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De formes en motifs

Lumière aujourd’hui sur une encyclopédie d’un nouveau genre pour tout-petit :

MON PREMIER LIVRE DE MOTIFS !

C’est un tout cartonné, format paysage et de nombreuses pages, comme une encyclopédie ou un roman du vivant, très facile à prendre en main pour les petites mains. C’est une réalisation de Bobby & June George (pour en savoir plus sur eux, vous pouvez consulter leur site), illustrée par Boyoun Kim, éditée chez Phaidon.

L’idée est excellente : partir des formes élémentaires, les associer les unes aux autres, toujours par paire, faire deviner à l’enfant ce que la répétition de cette juxtaposition engendre, puis nommer et illustrer le motif résultant de cette sérialisation ! Ce premier documentaire met ainsi en scène, pour les bébés lecteurs, une toute nouvelle étape dans leur apprentissage de la géométrie du quotidien… qu’ils s’amuseront à retrouver dans leurs vêtements, les revêtements, et tout autre support de représentation ou d’expression.

On passe ainsi d’une ligne, deux lignes, trois lignes et plus encore… aux rayures ; et si une ligne épaisse voisine une ligne fine, et que ce schéma se répète, cela devient un motif écossais. Plusieurs zigzags donnent des chevrons, plusieurs carrés des damiers, plusieurs cercles des pois, plusieurs losanges un motif en arlequin, plusieurs hexagones un nid d’abeille, etc. Avec un minimum de formes simples, en somme, l’enfant apprend qu’il peut à son tour dessiner le monde !

Un grand bravo pour ce livre-jeu original, qui marie éveil artistique et mathématique, art et géométrie, et, par son approche visuelle, fait intelligemment travailler l’esprit des tout-petits. Vous trouverez quelques extraits de la version originale de ce livre sur le site de l’illustratrice Boyoun Kim, si vous voulez vous faire votre propre idée : http://boyounkim.com/My-First-Book-of-Patterns-by-Phaidon …

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Le petit questionneur

Chouette, un premier documentaire qui se met à la hauteur des bébés lecteurs alias… les petits questionneurs ! J’ai nommé :

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Le Petit Questionneur

de Constance Verluca, Julien Hirsinger & Jeanne Boyer

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Ce livre tout cartonné est construit comme un « chat » ou dialogue entre l’adulte (l’auteur, le lecteur) et l’enfant (l’autre lecteur, petit ou grand questionneur itou également), le premier s’adressant au second à la deuxième personne du singulier avec une série d’improbables questions :

Tu préfères Noël ou ton anniversaire ?

Si tu devais ne garder qu’un seul jouet, lequel choisirais-tu ?

Si tu étais le roi ou la reine, que ferais-tu en premier ?

De double page en double page, pléthore de sujets — la vie en société, amis et événements, les émotions, l’alimentation, le présent, le passé et l’avenir… — sont abordés sous l’angle de l’interrogation, invitant le tout-petit à s’exprimer, avec ses phrases balbutiantes, ses premiers mots, et à affirmer ses choix… pour poser, à son tour, des questions.

Un petit aperçu ici : http://www.ecoledesloisirs.fr/livre/petit-questionneur !

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Doux rêves, doux rêveurs…

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une véritable anthologie poétique des rêveurs pour les tout-petits… et pour toute la vie : un très très beau livre, signé Isabelle Simler aux Editions courtes et longues, dont voici déjà la très très belle couverture…

C’est un ouvrage grand format (28 x 25 cm) de 80 pages s-il-vous-plaît… et qui sent bon le papier. C’est un album qui explore et apprivoise le monde de la nuit pour les tout-petits : il dit, à travers le dessin, le noir mais aussi et surtout toutes les lumières qui l’habitent. C’est une histoire qui restitue la vie, de manière sensible et sensitive, aux tout-petits, la nature dont ils font biologiquement partie.

