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Croque la vie avec Ploc

C’est stimulant, de chroniquer Ploc, sorti cette année aux éditions MeMo. Stimulant tant Mélanie Rutten développe dans ce tout-cartonné, sa première œuvre destinée aux bébés, un univers diantrement original, tendre, pêchu et plein de charmes : formes, couleurs, mots et caractères, dans ce livre extraordinaire, tout concourt à transporter tout-petits et grands vers une mythologie imaginaire à même de refléter les premiers apprentissages de la vie.

Les illustrations, peut-être, d’abord :

Oui, les images, mélange de peintures aquarelles et encre de Chine, donnent le ton, ainsi que les formes et noms des personnages de l’histoire : Ploc, Tine, Baba, Bubu… une bande d’amis que Mélanie Rutten introduit auprès des touts-petits en mettant en scène une tranche de leur vie, un petit bout de journée en leur compagnie, riche en émotions et enseignements, dans un cadre extérieur respirant la fraîcheur.

L’histoire, bien évidemment, ensuite. Mélanie Rutten ne craint pas de donner à lire un récit plutôt long pour son jeune public : un texte précis dans son vocabulaire, ses descriptions, ses actions, un vrai texte de grands pour les tout petits enfants.

Au début du livre et de la journée, il y a ce que chacun sait déjà faire, et, souvent, ce ne sont pas les mêmes choses que leurs petits voisins. Et voici qu’interviennent tout naturellement les bénéfices, les bienfaits de la socialisation : observer et apprendre (de) la différence… en collectivité vive la complémentarité ! Savoir se définir soi-même, par rapport à autrui ; imiter, partager, échanger, jouer ensemble, dans la joie et la bonne humeur, la frustration aussi, la peur, la colère, la tristesse quand un objet auquel on tient se casse… réparer les dégâts, soigner les blessures, relativiser, s’embrasser !

A la fin du livre et de la journée, chaque petit être ressort grandi de cette exposition au grand air et de cette interaction avec autrui : certains ont développé leurs compétences, quand d’autres ont appris à gérer leurs émotions. Le rideau peut tomber, sur un moment qui réunit et contente tout le monde : le goûter avec un superbe gâteau… ! Bon appétit chers amis, et continuez de bien croquer la vie…

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A quoi rêves-tu bébé ?

A quoi rêves-tu bébé ? Telle est la question que pose l’artiste chinois He Zhihong dans son album en papier qui porte ce titre, publié aux éditions du Seuil.

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Avec la technique de la peinture sur soie, He Zhihong spécule sur ce qui anime le sommeil des tout-petits enfants qu’il met en scène, projetant en ces bébés de tout horizon les aspirations éternelles, probablement même originelles, des plus grands : nager dans l’océan, voler dans le ciel, améliorer le monde…

Un album doux et onirique, un brin utopiste, à lire comme une comptine, le soir, pour se bercer et continuer de rêver dans les bras de Morphée.

 

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Oncle Teddy

L’atelier Saje fait son entrée dans la BBthèque, avec Oncle Teddy, grand livre tout cartonné publié aux éditions Marcel & Joachim :

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Un album qui joue la carte du muet : tout se lit dans les images, design, mettant en scène les activités d’un petit ours avec son grand baby-sitter, l’oncle Teddy (oui da, un homme, que dis-je… un mâle), tel un inventaire de jeux et loisirs à partager régulièrement ensemble, adulte et jeune enfant.

Chaque double-page représente ainsi une activité : jeux d’eau, sports d’hiver, patin à glace, équipée sous la pluie, fête foraine, arts martiaux, balade en deux roues (tricycle pour le petit, moto pour le grand), activité cuisine & dégustation, bain moussant et brossage de dents, et même, la nuit tombée, quand les rêves les plus fous prenant le relais d’une dense journée, la transformation du duo en paire de super-héros ! Avec, toujours, sur la page de gauche, le petit ours auquel s’identifiera le bébé lecteur… et, sur la page de droite, l’oncle Teddy qui veille sur lui.

Un livre bien pensé pour les bébés, avec ses répétitions et ses variantes, le jeu d’observation auquel il invite son public, la familiarité et la diversité des sujets abordés, le graphisme simple qui sait montrer la différence de taille entre le petit et le grand mais aussi leur complémentarité, et enfin les couleurs choisies par les auteurs qui, par leur douceur rejouant la rondeur des personnages, enveloppent le tout d’une opportune et agréable tendresse.

