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Marron mammouth et violet chat

Deux nouvelles couleurs rejoignent le drôle de nuancier arc-en-ciel et animalier, signé Janik Coat aux éditions Memo : après Rouge hippopotame, Vert tamanoir, Bleu éléphant, Jaune chameauRose poulpe, Orange sanglier, voici qu’arrivent Violet chat et Marron mammouth !

Dans les deux cas, c’est « mon » chat ET « mon » mammouth.

Le premier est VIOLET comme les aubergines, comme… la couronne de la reine d’Angleterre ! comme le raisin ou encore les violettes… MON chat, il s’appelle IGOR, est il est — pas orange, pas rose, pas bleu, pas rouge, pas marron, pas vert, pas noir, pas jaune non il est — VIOLET — sur la dernière page, l’enfant est invité à retrouver en effet où est Charlie Igor.

Le second est MARRON comme les gâteaux au chocolat ! et aussi comme les troncs d’arbres, les marrons (ah l’occasion de parler d’homonymie avec les tout-petits), une crotte (de mammouth notamment !). MON mammouth, il s’appelle ABEL et il est — pas rose, pas violet, pas vert, pas jaune, pas orange, pas bleu, pas blanc, pas rouge, pas noir non il est — MARRON  — sur la dernière page, l’enfant est invité à retrouver en effet où est Charlie Abel.

Toujours un graphisme très sympa pour cette collection originale, mi-bestiaire, mi-inventaire de couleurs, qui s’agrandit.

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Quand l’arbre se livre…

Est-ce un arbre ? Plusieurs arbres ? Un livre ? Plusieurs livres ? C’est en tout cas un ovni des plus réussis invitant les tout-petits à l’observation de la nature et du vivant dans un environnement donné évoluant avec le temps :

 

ARBRE

d’Amandine Laprun

chez Actes sud junior

 

L’idée et la réalisation de cet ouvrage original sont proprement géniales pour un premier documentaire à destination des jeunes enfants : chaque double page présente le même arbre, un cerisier, à une période différente de l’année, en partant du printemps où tout fleurit… pour parvenir, à la fin du livre, au printemps suivant.

Le temps s’écoule à mesure que les pages défilent, silencieusement : lecture par l’image uniquement. La météo évolue, les saisons se suivent sans se ressembler, et l’arbre vit sa vie sous le soleil, la pluie et les températures variées : les fleurs laissent la place aux feuilles, les fruits font leur apparition, mûrissent… pour la grande joie des merles et des enfants grimpant faire bombance et cueillette ; jaunissement des feuilles, puis les voilà qui tombent à l’heure de l’automne, l’arbre se dénude en hiver, peu à peu enseveli sous la neige jusqu’à ce qu’émergent, de nouveau, les premiers bourgeons. Une année riche en événements pour ce cerisier et ces enfants… une année pourtant si vite passée !

Fermé dans la bibliothèque, ce livre-objet a la forme d’un demi-arbre. Ouvert, il a la forme d’un arbre complet. Et, surprise, quand on relie ensemble la page de couverture et la quatrième de couverture de ce livre-objet, et qu’on pose le concomitamment le tronc au sol, les branches en haut, on obtient… le récit visuel, et en volume, 360°, d’une année de vie de ce cerisier ! Un cycle entier qui se renouvelle chaque année.

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Fruits et légumes de saison

Pour bien démarrer la rentrée, lumière sur deux tout-cartonnés formidables pour faire son marché… se cultiver et bien s’alimenter : Fruits de saison et Légumes de saison, de Clara Corman, aux éditions Amaterra !

