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Poème qui roule amasse mousses

Pour la dernière ligne droite avant les fêtes de fin d’année, quoi de mieux qu’envoyer un message fort dès le plus jeune âge : du concret dans un monde de plus en plus virtuel, du vert et de la pierre sur une Terre qui oublie la terre, la BBthèque tient à vous présenter aujourd’hui un livre-objet, un livre texturé, un livre-poème, un livre graphique… Un livre écrit par Karin Serres et illustré par Katsumi Komagata, publié par les éditions Le Cosmographe en l’an 2020 :

Murmure des mousses

Toucher ce livre pour commencer : il est déjà question de matière… L’ouvrir, découvrir les trous, le vert derrière le blanc. L’ouvrir encore, découvrir un sublime poème, que l’adulte peut garder pour lui ou lire à l’enfant, propos liminaire qui dit l’objet du livre, qui dit le livre-objet. Ce poème je ne vous en partagerai pas d’extrait, c’est dans ce livre, dans cette matière, qu’il faut le rencontrer.

Ensuite commence l’histoire poétique & graphique, double du poème, pouvant s’adresser aux plus jeunes enfants. La mousse, les mousses, représentée, représentées par un ou plusieurs petits points verts, sur le fond blanc d’un papier épais. Une mousse dont l’essence est de se multiplier. Des mousses qui se racontent, à la première personne, et se mettent en scène, symboliquement. Toutes douces, les mousses. Les mousses qui, partout, poussent. Murmures des mousses !

Un livre des merveilles pour émerveiller les tout-petits et les très grands, les éveiller, par les images, le toucher, les mots, à l’immense et pourtant si simple trésor qu’est notre environnement.

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Tous emmitouflés, un livre tricoté

Il continue de faire froid, la BBthèque poursuit donc son entreprise de chroniquer des livres de saisons ! Après L’imagier de l’hiver, voici ainsi Tous emmitouflés, de Marie-Noëlle Horvath aux éditions La Joie de Lire :

Tous emmitouflés

Cet album tout-cartonné & muet présente, sur chacune de ses doubles pages, des dessins d’animaux coloriés gris-noirs sur lesquels sont posés des morceaux de tricots de laine (rouge, pour les réchauffer mieux encore en pensée) adaptés à la physionomie de chacun : une longue couverture pour un long chien, une écharpe bien enroulée pour la girafe, une pelote de laine pour la chat, une chaussette dans laquelle se glissera le serpent, des moufles pour les pinces du crabe, un bonnet pour la bosse du dromadaire, des noeuds pap’ ou barrettes pour les manchots, un pull pour notre cousin le singe, un fil rouge où poser les pattes d’hirondelles, une cagoule pour l’hippopotame, un bavoir pour monsieur le cochon, des gants pour les bois du cerf…

Super, mais voilà que le stock de laine est vidé, et notre mouton à la belle toison noire et rouge en page de couverture se retrouve à présent, à la toute dernière page, bien dégarni ! D’un morceau de laine l’autre, tous les personnages de l’histoire sont reliés par un fil rouge qui créé du lien, tiédit et unit les uns et les autres, grâce au don du mouton ! Un album pour les tout-petits qui dit l’origine de la laine, et qui illustre aussi fort à propos l’expression : déshabiller Paul pour habiller Pierre. Heureusement, le Paul de l’histoire, petit mouton, verra à nouveau sa toison pousser sous peu… et la lecture pourra ainsi recommencer…

Des extraits de ce très beau & accessible tout-cartonné à découvrir ici.

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Imagier de l’hiver

Il a neigé cette semaine ! Il est donc temps pour la BBthèque de vous présenter le nouvel imagier d’Anne Bertier tout juste paru aux éditions MeMo :

L’imagier de l’hiver

d’Anne Bertier

Vous souvenez-vous de l’imagier de l’été d’Anne Bertier ? Ou le connaissez-vous ? Si non, rendez-vous à cette page-ci où ce livre est décrit, voire directement dans votre bibliothèque ou librairie préférée !

