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C’est la petite bête qui monte…

Un livre-caresse dans la BBthèque, et comme ça fait quelques temps qu’il n’y en avait point eu de chroniqué par ici, en voici un beau, un chouette, un formidable, qui non seulement se lit, mais aussi se joue, se dit et s’écoute en musique et en conte, piano-voix s’il-vous-plaît pour les toutes petites oreilles et les tout petits yeux ! Une version originale de la comptine C’est la petite bête qui monte…, signée Elsa Devernois côté texte, Audrey Calleja côté illustrations, aux éditions Benjamins Media, collection Taille S :

c est la petite bete qui monte devernois calleja

Les dessins sont sobres et tendres, dans l’herbe, jeux de main entre une petite fille et sa maman, chatouilles, parcours-découverte de ce tout petit corps et des surprises qu’il réserve ici ou encore là, de la main jusqu’à la tête… et puis on redscend… toboggan ! Les paroles & le dialogue disent la complicité d’une mère avec son enfant ; le CD qui accompagne le tout constitue la cerise sur le gâteau : une comédienne, Alexandra Mori, en duo avec une enfant prénommée Zoé, met en voix cette chansonnette, accompagnée au piano ; rires et notes se répondent superbement !

Un petit bijou d’éveil corporel & musical pour les jeunes enfants.

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Pimpanicaille

Eveil musical dans la BBthèque aujourd’hui… mais aussi éveil artistique, avec la publication à l’Ecole des loisirs de Pimpanicaille, par Jean Colombain et une myriade de bambins :

Un album tout-cartonné aux couleurs vives et aux dessins naïfs et premiers… car ils sont réalisés par des enfants ! Toutes les images de l’ouvrage proviennent en effet d’une collection de dessins & peintures d’enfants réalisés dans les années 1950, un magnifique univers visuel, qui vient rencontrer la poésie de comptines revisitées. Pas moins de vingt-sept ritournelles et chansonnettes détournées, écho de rengaines connues des petits comme des grands, que Jean Colombain, l’auteur de ce recueil original, imagine en écho aux dessins d’enfants avant de soumettre à son tour un répertoire inédit aux enfants d’aujourd’hui. Des comptines en couleurs, qui marient avec succès l’ancien et le nouveau… la répétition et la création. Un petit extrait ?

Si j’étais une girafe, 

Je monterais sans escalier

A la lucarne du grenier.

Veux-tu que je t’emmène 

Là-haut dans la plaine,

Pour cueillir des fleurs

De toutes les couleurs ?

 

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Les docu-peintures-sculptures

La BBthèque vous présente aujourd’hui une très belle démarche de premiers documentaires pour le très jeune public, à travers l’œuvre de Susumu Shingu, dont trois titres sont parus récemment en France aux éditions Gallimard jeunesse, célébrant la nature et le grand air :

Derrière ces trois titres en effet, un même artiste, né à Osaka au Japon, peintre et sculpteur, qui propose aux bébés lecteurs autant de voyages de grande qualité dans des petits pans de réalité :

La fraise

ou l’anatomie d’une fraise, si si, un livre qui retrace poétiquement et scientifiquement le cycle de vie de ce fruit. Il s’agit d’un récit, qui dit le temps qui passe, mais aussi qui se répète ; d’un récit mis en mots et en images, colorées, réalistes, en mouvements presque, avec quand c’est nécessaire des gros plans, autrement une mise en scène type paysage, pour expliquer la genèse des bébés fraises, de la graine au fruit qui apparaît puis mûrit, les changements des couleurs, l’émergence des odeurs, grâce aux actions du vent et du soleil. En un mot :

La fraise est un paysage infini.

Avec le soleil

L’astre solaire est également de la partie dans cet autre livre, il est tellement présent que c’est même lui qui occasionne l’histoire. L’histoire d’un personnage (bébé lecteur, mon double, mon miroir) qui part en promenade une journée, en bicyclette par un beau temps ensoleillé… Jeux d’ombres à chaque page, pour mettre en scène cette expédition entre amis en été, jusqu’à atteindre la forêt où le soleil n’écrase plus, mais « où scintille la lumière », le sombre progressant, jusqu’à la tombée de la nuit où l’imagination s’embrase et où l’on devient pressé de rentrer chez soi, sous un soleil couchant. Ici aussi, les couleurs sont au rendez-vous pour un récit qui réfléchit intrinsèquement la notion de lumière chez l’enfant.

