0

Croc croque

Dans la BBthèque aujourd’hui, c’est un crocodile qui vient rendre visite… au bébé lecteur. Vous avez peur ? Peut-être avez-vous raison ! On y va ? Voici donc une chronique sur Croc croque, l’histoire d’un jeune crocro souriant et avenant, écrite et illustrée par Lucie Phan aux éditions de l’Ecole des loisirs :

Dans cet album tout cartonné, format carré, un protagoniste unique à écailles s’adresse au jeune lecteur : il salue son lectorat d’un geste de la main sur la page de la couverture, avant de l’entreprendre en engageant une conversation.

Bonjour !

C’est gentil de venir me voir.

Comment t’appelles-tu ?

Et le bébé lecteur est ainsi invité à se présenter en communiquant son propre prénom à ce crocodile qu’il ne connaît pas encore, et qui lui répond :

Enchanté !

Moi c’est Croc.

Croc pose beaucoup de questions, il s’intéresse aux goûts de son interlocuteur : il lui demande tour à tour quel est son jouet préféré, son livre préféré… son plat préféré. Et après avoir laissé à l’autre le temps de répondre, il exprime à son tour ses loisirs favoris, jusqu’au terrible (prévisible ?) point final du livre :

Moi, tu sais c’est quoi mon plat préféré ?

C’est toi !

Et le crocodile à ce moment de se matérialiser gueule béante se précipitant vers le tout jeune lecteur pour n’en faire qu’une bouchée (pop-up très réussi, qui pousse la perfection jusqu’à mettre en scène l’ouverture puis la fermeture de la gueule du croco n’ayant somme toute pas réussi à attraper sa proie, manquerait plus que ça !).

Mais est-ce vraiment le point final du livre, sa conclusion gravée dans le marbre ? Que nenni, sur la quatrième de couverture, on retrouve Croc plié de rire qui désamorce le propos : « Haha ! je blague ! Je ne croque que des carottes ! »

Un album facétieux qui aborde de manière ludique (sourires et rires à foison, interactivité avec le lecteur, jeux avec l’objet même du livre classiquement plat avec pop-up surprise en point d’orgue) la sensation de peur que l’on ressent dès le plus jeune âge mais aussi la naissance d’une nouvelle amitié… qui, sous le couvert d’une blague, met en relief une interrogation.

En fait, cet album, mine de rien et l’air de tout, dit au tout-petit et à ses parents lecteurs tout ce que comprend la rencontre avec autrui : faire connaissance avec quelqu’un signifie à la fois entrer dans une relation de confiance et/ou de méfiance selon la nature de l’échange, percevoir qu’il y a une part d’inconnu dans le connu (et inversement), apprendre à percevoir les intentions qui animent l’autre dans sa relation à moi. Reste à accompagner les tout-petits dans leurs premières expériences de sociabilisation, en prenant par exemple cet excellent livre comme support.

Publicités
0

Festin de crêpes pour tout-petits

En ce mois de fête des chandelles, voici une chronique gourmande sur un livre qui dévoile aux tout-petits le secret de fabrication des CRÊPES… Un livre de cuisine avec une recette unique, en format géant, tout cartonné et noir et blanc, dernière parution au sein de la collection Bon pour les bébés signée Thierry Dedieu au Seuil Jeunesse :

Comme de coutume dans cette collection, l’auteur s’inscrit dans un genre — ici le livre de cuisine — à l’intérieur duquel il livre aux bébés lecteurs, précisément, un texte tel quel, sans accompagnement autre que la mise en scène et l’illustration… qui restituent ici merveilleusement l’énergie et la tonicité dont doit faire preuve un cuisinier pour la réussite de son plat.

Le texte donc, cette fois, est constitué d’une recette de pâte à crêpes (pour 6 personnes, miam), écrite comme un livre de cuisine de ma mère-grand, recette complétée d’instructions pour cuisiner et déguster les crêpes elles-mêmes (ne pas s’arrêter en bon chemin) :

  1. Réunir les ingrédients dans un récipient
  2. Mélanger/fouetter
  3. Parfumer
  4. Laisser reposer (zzzzzzzzzzz)
  5. Cuire
  6. Tartiner !