Deux ans après avoir réalisé l’imagier de la saison la plus chaude, Anne Bertier propose l’imagier de la saison la plus glacée. Le papier de ce livre carré reste toutefois épais, chaleureux, comme une lecture bien au chaud quand il fait si froid dehors, une lecture qui raconterait, à la première personne, le dedans et le dehors en version tout confort.

Cela commence ainsi : « De la neige ! Partout ! Un silence ! Du froid ! C’est l’hiver. »

Pour sortir, on s’habille chaudement. On joue avec la neige : une boule, deux boules, trois boules, un bonhomme de neige ? On marche, ça crisse sous les pas. On glisse avec la luge ! On n’oublie pas de donner à manger aux oiseaux.

A l’intérieur, on cuisine de bons gâteaux, on se réchauffe en buvant des boissons chocolatées maison. On lit, on dessine, on colorie. On joue. On regarde, par la fenêtre, les flocons.

Et puis, il y a comme une ambiance de fête : regarde, les guirlandes, les lumières, ici, là !

Conclusion : « La neige, le froid, la luge, le chocolat, les guirlandes, les jeux au chaud, les petits gâteaux, les graines pour oiseaux… J’aime infiniment l’hiver !« 

Un imagier graphique, conçu avec des papiers découpés, disposés sur des fonds colorés incarnant la luminosité si particulière de décembre, janvier et février. Un imagier graphique qui se lit comme une promenade de saison, pour accompagner, tout en douceur, les jeunes lecteurs dans leurs premiers hivers. Le tout à mettre sous le sapin pour une lecture au coin du feu avec les bambins ! Vous ne me croyez pas ? Il suffit de feuilleter quelques extraits ici avant de se rendre en librairie.

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Chat alors !

Un des avantages du livre, c’est de pouvoir voyager à travers les mots, les images, le sens ou le non sens d’un récit, d’une poésie & cie, quel que soit l’endroit où l’on lit. Une mine d’or pour se ressourcer dans le contexte sanitaire actuel impliquant une réduction de nos interactions sociales et déplacements. D’autant que si les librairies et bibliothèques sont fermées à l’heure actuelle, nombre d’entre elles proposent un service de type « retrait sur réservation » 🙂

Une ressource ne vient jamais seule : ajoutons au livre un autre facteur réconfortant… le chat ! Oui, aujourd’hui, la BBthèque propose aux lecteurs dès le plus jeune âge une sélection de livres à chats ! Miaou ? On y va ?

Chat noir de Mathilde Arnaud

On commence avec un chat en volume : un superbe chat noir, conçu par Mathilde Arnaud aux éditions Les Grandes Personnes, qui se déploie et se re-déploie splendidement dans ce livre pop-up de toute beauté : Chat noir.

Pelage noir, iris jaune, museau blanc. Ces trois couleurs fondent l’esthétique de ce livre-objet très réussi qui met en scène les différentes étapes d’une journée standard d’héros à moustaches : se réveiller, manger, jouer, euh jouer, se laver, procrastiner, rejoindre sa maîtresse ou son maître, rrrrronronner.

C’est le tout premier livre de Mathilde Arnaud, et quelle merveille ! Pour vous faire une première idée, la BBthèque vous invite à visionner cette alléchante vidéo. Mais honnêtement, rien de mieux que de manipuler soi-même les pages de ce livre et d’ainsi donner vie à ce fabuleux chat de papier !

UN OISEAU UN CHAT DE CORINNE DREYFUSS

Mon second est un tout cartonné, écrit et illustré par Corinne Dreyfuss, publié aux éditions Thierry Magnier, et peut être partagé avec les plus jeunes des bébés !

C’est l’histoire d’une rencontre entre un tout petit oiseau, Zozo, et un gros gras chat gris, Chacha. Sur la page de gauche, on retrouve Zozo ; sur la page de droite, Chacha. Zozo fait plein de choses, et chacune de ces activités, traduite par des onomatopées, est observée par Chacha quand il ne dort pas. Jusqu’à ce que Zozo se mette à faire du toboggan sur la queue de Chacha ! Chacha se met alors à bailler et avale Zozo.