Le voyage du vent

Last but not least : place à un autre voyage, celui du vent, avec un livre… pop-up (quand le livre devient sculpture et vice-versa), que le bébé lecteur, avec l’adulte, s’amuse à manipuler pour traduire les mouvements du vent. Le vent est le narrateur de ce premier documentaire, qui nous raconte sa journée, de l’éveil, au plus près de nous, à l’endormissement, dans la lumière de l’aurore boréale, toujours en mouvement. L’enfant découvre ainsi ce que le vent écoute : le bruissement des feuilles quand le livre se transforme en arbre abritant oiseaux, branches et feuillages ; ce qu’il entend : quand une vache le salue ; ce qu’il voit : des oiseaux migrateurs qui le voisinent (portés par lui ?) ; ce qu’il crée, formes dans le désert, avancées dans la mer par le pouvoir de son souffle sur un bateau, etc. Un livre-spectacle qui introduit auprès des plus jeunes la fondamentale notion de climat.

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Oh zanimo : comptines & bêbêtes

Eveil musical, bonjour : les bébés braques sont de retour dans la BBthèque, avec un petit nouveau, with Steve Waring itou également, comme ses plus proches grands-frères :

Oh ! Zanimo

On ne change pas une formule qui marche, le concept de la collection demeure très pratique et aisé à prendre en main : un livre carré, format tout cartonné, avec paroles et illustrations signées Maud Legrand ; un CD, avec des plages chantées en l’occurrence par Steve Waring, et puis des versions karaoke ; des vidéos postées sur Youtube, toutes douces, reprenant les illustrations de Maud Legrand, l’interprétation dansante et joyeuse de Steve Waring, le tout s’interconnectant de plus avec la lecture du livre par un système de reconnaissance d’images via une application, pour permettre d’accéder directement à la chanson choisie en fonction de la page où on se situe. Et dans cet album multimédias, ce sont les animaux de tous les jours qui sont mis à l’honneur !

Quelques extraits de ces vidéos ici :




Pour retrouver tous les titres sortis dans la collection Bébés Braques, c’est par ici ! De quoi constituer une mini médiathèque d’éveil musical, avec les titres indispensables pour les tout-petits enfants…

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Mini contes pour mini maxi lecteurs

Il y a quelques mois, je publiais un post par ici qui traduisait une quête de premiers contes pour tout-petits… Quelle nouvelle bonne surprise, depuis, que la toute nouvelle collection « Mini Contes » conçue par Attilio et éditée chez Gallimard Jeunesse en 2018… qui permet d’introduire les contes presque dès le berceau ! Elle s’ouvre avec quatre des contes les plus célèbres au monde :

Les couvertures de ces albums tout-cartonnés, petit format carré, représentent très bien les livres eux-mêmes : des dessins simples et modernes, sur un fond blanc, et qui vont raconter, avec des phrases simples et modernes, les contes les plus classiques, le tout servi par un ton joyeux et dynamique.

On retrouve complètement l’esprit originel de ses contes dans ce travail, effectué avec brio par Attilio Cassinelli, d’adaptation de leurs contenus à l’environnement actuel des tout-petits. Ou comment partager avec les plus jeunes la substantifique moelle du patrimoine ancestral en respectant l’esprit mais pas la lettre, réussir sobrement et dans la bonne humeur à faire passer aux enfants présents les messages d’hier et de demain… par l’entremise de petites histoires, mini contes, mine de rien.

Exemple avec Le vilain petit canard :

C’était l’été, le soleil resplendissait.

Maman cane regardait ses petits à peine nés. L’œuf le plus gros n’avait pas encore éclos.

Finalement, l’œuf se brisa. Le dernier petit canard sortit et tous se mirent à marcher à la queue leu leu.

Le petit dernier, qu’on désigne comme le vilain petit canard, est tant et tant rejeté qu’il s’isole jusqu’à s’endormir dans une tanière l’hiver. Quand il se réveille au printemps, il s’est réconcilié avec lui-même et a trouvé ses pareils : laissons le temps au temps, ce vilain petit canard là n’était ni vilain ni canard, mais cygne en devenir, bel oiseau parmi les siens.

Je ne peux que vous conseiller de prendre en main et de partager avec vos mini bambins ces mini contes qui concentrent en eux un maximum de qualités !

