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Dis oiseau, tu chantes comment ?

La BBthèque vous convie à un concert aujourd’hui : muni du précieux et joyeux tout cartonné Mini encyclopédie des cris des oiseaux, lever la tête, ouvrir grand ses yeux et ses oreilles et s’éveiller à la grande diversité de ces chants décrits et illustrés par Adrienne Barman aux éditions La Joie de Lire :

Chaque page de ce premier documentaire consacre un oiseau différent, associé à son chant, son cri, mais aussi à son environnement. Dans les dessins, les animaux sont souvent représentés en plein mouvement, comme saisis au vol ; dans la narration / description, ils sont le sujet de leur mode d’expression : la cigogne craquette, la grue claquette, le cygne drense, le paon braille, la faucon huit, le merle jase…

Dans cette approche encyclopédique, le bébé lecteur découvre ainsi non seulement des oiseaux connus et moins connus, mais aussi le nom de leurs cris, certains de ces termes suscitant l’étonnement et l’amusement des tout-petits (la buse miaule ? le colibri zinzibule !). Ces mots rares et précis disent la singularité de chaque espèce.

Un très chouette livre pour l’éveil aux sens et à la nature des tout-petits, servi par des illustrations réalistes, expressives, colorées et facétieuses.

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Découvrir la vie… d’après nature

A quelques jours des fêtes de fin d’année, la BBthèque a le plaisir de vous présenter deux très beaux livres à parcourir dès le plus jeune âge… et bien au-delà :

D’après nature

d’Isabelle Simler

Ce premier documentaire, adoptant le genre de l’abécédaire, se donne à lire en format paysage, comme autant de scènes, portraits d’êtres vivants dans leurs environnements, saisis sur le vifs par une dessinatrice de grand talent : Isabelle Simler, dont le magnifique Doux rêveurs a déjà été chroniqué ici dans la BBthèque.

Chaque lettre de l’alphabet est illustrée par a minima un animal ou un végétal. L’illustration, au crayon, semble issue d’un carnet de croquis de haute voltige, où l’illustratrice dessinerait, comme l’indique d’ailleurs le titre du livre, la faune et la flore d’après nature. Et ce avec un sens aigu du détail, une capacité formidable à représenter le mouvement et le temps, un art de la composition et une palette de couleurs extraordinaire.

Un trésor de livre, qui contribue grandement à l’éveil à la nature des petits et des grands. Quelques extraits de croquis d’Isabelle Simler à découvrir ici.

Les choses qui s’en vont

de Beatrice Alemagna

Si D’après nature met en scène le vivant dans l’espace, Les choses qui s’en vont parlent du temps et de son emprise sur le vivant.

Dans la vie, beaucoup de choses s’en vont.
Elles se transforment, elles passent.

Ce livre d’artiste, signé Beatrice Alemagna, dit, avec des mots, des illustrations, et des feuilles de papier calque dessinées incarnant quand on les tourne le cours de la vie, l’ensemble des métamorphoses qui constituent notre quotidien : l’envol d’un oiseau au loin l’instant après qu’il se soit posé sur sa main, le sommeil qui s’en va et s’en vient, les blessures qui font mal sur le moment puis qui passent parfois en laissant une légère trace, etc.

Tout, finalement, passe, s’éloigne ou change.
Mais une seule chose ne s’en va pas.
Et ne s’en ira jamais.

Dans un monde de changements, dans l’espace, dans le temps, il est des enfants, qui vont grandir, et il est des repères fondamentaux, permanents. Avez-vous deviné de quoi il s’agit ? L’amour, celui d’une maman pour son enfant, pardi !

Un beau livre d’artiste, empli de poésie, qui transmet aux tout-petits un message vrai et serein sur la vie.

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Joyeuses fêtes livresques aux tout-petits et aux plus grands !

