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Bestiaires : des bêtes pas bêtes

La BBthèque vous invite à lire, sur la Marmot*thèque, la chronique de drôles de bestiaires où les bêtes sont très très loin d’être bêtes :

RDV sur https://marmottheque.wordpress.com/2020/11/29/la-collection-marjolaine-leray-qui-cache-qui-didier-levy-elis-wilk/ pour en savoir + sur ces deux albums.

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Comptines & poésies d’été et au-delà

Le mois d’août touche à sa fin… bientôt la rentrée des enfants et des grands, que la BBthèque vous propose d’aborder en chanson et poésie pour donner un autre rythme, une autre dimension, au quotidien.


Petit escargot - Dedieu - Bon pour les bébés

Il pleut, il pleut, il mouille… c’est la fête à la grenouille ?! Ah oui mais… non : là c’est de l’escargot qu’on parle, celui qu’on voit partout après un jour de pluie !

Thierry Dedieu nous propose, au Seuil dans la collection Bon pour les bébés, sa version géante et noir & blanc de la comptine Petit Escargot, un classique revisité avec humour pour les tout-petits et les plus grands.

Vous retrouverez ici les chroniques des autres livres de cette collection au top de livres pour les 0-3 ans.


De la comptine aux poésies, il n’y a qu’un pas… vite franchi quand la poésie se met à la hauteur des tout-petits ! C’est le pari des éditions Rue du Monde qui éditent un coffret de poèmes où la poésie se lit, se dit, mais se dessine aussi, se suspend, s’expose et se partage ! Une matière riche à manipuler à loisir : découvrir, jouer, redécouvrir, toucher, changer, échanger, créer…

Au total, 15 poèmes (de Prévert, Apollinaire, Desnos…) avec des illustrations originales (de Judith Gueyfier, Fred Sochard…) : chaque poème fait l’objet d’une planche isolable, que les jeunes lecteurs peuvent accrocher à l’endroit de leur choix en utilisant s’ils le souhaitent les mini pinces à linge en bois fournies ainsi que le morceau de ficelle joint. 15 poèmes ? En fait non : ce coffret à poèmes ouvre la voie à de nouvelles écritures, invitant à leur tour les jeunes enfants à inventer, à créer, via leurs mots d’enfants et leurs dessins de bambins, de nouvelles poésies…

 

 

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Nouveaux livres à gogo #12 : à travers le monde

Cet été, la BBthèque continue de mettre en lumière des albums récents que vous pouvez vous procurer dans vos librairies indépendantes préférées ou en bibliothèque. Aujourd’hui, la BBthèque vous invite à parcourir le monde en retraçant le trajet de réfugiés s’installant en France, ou en rêvant les différences et convergences entre deux petites filles partageant le même prénom mais pas le même lieu de vie. Deux très beaux ouvrages édités… chez Rue du monde, bien sûr :

  • Salut les p’tits amis ! Un livre pour apprendre à compter et à être solidaire, d’Hollis Kurman et Barroux
  • Fatou du monde, d’Angélique Thyssen et Judith Gueyfier

Salut les p’tits amis !

Salut les p'tits amis ! Compter - être solidaire - Hollis Kurman - Barroux

Une première histoire et un premier documentaire tout à la fois : un livre qui se lit à la première personne du pluriel « nous » et qui raconte étape après étape, 1, 2, 3… le long périple d’une famille (une maman et ses trois enfants) pliant bagages en réponse à la situation problématique qu’elle vivait à l’endroit où elle habitait : « Comment faire quand tout devient inquiétant dans notre village et qu’il nous faut partir ? Restons bien ensemble, comptons jusqu’à 10 et, bientôt, tout ira mieux ! ». Dans cette épopée optimiste, chaque étape joue le rôle, non pas d’un obstacle comme on pourrait s’y attendre, mais d’un coup de pouce, d’un adjuvant. Etape n°1 : 1 premier bateau pour larguer les amarres ; étape n°2 : 2 mains qui mettent la famille à l’abri du danger ; étape n°3 : 3 repas pour se refaire une santé ; etc. et ainsi de suite jusqu’à parvenir dans leur nouveau pays, leur terre d’accueil où les gens leur souhaitent non seulement la bienvenue mais aussi les intègrent d’emblée dans leur vie de tous les jours : l’école, les matchs de foot, l’amitié : salut, les p’tits amis !

Un livre deux en un, où apprendre à compter se conjugue avec apprendre à compter sur les autres en faisant preuve de solidarité. Un récit de l’exil qui se lit comme une comptine, résolument positive et rythmée.

