les petits minots : d’abord qu’il est, contrairement à ce qu’il paraît, extrêmement facile et plaisant à lire avec un tout-petit ; ensuite qu’il appelle à jouer avec l’enfant, avec les mots, avec le sens ; enfin qu’il éveille et éveille et éveille le bébé lecteur, pour qui le texte prend toute une nouvelle dimension.

A ce propos je vous recommande aussi, et vivement, la lecture de l’avant-propos du livre (oui car dans les grands romans, il y a aussi toujours un avant-propos), préface signée du pédopsychiatre Patrick Ben Soussan dont voici quelques extraits :

Ouvrez Caché ! Sans que vous en preniez conscience, le cerveau de votre bébé accomplit d’incroyables prouesses : ses yeux parcourent l’espace — vous appelez cela une page mais lui n’en sait rien encore — en de rapides et précis petits mouvements, de haut en bas et de gauche à droite —  très vite, dans sa première année, votre enfant a compris qu’il y a un sens à la lecture. […]

Il lit Caché ! Pas à pas, il refait le chemin, reconnaît visuellement les lettres, analyse leur séquence, découpe les mots en sons — la conscience phonologique, disent les pros —, s’adonne à la découverte du principe alphabétique — qui dit la correspondance entre l’oral et l’écrit — , déchiffre puis analyse le sens du mot formé, de la phrase, de la page. […]

Corinne Dreyfuss a écrit Caché ! en se souvenant sûrement qu’à l’origine, l’écriture était le langage de l’absence. Et que le livre convie aux retrouvailles. […]

Difficile de se représenter cet OVNI ? Quelques extraits à découvrir sur le site de l’éditeur… avant de filer en bibliothèque ou librairie se procurer ce livre de génie.

 

 

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Théâtre hilarant en pâte à modeler

Le froid s’installe, la nuit tombe de plus en plus tôt, les uns et les autres font grise mine… halte à la déprime, l’auteur(e) et illustrateur japonaise Michiyo Namura a décidé de nous redonner le sourire avec son album hi hi ha ha ha publié à l’école des loisirs, théâtre hilarant pour enfants, tout en pâte à modeler  :

Un atelier plastique résolument joyeux, dans la mesure où Michiyo Namura utilise la pâte à modeler, très colorée, pour représenter et offrir aux bébés lecteurs le spectacle de la gaieté. Ses réalisations rondes et vives (la bienveillance jusqu’à la dernière dent de tous ces sourires à pleines dents) sont photographiées et présentées sur fonds de couleurs pastel unies (blanc, violet, rose, vert, bleu…)… plus vraies que nature, comme si elles venaient d’être modelées par les petites mains des petits lecteurs. Ses réalisations, à savoir de petits bonshommes, adultes, enfants, bébés, à qui la vie sourit ou qui sourient à la vie, exprimant leur bonheur tant via leurs mines réjouies que par l’émission de drôles de petits bruits, onomatopées enclenchant tout un jeu avec le son… les sonorités, donc, des émotions. Ici, le rire est toujours partagé : un tout-petit dans les bras d’un adulte aimant, le berçant ; et parfois même une famille entière ! Des câlins, des guiliguilis, une berceuse, une balade, une sieste (avec doudous contents itou également), des bisous, un méga sourire quand on nous prend en photo… in fine, tout au long de la journée, tout peut devenir prétexte à s’amuser et s’extasier.

En bref, un album un brin euphorisant pour mettre en images et en sons les émotions avec les jeunes enfants, rire ensemble à gorge déployée… et leur lancer, pourquoi pas, des défis en pâte à modeler !

Et… psssst… rendez-vous ici pour découvrir d’autres livres d’éveil artistique !

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A quoi rêves-tu bébé ?

A quoi rêves-tu bébé ? Telle est la question que pose l’artiste chinois He Zhihong dans son album en papier qui porte ce titre, publié aux éditions du Seuil.

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Avec la technique de la peinture sur soie, He Zhihong spécule sur ce qui anime le sommeil des tout-petits enfants qu’il met en scène, projetant en ces bébés de tout horizon les aspirations éternelles, probablement même originelles, des plus grands : nager dans l’océan, voler dans le ciel, améliorer le monde…

Un album doux et onirique, un brin utopiste, à lire comme une comptine, le soir, pour se bercer et continuer de rêver dans les bras de Morphée.