Au menu de ces deux livres complémentaires, la découverte, donc, de ces aliments issus des potagers, maraîchers…

Côté fruits, la pomme, l’ananas, la pastèque, la banane, l’orange, la tomate, la fraise, la grenade, la pêche, la figue, le kiwi, la cerise, l’avocat, la noix de coco, le pitaya, la noix ! Chaque fruit fait l’objet d’une double page bien remplie, avec des illustrations précises et réalistes permettant aux jeunes lecteurs d’identifier aisément chaque fruit : sur la page de gauche, le fruit représenté en train de pousser, sur sa plante, donc, avec une petite phrase décrivant une spécificité de sa culture (« l’ananas pousse dans les pays chauds », « la pastèque grandit posée sur le sol »…) ; sur la page de droite, gros plan sur le fruit cueilli, vu de l’extérieur, puis de l’intérieur grâce à un jeu de rabats à soulever par le lecteur curieux et gourmand ! Une petite phrase accompagne alors aussi cette découverte du fruit.

Côtés légumes, c’est exactement le même topo, pédagogiquement réjouissant. Sont passés ainsi en revue : les petits pois, le chou rouge, l’artichaut, la carotte, la pomme de terre, le fenouil, le maïs, le poivron, le concombre, l’oignon, le champignon, le chou de Bruxelles, le radis, l’ail, la betterave !

Last but not least : la dernière double page de ces deux livres récapitule, avec un système de symboles, à quelle saison on récolte et donc mange tel ou tel fruit ou légume.

Une lecture belle et utile, à proposer dès le plus jeune âge, pour ouvrir l’appétit, le goût de la nature de la terre jusqu’à l’assiette, au fil des saisons. Deux livres dont je vous invite à vous servir et re-servir à loisir, pour manger sain et bon.

A feuilleter ici et ici sur le site de l’éditeur… et comme lecture complémentaire sur le même sujet… cet autre livre-jeu très sympa Au marché… je choisis !

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Mon enfant de la Terre

Dors mon enfant et ne tremble pas,

ce n’est que le feu qui crépite sous le plat.

Comme toi, en Afrique, le bébé tête,

blotti dans son écharpe, le sein de sa mère.

Ainsi s’ouvre Mon enfant de la Terre, de France Quatromme, conteuse, et Sandrine Boniniaux, illustratrice, aux éditions des éléphants : un livre-berceuse, où chaque double-page décrit, par le verbe et par l’image, la mise au lit de bébés du monde entier, les différences, les ressemblances et, fondamentalement, l’appartenance commune des tout-petits à la même planète.

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L’entame est toujours la même, rythmant la lecture de ce carnet de voyage : « dors mon enfant et ne tremble pas », énoncé qui met en confiance le jeune enfant. Un tour du monde tout en douceur, qui se clôt ainsi :

Dors mon enfant et ne tremble pas,

Ce n’est que le murmure de nos rêves.

Comme toi, le monde entier s’endort

à la musique de la vie qui va !

Dors, dors mon enfant de la Terre.

Dors, dors et ne tremble pas.

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Apprendre à manipuler la politesse

Le dernier pop-up pour les petits des éditions Hélium aborde l’acquisition / apprentissage de la politesse avec humour et facétie, code un peu mécanique, un tantinet désuet, à remettre au goût du jour et utiliser au quotidien comme on activerait et réactiverait à loisir les ressorts d’un pantin serviable et urbain :

bonjour pantin elisa gehin bernard duisut

Bonjour Pantin d’Elisa Géhin, et toujours Bernard Duisit pour l’ingénierie pop-up, met en scène, avec force tirettes et rabats, le champ lexical de la politesse, tel un imagier dynamique de la civilité !

Ce livre-jeu relève ainsi un double défi pour les plus grands des bébés mais aussi les enfants et les adultes de tous bords : enseigner de manière ludique les fondamentaux des règles de bienséance en société ; signifier aussi qu’il s’agit d’un théâtre… et ouvrir le dialogue : derrière la pantomine, quel comportement, quel engagement, quelle pensée ? Ces mots et gestes ne sont-ils que paraître, contribuent-ils à construire l’être… et le vivre-ensemble ? Coder et décoder les conventions de ce qu’on appelle les bonnes manières… manipuler les marques de civilité pour la pratiquer à bon escient et en apprécier le juste dosage et le bon usage… tout à la fois assimiler et dérider dans la gaîté le cérémonial du savoir-vivre !