Et toc ! Voici le tout-petit coiffé d’une toque, avec cette toute première recette à partager en famille ou en collectivité avec des plus grands : écouter et voir comment on fabrique un mets aussi simple et bon qu’une crêpe, et, au-delà, faire le lien entre le texte lu et la réalité pour peu que l’enfant soit associé à un atelier crêpe !

0

Flic flac vs Plic ploc !

L’eau dans toutes ses formes aujourd’hui dans la BBthèque, avec deux albums dont les titres, sonores, disent d’emblée leur approche sensorielle de cet élément fondamental, qui peut prendre une forme liquide quand il s’agit de pluie (flic, flac !) mais aussi quand la banquise fond (plic, ploc…) et que ça pose bien question. Voici donc : Flic flac, de Fred Eclair et Julie Brouant aux éditions Benjamins Media (collection Taille S) et Plic ploc banquise, de Claire Garralon aux éditions MeMo (collection Tout-petits memômes) :

Flic flac

de Fred Eclair et Julie Brouant

Un ciré et des bottes… jaunes + des escargots + le bruit de l’eau : ou comment mettre en scène dès la page de couverture la folle aventure que représente pour les petits une promenade juste après la pluie ! Cet album, format carré, raconte comment un jeune garçon, au sortir de la sieste, s’apprête à prendre l’air… et pour ce faire, colle son nez à la fenêtre afin d’analyser le temps qu’il fait : le ciel est gris, il a visiblement beaucoup plu, mais les nuages commencent à faire place à des éclaircies. Un goûter et hop, une sortie, bien habillé, avec papa ! Tout est sensation, tout est jeu pour le jeune narrateur : écouter le bruit de l’eau, jouer avec son reflet dans les flaques, sauter entre les flaques voire à deux pieds joints DANS une flaque (splash !), observer et toucher la foule d’escargots, en sauver quelques uns, en adopter même un, ramener des cailloux lavés de peu à la maison ! Cet album doux et joyeux, hymne aux trottoirs mouillés et aux bébés réchauffés par tant de jeux, est accompagné d’un CD où l’histoire est lue par un jeune lecteur de 10 ans, Bérenger Martel, ponctuée de moments musicaux. A lire en complément du poétique et sonore Ainsi fait la pluie, de Heyna Bé et Baptistine Mésange, aux éditions Dyozol.

Plic ploc banquise

de Claire Garralon

Cet album, carré également, mais plus grand, s’ouvre sur un autre bruit, qui, quant à lui, fait souci :

Ploc.

Plic ploc.

Y a la banquise qui fond !

Catastrophe ! Y a la banquise qui fond !

Aux premières loges de cet événement, un petit manchot et un ourson polaire, qui, constatant ce phénomène inquiétant, vont jouer le rôle de lanceurs d’alerte auprès des « autres » : « il faut prévenir les autres », s’exclament-ils, et ces deux enfants mettent immédiatement à exécution cette intention. Les voici informant du danger les lièvres, les otaries, les morses, le béluga, la baleine et leurs papas… La plupart d’entre eux ont conscience du problème, mais se sentent impuissants : nous croisons les pattes pour que ça s’arrête, disent les uns, nous n’avons pas la solution, complètent les autres. Alors comment agir ? Claire Garralon présente deux points de vus différents à travers les réponses paternelles : un manchot illustrant la méconnaissance ou le déni (mais n’importe quoi, la banquise ne fond pas) ; un ours exprimant une attente et un espoir, dirigé vers les hommes :

Ne vous inquiétez pas les petits,

l’Homme le sait et,

c’est sûr, il va s’en occuper.