Galerie
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Tous les enfants ont droit à…

Le saviez-vous ? La convention internationale des droits de l’enfant, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1989, fête cette année 2019 son trentième anniversaire. Les éditions Rue du Monde, qui portent toujours bien leur nom, s’associent à cet anniversaire par la publication de ces deux ouvrages indispensables, cosignés Alain Serres (textes) et Aurélia Fronty (illustrations) :

Tous les enfants ont droit à la culture

J’ai le droit de sauver ma planète

 

Ces livres de belle taille — format carré, tout papier de qualité (43 pages, 27 x 27 cm) — disent et illustrent les droits des enfants à travers de belles images traduisant la réalité dans toute sa beauté mais pointant aussi les lacunes sur lesquelles continuer de travailler ; ils invitent tout un chacun à connaître et garantir les droits des petits à la culture et à la nature.

Les deux ouvrages partent du point de vue de l’enfant en employant la première personne du singulier pour rendre le jeune lecteur à la fois conscient et agissant à l’intérieur de tous ses droits ainsi rappelés, parmi lesquels :

Un jour, je nais, un jour de soleil ou de pluie. Dans ce pays ou dans un autre. Et aussitôt, je vois des yeux, des bouches et des sourires. J’entends des mots tendres dans la langue que parle ma famille. […] Mais je suis vite curieux des enfants d’ailleurs, des mots étranges qu’ils prononcent. […] Le monde est immense et j’ai le droit de savoir que la Terre, cette énorme boule de roches et d’eau, c’est la maison de tous les humains.

Ici, tout est gratuit ! Gratuits, le Soleil et sa pluie de lumière. Gratuits, les cuicuis, l’ombre des arbres et l’or des pissenlits… Ce n’est pas comme dans ces magasins où il faut tellement de sous ! Dans la nature, j’ai droit à tout [… Et parallèlement… :] Le voilà, le plus beau cadeau à faire à chaque petit Terrien : que les humains prennent soin de notre planète comme de leur enfant.

De beaux livres à lire et relire aux enfants dès l’âge de 2-3 ans, et qui donneront sans nul doute lieu à de féconds développements : l’affirmation de soi, alliée à la conscience des autres et de notre environnement à tous. Où il est fondamentalement question d’une valeur centrale à (re) transmettre à tous : le respect.

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Eau, ciel & terre

Hommage aux éléments avec cette chronique, ancrée dans la nature ce jour, dans la BBthèque, sur quatre nouveaux livres tip top :

  • Hé, l’eau ! d’Antoinette Portis aux éditions Le Genevrier
  • Quelque chose de merveilleux, de Shin Sun-Jae et Emilie Vast aux éditions MeMo
  • Une pierre dans l’univers, de Brendan Wenzel aux éditions Kaléïdoscope
  • Pop corn, de Sarah Cheveau aux éditions Les Grandes Personnes

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Mon premier est un documentaire sur l’eau, dont le cycle est raconté du point de vue d’une petite fille de 3 ans, Zoé : « Hé, l’eau ! On se connaît ! Tu es partout. » Zoé, et le bébé lecteur avec elle, fait le tour des multiples occurrences de l’eau, le livre devient ici imagier : robinet, arroseur, douche, tuyau, ruisseau, bassin, flaque, goutte de rosée, larme, verre, etc. Et une fois que Zoé a terminé ce tour d’horizon, elle clame « Hé, l’eau, merci ! ». L’imagier est alors complété de 3 pages documentaires, pour présenter auprès des plus jeunes : les différents états de l’eau, le cycle de l’eau, et les enjeux de préservation. Un livre responsable et instructif.

Mon deuxième est le récit d’un arbre, raconté par l’un de ses habitants : le chêne, cette merveille aux yeux des écureuils. Au début de l’histoire, l’écureuil trouve un tout petit chêne de Mongolie, un bébé chêne, au pied de sa très grande maman chêne, sur les branches de laquelle l’écureuil peut grimper et atteindre des sommets. L’écureuil aime tout de cet arbre qu’il habite et qui l’habite en retour : les racines inscrites dans la terre, les fleurs comme le pollen du printemps, puis les glands qui feront naître de nouveaux chênes, le vent, le jaunissement des feuilles à l’automne, le refuge à l’intérieur du tronc pour passer l’hiver bien au chaud… Ce récit tout en poésie, attentif à la magnificence de l’arbre comme à ses moindres détails, dit aux tout-petits le prodige naturel d’un écosystème se répétant chaque année, quand revient le printemps. Un livre merveilleux.