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Maman ?!

Dans la BBthèque, vous avez déjà eu l’occasion de découvrir un pan d’univers de l’illustratrice Elis Wilk quand elle s’adresse à une famille naissante, à des tout-petits grandissant. Aujourd’hui, j’ai le grand plaisir de vous présenter un nouveau titre écrit et illustré par Elis Wilk, aux éditions belges Versant Sud dont c’est la première publication à destination des bébés lecteurs… véritable coup de cœur ici :

maman !? d’elis wilk

Un très jeune enfant, blondinet en pyjama rouge, et au très joli prénom… Zéphyr… dessine, déjà, en toute autonomie, sur une feuille blanche, elle-même posée sur un tapis multicolore dans une pièce où figurent deçà-delà quelques uns de ses jouets et objets du quotidien : son biberon, à l’instant terminé, une peluche, une casquette, une chaise d’enfant, un ballon, un livre…

Tout à coup, Zéphyr dit : maman ?!

oui mon petit chat !

Et c’est ainsi que, le cadre posé, démarre un dialogue et un jeu de représentations tout en amours et imagination : quand Zéphyr appelle sa maman, sa maman lui répond « oui », complète sa réplique d’un mot tout doux le décrivant, et l’illustration l’accompagnant ne représente non pas la maman, mais l’enfant littéralement devenu ce mot tout doux : voici Zéphyr transformé, pour commencer, en petit chat ! Le bébé, encouragé et guidé par la voix maternelle, quitte le tapis et avance lentement à quatre pattes tout en continuant d’héler sa mère, avec un peu plus d’insistance : « maamaan ?! » … « Oui mon petit escargot ! »  Voici Zéphyr métamorphosé en escargot !

De double page en double page, l’enfant progresse dans sa promenade, à quatre pattes puis debout, du tapis à la table en passant par le petit coin, toujours interpellant sa maman, qui, continuellement disponible, lui répond toujours par l’affirmative tout en l’affabulant d’autres noms d’animaux… raccords avec son itinéraire, pour enfin atteindre les jambes de l’interpellée, elle-même en train de dessiner, attablée :

maman !

oui mon bébé d’amour !

Elle le prend dans ses bras, les voici tous deux représentés pour la première fois ensemble, souriants ; l’enfant, qui a conservé quelques traces sur son visage de ses incarnations successives et éphémères, tient le pinceau de la maman entre ses doigts, prêt à lui rendre affectueusement la pareille… quand tout à coup le voilà qui s’écrie, non pas « maman » mais…

caca !

Zéphyr, au terme de son périple, est ainsi devenu un grand, capable de savoir quand il a fait, va faire ou non… caca. Alors la maman ne le dit pas à haute voix, mais dessine, délicatement, un enfant-putois.

OR DONC...

  • Une émouvante et éclatante lecture-promenade sur l’amour filial, centré sur la relation mère-enfant, et réciproquement… au menu, convergence et en même temps différences de point de vue… dépeintes avec autant d’humour que de caresses ;
  • Un accompagnement, sobre et fin, à l’autonomie du jeune enfant ;
  • Une mise en scène, délicate et sans cesse renouvelée, de de la création et de la créativité, de la naissance jusqu’à l’âge adulte, l’une et l’autre se nourrissant mutuellement.

Nota bene : ce livre a été réalisé lors d’une résidence de création à Valuéjols dans le Cantal, avec le soutien du Centre National du Livre, le Conseil Départemental & la Médiathèque Départementale du Cantal ainsi que la municipalité de Valuéjols. Merci à eux aussi pour cette belle initiative.

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Visite à la maternité : la famille s’agrandit !

C’est le retour dans la BBthèque de la collection « Les maisons de Léon » de Lorea de Vos, chez Marcel & Joachim : une série de livres tout cartonnés dont la conception, architecturale et ludique, donne à découvrir au jeune lecteur un bâtiment… aujourd’hui, dans Toi, moi, nous, l’hôpital, à l’occasion de la naissance du petit frère ou de la petite sœur du héros éponyme, Léon.

L’histoire commence ainsi : Léon, petit garçon, et son papa dialoguent dans la rue…

– Papa, Papa, alors, j’ai un petit frère ou une petite sœur ?

– Je t’ai dit que tu aurais la surprise et tu ne vas pas attendre longtemps car nous partons voir Maman à l’hôpital.

