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Conte, conte, contera

Les contes traditionnels : un réservoir formidable d’histoires à transmettre aux enfants oralement, et tant de belles éditions pour partager ce patrimoine entre générations ! Pour les tout-petits, ce répertoire, riche, dense, occidental mais aussi international… est toutefois dans un premier temps un peu difficile d’accès… aussi ai-je envie de vous présenter aujourd’hui quelques démarches originales à même de parler aux plus jeunes dès l’âge de deux ou trois ans :

A petits petons

A petits petons : une collection incontournable, chez Didier Jeunesse, qui s’appuie sur le savoir-faire des conteurs pour notre plus grand bonheur ! De l’humour, des illustrations originales (dont certaines avec des papiers découpés) et une narration tonique, qui joue 100% le jeu de l’oralité… répétitions, formules-clés, onomatopées, tout un langage parlant tout particulièrement aux bébés. Au menu… :

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Les petits contes du tapis

Les petits contes du tapis, c’est, comme son nom ne l’indique pas, une collection, éditée au Seuil Jeunesse, d’albums tout-cartonnés très grand format, muets pour l’enfant, parlants pour l’adulte, à lire par ce dernier comme un kamishibai, ce théâtre d’images japonais. Explication : la dernière page du livre concentre sur elle tout le texte, tout le récit, de l’histoire à conter… elle est toujours à portée d’yeux de l’adulte lecteur-conteur, qui narre donc le conte, tandis qu’il tourne, au fur et à mesure, les pages où l’enfant, placé en face, lit les images en toute autonomie et boit ces mots. Un joli répertoire pour cette entrée visuelle et orale dans l’univers des contes… :

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Raconte à ta façon…

Et, pour finir, lumière sur une nouvelle piste pour conter non plus aux jeunes enfants, mais avec eux, une piste proposée récemment par les éditions Flammarion jeunesse : et si c’était le jeune lecteur lui-même qui nous contait l’histoire ? A son tour de construire et déconstruire le propos, soit à partir de son imaginaire pur s’il ne connaît pas encore l’histoire, soit en inventant sa variante du conte qu’il a déjà entendu de-ci de-là… mais jamais à sa sauce, jamais comme ça ! Sonia Chaine et Adrien Pichelin ont imaginé cette collection, « Raconte à ta façon« , qui achève de transformer le bébé lecteur en bébé conteur, entrée dans le monde de la parole et du récit. Le concept : aucun texte, un album entièrement muet mettant en scène les contes les plus célèbres avec un graphisme épuré, minimaliste car fondé sur des pictogrammes… !

Dans le cas par exemple de Boucle d’Or : un triangle bleu pour la maman de la fillette, un triangle doré pour Boucle d’or elle-même, trois ronds marron de tailles différentes pour chacun des ours, une maison pour la maison, etc. Au début du livre et sur le recto du marque-pages fourni, vous trouverez la légende des pictogrammes, qui peut être communiquée à l’enfant ; au verso du même marque-pages, le texte du conte, pour une lecture classique par l’adulte à l’enfant… ou alors, autres niveaux de lectures démultipliables à l’infini, une interprétation libre, par le tout-petit, de ce monde de pictogrammes : en feuilletant les pages, l’enfant lit, dit, assemble ces symboles simples, qui expriment les protagonistes, le temps, le lieu, l’action, élabore ses propres récits… quand l’enfant devient, à son tour, producteur de contes… la boucle est bouclée… n’est-ce pas, Boucle d’or ?

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Blanc chouette et noir rhinocéros

Blanc et noir, les deux couleurs qui manquaient encore à la tip top série, mi-nuancier, mi-bestiaire, de Janik Coat aux éditions MeMo :

Et comme tout livre noir & blanc fait pour les tout petits n’enfants, il peut être mis dans les mains des plus petits qui voient très tôt les contrastes très forts !

Comme leurs camarades Marron mammouth, Violet Chat, Rose poulpe, Orange sanglier, Jaune chameau, Bleu éléphant, Rouge hippopotame et Vert tamanoir, ce sont deux nouveaux animaux, le rhino et la chouette, qui voient la vie, respectivement, en noir et blanc ; et avec ces deux créatures, cette jolie série atteint ses dix titres !