A nous de jouer ! conclut ainsi Claire Garralon, dans cet album qui, avec un graphisme épuré, aux couleurs blanches et bleues de la glace et l’eau, grises et beiges de la faune polaire, sensibilise les tout-petits et les plus grands au problème du réchauffement climatique. La conclusion du livre est aussi une introduction, invitation à l’action : c’est à nous tous, aujourd’hui et demain, qu’il appartient de comprendre comment l’écosystème fonctionne et le préserver. Après avoir mis à la portée des tout-petits des notions de philosophie et d’éducation civique dans C’est ma mare et Chat noir chat blancClaire Garralon poursuit ainsi dans Plic ploc banquise, dont vous trouverez des extraits ici, sa formidable entreprise qui consiste à construire un BA-ba du vivre-ensemble, et ce dès le plus jeune âge.

0

Petit homme, petit lapin

Les éditions MeMo publient deux beaux livres de Malika Doray (c’est un peu tautologique), Le petit homme et la mer et Lapin mon lapin :

Le petit homme et la mer

Mon premier est un conte initiatique, empli de poésie, qui met en scène un petit homme (jeune ou vieux, M. Hemingway le titre du livre de Malika Doray ne le précise pas).

C’est l’histoire, donc, d’un petit homme, aux allures de lutin ; un petit homme doté d’une grande ambition, qui se lance dans une aventure à la mesure de son projet : il part sur la grande mer du Nord pour pêcher le plus gros poisson du monde.

Quand je l’aurai attrapé, dit le petit homme, je rentrerai et tout le monde m’admirera. Et à tous ceux qui ne m’admireront pas, j’offrirai une des écailles du plus gros poisson du monde. Comme ça ils m’aimeront.

C’est un petit homme qui se lance un défi pour obtenir une récompense, c’est un petit homme qui se cherche, et que va-t-il trouver pendant son expédition ? Une libellule… pour appâter le poisson… puis LE poisson, car voici que le plus gros poisson du monde mord à l’hameçon.

– Ouiiiii, jubile le petit homme, j’ai attrapé le plus gros poisson du monde !

– Oh, oh, se dit le gros poisson, on dirait que j’ai pris un tout petit homme.

Ah… en fait, ce n’est pas que l’histoire d’un petit homme. C’est aussi l’histoire d’un gros poisson, qui cultive son propre projet à l’égard de ce petit homme là… : « le mettre sous une cloche en verre avec un paille pour qu’il respire et on le regarder gigoter » aie aie aie ! Il soumet son idée à ses parents (plus petits que lui, hihi), qui heureusement, lui remettent les points sur les i :

Grand Dieu ! A ton âge ! Tu n’as pas honte d’embêter plus petit que toi ? Allez, ramène le vite chez lui.

Le trajet retour des deux compagnons est le moment de la résolution du conflit, où le petit homme console le gros poisson, et réciproquement, où le dialogue émerge et s’instaure, et où les deux êtres rient et deviennent amis, jusqu’à savoir comment faire don d’un peu de soi à l’autre, qu’on a croisé sur son chemin et appris à connaître. Les deux protagonistes sortent grandis et changés de cette épopée ; ils y ont trouvé l’amitié. Les illustrations, sobres en couleurs, s’amusent à jouer de ce qui se passe à la surface de l’eau et sous l’eau, par un jeu de bordures en formes de vagues, faisant se rencontrer ces deux mondes, l’espace d’un instant… magique… inscrit dans le temps.

Lapin mon lapin

Mon second est un discours fait livre : c’est une maman lapin qui parle à son bébé lapin tout en le berçant (le bébé lapin est lui-même petit, comme le petit homme, et il sortira grandi, comme le petit homme, de cette conversation avec sa maman)… « lapin mon lapin », lui dit-elle…

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand le soleil se couche, pour toi il est l’heure de dormir, même si d’autres animaux vivent la nuit ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle à l’occasion de déjeuner, « tu as deux mains et une cuillère », quand d’autres ont un bec ou une trompe… tu n’as donc aucune raison de mettre tout par terre ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire tout court, les poulpes ont huit bras, les mille pattes ont mille mains, mais maman lapin n’en a que deux et ne peut pas tout faire à la fois ; petit lapin a deux mains aussi et « il faut tout faire un par un : jouer, se promener… ».