Fin de l’histoire ? Que nenni ! Zozo n’a pas fini de faire le foufou, dans le ventre de Chacha. Ca ne lui fait ni chaud ni froid. Il continue à faire ploing, zioup, plouf ! Jusqu’à ce que Chacha hoquette. Hic ! Zozo peut s’envoler : flap, flap, flap !

Un livre drôle & dynamique pour les tout-petits.

MIAOU ! CUI ! PONK ! DE MICHAEL ESCOFFIER ET MATHIEU MAUDET

En parlant d’onomatopées… Voici un livre, de Michaël Escoffier et Mathieu Maudet aux éditions l’Ecole des loisirs, dont le titre, Miaou ! Cui ! Ponk !, traduit en sons une chaîne d’événements dont l’héroïne, apprentie super héroïne, prend connaissance et auquel elle choisit d’apporter une solution. Normal, c’est bien le travail des super héros.

Qu’on se le dise, Super Lulu a décidé de sauver le monde aujourd’hui. Bon elle a un petit loupé : elle a oublié son pantalon. Mais ça se corrige facilement. Et c’est reparti !!! Quand tout à coup elle entend : « Miaou ! Cui ! Ponk ! » sans voir pour autant de quoi il retourne. Il s’agit de mener l’enquête. Cui ! Un oiseau tombé au sol… hum autant le remettre dans son nid, sur la branche. Fiou, ça c’est fait. Miaou ! Un chat tout en haut de l’arbre. C’est sûr, il n’arrive plus à redescendre, il faut l’aider, et que l’on ne l’y reprenne plus. Ponk ? Une tortue retournée, tout en bas, la remettre tout droit.

Tout est bien qui finit bien grâce à Super Lulu qui quitte la scène de tous les problèmes en s’exclamant « Ah là là ! Je me demande vraiment comment tournerait le monde sans moi ! »

Bonne question mademoiselle ! A la seconde qui suit, et à son insu car la donzelle est partie, la chaîne événementielle Miaou ! Cui ! Ponk ! se reproduit, et cette fois-ci le lecteur voit de ses yeux vus l’enchaînement très rapide des événements : une tortue renversée après avoir servie de marchepied à un chat cherchant à attaquer un oisillon ne sachant point encore voler !

Moralité : il peut être utile d’intervenir, mais il est impossible de tout contrôler ! Surtout quand on a affaire à un chat très déterminé 😉 Un tout cartonné qui apprend dès le plus jeune âge, et avec beaucoup d’humour, tout à la fois le sens des responsabilités et la nécessité de relativiser, afin, compétence fondamentale, de savoir aussi et toujours dédramatiser.

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Alors on danse ! bis

Saviez-vous que les ours aiment danser ? Et qu’il fait bon danser avec eux le nez plongé dans des livres qui les mettent en scène en bonne compagnie ? Maintenant, oui. On en a fait la preuve avec Bernie, maintenant c’est au tour de Mori de nous en faire la brillante démonstration dans son album La rivière, aux éditions HongFei Cultures :

La rivière

Mori nous propose ici une traversée. Un ours bleu depuis son lit écoute le chant de la rivière et veut aller avec elle, elle lui répond oui. Le voici parti pour une aventure où tout semble possible et où l’important devient d’être ensemble une fois qu’il a rencontré quelqu’un — un renard dans le bois.

Ensemble sous le soleil sur un tapis de neige.

Ensemble au bord du lac dans une forêt tropicale.

Si on a chaud on sautera dans l’eau.

Et si on a froid on dansera.

Dansons ! Et tout le monde se met à danser, même les étoiles.

Jusqu’à ce qu’il soit temps de se séparer… et de rentrer chez soi. « Tu me manques déjà ». Mais le voyage, initiatique, a changé le regard du voyageur, son foyer lui paraît désormais différent. Comment ? Pourquoi ?

Une rivière est passée par là : la rivière de mes souvenirs.

Un album philosophe, poétique, sensible sur le temps qui passe et l’évolution perpétuelle de la vie.