Mon troisième est le poème d’une pierre… dans l’univers. « A sa place, éternelle, au cœur de l’univers, dans l’eau, l’herbe et la terre, reposait une pierre. Et la pierre est… » Cet album en format paysage, minéral s’il en est, raconte cette pierre, et, au-delà, l’univers à partir de cette pierre : le soleil quand elle fait de l’ombre mais aussi la lumière lunaire qu’elle réverbère, son silence mais aussi son bruit quand quelque chose vient la heurter et se casser contre elle ; sa matière et sa taille différemment perçues selon qui la fréquente, ses couleurs changeant au rythme des saisons et des heures ; etc. « Et la pierre est repère, carte, itinéraire […] La pierre est éphémère et la pierre est millénaire. » A la dernière page, l’auteur-illustrateur interroge le bébé lecteur : et toi, connais-tu une telle pierre ? Un livre repère.

Mon quatrième s’intéresse au ciel…, au cinéma et au pop-corn maison ! Sarah Chevreau, dans ce petit livre animé, format paysage, convie le bébé lecteur à un spectacle, et qui dit pestacle dit pop-corn… Sarah Chevreau commence par expliquer en préambule comment on fabrique le pop-corn : « Faire du pop-corn, c’est facile. Il suffit de mettre un grain de maïs dans une casserole et quand on entend…  Pop ! … c’est prêt ! » et le bébé lecteur de pouvoir toucher du doigts le pop-corn en volume. Ce préambule fait, Sarah Chevreau nous plonge dans la nuit et nous invite à nous installer confortablement et à lever les yeux au ciel : c’est l’étoile du berger qui apparaît en premier, puis petit à petit le ciel se peuple de mille et unes étoiles, que l’homme de tout temps se plaît à relier entre elles pour « dessiner des histoires ». Et, là, magie, le ciel se donne, non pas à déguster comme un pop-corn, mais à lire comme un pop-up : les feuilles se déplient pour donner à voir le ciel et les formes imaginées par l’homme, parmi lesquelles… la casserole. Qui nous ramène au pop-corn. Et si on s’amusait à appliquer aux étoiles la même recette que le maïs ? Voici qui fait pop, et encore pop, pop pop pop pop… dans le ciel ! Rires garantis, et le ciel se trouve enrichi de volumes évoquant, Sarah Chevreau n’a pas peur de le dire, la Voie lactée, avant que juste avant l’aube les étoiles ne s’évanouissent et que seule subsiste… l’étoile du berger. Un album événement — à vivre comme une séance de cinéma.

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Récolte de pommes

Il était une fois une pomme, deux pommes, trois pommes, deux histoires pour ta pomme et pour moi : aujourd’hui la BBthèque vous présente trois albums qui font la part belle à ce fruit d’automne.

Quel est ce fruit ?

d’Anne Crausaz

En couverture de ce livre, dédié « aux desserts de ma mère », une belle pomme… habitée et traversée par de toutes petites bêtes : ces toutes petits bêtes, une grande, une petite, vont constituer, une fois n’est pas coutume, les alliés des tout-petits lecteurs en les guidant à travers les différents fruits qui poussent de-ci, de-là.

– Où vas-t-on, Madame Fourmi ?

-Tu verras, jeune fourmi ! Suis-moi, écoute les indice et devine ! […]

« Pas la peine de m’éplucher, ma peau est pleine de vitamines. Ma chair se croque pour n’en laisser que le trognon. Qui suis-je ? »

Dans ce jeu de devinettes servi par les très belles illustrations d’Anne Crausaz, la toute petite fourmi et le tout petit lecteur découvrent d’abord l’extérieur d’un fruit vu de très près, avant de rentrer (par de petits trous) à l’intérieur du fruit, représenté également en gros plan, puis d’en ressortir et de s’en éloigner pour l’apprécier avec la distance nécessaire pour bien l’identifier et/ou le reconnaître : c’est une pomme ! Sont aussi ainsi visités : le cerise, la fraise, le melon, l’abricot, la figue, la poire…. avant que n’arrive l’heure du goûter où nous est servie une salade de tous ces fruits ! Bon appétit les tout petits. Et si vous voulez lire en complément d’autres livres au top sur les fruits, rendez-vous ici.

