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Papa pas à pas

Lumière sur un album tendre et lumineux mettant à l’honneur la relation naissante papa-enfant, écrit par Philip Waechter, adapté en français par Bernard Friot et publié chez Milan Jeunesse en 2009 :

Papa pas à pas

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– Tu n’as pas l’impression de trouver tous les bébés mignons ?
– Non, seulement le mien. 

Ou comment un père — la mère apparaît quelquefois aussi, mais ici, c’est la figure aimante du père qui est au cœur du propos — fait connaissance avec ce nouveau petit être grandissant qu’est son enfant : la naissance du bébé — et de manière concomitante celle du parent —, le retour à la maison, le rituel du dimanche (lire les journaux), la gestion du mal de ventre, les balades les mauvais jours comme les bons, la relaxation, les casse-croûtes, les premières conversations — « bbbllleuuubbbllleuuu » vs « bbbllleuuubbbllleuuu »…—, la maladie et la guérison, les matchs de foot à la radio, la séquence purée à la betterave ou la sortie chaotique au restaurant, les bébés nageurs, le bac à sable, la sieste à l’ombre de l’arbre…

Succession de scènes de cette nouvelle vie quotidienne, portée par des illustrations épurées et des mots tout simples : pour chaque page, le titre éventuel de la saynète virant parfois au sketch, le dessin la représentant, un dialogue, une description… comme un récit illustré tendant vers la bande dessinée, un peu à la Sempé.

Or donc…

Elle est pas belle la vie ? 

conclut le jeune père en s’adressant à son enfant souriant, déjà un peu plus grand, qu’il prend dans ses bras tout en continuant de marcher, poursuivant pas à pas son devenir de papa.

 

 

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Betty voit rouge

Gros coup de cœur pour cet album qui parle si bien de la colère :

Betty voit rouge

de Steve Antony

aux éditions Milan
collection Les histoires des tout-petits

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Où l’on suit Betty, un tout jeune singe au féminin, qui a faim mais ne cesse de rencontrer de menues difficultés l’empêchant de se rassasier tout de suite – maintenant – toute seule comme elle voudrait ! Obstacles = déconvenues = frustration = colère = pleurs, sanglots, hurlements, roulades par terre !

Qui aurait cru qu’essayer de manger par soi-même une banane pouvait déclencher de telles émotions pour un(e) tout(e) petit(e) ? Et pourtant… que de gestes à comprendre puis réussir à effectuer : éplucher le fruit… en autonomie ; le manger sans le « casser » et en faire tomber la moitié, etc. ! C’est l’expérience de l’impasse qui met Betty dans tous ses états ; puis, au bout d’un moment, la crise prend naturellement fin dans l’esprit et le corps du petit être tourmenté : une accalmie… prolongée grâce à un précieux adjuvant, en l’occurrence un certain Monsieur Toucan (soit vous et moi dans dans la vraie vie), qui guide la jeune Betty dans la maîtrise de ses émotions et dans la résolution du problème ayant causé la colère de la demoiselle. Avec lui, la jeune Betty achève de surmonter sa colère intense mais passagère, retrouve le calme et thésaurise sur son apprentissage… afin de parvenir à manger par elle-même cette satanée banane (ou si ce n’est-elle, l’une de ses sœurs) tout en confiance et bonne humeur, une prochaine fois.

Tout est bon à prendre dans cet album tout cartonné : le choix universel de la banane comme objet de convoitise, le sens du récit à suspens avec de multiples rebondissements (alias répétitions de crises… et sorties de crise), l’efficacité graphique (succession de situations illustrées comme de mini bandes dessinées, code couleur rouge colère / jaune repos, etc.), les mots, l’état d’esprit à la fois humoristique et bienveillant… En bref, la formule parfaite pour aborder, avec tact et psychologie, la question de la colère, mais aussi celle, plus large, de l’école de la vie, avec les tout petits.

Le début de l’album à feuilleter en ligne (clic sur l’image ci-dessous) pour vous faire une idée :

Betty voit rouge - feuilleter