Un joli album qui dit aux tout-petits les joies de l’autonomie… et le regard bienveillant du parent.

**

Pssst : pour découvrir d’autres livres de Malika Doray dans la BBthèque, c’est par ici !

0

Revisitons la ville !

Vous êtes en ville et il fait peut-être gris, météo courante quand vient l’automne… Pourquoi ne pas en profiter pour changer le regard sur votre environnement, voire le magnifier avec vos jeunes enfants ? Les éditions Le Diplodocus éditent un livre de Tineke Meirink intitulé Dans la ville, qui s’amuse à revisiter, land art on te retrouve, le paysage urbain :

Dans ce guide touristique livre d’éveil artistique, la patrimoine citadin est source d’inspiration pour toutes formes d’expressions plastiques, participant à l’éveil et à la créativité du jeune enfant : observer le réel, projeter le fruit de son imagination, orchestrer la rencontre de l’objectif et du subjectif, inviter à la création. Une page invite ainsi le bébé lecteur à découvrir une photographie prise en ville, tandis que la page suivante lui présente, par un effet de surprises, l’image altérée, enrichie, détournée, par ce que l’auteur artiste y a mis en plus… L’enfant peut jouer au jeu des X différences, tandis que l’adulte pioche une quantité d’idées pour faire revisiter aux enfants leur environnement.

Trêve de mots, place aux images et bonne promenade !

0

Oh ! Let’s go !

Oh, let’s go, yes, in ze BBthèque, la rentrée se fera cette année en musique & en anglais ! Où l’on retrouve le dernier né de la collection des bébés braques, comprenant dix comptines by Steve Waring, sa voix chaleureuse et familière :

Dix nouvelles chansons pour danser et chanter façon anglo-saxon !

  • This little bird flaps it wings (*4) and flies away in the morning
  • If your happy and you know clap your hands…
  • 1, 2, 3, 4, 5…
  • Row row row your boat
  • London bridge is falling down
  • Mary had a little lamb
  • Rain go away
  • Baa baa black sheep
  • B.I.N.G.O
  • Please & thank you (we must say when we ask for something everyday)

Un format tout cartonné carré, une double page par titre, des illustrations signées Maud Legrand, un CD, une appli ET une chaîne youtube pour écouter et visualiser par le petit bout qu’on veut ces textes et mélodies. La preuve ?

Enjoy !

1

Jouer avec Hervé Tullet

Au cœur des vacances d’été, la BBthèque a à cœur de vous présenter — si vous ne les connaissez pas déjà — le nec plus ultra des livres-jeux pour bébés, ces albums tout cartonnés signés Hervé Tullet : collection « A toi de jouer » chez Phaidon ! Petite sélection :

 

Un jeu = un livre, un livre = un jeu.

Jeu de formes : un livre à trous, chaque page a sa propre couleur et révèle au bébé lecteur, par la découpe, une forme géométrique à manipuler de ses petits doigts ; une prouesse tactile et visuelle.

Jeu de lignes se fonde sur deux couleurs fluo : un fond jaune, des lignes roses, à moins que ce ne soit l’inverse ? Au bébé de jouer, avec ce livre découpé en plusieurs livres (grâce à un système de rabats) pour faire varier les lignes… hoho les lignes verticales originelles rencontrent des lignes horizontales, ou des lignes qui se croisent, ou des lignes courbes, ou des vagues, ou des carreaux ! Un objet fascinant pour le bébé lecteur & créateur de mille et une formes.

Jeu de balles est un livre-accordéon, avec au recto le passage en revue des différents sports à balle, et au verso diverses formes de tailles variables avec la formidable explication de texte suivante : l’enfant est invité à se fabriquer une balle avec ce qu’il a sous la main, un bout de papier chiffonné, et à viser dans les différents trous (avec un système de points par cible atteinte, s’il-vous-plaît) ! A vos marques, prêts… lancez !