Isabelle Simler livre ainsi, de double-pages en double-pages, des portraits d’animaux endormis en gros plan, dans leurs environnements, avec des traits si fins, si précis, qu’on en perçoit le moindre détail, qu’on aimerait les toucher. Les mots ne sont pas en reste pour décrire ces temps de sommeil et de rêves si essentiels à l’éveil… Quelques extraits deci-delà, de beaux poèmes qui accompagnent chaque portrait de dormeur :

le paresseux rêve en hamac

la baleine à bosse rêve à la verticale

le rouge-gorge rêve en pelote

la chauve-souris rêve à l’envers

le hérisson rêve à l’abri

l’hirondelle rêve à tire d’aile […]

l’enfant rêve sous la lune

Ce livre magnifique, qui capte le regard et retient l’attention des lecteurs de tout âge à la minute où on s’en saisit, a bénéficié de l’aide à la création littéraire jeunesse du Conseil départemental du Val-de-Marne et est offert comme cadeau de naissance à tous les enfants nés dans ce département en 2018… Vous trouverez d’ailleurs quelques éléments complémentaires et éclairants dans cette vidéo, où Isabelle Simler, l’auteur et illustrateur/trice de Doux rêveurs, explique sa démarche :

Bon voyage dans les contrées du rêve, à la frontière du réel et de l’imaginaire !

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Dans le détail

Dans la série : encyclopédie pour les tout-petits, je vous présente aujourd’hui Dans le détail, un grand et long livre très fourni signé Elisa Géhin aux éditions Les Fourmis rouges :

Une mine d’informations pour les bébés lecteurs : un mot = une image, duo multiplié par… un nombre incalculable de sujets et d’objets représentés dans cet imagier très détaillé. Elisa Géhin passe en revue, avec beaucoup d’humour, un trait vif, pléthore de couleurs et une typographie très enfantine, l’environnement du jeune enfant et s’amuse à classer tous ces éléments foisonnants, mêlant l’abstrait et le concret.

Dans l’ordre (mais aussi un peu en vrac, tant cet ordre semble aussi personnel… rapprochant la logique de l’artiste et la logique de l’enfant), annonce-t-elle dans le sommaire de ce premier documentaire :

  • les objets de celle qui a fait le livre : comprendre la notion d’auteur et comment on fait un livre… top de démarrer ainsi… dans la peau de l’auteur, dans la peau de l’artiste !
  • dans le sac des enfants
  • la famille : la vraie, la grande, l’élargie, et puis aussi un peu de sens figuré pour rigoler (la mère Michel, le père Noël sont aussi de la partie)
  • à l’intérieur… de la planète Terre : un peu de géologie et de géographie, d’urbanisme même, et puis aussi de domestique, parce que, sur le principe du zoom, nous voici parti de la planète pour arriver aux maisons, à la maison, à ses abords extérieurs, et puis aussi à tout ce qu’on fait et à tout ce qu’on trouve à l’intérieur (pièces, meubles, mais aussi types de chaussures, types de cheveux des habitants…)
  • les choses lumineuses
  • les animaux
  • les arbres
  • les fruits
  • les légumes
  • des fleurs et des herbes, tout cela se passe de commentaires
  • les métiers, courants et curieux, présentés toujours au masculin et au féminin, vive la parité
  • les choses sur lesquelles on s’assoit
  • dans ma valise
  • la conversation
  • l’information
  • ce qui a un goût particulier : le gingembre, l’endive, le chocolat noir, la fourmi s’il te prend envie d’en goûter une
  • la quincaillerie : produits, outils
  • les jeux
  • ce qui se transforme : un œuf, un papillon, mais aussi des ingrédients & des gâteaux, ou encore un prince & un crapaud…
  • les couleurs, déclinées avec un serviable caméléon
  • dans le frigo > dans le placard > et jusque dans les tiroirs
  • la circulation : modes et voies de transport
  • ce qui ne s’achète pas (quelle bonne idée de lister ça) : les saisons et donc le temps, le bonheur (trèfle à quatre feuilles), son anniversaire, son ombre, un sourire, les chiffres et les lettres, etc.
  • ceux que personne n’a jamais vus jusqu’ici… mais qu’on peut toujours dessiner : la petite souris, les lutins du Père Noël, un fantôme, un extraterrestre ou encore Dieu…

