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L’art des tout-petits

Vous souvenez-vous de L’art des bébés paru aux éditions Palette… il y a quelques années ? Il a désormais un petit… que dis-je, un grand frère : L’art des tout-petits ! Car ce nouveau volume s’adresse aux bébés un peu plus grands : ceux dont la vue va au-delà du blanc et du noir, explorés dans L’art des bébés, et partent désormais à la découverte des couleurs… primaires ! Par le biais de l’art, encore et toujours… :

Au menu : l’éveil artistique des jeunes enfants, à qui ce premier documentaire propose un parcours-visite au sein d’un musée de papier, à travers

  • les reproductions de dix-huit œuvres d’art sélectionnées à la fois pour
    • leur accessibilité
    • et leur belle richesse appelant à une lecture première, mais aussi, par la magie de l’exploration, tant et tant de lectures plurielles…
  • et un fil rouge, donc, les couleurs… primaires, car « dès l’âge de quatre mois, les bébés perçoivent les couleurs », avec, pour commencer, « une préférence pour les couleurs saturées », nous indique Anne Baudier (maître de conférences en psychologie de l’enfant) en préface de l’ouvrage !

Bleu comme… un nu bleu d’Henri Matisse (1952), l’icône accessible de Tim Ferguson-Sauder (2009-2011), l’archer de Theo van Doesburg (1919), les lignes ou courbes (Free Buren) de Sylvie Fleury (2012) !

Jaune comme…Monsieur Chat (2003) tout en ailes et sourire, aussi représenté en couverture du livre ; la Cup of coffee de Roy Lichtenstein (1961), un Visage sur fonds jaune d’Henri Matisse toujours (1952), des Signes jaunes par Paul Klee (1937).

Rouge commeLe poisson d’argent fort délicieux (voyage dans le temps : 1754 !), les lignes blanches et carrés rouges de Marc Devade (1967), 10 lignes au hasard par François Morellet (2008) et Dessine-moi un mouton par Jean-Philippe Lemée (1996), qui bien sûr, invite le bébé lecteur et artiste à dessiner (ou faire dessiner, comme le veut la coutume introduite par Antoine de Saint-Exupéry), à son tour, un mouton.

Et puis… place au mélange des couleurs primaires !!! Les danseurs et/ou chanteurs de Keith Haring (1983) nous donnent rendez-vous ; Claudia Comte avec ses courbes et ses angles (2015) est de la partie, Piet Mondrian aussi (oeuvres de 1921 et 1942), sans oublier Kasimir Malevitch avec son Pressentiment complexe (1932) et la Gradation des couleurs selon Sophie Taeuber-Artp (1939)

Un premier — voire second, si on a déjà nourri artistiquement le nourrisson avec la lecture-feuilletage de L’art des bébés ^^ — livre d’art très riche pour les tout-petits et les adultes accompagnant les jeunes enfants dans leur soif de découverte du monde et sa représentation… figurative ou abstraite : l’occasion de découvrir les couleurs bien sûr, mais du côté de leur composition !

Plus un mot (si un dernier tout de même, pour préciser que le papier est épais dans ce livre et donc complètement adapté aux toutes petits mains des tout petits bambins) et place aux images (+ d’extraits sur le site de l’éditeur, en cliquant ici) :

 

 

 

 

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Origines

Vous souvenez-vous du magnifique libre-objet Papaye et Mamangue, sur la naissance et la parentalité version fruitée, signée Lydia Gaudin Chakrabarty aux éditions Chandeigne ? Lydia Gaudin récidive, avec un splendide nouvel album intitulé…

Origines 

Un livre tout cartonné, tout en carton découpé, qui se forme littéralement au fur et à mesure de sa lecture à tout âge de la vie pour explorer précisément tous les âges de la vie :

  • Dès la page de couverture, un trou, tout rond, permet de voir les différentes strates du vivant par essence évoluant, comme un judas pénétrant le monde d’autrefois, celui d’avant l’homme, et, au-delà, une invitation, pour le lecteur, à ouvrir grand ses yeux et à libérer ses mains pour explorer cette matière en mouvement…
  • Car à peine le livre ouvert et la lecture commencée, au fil des pages, c’est un défilé à observer et palper : tour à tour de multiples combinaisons de couleurs et de formes sobres et tout en rondeurs, en continuité ou en rupture avec les pages passées, représentent juxtaposée l’histoire plurielle de nos origines minérales (la pierre, les montagnes…)… végétales (les feuilles, les fruits)… animales, qu’il pleuve ou que le soleil réponde présent au rendez-vous.