Fatou du monde

Fatou du monde - Angélique Thyssen - Judith Gueyfier

C’est l’histoire d’une petite fille du Grand Froid, habitante du Groenland, que ses parents ont choisi d’appeler Fatou en référence aux pays chaud du Sud qu’ils ont exploré dans des livres. Fatou du Groenland grandit dans sa terre, physiquement, mais aussi en partie, mentalement, dans une autre contrée opposée et pourtant similaire en bien des endroits sans nul doute : perpétuant l’intention de ses parents, elle pense souvent aux terres chaudes du Sénégal où d’autres petites filles, au moins une en tout cas, celle qu’elle imagine, portent aussi le prénom de Fatou ; elle projette déjà la rencontre avec cette sœur d’ailleurs.

Je vous propose de découvrir en vidéo la présentation de ce livre par son illustratrice, Judith Gueyfier :

Vidéo Fatou du monde - Judith Gueyfier

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Portrait vivant d’une autrice-illustratrice : Julia Chausson

La BBthèque vous propose aujourd’hui de découvrir un nouveau portrait vivant d’une autrice illustratrice ! Lumière aujourd’hui sur :

Julia Chausson

photo - Julia Chausson - portrait vivant BBthèque


Pour ce portrait vivant, Julia Chausson a accepté de répondre à ces quelques questions :

Qui suis-je ?

Je suis autrice-illustratrice et graveure. Je créé des livres. Il m’arrive aussi de concevoir des jeux pour les tout-petits et de mettre en scène des spectacles jeunesse avec la Compagnie La Sensible.

Comment et pourquoi j’ai choisi de faire ce métier ?

Vers 10 ans, j’ai été éblouie par les maquettes d’Alexandre Trauner, grand décorateur de cinéma. J’avais trouvé ma voie !

Plus tard, j’ai suivi des études de scénographie à l’école des Arts décoratifs de Paris, où je me suis régalée. En sortant de l’école, j’ai découvert que le travail collectif ne correspondait pas tout à fait à mon tempérament. J’avais besoin de faire tourner mon petit moteur personnel, sans trop de contraintes extérieures.

Très vite, le livre m’est apparu comme un cousin germain du théâtre, mêlant texte et image. Il est comme un spectacle de poche ; la couverture c’est l’affiche. Ouvrir un livre, c’est un rideau qui s’écarte. Puis la narration se déploie dans un temps défini, page après page. Le spectacle s’achève enfin avec la tourne de la 4ème de couverture. Le livre, c’est un espace de création très libre.

Le « spectacle » peut prendre toutes sortes de formes. Il peut être statique, dynamique, ambigu, absurde, agile… Le dialogue entre le texte et l’image est un point d’articulation, auquel il faut être attentif. Car c’est dans les zones d’ombre que se joue l’essentiel.

Ce qui me plait aussi, c’est la légèreté dans la création. Tout est possible avec peu de moyens : une feuille de papier, quelques crayons, des mots…

Comment je travaille pour écrire un livre ?

La conception d’un livre est assez longue. Les premières idées sont souvent banales, mais je les dessine car elles me permettent d’avancer. Très vite elles sont ensevelies sous de nouvelles idées. Dans ces moments de recherche, j’ai besoin de me nourrir. Littérature, peinture, images… Je regarde tout. Cela va entrer en collision avec ma recherche, faire rebondir le projet dans de nouvelles directions.

C’est comme des strates qu’il faut creuser. J’ai toujours l’impression que si je me contentais des premières idées, je resterais à la surface. J’ai besoin de temps pour chaque livre. Après le temps de la recherche et des croquis, il y a un temps « d’infusion » pendant lequel je me consacre à un autre projet. Y revenir avec un œil neuf est très efficace !

Du coup, j’ai toujours quantité de livres sur le feu. Certains même mijotent pendant des années !

Comment est née la collection de comptines « les petits chaussons » ?

La collection « Les petits chaussons » est née grâce à un livre d’artiste intitulé « Noire du berry », où on voyait une poule noire disparaître sous la neige. Ces livres d’artistes, entièrement réalisés à l’atelier depuis la conception jusqu’à la reliure, n’ont d’autres contraintes que les miennes. Aussi, j’expérimente en toute liberté. Avec ce livre, j’explorais le principe du « bois perdu ». Il s’agit de créer plusieurs images avec une seule plaque de bois, qui est progressivement gravée et imprimée.

