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Imagier caché

Après l’imagier mouvementé, voici l’Imagier caché

de Véronique Joffre aux éditions Thierry Magnier !

Un très beau livre-jeu tout cartonné qui joue à coucou-caché avec le bébé : grâce à un système de rabats, le tout-petit dévoile ce qu’il ne voit pas tandis que l’adulte prononce le terme correspondant à la petite grande découverte… Sous les plantes, ainsi, les abeilles récoltent et les limaces festoient ; en hiver l’ours hiberne sous la neige et sous la terre pour trouver un peu de chaleur, tandis qu’en été dans le désert, sous le sable se tapit le renard pour trouver un brin de fraîcheur ; le faon se construit, derrière les herbes, un abri, tandis que le félin se cache aussi derrière la broussaille, mais en embuscade ; la cachette des uns (les écureuils) fait la trouvaille des autres (les sangliers)… quelques images, mais dommage, pas de ce qui se cache sous l’image (ah de l’intérêt de tenir un ouvrage dans ses mains !) en cliquant sur cet extrait :

Vous l’aurez compris, ce premier documentaire plein de surprises va bien au-delà du simple imagier… il frise l’encyclopédie : ici, le jeune enfant enrichit son vocabulaire et sa connaissance du monde, tant l’auteur-illustrateur ne se contente pas d’illustrer et de nommer les mots de tous les jours, mais met en scène des animaux en train d’agir dans leur environnement, un vrai petit théâtre de la nature, invitant les tout-petits à observer et respecter l’environnement. De plus, chaque image fonctionne par paire avec sa voisine, pour générer encore plus de sens : au bébé lecteur de comprendre les liens unissant ces images-miroir dynamiques… s’opposent-elles ? se complètent-elles ? est-ce du pareil au même ? ou chaque situation est-elle unique ?

Mention spéciale, enfin, à la double page qui décrit les parents :

  • sur ma gauche, le papa manchot, qui couve l’œuf pondu par sa femelle
  • sur ma droite, la maman poule, qui couvent aussi ses œufs !
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Imagier mouvementé

Dans la BBthèque, on aime vous présenter des imagiers originaux, qui ne se contentent pas d’associer platement une image et un mot lambdas pour le jeune enfant. En voici un nouveau encore, qui relève le niveau du genre pour nos bébés lecteurs, avec brio :

Imagier mouvementé

de Véronique Joffre

On avait déjà vu des animaux en mouvements dans les albums également tout cartonnés Saute et Roule de Tatsudide Matsuoka (pssss par ici) qui déclinait comment chacun de nos amis les animaux saute ou roule ; ici, Véronique Joffre opte plutôt pour un catalogue de verbes, chacun d’entre eux se trouvant associé à un sujet animal : la variante ici, c’est le mouvement… et la bête qui l’accomplit ! Un nouveau bestiaire donc… en mouvements !

Chaque page présente ainsi :

  • par l’image (superbes illustrations !) : un animal dans son environnement
  • par le mot : un verbe qualifiant son action, en l’occurrence sa posture ou sa mobilité, bref, le mouvement qu’il est en train d’effectuer physiquement

Ainsi, dès la première page, le bébé lecteur découvre avec ses yeux un petit escargot sur un grand arrosoir, et entend l’adulte lui lire le mot ramper ; à la page suivante, il voit une autruche se déplaçant au soleil couchant et il entend l’adulte lui lire le mot courir.

Chaque page réussit le pari d’incarner visuellement cette dynamique physique, qui aide le tout-petit à mettre des mots sur son propre corps & sa motricité pour mieux les appréhender ; chaque double-page parvient à mettre en écho deux actions complémentaires :

  • ramper / courir
  • se tapir / se dresser
  • grimper / dévaler
  • s’étirer / se coucher
  • ziguezaguer / virevolter
  • bondir / rouler
  • se pencher / se balancer
  • gonfler / souffler
  • porter / pousser
  • s’accrocher / se suspendre
  • déployer / replier

En en images…

Autant de gestes à mimer, aussi, pour les bébés…

A noter que Véronique Joffre n’en est pas à son premier coup d’essai en termes de réalisation d’imagiers thématiques… Elle avait déjà frappé il y a quelques temps avec un très chouette Imagier mouillé. Et mon petit doigt me dit qu’elle récidivera encore… bientôt… avec encore un autre drôle d’imagier.