Dans l’ordre, je disais, mais aussi un peu en vrac, tant cet ordre semble aussi personnel… rapprochant la logique de l’artiste et la logique de l’enfant : quand le documentaire montre qu’il est fondamentalement, aussi, fiction, tant la représentation du réel est le fait de mise en scène et d’interprétations, et tant, dans cette narration, l’objectivité est empreinte de subjectivités. Comme l’auteur, le jeune lecteur est invité à naviguer d’un mot-image à l’autre, à comprendre mais aussi pourquoi pas créer les liens entre les différents mots-images qui lui sont ici proposés (sens propre / sens figuré, ce qui est de l’ordre du réel / ce qui est inventé, etc.), et à construire à son tour sa représentation, ouverte et féconde, du monde. Son propre système, son propre catalogue : de la structuration de la pensée chez le jeune enfant, concomitante de son apprentissage du langage & de ses subtilités, dès 2-3 ans.

Une nouvelle ressource formidable pour l’éveil des jeunes lecteurs, dont vous pouvez découvrir quelques extraits ici !

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Aleph

Janik Coat, auteur-illustrateur jeunesse chroniquée dans la BBthèque pour sa très belle série de tout-cartonnés sur les couleurs publiée aux éditions MeMo, publie chez Albin Michel Jeunesse un livre-concept très graphique, personnel et pourtant universel, livre de naissance joliment intitulé Aleph, complété d’un sous-titre s’adressant au bébé devant par la même occasion bébé lecteur, « ton premier livre » :

Un premier livre des plus originaux dans le paysage des livres pour les tout-tout-petits, ne serait-ce qu’en matière d’objet :

  • par sa texture.. et son odeur : un album non tout cartonné, mais en papier épais, dont le bébé prend plaisir à entendre le bruit si particulier des pages tournées et sentir l’odeur du papier
  • par son volume : 104 pages… un vraie petite encyclopédie pour tout-tout-petit
  • par son (grand) format, approchant du carré (28 x 27 cm)
  • par sa couverture et sa quatrième de couverture (cartonnées) muettes et rosées, représentant un éléphant (somme de savoirs, l’éléphant)
  • par le primat qu’il accorde à la lecture de l’image, le texte étant absent de 100 pages du livre et présent seulement pour le titre, quelques personnages et la légende, finale, des images. Un imagier, donc, 99% muet, réalisé avec des pochoirs délimitant à merveille l’image même.

Le contenu n’est pas en reste… Pourquoi ce titre ? Aleph : c’est la première lettre, dans les alphabets hébreux et arabe ; par extension, elle signifie le début, le commencement… En intitulant son imagier pour tout-tout-petit Aleph, Janik Coat programme et accompagne, par son livre, les premiers pas du bébé dans sa lecture du livre mais aussi du monde. Chaque page va offrir au regard du bébé lecteur une illustration d’un sujet ou objet plus ou moins familier, avec un temps de respiration (parfois, l’image n’est présente que sur une page, l’autre reste vierge, pour la mettre en valeur).

  • Au départ, ce sont des formes élémentaires : un rond, un carré, un triangle, et d’autres formes simples, parfois sans nom…
  • Puis viennent les formes plus complexes décrivant des objets, des aliments et même des êtres vivants… : un arbre, une pomme, une maison… puis des couverts, deux personnes en train de s’enlacer, un ciel bleu et nuageux, un doudou, un robot…
  • Ces formes décrivent, pour certaines, d’abord, la réalité : l’arbre, la pomme, etc.
  • Ces formes décrivent, pour d’autres, ensuite, la fiction : personnages de contes (un roi, une sorcière, une princesse) et même personnages de l’auteur-illustrateur issus de cet album ou d’autres albums (Aleph l’éléphant, déjà présent sur la couverture et la quatrième de couverture, revient vers la fin de l’album ; on découvre aussi Popov, Cyrus et Romi…) dont Janik Coat fait le choix d’écrire leur nom à côté de leur représentation.

Les dernières pages montrent à l’enfant un arc-en-ciel puis un cœur, symbolisant l’amour du livre, l’amour du monde, l’amour de l’adulte ou grand enfant accompagnant le tout petit dans cette lecture. Puis vient la clé de l’ouvrage, sur la toute dernière page : la légende de chacune de ses grandes images, réduites chacune à un petit symbole, une toute petite icône, et associées à un mot ou expression, si l’adulte ou le grand enfant accompagnant le tout-petit dans cette lecture souhaite mettre en mots ce voyage dans les images.