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Chat noir chat blanc

Ceci n’est pas une chronique consacrée à une adaptation pour les bébés d’un film d’Emir Kusturica ! Pourtant, le titre du livre présenté aujourd’hui ici est bien chat noir chat blanc (OK d’accord, sans virgule entres les deux et sans majuscule). C’est un album format carré, en noir et blanc, c’est dit dans le titre, essentiellement, il est signé Claire Garralon aux éditions MeMo, qui met les canards de côté (ceux-ci et puis aussi ceux-là) pour s’intéresser aux chats :

C’est l’histoire d’un chat, noir, qui habite une maison blanche ; d’un autre chat, blanc, qui habite une maison noire ; c’est l’histoire de la rencontre de ces deux chats, pas si évidente que ça.

Le choix du noir et blanc traduit visuellement (quelle esthétique, rencontrant une remarquable efficacité narrative) les ressorts de la relation à l’autre, par essence différent de soi : comment faire connaissance, comment se lier, comment devenir amis ? L’envie semble un pré-requis ; ici pas de souci. L’envie est d’ailleurs tellement forte que tout semble possible… sauf qu’elle se heurte, semble-t-il en premier lieu, à un certain nombre d’obstacles : comment approcher ce chat noir qui vit dans un monde blanc alors que je suis tout blanc dans un monde tout noir… et inversement ?

Comme dans sa parabole à becs (coin-coin C’est ma mare oui oui je l’ai déjà dit mais je le répète, un livre génial chroniqué ici), Claire Garralon parvient ici encore à mettre la philosophie & l’éducation civique à portée des tout-petits, comme un B-A-ba du vivre-ensemble, tout simplement. Une histoire des plus félines qui dit l’essence-même de la socialisation : l’art de se rencontrer pour jouer à deux et plus encore.

Au départ donc, il faut une envie, si possible partagée, et cette envie, ici, survient tout à fait naturellement, comme chez le jeune enfant : et si on se rencontrait ? Cette idée, cette volonté se met à influencer, à faire évoluer notre état d’esprit et notre vision du monde, et faire tomber les obstacles qu’on s’imaginait voir ici et là. Claire Garralon dit en effet aux tout-petits, ici, la possibilité, que dis-je, la nécessité, et in fine, combien il est en réalité aisé, de trouver un terrain d’entente afin de vivre à la fois individuellement et collectivement, un facteur commun au-delà des spécificités de chacun — un tiers-lieu où presque tout devient possible, où 1+1 =2 voire 3 et plus encore si on veut.

En substance, l’album dit : tout n’est pas noir ou blanc ! Si les chats blancs ne peuvent rencontrer les chats noirs dans leur univers tout blanc, et réciproquement, qu’à cela ne tienne, pourquoi toujours tout voir en noir et blanc ? Où est la nuance là-dedans ? Le monde est, en fait, à y regarder de nouveau et de plus près, constitué de tant et tant de couleurs, pourvu qu’on sorte d’une relation on/off ô combien limitante… Les couleurs que l’on construit ensemble, chat noir, chat blanc, gris, jaune ou encore rouge — chacun peut y mettre son empreinte, sa patte —, une fois qu’on a compris qu’il est essentiel d’avoir un esprit ouvert et donc libre… autres pré-requis pour inventer, communiquer, construire une société nourrie d’échanges et d’interactions.

Ainsi l’album, essentiellement en noir et blanc, revêt sur sa double-page finale toutes les couleurs de l’existence, magistrale leçon de vie pour les jeunes enfants, qui, de fait, font aussi pour partie leurs premiers apprentissages du vivre ensemble par le jeu collectif : et si on jouait à chat ?

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Le petit questionneur

Chouette, un premier documentaire qui se met à la hauteur des bébés lecteurs alias… les petits questionneurs ! J’ai nommé :

¿?

Le Petit Questionneur

de Constance Verluca, Julien Hirsinger & Jeanne Boyer

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¿?

Ce livre tout cartonné est construit comme un « chat » ou dialogue entre l’adulte (l’auteur, le lecteur) et l’enfant (l’autre lecteur, petit ou grand questionneur itou également), le premier s’adressant au second à la deuxième personne du singulier avec une série d’improbables questions :

Tu préfères Noël ou ton anniversaire ?

Si tu devais ne garder qu’un seul jouet, lequel choisirais-tu ?

Si tu étais le roi ou la reine, que ferais-tu en premier ?

De double page en double page, pléthore de sujets — la vie en société, amis et événements, les émotions, l’alimentation, le présent, le passé et l’avenir… — sont abordés sous l’angle de l’interrogation, invitant le tout-petit à s’exprimer, avec ses phrases balbutiantes, ses premiers mots, et à affirmer ses choix… pour poser, à son tour, des questions.

Un petit aperçu ici : http://www.ecoledesloisirs.fr/livre/petit-questionneur !