 

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Caché… premier roman pour bébé

Voici un album sans texte

non au contraire, une fois n’est pas coutume,

un album sans image… autrement dit…

UN PREMIER ROMAN POUR LES BÉBÉS !

Si ! Intitulé Caché et signé Corinne Dreyfuss aux éditions Thierry Magnier :

Mention spéciale pour la couverture très pop de ce tout-cartonné, presque orange fluo avec une typo qui s’efface et joue elle-aussi, comme le titre du livre, à cache-cache ! Caché, dit le titre ; trouvé, dit la couleur vive vive vive ! Et puis on ouvre le livre, et là, place — typique du tip top livre pour tout-petit — au noir (de l’écriture) sur blanc (de la page). Dans ce livre d’un genre inédit, roman jusqu’au format (13*22 cm)  — avec, qui-plus-est, chapitres, numéro et titres, ainsi que rappel des titres et pagination dans l’en-tête de chaque double-page —, point d’illustrateur mais un(e) auteur-typographe de talent : ici, c’est le texte seul, qui tient lieu d’image(s), par la mise en page et la typographie. Place aux mots, donc, au langage… à portée des bébés. Comment ?

  • par la scénographie de l’écrit : le récit se fait théâtre
  • par les choix de sujet et d’objet du récit : le jeu se fait langage

L’objet, c’est une partie de cache-cache… dont le bébé est le héros. Car celui qui est caché… il ne le sait pas encore, il le saura seulement à la toute fin… c’est le bébé lecteur, avec qui l’adulte lit cette histoire.

  • Chapitre 1 : dedans ; je finis de compter jusqu’à 10 et je vais te chercher, petit caché ! je t’appelle, je t’écoute, mais je ne te trouve pas. Je sors donc et j’atteins le…
  • Chapitre 2 : dehors ! oh des animaux, je les entends (onomatopées cui-cui * x, bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz…), je les salue, mais toi où es-tu ? je regarde un peu partout, de près et de loin, rien. Alors je rentre.
  • Chapitre 3 : toc toc toc. Probablement je ne suis pas loin de te trouver… je te cherche de manière plus approfondie. Assis, à quatre pattes… je monte et je descends… mais on dirait que tu es vraiment bien caché. Alors je profite sans le vouloir d’une petite distraction pour que, sans le vouloir non plus, tu me révèles ta cachette ! Et là… littéralement… je te vois ! Oui ! Car le fond de la dernière double page n’est plus blanc, mais, comme une matière aluminium, un miroir où tu te reflètes : oui, c’est donc bien toi… et moi… que je vois… que tu vois ! Nous sommes de nouveau réunis.
  • Alors… si on recommençait… ? Chacun son tour ? Cette fois, tu tiens le livre et c’est moi qui me cache… 1, 2, 3, 4, 5… c’est parti !

Beaucoup, beaucoup de choses à dire et à vivre avec ce livre qui dit tout l’amour des mots en partage avec les petits minots : d’abord qu’il est, contrairement à ce qu’il paraît, extrêmement facile et plaisant à lire avec un tout-petit ; ensuite qu’il appelle à jouer avec l’enfant, avec les mots, avec le sens ; enfin qu’il éveille et éveille et éveille le bébé lecteur, pour qui le texte prend toute une nouvelle dimension.