 

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Y aller avec Nakamura

Les éditions MeMo publient deux nouveaux livres de l’artiste plasticienne japonaise Junko Nakamura, adepte du dessin d’enfants :

 

Ces deux albums tout cartonnés invitent les bébés lecteurs à de mini-géantes expéditions, dont le jeune enfant est l’acteur principal. Dans le premier, une véritable sortie d’extérieur, accompagné d’un grand, balade en forêt qui se solde par une cueillette de myrtilles donnant lieu, de retour à la maison, à un goûter gourmand. Dans le second, l’enfant joue dans son salon puis la bougeotte le prend ainsi que l’envie d’un grand transvasement / déménagement : « il faut que j’y aille », moi et puis aussi bien sûr tous mes jouets que je viens de ranger à cet effet… dans mon chariot ! Roule roule, marche marche avec la plus grande détermination dans et autour de la maison ; effectuer ainsi le tour du foyer puis revenir s’installer à l’intérieur, et constituer, toujours avec tous ses jouets, un même et autre nouveau petit coin.

Des phrases et illustrations simples pour des histoires bienveillantes, constructives et dynamiques, à hauteur des bébés explorateurs. Ici, c’est le tout-petit enfant qui s’exprime, c’est lui qui est en mouvement… voire prend ses propres décisions ; l’adulte est bien présent mais au second plan : toujours il encourage son enfant à partir à la découverte du monde, que ce soit en l’accompagnant physiquement dans ses pérégrinations lointaines ou, chez soi, en veillant à ce qu’il développe sereinement son autonomie tout en lui offrant un cadre aimant et nourrissant, via le regard et, depuis les fourneaux, le remplissage d’estomac des p’tits chats.

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Trio

Lumière sur une toute nouvelle maison d’édition jeunesse, Dyozol, qui parmi ses trois titres de lancement, publie ce livre formidable délivrant aux très jeunes enfants un message de tolérance tout en éveillant les tout-petits à la géométrie :

TRIO d’un trio d’auteurs :

Franck Bruneau, Ambrogrio Sarfati et Camille Tartakowsky !

Un tout cartonné, petit mais dense format carré, qui, graphiquement et verbalement, met en formes l’environnement du bébé lecteur :

Il était une fois une contrée appelée l’Hexagone [et hop, représentation sur la gauche non pas de la France mais d’un hexagone].

Un jour, monsieur et madame Pythagore sont venus y habiter [et y mettre au monde leur bébé… triangle].

Ce bébé d’apparence triangulaire s’appelle Trio ; sorti de son cocon familial à trois sommets, il va découvrir que l’univers comporte aussi d’autres côtés… des bons… des mauvais ; et, avec son regard neuf et sa grande créativité, il s’attelle tout naturellement à construire le monde dans lequel il veut pouvoir évoluer. A l’école en effet, rendez-vous numéro un de la sociabilité, il cohabite avec d’autres enfants d’origines et formes aussi simples que la sienne, mais pas moins différentes : des ronds (beaucoup de ronds) et des carrés… Que d’heureuses et amusantes combinaisons cette diversité permet : quand Cyclo monte sur Trio, les deux zozos forment les deux éléments d’un toboggan ; quand Trio monte sur Cyclo lui-même porté par Carro, voici le trio transformé en équilibriste ! Mais, vivre ensemble oblige, les conflits prennent parfois le dessus sur les moments de partage constructifs et positifs… En cas d’attaque, Trio sait se défendre physiquement, grâce à ses angles… tandis que l’un de ses camarades, Rondo, en retour, s’oppose à lui par ses idées auto-centrées, utilisant les mots pour monter une communauté contre une autre :

On n’a pas besoin des triangles et des carrés dans la contrée aux six côtés !

Ce à quoi Trio répond dans un premier temps par la meilleure des armes : il réfléchit ! … puis il formule à haute voix, et en images, démonstration iconique et verbale, le fruit de sa méditation : non seulement, géométriquement, triangles et carrés peuvent habiter/constituer ensemble l’hexagone sans le déformer, mais c’est en s’assemblant les uns les autres de mille et une façons qu’ils déclinent toute la richesse de la vie se tramant au quotidien dans la contrée aux six côtés : une glace, c’est un cône avec des boules de sorbets, une montagne : des sommets approchant l’astre solaire… En s’assemblant, les formes simples donnent lieu à des formes complexes, le rejet et la destruction laissent place à autant d’entreprises créatives et constructives : de quoi occuper et réconcilier le trio de formes avant la fin de la récré !