Dans une toute petite pomme

de Corinne Dreyfuss

Le voyage à l’intérieur de la pomme se poursuit avec un autre animal non moins minuscule qui a élu domicile dans ce fruit. Voici Corinne Dreyfuss qui nous raconte une histoire, un conte :

Il était un tout petit ver qui vivait dans une toute petite pomme.

Il s’était creusé un nid doux entre deux tout petits pépins.

Il était au chaud et à l’abri, il grandissait doucement, dans la toute petite pomme.

Dans cet album et premier documentaire tout à la fois, format paysage, la pomme est représentée de l’intérieur et de l’extérieur, dans son environnement, en mouvement : chahutée par la brise, secouée en cas de choc, roulant au sol quand la branche lâche. Pour le petit habitant qui est devenu plus grand, il est temps de sortir de son cocon rond et vitaminé ; « c’était un long chemin à faire, cela dura un très long moment », puis il voit et vit le grand air, et se trouve projeté par le vent loin de sa toute petite pomme. Une larme coule mais il n’a d’autre choix que de poursuivre son chemin seul, et découvre ainsi ses propres attributs, des petites pattes, comme une chenille, un appétit nouveau, dévorer les feuilles devenues ainsi des feuilles pleines de trous. Le petit ver (qui est en fait une chenille) se tisse alors son propre cocon… et deviendra bientôt papillon. Une histoire douce qui évoque la gestation, la naissance et les premiers pas d’un petit être. Et qui n’est pas sans faire écho à la génialissime Chenille qui faisait des trous de monsieur Eric Carle…

Les trois pommes

de Maria Keil

Cet album format portrait se distingue par un choix graphique fort, signé d’une grande dame de l’illustration portugaise, Maria Keil : des personnages dessinés en noir et blanc et formés de pièces détachées assemblées et désassemblées à loisir comme des pantins, des photos de pommes détourées de taille démesurément grande par rapport à la taille des personnages, des phylactères pour représenter le texte sous forme de dialogues. Entre ces enfants et ces biens se tissent des potentialités variées…

Au départ, un garçon a trois pommes ; en les regardant il décide d’en garder une pour lui et de donner les autres à ces amis, dans la mesure où il aime bien avoir beaucoup d’amis. Ainsi, il salue une petite fille qui vient vers lui et lui donne une pomme, elle est ravie. Il fait de même avec une deuxième petite fille. Mais c’est un enfant qui ne sait pas encore vraiment compter et qui ne perçoit pas encore non plus toutes les conséquences de ses choix : aussi, quand vient un troisième enfant, il part pour lui donner une pomme, mais comme la sienne reste la sienne, il reprend une pomme à l’une des filles pour l’attribuer un nouveau venu, générant déception et contestation, et reproduit son erreur avec un quatrième enfant avant que n’arrive un cinquième marmot. La petite assemblée se dispute mais quelques acteurs commencent à reprendre le dessus pour trouver une solution, qui sera, bien entendu, de couper la poire la pomme en deux !

Super bonus : les jeunes lecteurs peuvent poursuivre l’histoire en photocopiant les pages de garde du livre, puis en découpant les pièces détachées (visages, bras, vêtements, jambes, etc.) et constituer leur propre histoire…

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Le chemin de la vie

La BBthèque aujourd’hui vous présente trois nouveaux et superbes livres qui racontent le chemin de la vie aux tout-petits, de la conception à la fin de vie, en passant par toutes les péripéties qu’entre-temps l’on vit :

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Hariki

de Lucie Félix

Réjouissons-nous : Lucie Félix, l’auteur-illustratrice de Prendre & donner, La promenade de Petit Bonhomme, Coucou !… est de retour, avec un livre-objet de toute beauté, qui dit, en couleurs et en mouvements, l’origine de la vie sur Terre à ceux qui viennent précisément tout juste de la découvrir.