A ce propos je vous recommande aussi, et vivement, la lecture de l’avant-propos du livre (oui car dans les grands romans, il y a aussi toujours un avant-propos), préface signée du pédopsychiatre Patrick Ben Soussan dont voici quelques extraits :

Ouvrez Caché ! Sans que vous en preniez conscience, le cerveau de votre bébé accomplit d’incroyables prouesses : ses yeux parcourent l’espace — vous appelez cela une page mais lui n’en sait rien encore — en de rapides et précis petits mouvements, de haut en bas et de gauche à droite —  très vite, dans sa première année, votre enfant a compris qu’il y a un sens à la lecture. […]

Il lit Caché ! Pas à pas, il refait le chemin, reconnaît visuellement les lettres, analyse leur séquence, découpe les mots en sons — la conscience phonologique, disent les pros —, s’adonne à la découverte du principe alphabétique — qui dit la correspondance entre l’oral et l’écrit — , déchiffre puis analyse le sens du mot formé, de la phrase, de la page. […]

Corinne Dreyfuss a écrit Caché ! en se souvenant sûrement qu’à l’origine, l’écriture était le langage de l’absence. Et que le livre convie aux retrouvailles. […]

Difficile de se représenter cet OVNI ? Quelques extraits à découvrir sur le site de l’éditeur… avant de filer en bibliothèque ou librairie se procurer ce livre de génie.

 

 

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Un coeur qui bat

Encore un très beau livre tout-cartonné sur la mise au monde d’un enfant : co-signé Virginie Aladjidi (texte) et Joëlle Jolivet (illustrations, je dirais même plus, gravures) chez Thierry Magnier, collection Tête de lard, un livre-zoom intitulé Un cœur qui bat.

un coeur qui bat joelle jolivet virginie aldjidi.jpg

Couverture superbe : un fauteuil en forme de cœur ❤ accueille une maman dont le cœur bat ❤ en portant, en son sein, un autre petit cœur qui bat déjà ❤

De double page en double page, les auteurs amènent peu à peu le regard des bébés lecteurs vers cette vie naissante, par un jeu participatif de questions-réponses permettant de situer la conception d’un être humain dans son environnement immédiat et moins immédiat :

Dans l’univers, savez-vous ce qu’il y a ?

Il y a la Terre.

Sur la Terre, savez-vous ce qu’il y a ?

Un pays.

Dans ce pays, savez-vous ce qu’il y a ?

Un jardin.

En bref et pour continuer la série d’emboîtements : univers > planète Terre > pays > jardin > immeuble > appartement > salon > fauteuil > maman > bébé < maman < fauteuil < salon < appartement < immeuble < jardin < pays < planète Terre < univers ! Le tout, rythmé, s’ouvrant et se fermant comme un conte randonnée, où l’être à venir paraît tout à la fois infiniment petit à l’échelle de l’univers & infiniment grand déjà aux yeux de ses proches et parents… rapprochement ultime de l’universel et de l’intime :

Un battement

au cœur

du bébé

de la maman

assise

dans le fauteuil

du salon

de l’appartement

de l’immeuble

du jardin

d’un pays

sur la Terre

qui tourne

dans l’univers.

Un album tendre et profond, à lire et relire avec son voire ses enfants, à l’occasion d’une naissance ou tout au long de la vie.

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Ceci est un livre

Décidément, c’est l’année Magritte pour les tout-petits : après la parution de Ceci n’est pas un livre de Jean Jullien chez Phaïdon, voici que les éditions Thierry Magnier rééditent, en format tout cartonné, Ceci est un livre d’Antonin Louchard et Martin Jarrie !

ceci-est-un-livre-antonin-louchard-martin-jarrie

Au menu de cet (anti-)imagier :

  • la question de la représentation bien sûr : ceci n’est pas une pipe mais l’image d’une pipe, ceci n’est pas un pot mais l’image d’un pot…
  • mais aussi beaucoup de jeux de mots — homonymies, expressions plus ou moins figurées, vire-langues, et autres pirouettes —  pour ravir les bébés lecteurs ET leurs parents !!

Le tout s’emboîtant, s’enlaçant et s’enchaînant telle une joute poétique de haute voltige, ponctuée d’onomatopées bien senties.

En bref, un album intelligent et marrant, prenant résolument le contre-pied du genre imagier, pour inviter les enfants à (se) jouer des mots comme des images… sacré nom d’une pipe !