Et c’est parti pour une visite de l’hôpital, service maternité : le bâtiment se construit progressivement au fil du parcours du père & du fils relaté sur les pages de gauche, traduit par un judicieux jeu de découpage sur les pages de droite…

  • au rez-de-chaussée les urgences
  • au premier étage l’accueil et la salle d’attente ainsi que les salles de consultation de gynécologie et obstétrique
  • au deuxième étage les salles de soin aux nouveaux-nés…
  • et, acmé de la visite, au dernier étage, les chambres pour les suites de couche, où se trouvent la maman & le bébé tant recherchés !

Au-delà, un joli biais, tendre mais aussi pédagogique, pour aborder avec un premier enfant la naissance d’un second enfant.

Quelques images ici : http://www.marceletjoachim.fr/catalogue/#/toi-moi-nous/

Pssssss : sur le thème « la fratrie s’agrandit… », je vous (re) recommande, avant la naissance du second enfant, cet autre album, poétique, sur ce qui prend vie dans le ventre de la maman, où un aîné demande à sa mère :

Qu’est-ce qu’il y a dans ton ventre ? et qu’elle lui répond par une série d’images, d’évocations et de projections… C’est signé Sara Trofa et Elis Wilk aux éditions Le diplodocus.

 

 

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Papa pas à pas

Lumière sur un album tendre et lumineux mettant à l’honneur la relation naissante papa-enfant, écrit par Philip Waechter, adapté en français par Bernard Friot et publié chez Milan Jeunesse en 2009 :

Papa pas à pas

papa-pas-a-pas-waechter

– Tu n’as pas l’impression de trouver tous les bébés mignons ?
– Non, seulement le mien. 

Ou comment un père — la mère apparaît quelquefois aussi, mais ici, c’est la figure aimante du père qui est au cœur du propos — fait connaissance avec ce nouveau petit être grandissant qu’est son enfant : la naissance du bébé — et de manière concomitante celle du parent —, le retour à la maison, le rituel du dimanche (lire les journaux), la gestion du mal de ventre, les balades les mauvais jours comme les bons, la relaxation, les casse-croûtes, les premières conversations — « bbbllleuuubbbllleuuu » vs « bbbllleuuubbbllleuuu »…—, la maladie et la guérison, les matchs de foot à la radio, la séquence purée à la betterave ou la sortie chaotique au restaurant, les bébés nageurs, le bac à sable, la sieste à l’ombre de l’arbre…

Succession de scènes de cette nouvelle vie quotidienne, portée par des illustrations épurées et des mots tout simples : pour chaque page, le titre éventuel de la saynète virant parfois au sketch, le dessin la représentant, un dialogue, une description… comme un récit illustré tendant vers la bande dessinée, un peu à la Sempé.

Or donc…

Elle est pas belle la vie ? 

conclut le jeune père en s’adressant à son enfant souriant, déjà un peu plus grand, qu’il prend dans ses bras tout en continuant de marcher, poursuivant pas à pas son devenir de papa.

 

 

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Mon tout petit, à moins que ce ne soit moi ?

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Albertine et Germano Zullo signent en 2015 à la Joie de lire l’album Mon tout petit, à feuilleter pour mettre en mouvement & apprécier la danse de ces protagonistes, parent-enfant, en l’occurrence une maman & son fils, qui, pas à pas, symbolise leurs échanges, leurs partages, ce qu’ils se transmettent l’un à l’autre, leur histoire, leur amour, leurs émotions.

La mère parle à son bébé, son enfant, de ses mots simples, essentiels, tout en tournant sur elle-même avec ce tout petit dans ses bras, ce tout petit qui de page en page grandit, les mouvements, si doux si délicats au début s’emballant, s’amplifiant, à mesure que l’enfant atteint la taille adulte… Peu à peu le minuscule bonhomme devient un homme, qui à son tour soulève sa mère de ses bras pour le deuxième temps de la valse, versant du cycle de la vie : la mère rapetisse et vieillit, son enfant prend le relais et la porte, ils virevoltent encore, avec leur(s) coeur(s) & leur(s) énergie(s).

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Un livre, que dis-je, une chorégraphie, sobre — les mots de Germano Zullo comme cet aspect croquis du trait d’Albertine au crayon gris — et symbiotique sur l’amour d’une mère pour son fils… et réciproquement, à partager entre parent et enfant.