Une démarche ludique et originale qui donne lieu à une lecture évolutive à plusieurs niveaux : en bref, une source d’amusement, mais aussi d’enrichissement et de questionnements pour les jeunes enfants à l’heure de leurs premières interactions sociales…

RDV ici pour une vidéo de présentation de l’ouvrage et quelques extraits : http://helium-editions.fr/livre/bonjour-pantin/.

 

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Cache-cache

Amis de la gravure sur bois, vous serez comme moi heureux de lire le bel album de May Angeli, variante tendre, ludique et bucolique autour du coucou/caché, paru dernièrement aux éditions des éléphants :

Les protagonistes de l’histoire sont des animaux… et les héroïnes les voici en couverture : une grande jument, La Grise… et sa cadette, Brunette. La petite, Brunette, se cache sous la robe de son aînée… ce qui a le don d’irriter cette dernière. Aussi celle-ci lui propose un jeu d’extérieur : une partie de cache-cache ! Elle lui explique les règles. Mais voici que les autres animaux, le Chat, l’Oiseau, le Chien… s’en mêlent et s’emmêlent dans lesdites règles ! Finalement, Brunette en vient à se cacher si bien que la Grise craint de l’avoir perdue ! Tout revient dans l’ordre quand le cercle des joueurs s’élargit, dans la convivialité et la bonne humeur…

Un joli moment de lecture à partager avec les jeunes lecteurs, qui respire l’enfance, la camaraderie et les chamailles, l’apprentissage de la séparation et la joie des retrouvailles.

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Croque la vie avec Ploc

C’est stimulant, de chroniquer Ploc, sorti cette année aux éditions MeMo. Stimulant tant Mélanie Rutten développe dans ce tout-cartonné, sa première œuvre destinée aux bébés, un univers diantrement original, tendre, pêchu et plein de charmes : formes, couleurs, mots et caractères, dans ce livre extraordinaire, tout concourt à transporter tout-petits et grands vers une mythologie imaginaire à même de refléter les premiers apprentissages de la vie.

Les illustrations, peut-être, d’abord :

Oui, les images, mélange de peintures aquarelles et encre de Chine, donnent le ton, ainsi que les formes et noms des personnages de l’histoire : Ploc, Tine, Baba, Bubu… une bande d’amis que Mélanie Rutten introduit auprès des touts-petits en mettant en scène une tranche de leur vie, un petit bout de journée en leur compagnie, riche en émotions et enseignements, dans un cadre extérieur respirant la fraîcheur.

L’histoire, bien évidemment, ensuite. Mélanie Rutten ne craint pas de donner à lire un récit plutôt long pour son jeune public : un texte précis dans son vocabulaire, ses descriptions, ses actions, un vrai texte de grands pour les tout petits enfants.

Au début du livre et de la journée, il y a ce que chacun sait déjà faire, et, souvent, ce ne sont pas les mêmes choses que leurs petits voisins. Et voici qu’interviennent tout naturellement les bénéfices, les bienfaits de la socialisation : observer et apprendre (de) la différence… en collectivité vive la complémentarité ! Savoir se définir soi-même, par rapport à autrui ; imiter, partager, échanger, jouer ensemble, dans la joie et la bonne humeur, la frustration aussi, la peur, la colère, la tristesse quand un objet auquel on tient se casse… réparer les dégâts, soigner les blessures, relativiser, s’embrasser !

A la fin du livre et de la journée, chaque petit être ressort grandi de cette exposition au grand air et de cette interaction avec autrui : certains ont développé leurs compétences, quand d’autres ont appris à gérer leurs émotions. Le rideau peut tomber, sur un moment qui réunit et contente tout le monde : le goûter avec un superbe gâteau… ! Bon appétit chers amis, et continuez de bien croquer la vie…