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Bonne nuit… tout le monde

Gros coup de cœur pour le nouvel album de Chris Haughton publié en cette rentrée aux éditions Thierry Magnier :

Bonne nuit

tout le monde

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D’abord pour ses illustrations : tant de couleurs vives et rares, tant de couleurs calmes ; les personnages, nos amis les animaux, sont croqués justement… avec un accent, mis, nécessairement, sur les yeux de ces dames et messieurs : ouverts, mi-clos, paupières, cernes, ou fermeture complète du magasin.

Ensuite pour son texte :

Le soleil se couche et tout le monde a sommeil.

Les souris ont sommeil : « Hhhaaaaaa »

Les lièvres ont sommeil. Ils baillent : « Ha…………………….hhhaaaaaa »

Les biches ont sommeil. Elles prennent une longue inspiration : « Haa…………………….hhhaaaaaa »

Même Maman Ours a sommeil. Elle s’étire de tout son long… « Haaaaa………………………………………………hhhaaaaaa »

qui joue si merveilleusement bien la carte de la contagion (je baille, tu bailles, nous baillons) et de l’imitation ! D’autant que ce récit, ami de l’onomatopée ensomeillée, est fantastiquement mis en page : une mini-page pour la souris, une demi-page pour les lapins, un trois-quart de pages pour les biches et voilà que Maman Ours dispose d’une page, que dis-je d’une double-page, pour s’étirer de tout son long. Tout le monde a sommeil donc… hormis Petit Ours, qui résiste, bien entendu ! Jusqu’à ce qu’il sente, peu à peu, la fatigue de ses camarades alentour l’envahir à son tour, accompagnée de l’explication tendre et posée de sa maman, avec qui il souhaite bonne nuit aux souris… lièvres…biches… et ours, le tout en contre-faisant, gaiement, leurs divers ronflements !

Enfin pour sa dédicace : « à ma sœur Jan, enseignante Montessori, qui m’a inspiré l’idée de ce livre ».

Or donc, une lecture géniale pour endormir les plus petits… et les plus grands.

 

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Léon… l’étron

Un tout cartonné à l’humour mordant, 100% scato pour les petits marmots : Killoffer, illustrateur, scénariste et dessinateur de bandes dessinées fondateur de la maison d’édition indépendante L’Association, signe, chez Thierry Magnier, un livre « très marron en cacamaïeu » à destination des tout-petits en plein apprentissage du pipi-caca, et de leurs parents qui ont encore, bien souvent tant qu’ils n’ont pas trois ans ces petits anges, le nez dans leur caca.

Le titre et le héros de l’album ? Léon, étron de son état ! Oui, c’est le caca en personne qui vous parle, et en rimes, messieurs dames ! Mais je vois que vous ne me croyez pas… Pourtant, le voici le voilà, ce malheureux caca :

leon-l-etron-killoffer

Oui, Léon est un étron, mais non un joyeux luron : car de fait… le caca, c’est plutôt dégoûtant. Léon a en effet la larme à l’œil : c’est qu’en raison de sa pestilentielle odeur, il attire uniquement les mouches… tous les autres le fuient comme la peste, pas touche ! Le parcours de Léon est semé d’embûches : fuir les rouleaux de papier-toilette, affronter les multiples rejets dont il fait l’objet… jusqu’à, en proie à ses pires tourments, se lover enfin dans sa couche (eh oui bien sûr, Killofer présente son héros caca en train de piquer un somme dans la couche d’un bébé… sans le bébé ! de l’art de redéfinir le mot « couche » !)… Pourtant, Léon prend de bonnes résolutions : se muscler pour sculpter son corps en mode tablette de chocolat, se garnir de noisettes, de cacahuètes, se recouvrir même d’alu pour emballer peser le tout, mais… rien n’à faire, l’odeur le trahit ! Un caca, ce n’est pas du tout du tout du chocolat. Une seule solution alors pour Léon l’étron : admettre sa terrible condition d’étron, et finir… dans la lunette des toilettes !!

Un pari audacieux et astucieux : crotte alors, enfin un album original sur l’apprentissage de la continence, et avec quelle impertinence ! Qu’on se le dise, Léon pourra « trôner » en bonne place dans votre cabinet de lecture…