« Mon rhinocéros est noir »… comme un haut-de-forme, ou encore le corbeau de la sorcière, la nuit et puis le loup ! Bouh !!! Une touche d’élégance, avant de décliner les éléments typiques de la peur du noir qu’éprouvent souvent les jeunes enfants… ouf, le graphisme transformant ce féroce animal en créature de papier hébétée et raplatie met cette peur à plat, ainsi que les retrouvailles, à la dernière double page, avec les amis hauts en couleurs de notre rhino : oui, toute une bande multicolore ! Au bébé lecteur de retrouver, parmi ses comparses à corne… orange, violet, marron, blanc, rouge, rose, bleu, jaune,  vert… l’ami Vassia (c’est le nom de ton rhinocéros noir, ami lecteur).

A contrario, « ma chouette est blanche »… comme le lait, la neige, les nuages… l’ours polaire ! Et suivez mon regard, les yeux de ma chouette sont vifs et expressifs : ils jettent un coup d’œil par-ci, par-là… parfois. Cette chouette en couverture donne vraiment envie d’être coloriée, non ? Hop à la dernière double page, comme d’habitude, la voici mêlée à ses congénères de toutes les couleurs, vert, orange, noir, marron, violet, rouge, rose, jaune et bleu. Et le bébé lecteur est invité à l’identifier, sa chouette blanche qui s’appelle Lilou.

Allez, comme c’étaient les deux derniers de la série, on se fait plaisir et on les fait défiler tous ici pour une belle manifestation de couleurs !

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Vivons les aventures des trois gibbons…

« Voici Ibbon, Nibbon et Sabbon.

Ce sont les Trois Gibbons. »

Les Trois Gibbons de Kenji Abe, auteur-illustrateur japonais installé à Paris, publié par les éditions MeMo. Non pas un, non pas deux, mais trois, trois petits êtres de papier tout en vivacité, tonicité, le sourire aux lèvres et le poil lustré…

Ces trois petits personnages-là, doux, souples, agiles, tant dans le trait que par l’esprit, partagent avec nous leur petite journée ou parcours du jour : leur promenade, sur un chemin qui descend, roulades au programme, têtes en bas puis de nouveau têtes en haut, grimpette sur le tronc d’un palmier, puis se tenir la main pour, à trois, sauter par dessus la rivière et éviter le crocodile fort intéressé, danser de joie, manger… des bananes, chanter une fois rassasiés, puis rentrer chez soi se reposer.

En bref…

  • Un propos épuré, décrivant une aventure positive et solidaire, à portée des tout-petits, le temps d’une journée.
  • Un graphisme au top, tout en sobriété : des traits légers pour dessiner les corps en mouvements, des visages ronds dont on lit l’expression comme des émoticons (initiant le tout-petit au langage des émotions), le tout en noir et blanc agrémenté de touches de vert (les feuilles des arbres, le crocodile) et de jaune (les bananes !).

Et voici que les trois gibbons… mais aussi le crocodile… reviennent : la suite !

Une autre journée en compagnie des Trois Gibbons, qui cette fois, rencontrent un bébé crocodile en difficulté… et décident, malgré leur peur de cette petite-grosse bête, de le sauver ! Motricité, ingéniosité, générosité, les trois compères sont enchantés d’avoir libéré cette créature tierce… Et la maman ou le papa de l’enfant crocodile l’est tout autant : voici les ennemis devenus amis… ou comment coopérer et ainsi composer au mieux avec autrui  !

Ces premiers récits, jolis, jolis, à découvrir en images sur le site de l’éditeur : ici et .

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Mon enfant de la Terre

Dors mon enfant et ne tremble pas,

ce n’est que le feu qui crépite sous le plat.

Comme toi, en Afrique, le bébé tête,

blotti dans son écharpe, le sein de sa mère.

Ainsi s’ouvre Mon enfant de la Terre, de France Quatromme, conteuse, et Sandrine Boniniaux, illustratrice, aux éditions des éléphants : un livre-berceuse, où chaque double-page décrit, par le verbe et par l’image, la mise au lit de bébés du monde entier, les différences, les ressemblances et, fondamentalement, l’appartenance commune des tout-petits à la même planète.

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L’entame est toujours la même, rythmant la lecture de ce carnet de voyage : « dors mon enfant et ne tremble pas », énoncé qui met en confiance le jeune enfant. Un tour du monde tout en douceur, qui se clôt ainsi :

Dors mon enfant et ne tremble pas,

Ce n’est que le murmure de nos rêves.

Comme toi, le monde entier s’endort

à la musique de la vie qui va !

Dors, dors mon enfant de la Terre.

Dors, dors et ne tremble pas.

