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Un coeur qui bat

Encore un très beau livre tout-cartonné sur la mise au monde d’un enfant : co-signé Virginie Aladjidi (texte) et Joëlle Jolivet (illustrations, je dirais même plus, gravures) chez Thierry Magnier, collection Tête de lard, un livre-zoom intitulé Un cœur qui bat.

un coeur qui bat joelle jolivet virginie aldjidi.jpg

Couverture superbe : un fauteuil en forme de cœur ❤ accueille une maman dont le cœur bat ❤ en portant, en son sein, un autre petit cœur qui bat déjà ❤

De double page en double page, les auteurs amènent peu à peu le regard des bébés lecteurs vers cette vie naissante, par un jeu participatif de questions-réponses permettant de situer la conception d’un être humain dans son environnement immédiat et moins immédiat :

Dans l’univers, savez-vous ce qu’il y a ?

Il y a la Terre.

Sur la Terre, savez-vous ce qu’il y a ?

Un pays.

Dans ce pays, savez-vous ce qu’il y a ?

Un jardin.

En bref et pour continuer la série d’emboîtements : univers > planète Terre > pays > jardin > immeuble > appartement > salon > fauteuil > maman > bébé < maman < fauteuil < salon < appartement < immeuble < jardin < pays < planète Terre < univers ! Le tout, rythmé, s’ouvrant et se fermant comme un conte randonnée, où l’être à venir paraît tout à la fois infiniment petit à l’échelle de l’univers & infiniment grand déjà aux yeux de ses proches et parents… rapprochement ultime de l’universel et de l’intime :

Un battement

au cœur

du bébé

de la maman

assise

dans le fauteuil

du salon

de l’appartement

de l’immeuble

du jardin

d’un pays

sur la Terre

qui tourne

dans l’univers.

Un album tendre et profond, à lire et relire avec son voire ses enfants, à l’occasion d’une naissance ou tout au long de la vie.

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Ceci est un livre

Décidément, c’est l’année Magritte pour les tout-petits : après la parution de Ceci n’est pas un livre de Jean Jullien chez Phaïdon, voici que les éditions Thierry Magnier rééditent, en format tout cartonné, Ceci est un livre d’Antonin Louchard et Martin Jarrie !

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Au menu de cet (anti-)imagier :

  • la question de la représentation bien sûr : ceci n’est pas une pipe mais l’image d’une pipe, ceci n’est pas un pot mais l’image d’un pot…
  • mais aussi beaucoup de jeux de mots — homonymies, expressions plus ou moins figurées, vire-langues, et autres pirouettes —  pour ravir les bébés lecteurs ET leurs parents !!

Le tout s’emboîtant, s’enlaçant et s’enchaînant telle une joute poétique de haute voltige, ponctuée d’onomatopées bien senties.

En bref, un album intelligent et marrant, prenant résolument le contre-pied du genre imagier, pour inviter les enfants à (se) jouer des mots comme des images… sacré nom d’une pipe !

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Bonne nuit… tout le monde

Gros coup de cœur pour le nouvel album de Chris Haughton publié en cette rentrée aux éditions Thierry Magnier :

Bonne nuit

tout le monde

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D’abord pour ses illustrations : tant de couleurs vives et rares, tant de couleurs calmes ; les personnages, nos amis les animaux, sont croqués justement… avec un accent, mis, nécessairement, sur les yeux de ces dames et messieurs : ouverts, mi-clos, paupières, cernes, ou fermeture complète du magasin.

Ensuite pour son texte :

Le soleil se couche et tout le monde a sommeil.

Les souris ont sommeil : « Hhhaaaaaa »

Les lièvres ont sommeil. Ils baillent : « Ha…………………….hhhaaaaaa »

Les biches ont sommeil. Elles prennent une longue inspiration : « Haa…………………….hhhaaaaaa »

Même Maman Ours a sommeil. Elle s’étire de tout son long… « Haaaaa………………………………………………hhhaaaaaa »

qui joue si merveilleusement bien la carte de la contagion (je baille, tu bailles, nous baillons) et de l’imitation ! D’autant que ce récit, ami de l’onomatopée ensomeillée, est fantastiquement mis en page : une mini-page pour la souris, une demi-page pour les lapins, un trois-quart de pages pour les biches et voilà que Maman Ours dispose d’une page, que dis-je d’une double-page, pour s’étirer de tout son long. Tout le monde a sommeil donc… hormis Petit Ours, qui résiste, bien entendu ! Jusqu’à ce qu’il sente, peu à peu, la fatigue de ses camarades alentour l’envahir à son tour, accompagnée de l’explication tendre et posée de sa maman, avec qui il souhaite bonne nuit aux souris… lièvres…biches… et ours, le tout en contre-faisant, gaiement, leurs divers ronflements !