Je ne peux que vous inciter à prendre en main ce (méga, méta, alpha) livre riche et étonnant, et à en partager la lecture avec un tout petit n’enfant.

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Imagier caché

Après l’imagier mouvementé, voici l’Imagier caché

de Véronique Joffre aux éditions Thierry Magnier !

Un très beau livre-jeu tout cartonné qui joue à coucou-caché avec le bébé : grâce à un système de rabats, le tout-petit dévoile ce qu’il ne voit pas tandis que l’adulte prononce le terme correspondant à la petite grande découverte… Sous les plantes, ainsi, les abeilles récoltent et les limaces festoient ; en hiver l’ours hiberne sous la neige et sous la terre pour trouver un peu de chaleur, tandis qu’en été dans le désert, sous le sable se tapit le renard pour trouver un brin de fraîcheur ; le faon se construit, derrière les herbes, un abri, tandis que le félin se cache aussi derrière la broussaille, mais en embuscade ; la cachette des uns (les écureuils) fait la trouvaille des autres (les sangliers)… quelques images, mais dommage, pas de ce qui se cache sous l’image (ah de l’intérêt de tenir un ouvrage dans ses mains !) en cliquant sur cet extrait :

Vous l’aurez compris, ce premier documentaire plein de surprises va bien au-delà du simple imagier… il frise l’encyclopédie : ici, le jeune enfant enrichit son vocabulaire et sa connaissance du monde, tant l’auteur-illustrateur ne se contente pas d’illustrer et de nommer les mots de tous les jours, mais met en scène des animaux en train d’agir dans leur environnement, un vrai petit théâtre de la nature, invitant les tout-petits à observer et respecter l’environnement. De plus, chaque image fonctionne par paire avec sa voisine, pour générer encore plus de sens : au bébé lecteur de comprendre les liens unissant ces images-miroir dynamiques… s’opposent-elles ? se complètent-elles ? est-ce du pareil au même ? ou chaque situation est-elle unique ?

Mention spéciale, enfin, à la double page qui décrit les parents :

  • sur ma gauche, le papa manchot, qui couve l’œuf pondu par sa femelle
  • sur ma droite, la maman poule, qui couvent aussi ses œufs !
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L’enfance de l’art

L’art est un jeu d’enfants, démontre une nouvelle fois la maison d’édition Palette… avec son nouveau livre-jeu destiné aux lecteurs en herbe :

L’enfance de l’art

conçu par Loïc Le Gall

avec le suivi éditorial de Marion Balalud de Saint-Jean

Ce livre d’éveil artistique — format paysage et à spirales s’il-vous-plaît — joue la carte ludique à 100%. Dès la première page, la règle du jeu est communiquée à l’enfant :

Retrouve les trois œuvres qui illustrent chaque thème : femme, arbre, maison, enfant, fleur, fruit, légume, chat, chien, cheval, oiseau, bateau, soleil, voiture !

Puis, hop, le livre se scinde en trois colonnes, trois mini-livres pour s’adonner au jeu des mille et unes correspondances ! Comme dans un méli-mélo, c’est au bébé lecteur de faire tourner les mini-pages, chaque mini-page reproduisant une grande œuvre d’art… classique, moderne ou contemporaine… peinture, sculpture, faïence… déco, portrait, nature morte… jusqu’à obtenir la combinaison gagnante : les trois maisons, les trois femmes, les trois enfants…

Une démarche originale pour faire découvrir aux plus petits les plus grandes œuvres d’art : par le jeu, donc, mais aussi par des thèmes universels et accessibles, le tout servi par une très belle qualité d’impression permettant d’apprécier les détails de chaque tableau. Dans ce premier documentaire à manipuler avec ses petites mains, chaque repro est légendée : thème, nom de l’artiste, titre et date de l’œuvre, pour la culture générale de l’adulte lecteur… mais aussi pour une lecture évolutive de l’enfant grandissant, qui se voit offrir un formidable et fécond voyage dans l’histoire et la pratique de l’art.