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Cache-cache

Amis de la gravure sur bois, vous serez comme moi heureux de lire le bel album de May Angeli, variante tendre, ludique et bucolique autour du coucou/caché, paru dernièrement aux éditions des éléphants :

Les protagonistes de l’histoire sont des animaux… et les héroïnes les voici en couverture : une grande jument, La Grise… et sa cadette, Brunette. La petite, Brunette, se cache sous la robe de son aînée… ce qui a le don d’irriter cette dernière. Aussi celle-ci lui propose un jeu d’extérieur : une partie de cache-cache ! Elle lui explique les règles. Mais voici que les autres animaux, le Chat, l’Oiseau, le Chien… s’en mêlent et s’emmêlent dans lesdites règles ! Finalement, Brunette en vient à se cacher si bien que la Grise craint de l’avoir perdue ! Tout revient dans l’ordre quand le cercle des joueurs s’élargit, dans la convivialité et la bonne humeur…

Un joli moment de lecture à partager avec les jeunes lecteurs, qui respire l’enfance, la camaraderie et les chamailles, l’apprentissage de la séparation et la joie des retrouvailles.

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Croque la vie avec Ploc

C’est stimulant, de chroniquer Ploc, sorti cette année aux éditions MeMo. Stimulant tant Mélanie Rutten développe dans ce tout-cartonné, sa première œuvre destinée aux bébés, un univers diantrement original, tendre, pêchu et plein de charmes : formes, couleurs, mots et caractères, dans ce livre extraordinaire, tout concourt à transporter tout-petits et grands vers une mythologie imaginaire à même de refléter les premiers apprentissages de la vie.

Les illustrations, peut-être, d’abord :

Oui, les images, mélange de peintures aquarelles et encre de Chine, donnent le ton, ainsi que les formes et noms des personnages de l’histoire : Ploc, Tine, Baba, Bubu… une bande d’amis que Mélanie Rutten introduit auprès des touts-petits en mettant en scène une tranche de leur vie, un petit bout de journée en leur compagnie, riche en émotions et enseignements, dans un cadre extérieur respirant la fraîcheur.

L’histoire, bien évidemment, ensuite. Mélanie Rutten ne craint pas de donner à lire un récit plutôt long pour son jeune public : un texte précis dans son vocabulaire, ses descriptions, ses actions, un vrai texte de grands pour les tout petits enfants.

Au début du livre et de la journée, il y a ce que chacun sait déjà faire, et, souvent, ce ne sont pas les mêmes choses que leurs petits voisins. Et voici qu’interviennent tout naturellement les bénéfices, les bienfaits de la socialisation : observer et apprendre (de) la différence… en collectivité vive la complémentarité ! Savoir se définir soi-même, par rapport à autrui ; imiter, partager, échanger, jouer ensemble, dans la joie et la bonne humeur, la frustration aussi, la peur, la colère, la tristesse quand un objet auquel on tient se casse… réparer les dégâts, soigner les blessures, relativiser, s’embrasser !

A la fin du livre et de la journée, chaque petit être ressort grandi de cette exposition au grand air et de cette interaction avec autrui : certains ont développé leurs compétences, quand d’autres ont appris à gérer leurs émotions. Le rideau peut tomber, sur un moment qui réunit et contente tout le monde : le goûter avec un superbe gâteau… ! Bon appétit chers amis, et continuez de bien croquer la vie…

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Ma petite vie et mes petits bobos

Deux petits imagiers, formats paysage, très mignons rejoignent la BBthèque : co-signés Alexandra Remise (textes) et Mathilde Cabanas (illustrations) chez Marcel & Joachim, voici donc Ma petite vie et Mes petits bobos, dans une nouvelle collection intitulée, forcément, « Mes petits livres » !

Dans mon premier, l’enfant narrateur décrit, à la première personne et par ses mots d’enfants sur ma gauche, par ses dessins enfantins sur ma droite (illustrations schématiques, avec beaucoup d’associations d’idées), les différents éléments qui constituent son environnement quotidien.

Dans mon second, même principe à l’œuvre, sauf que ce sont les petits bobos qui sont cette fois passés en revue : un inventaire qui collectionne les cris de douleur grâce à nos amies les onomatopées, permet d’identifier les petits incidents et gros accidents, les si nombreuses maladies que chopent les tout-petits, les souffrances liées à la croissance (euh vous avez dit dents de lait ?), les médicaments… et l’amour des parents ! Oui, car ce livre-là, il se termine par un super lot de consolation : des bibis, des bisous, pour les bobos, les bobos !