Enfin pour sa dédicace : « à ma sœur Jan, enseignante Montessori, qui m’a inspiré l’idée de ce livre ».

Or donc, une lecture géniale pour endormir les plus petits… et les plus grands.

 

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Léon… l’étron

Un tout cartonné à l’humour mordant, 100% scato pour les petits marmots : Killoffer, illustrateur, scénariste et dessinateur de bandes dessinées fondateur de la maison d’édition indépendante L’Association, signe, chez Thierry Magnier, un livre « très marron en cacamaïeu » à destination des tout-petits en plein apprentissage du pipi-caca, et de leurs parents qui ont encore, bien souvent tant qu’ils n’ont pas trois ans ces petits anges, le nez dans leur caca.

Le titre et le héros de l’album ? Léon, étron de son état ! Oui, c’est le caca en personne qui vous parle, et en rimes, messieurs dames ! Mais je vois que vous ne me croyez pas… Pourtant, le voici le voilà, ce malheureux caca :

leon-l-etron-killoffer

Oui, Léon est un étron, mais non un joyeux luron : car de fait… le caca, c’est plutôt dégoûtant. Léon a en effet la larme à l’œil : c’est qu’en raison de sa pestilentielle odeur, il attire uniquement les mouches… tous les autres le fuient comme la peste, pas touche ! Le parcours de Léon est semé d’embûches : fuir les rouleaux de papier-toilette, affronter les multiples rejets dont il fait l’objet… jusqu’à, en proie à ses pires tourments, se lover enfin dans sa couche (eh oui bien sûr, Killofer présente son héros caca en train de piquer un somme dans la couche d’un bébé… sans le bébé ! de l’art de redéfinir le mot « couche » !)… Pourtant, Léon prend de bonnes résolutions : se muscler pour sculpter son corps en mode tablette de chocolat, se garnir de noisettes, de cacahuètes, se recouvrir même d’alu pour emballer peser le tout, mais… rien n’à faire, l’odeur le trahit ! Un caca, ce n’est pas du tout du tout du chocolat. Une seule solution alors pour Léon l’étron : admettre sa terrible condition d’étron, et finir… dans la lunette des toilettes !!

Un pari audacieux et astucieux : crotte alors, enfin un album original sur l’apprentissage de la continence, et avec quelle impertinence ! Qu’on se le dise, Léon pourra « trôner » en bonne place dans votre cabinet de lecture…

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Avec du temps

C’est l’été, on prend le temps… de s’aérer, de se poser, de s’arrêter, de lire, de réfléchir, de prendre la mesure, toute relative, du temps. Dans leur album Avec du temps, édité chez Thierry Magnier, Isabel Minhós Martins et Madalena Matoso déroulent le fil de l’avenir à travers une pléiade de situations et d’actions marquant le passage du temps.

avec du temps

Avec du temps

Un enfant grandit.

Un crayon rétrécit.

(…)

Le pain devient dur 

(et les biscuits mous).

(…)

La frange tombe sur les yeux.

Les yeux s’habituent à l’obscurité.

(…)

Certains livres jaunissent.

(…)

Ce qui était difficile devient facile.

Avec des mots simples et des phrases résolument affirmatives, des illustrations joyeuses et modernes (presque adultes, aka tout public & soooo design), le bébé lecteur apprivoise la notion du temps ; par la projection de son propre développement, il envisage son avenir, ainsi que l’évolution de son environnement : passé, présent, futur… aujourd’hui différant de demain.

Le propos ici adopte un point de vue des plus intéressants : c’est comme si un (vieux) sage, par exemple un parent, ou tout autre adulte dans l’entourage de l’enfant, lui livrait le fruit de son expérience du temps, et ce tout à fait sereinement, en présentant les résultats du temps écoulé sur tel organisme ou objet. Pas d’angoisse : ceci deviendra cela, et cela je te le décris, je te l’ai décrit, tu le connais aussi à présent. Saisir voire anticiper le changement, suivre voire conduire le mouvement, goûter l’imprévisible tout en se ménageant un cadre stable :

Avec du temps, 

on apprend à voir les marques du temps.

Avec du temps, presque tout passe.

Mais les amis, eux, ne disparaissent jamais.

Une lecture évolutive pour tous les âges de l’enfance… et bien au-delà !

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La petite bête

Tout le monde la connaît, tout petits compris, l’histoire de la petite bête… qui monte… qui monte… qui monte… et qui fait des guili guili guili ! Tout le monde la connaît, mais seul Antonin Louchard s’est résolu à lui donner forme et consistance, jusqu’à en faire le personnage principal de toute une série de livres… dont la petite bête est la starlette !