Une promenade graphique, poétique, à la fois scientifique et spirituelle, tant la planète Terre toute entière et son historicité semblent contenus dans ces quelques pages, et, comme une mise en abîme sublime en couverture, dans cette sphère en volume, ouverture et lecture à la fois infimes et infinies sur le monde, sphérique, dans lequel nous vivons. La dernière de couverture, d’ailleurs, présente, en écho à la couverture, la figure d’un être humain héritier de tout ce processus, avec le deuxième et dernier mot du livre, après le premier qui correspond au titre : « nous ». Une expérience riche pour le jeune enfant, tant d’un point de vue sensoriel que pour se familiariser intelligemment avec les notions de vie ou encore de temps.

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A quoi rêves-tu bébé ?

A quoi rêves-tu bébé ? Telle est la question que pose l’artiste chinois He Zhihong dans son album en papier qui porte ce titre, publié aux éditions du Seuil.

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Avec la technique de la peinture sur soie, He Zhihong spécule sur ce qui anime le sommeil des tout-petits enfants qu’il met en scène, projetant en ces bébés de tout horizon les aspirations éternelles, probablement même originelles, des plus grands : nager dans l’océan, voler dans le ciel, améliorer le monde…

Un album doux et onirique, un brin utopiste, à lire comme une comptine, le soir, pour se bercer et continuer de rêver dans les bras de Morphée.

 

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Visite à la maternité : la famille s’agrandit !

C’est le retour dans la BBthèque de la collection « Les maisons de Léon » de Lorea de Vos, chez Marcel & Joachim : une série de livres tout cartonnés dont la conception, architecturale et ludique, donne à découvrir au jeune lecteur un bâtiment… aujourd’hui, dans Toi, moi, nous, l’hôpital, à l’occasion de la naissance du petit frère ou de la petite sœur du héros éponyme, Léon.

L’histoire commence ainsi : Léon, petit garçon, et son papa dialoguent dans la rue…

– Papa, Papa, alors, j’ai un petit frère ou une petite sœur ?

– Je t’ai dit que tu aurais la surprise et tu ne vas pas attendre longtemps car nous partons voir Maman à l’hôpital.

Et c’est parti pour une visite de l’hôpital, service maternité : le bâtiment se construit progressivement au fil du parcours du père & du fils relaté sur les pages de gauche, traduit par un judicieux jeu de découpage sur les pages de droite…

  • au rez-de-chaussée les urgences
  • au premier étage l’accueil et la salle d’attente ainsi que les salles de consultation de gynécologie et obstétrique
  • au deuxième étage les salles de soin aux nouveaux-nés…
  • et, acmé de la visite, au dernier étage, les chambres pour les suites de couche, où se trouvent la maman & le bébé tant recherchés !

Au-delà, un joli biais, tendre mais aussi pédagogique, pour aborder avec un premier enfant la naissance d’un second enfant.

Quelques images ici : http://www.marceletjoachim.fr/catalogue/#/toi-moi-nous/

Pssssss : sur le thème « la fratrie s’agrandit… », je vous (re) recommande, avant la naissance du second enfant, cet autre album, poétique, sur ce qui prend vie dans le ventre de la maman, où un aîné demande à sa mère :

Qu’est-ce qu’il y a dans ton ventre ? et qu’elle lui répond par une série d’images, d’évocations et de projections… C’est signé Sara Trofa et Elis Wilk aux éditions Le diplodocus.

 

 

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Papa pas à pas

Lumière sur un album tendre et lumineux mettant à l’honneur la relation naissante papa-enfant, écrit par Philip Waechter, adapté en français par Bernard Friot et publié chez Milan Jeunesse en 2009 :

Papa pas à pas

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– Tu n’as pas l’impression de trouver tous les bébés mignons ?
– Non, seulement le mien. 