P1460964 (1)

En découvrant ce livre, que je ne destinais pas particulièrement aux enfants, Christine Beigel alors éditrice, m’a proposée de l’associer à la comptine « Une poule sur un mur » et de l’adapter (format, couleur, nombre de pages…). Enfin d’ajouter une « chute » amusante.

Anne Decroly photographie - petits chaussons - Julia Chausson

Chaque titre de la collection décline le principe d’une même image qui progresse par accumulation, suppression, disparition, déplacement, transformation… Principe qui découle de la technique de la gravure sur bois.

Nous avons fait quelques pas de côté, notamment avec le titre « dans la forêt lointaine », qui est un dialogue s’inscrivant dans l’espace du livre : les coucous sont en page de gauche, le hibou est à droite. Ils s’entendent mais ne se voient pas. Tandis que « la petite bête qui monte » est un déplacement vertical dans l’espace d’une grande image.

4 nouveaux titres, toujours aux éditions Rue de monde, sont en préparation pour le printemps 2021 !

Comment j’imagine mes jeunes lecteurs quand j’écris ?

Chaque enfant est différent et je ne peux pas les considérer comme une globalité. D’ailleurs, je crois que je travaille autant pour les adultes que pour les enfants. Je lisais beaucoup de livres à mes enfants quand ils étaient petits et j’appréciais quand leurs formes étaient assez ouvertes pour ne pas s’épuiser.

Est-ce qu’il m’arrive de discuter avec les enfants autour de mes livres ?

Je rencontre souvent les enfants dans leurs classes. Il m’arrive parfois de « tester » un livre en cours de fabrication avec eux !


La BBthèque remercie infiniment Julia Chausson d’avoir participé à cette aventure du portrait vivant, et vous invite, adultes et enfants, à vous plonger dans l’œuvre fine, belle, originale de Julie Chausson… Vous pouvez par exemple commencer par la collection Les petits chaussons, puis poursuivre avec les autres livres & livres d’artistes de Julia Chausson, ses gravures et images, mais aussi les jeux qu’elle conçoit et spectacles qu’elle met en scène ! La BBthèque vous donne rendez-vous pour découvrir plus avant l’ensemble de ces créations sur https://www.juliachausson.com

Site web Julia Chausson

Galerie
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Tous les enfants ont droit à…

Le saviez-vous ? La convention internationale des droits de l’enfant, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1989, fête cette année 2019 son trentième anniversaire. Les éditions Rue du Monde, qui portent toujours bien leur nom, s’associent à cet anniversaire par la publication de ces deux ouvrages indispensables, cosignés Alain Serres (textes) et Aurélia Fronty (illustrations) :

Tous les enfants ont droit à la culture

J’ai le droit de sauver ma planète

 

Ces livres de belle taille — format carré, tout papier de qualité (43 pages, 27 x 27 cm) — disent et illustrent les droits des enfants à travers de belles images traduisant la réalité dans toute sa beauté mais pointant aussi les lacunes sur lesquelles continuer de travailler ; ils invitent tout un chacun à connaître et garantir les droits des petits à la culture et à la nature.

Les deux ouvrages partent du point de vue de l’enfant en employant la première personne du singulier pour rendre le jeune lecteur à la fois conscient et agissant à l’intérieur de tous ses droits ainsi rappelés, parmi lesquels :

Un jour, je nais, un jour de soleil ou de pluie. Dans ce pays ou dans un autre. Et aussitôt, je vois des yeux, des bouches et des sourires. J’entends des mots tendres dans la langue que parle ma famille. […] Mais je suis vite curieux des enfants d’ailleurs, des mots étranges qu’ils prononcent. […] Le monde est immense et j’ai le droit de savoir que la Terre, cette énorme boule de roches et d’eau, c’est la maison de tous les humains.

Ici, tout est gratuit ! Gratuits, le Soleil et sa pluie de lumière. Gratuits, les cuicuis, l’ombre des arbres et l’or des pissenlits… Ce n’est pas comme dans ces magasins où il faut tellement de sous ! Dans la nature, j’ai droit à tout [… Et parallèlement… :] Le voilà, le plus beau cadeau à faire à chaque petit Terrien : que les humains prennent soin de notre planète comme de leur enfant.

De beaux livres à lire et relire aux enfants dès l’âge de 2-3 ans, et qui donneront sans nul doute lieu à de féconds développements : l’affirmation de soi, alliée à la conscience des autres et de notre environnement à tous. Où il est fondamentalement question d’une valeur centrale à (re) transmettre à tous : le respect.