 

Cette collection drôle et sympathique a plus de 10 ans de notoriété méritée : parue initialement chez l’éditeur PetitPOL (collection La petite bête) de 2004 à 2006 avec pas moins de 12 albums relatant les aventures de la petite bête (la peinture, le téléphone, la voiture, la maison, le repas, les peurs…), elle s’est ensuite invitée chez Gallimard Jeunesse (collection Giboulées), Bayard Jeunesse  (collection La petite Bête) et Thierry Magnier (collection Album).

Aujourd’hui, je vous présente deux albums de la petite bête :

Pouët ! pouët ! la petite bête

pouet pouet la petite bete louchardLe petit premier de la collection, paru le 1er avril 2004, avec ses frères et sœurs jumeaux Chapeau ! la petite bête, La peinture de la petite bête et Allô ! la petite bête, dont voici le texte fidèlement retranscrit :

Pouët ! Pouët ! Qui voilà dans sa belle auto ?

Vroum ! Vroum ! C’est la petite bête.

Vroum ! Vroum ! Au feu orange elle ralentit…

… et au feu rouge elle s’arrête. Pouët ! Pouët !

Mais quand le feu repasse au vert, Tuuuut ! Tuuut ! Pouët ! Pouët ! l’auto ne veut pas démarrer.

Pourtant le réservoir est plein !

Pourtant les pneus sont bien gonflés !

Zut ! C’est le moteur qui est cassé.

– C’est pas grave, dit la petite bête… Pouët ! Pouët !

… Je vais continuer à pied.

Et la petite bête de continuer en effet à pied, mais toujours dans la voiture, en la soulevant pour être plus à l’aise… car ne l’oublions pas, c’est écrit dans le titre, notre bête est petite, de même qu’un tout petit : son auto est à sa mesure, ce n’est donc point une auto d’adultes, mais un modèle réduit, jouet d’imitation… pour faire comme les grands… mais aussi comme on veut… alors pourquoi pas marcher pour se véhiculer !?

Un récit rythmé, ponctué d’onomatopées, aux illustrations sobres, colorées et si expressives, extrêmement vivant tant par sa description de la réalité (la circulation en ville, la signalisation routière, les klaxons, les embouteillages, l’entretien du véhicule…) que par l’imagination diantrement débrouillarde des petites bêtes enfants !

C’est la p’tite bête…

c est la ptite bete louchardLe petit dernier de la collection, le nouveau-né, paru le 6 mai 2015, 16 cm… et… xx kg ! La voici la voilà, l’histoire que tout le monde connaît, où l’on voit la petite bête monter, monter, monter tout là haut là-haut, et même encore plus haut, mais une fois au sommet, que se passe-t-il ? La solitude s’empare d’elle, c’est terrible ! Alors, toujours philosophe et résolue, la voici qui entame le chemin inverse, car… le saviez-vous ?… la petite bête descend également ! descend… descend et descend… et plus elle descend, plus c’est marrant !!!

Et vous, connaiss(i)ez-vous cette collection ? Si oui, laquelle des aventures de petite bête préférez-vous ?

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Les contraires… à l’endroit comme à l’envers !

Lumière aujourd’hui sur une perle de la littérature jeunesse, rééditée chez Thierry Magnier cette année en format carré tout cartonné : A l’endroit comme à l’envers, de Menena Cottin. Un livre, noir & blanc et une touche d’orange, à lire à l’endroit… mais aussi à l’envers, pour saisir un mot… et son contraire !

endroit envers menena cottin

Par son graphisme intelligent, porté par des contrastes de couleurs saisissants (ah… le noir et blanc et les petits enfants), Menena Cottin offre aux tout petits une expérience de lecture visuelle inédite : chaque double-page propose en effet une illustration dont le sens diffère selon la manière dont le bébé lecteur manipule le livre ! avec, en orange, des mots pour exprimer les tournures de langage désignant les opposés ainsi illustrés. En passant de l’endroit à l’envers et vice & versa, on passe en revue les contraires :

  • début ou fin d’un trait tracé au crayon
  • 10:10 ou 04:04 dit l’horloge selon comment on la prend
  • en haut ou en bas, désigne le doigt
  • flotter ou couler pour le bateau chahuté
  • printemps ou automne selon que l’arbre produit ou perd ses feuilles
  • été ou hiver selon que la plante pousse ou hiberne
  • monter ou descendre tel l’avion en vol
Un imagier design, original et ludique, continuant d’éveiller le sens de l’observation des jeunes lecteurs tout en les mettant à contribution pour construire le sens des premiers mots de tout horizon qu’ils apprendront : ici, les saisons, les verbes d’action, mais aussi quelques notions un peu plus abstraites… Quelques images ici-bas (si vous lisez cet article sur tablette, vous pouvez toujours tenter de retourner l’écran ^^) :
debut finen haut en basheures