Ou comment un père — la mère apparaît quelquefois aussi, mais ici, c’est la figure aimante du père qui est au cœur du propos — fait connaissance avec ce nouveau petit être grandissant qu’est son enfant : la naissance du bébé — et de manière concomitante celle du parent —, le retour à la maison, le rituel du dimanche (lire les journaux), la gestion du mal de ventre, les balades les mauvais jours comme les bons, la relaxation, les casse-croûtes, les premières conversations — « bbbllleuuubbbllleuuu » vs « bbbllleuuubbbllleuuu »…—, la maladie et la guérison, les matchs de foot à la radio, la séquence purée à la betterave ou la sortie chaotique au restaurant, les bébés nageurs, le bac à sable, la sieste à l’ombre de l’arbre…

Succession de scènes de cette nouvelle vie quotidienne, portée par des illustrations épurées et des mots tout simples : pour chaque page, le titre éventuel de la saynète virant parfois au sketch, le dessin la représentant, un dialogue, une description… comme un récit illustré tendant vers la bande dessinée, un peu à la Sempé.

Or donc…

Elle est pas belle la vie ? 

conclut le jeune père en s’adressant à son enfant souriant, déjà un peu plus grand, qu’il prend dans ses bras tout en continuant de marcher, poursuivant pas à pas son devenir de papa.

 

 

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Mon tout petit, à moins que ce ne soit moi ?

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Albertine et Germano Zullo signent en 2015 à la Joie de lire l’album Mon tout petit, à feuilleter pour mettre en mouvement & apprécier la danse de ces protagonistes, parent-enfant, en l’occurrence une maman & son fils, qui, pas à pas, symbolise leurs échanges, leurs partages, ce qu’ils se transmettent l’un à l’autre, leur histoire, leur amour, leurs émotions.

La mère parle à son bébé, son enfant, de ses mots simples, essentiels, tout en tournant sur elle-même avec ce tout petit dans ses bras, ce tout petit qui de page en page grandit, les mouvements, si doux si délicats au début s’emballant, s’amplifiant, à mesure que l’enfant atteint la taille adulte… Peu à peu le minuscule bonhomme devient un homme, qui à son tour soulève sa mère de ses bras pour le deuxième temps de la valse, versant du cycle de la vie : la mère rapetisse et vieillit, son enfant prend le relais et la porte, ils virevoltent encore, avec leur(s) coeur(s) & leur(s) énergie(s).

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Un livre, que dis-je, une chorégraphie, sobre — les mots de Germano Zullo comme cet aspect croquis du trait d’Albertine au crayon gris — et symbiotique sur l’amour d’une mère pour son fils… et réciproquement, à partager entre parent et enfant.

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Un coeur qui bat

Encore un très beau livre tout-cartonné sur la mise au monde d’un enfant : co-signé Virginie Aladjidi (texte) et Joëlle Jolivet (illustrations, je dirais même plus, gravures) chez Thierry Magnier, collection Tête de lard, un livre-zoom intitulé Un cœur qui bat.

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Couverture superbe : un fauteuil en forme de cœur ❤ accueille une maman dont le cœur bat ❤ en portant, en son sein, un autre petit cœur qui bat déjà ❤

De double page en double page, les auteurs amènent peu à peu le regard des bébés lecteurs vers cette vie naissante, par un jeu participatif de questions-réponses permettant de situer la conception d’un être humain dans son environnement immédiat et moins immédiat :

Dans l’univers, savez-vous ce qu’il y a ?

Il y a la Terre.

Sur la Terre, savez-vous ce qu’il y a ?

Un pays.

Dans ce pays, savez-vous ce qu’il y a ?

Un jardin.

En bref et pour continuer la série d’emboîtements : univers > planète Terre > pays > jardin > immeuble > appartement > salon > fauteuil > maman > bébé < maman < fauteuil < salon < appartement < immeuble < jardin < pays < planète Terre < univers ! Le tout, rythmé, s’ouvrant et se fermant comme un conte randonnée, où l’être à venir paraît tout à la fois infiniment petit à l’échelle de l’univers & infiniment grand déjà aux yeux de ses proches et parents… rapprochement ultime de l’universel et de l’intime :

Un battement

au cœur

du bébé

de la maman

assise

dans le fauteuil

du salon

de l’appartement

de l’immeuble

du jardin

d’un pays

sur la Terre

qui tourne

dans l’univers.

Un album tendre et profond, à lire et relire avec son voire ses enfants, à l’occasion d’une naissance ou tout au long de la vie.