Une remarquable illustration des bénéfices d’une approche constructiviste de l’apprentissage : c’est l’activité du sujet qui permet la construction de la représentation de la réalité qui l’entoure… Ainsi graphiquement mais aussi verbalement, c’est par la pensée suivie de l’action, en l’occurrence collective, que le trio d’amis dépasse dans cet album la représentation abstraite de formes isolées ou de combinaisons de formes élémentaires, pour aller vers la représentation d’un monde figuratif plus riche et fécond − un cône glacé, une montagne et tant d’autres paysages… dans lesquels chaque sujet, chaque personnage, trouve d’autant plus sa place qu’il l’a cherchée, qu’il a participé à son élaboration. La technique illustrative du papier découpé, adoptée dans cet album, concourt au même objectif : inviter les bébés lecteurs à devenir à leur tour des bébés constructeurs — par le découpage, l’assemblage, le collage —  de leurs propres dess(e)ins. Avis aux collectivités et librairies notamment : les éditeurs ont d’ailleurs conçu, autour de Trio, un atelier d’inspiration montessorienne qui s’appuie sur une valise de formes géométriques en volumes en vue de développer auprès des 0-3 ans l’appréhension de l’espace par la manipulation, la création et le langage.

Quelques images et informations supplémentaires sur le site de l’éditeur ainsi que sur leur page facebook !

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Visite à la maternité : la famille s’agrandit !

C’est le retour dans la BBthèque de la collection « Les maisons de Léon » de Lorea de Vos, chez Marcel & Joachim : une série de livres tout cartonnés dont la conception, architecturale et ludique, donne à découvrir au jeune lecteur un bâtiment… aujourd’hui, dans Toi, moi, nous, l’hôpital, à l’occasion de la naissance du petit frère ou de la petite sœur du héros éponyme, Léon.

L’histoire commence ainsi : Léon, petit garçon, et son papa dialoguent dans la rue…

– Papa, Papa, alors, j’ai un petit frère ou une petite sœur ?

– Je t’ai dit que tu aurais la surprise et tu ne vas pas attendre longtemps car nous partons voir Maman à l’hôpital.

Et c’est parti pour une visite de l’hôpital, service maternité : le bâtiment se construit progressivement au fil du parcours du père & du fils relaté sur les pages de gauche, traduit par un judicieux jeu de découpage sur les pages de droite…

  • au rez-de-chaussée les urgences
  • au premier étage l’accueil et la salle d’attente ainsi que les salles de consultation de gynécologie et obstétrique
  • au deuxième étage les salles de soin aux nouveaux-nés…
  • et, acmé de la visite, au dernier étage, les chambres pour les suites de couche, où se trouvent la maman & le bébé tant recherchés !

Au-delà, un joli biais, tendre mais aussi pédagogique, pour aborder avec un premier enfant la naissance d’un second enfant.

Quelques images ici : http://www.marceletjoachim.fr/catalogue/#/toi-moi-nous/

Pssssss : sur le thème « la fratrie s’agrandit… », je vous (re) recommande, avant la naissance du second enfant, cet autre album, poétique, sur ce qui prend vie dans le ventre de la maman, où un aîné demande à sa mère :

Qu’est-ce qu’il y a dans ton ventre ? et qu’elle lui répond par une série d’images, d’évocations et de projections… C’est signé Sara Trofa et Elis Wilk aux éditions Le diplodocus.

 

 

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Papa pas à pas

Lumière sur un album tendre et lumineux mettant à l’honneur la relation naissante papa-enfant, écrit par Philip Waechter, adapté en français par Bernard Friot et publié chez Milan Jeunesse en 2009 :

Papa pas à pas

papa-pas-a-pas-waechter

– Tu n’as pas l’impression de trouver tous les bébés mignons ?
– Non, seulement le mien. 

Ou comment un père — la mère apparaît quelquefois aussi, mais ici, c’est la figure aimante du père qui est au cœur du propos — fait connaissance avec ce nouveau petit être grandissant qu’est son enfant : la naissance du bébé — et de manière concomitante celle du parent —, le retour à la maison, le rituel du dimanche (lire les journaux), la gestion du mal de ventre, les balades les mauvais jours comme les bons, la relaxation, les casse-croûtes, les premières conversations — « bbbllleuuubbbllleuuu » vs « bbbllleuuubbbllleuuu »…—, la maladie et la guérison, les matchs de foot à la radio, la séquence purée à la betterave ou la sortie chaotique au restaurant, les bébés nageurs, le bac à sable, la sieste à l’ombre de l’arbre…

Succession de scènes de cette nouvelle vie quotidienne, portée par des illustrations épurées et des mots tout simples : pour chaque page, le titre éventuel de la saynète virant parfois au sketch, le dessin la représentant, un dialogue, une description… comme un récit illustré tendant vers la bande dessinée, un peu à la Sempé.

Or donc…

Elle est pas belle la vie ? 

conclut le jeune père en s’adressant à son enfant souriant, déjà un peu plus grand, qu’il prend dans ses bras tout en continuant de marcher, poursuivant pas à pas son devenir de papa.