En effet, les protagonistes de ce livre animé sont des cellules… aux noms ludiques (Harikos, Harikis !, qui plairont beaucoup aux tout-petits) et aux comportements fondamentalement exploratoires : et si j’allais ici, et si j’allais par là, tout seul ou en bonne compagnie ? Des personnages hauts en couleurs curieux de parcourir le monde à plusieurs et de se mélanger les uns les autres pour grandir et changer.

L’acteur de ces rencontres, de ces actions, dans ce livre, n’est autre que le bébé lecteur, qui fait glisser les micro-personnages d’un point A à un point B, écrivant sa propre histoire tout en reconstituant la grande Histoire.

Car ces cellules ne sont pas sans évoquer, aussi, les bébés eux-mêmes… D’ailleurs la narratrice conte l’Histoire comme si elle s’adressait à ses propres enfants à qui elle lirait une histoire du soir : « et maintenant, […] mes Harikos nouveaux, au dodo ! »

Un trésor de livre pour les tout-petits.

Une maman c’est comme une maison

d’Aurore Petit

Dès la page de couverture, des couleurs vives, une femme, un enfant, enlacés, l’un avec l’autre interagissant. C’est le portrait d’une maman, hommage à toutes les mères du monde. C’est l’histoire des origines de l’enfant, qu’il conservera avec lui quand il sera plus grand.

Dans cet album de 48 pages, chaque page écrit et illustre ce qu’est une maman, en utilisant le biais de l’anaphore imagée : « Une maman, c’est comme… ». Au fil des pages, le temps passe : au début, la maman est comme une maison abritant le tout-petit encore lové dans son ventre rond ; puis la maman est comme un véhicule marchant d’un bon pas, vers la maternité peut-être ; puis la maman est comme un nid quand elle tient entre ses bras un nouveau-né… Le papa aussi est présent dans les images, parfois. La relation au fil des pages entre la femme et l’enfant continue de se construire, une mère et son petit, fille ou garçon : « une maman, c’est doux », « une maman, c’est comme un refuge », « une maman, c’est comme un miroir », une maman, c’est comme une île »… et d’évoluer tout en conservant sa qualité.

Et voici qu’un jour l’enfant se met debout. « Une maman, c’est comme une cascade » quand elle est émue.

Il fait ses tout premiers pas, en partant des bras de son papa… pour rejoindre tout seul sa maman qui lui tend les bras un mètre plus loin. « Une maman, c’est comme une récompense ».

Et puis le voici autonome, heureux de marcher seul, confiant, sous le regard bienveillant de ses parents. « Une maman, c’est comme une maison… »

Immense coup de cœur pour ce livre-somme sur la maternité vue comme un foyer, et tellement plus encore : un album-poème aux illustrations modernes, qui transforme des scènes de vie quotidiennes en un tableau universel de l’origine de la vie.

Les rides

par JR

Et voici pour finir un très beau livre de photographies, à découvrir dès le plus jeune âge, fruit du travail de l’artiste et photographe JR dont c’est le premier livre pour la jeunesse. Ce premier livre d’art, que l’auteur dédie à « nos grand-parents », fait le choix de mettre à l’honneur un sujet original et difficile parfois : les rides… montrées sous l’angle des histoires qu’elles racontent.

Les rides racontent les histoires de toute une vie.

La page de couverture, sur fond très coloré, montre une personne très ridée, que le bébé lecteur peut effleurer de ses doigts. Puis le texte vient expliquer, accompagné de portraits : « nous avons tous deux yeux, un nez, une bouche… » « … et certains d’entre nous ont des rides ». Pourquoi des rides ? Parce qu’elles apparaissent avec l’âge. Quelles sont leurs caractéristiques physiques ? Elles semblent se graver doucement et progressivement comme des rayures sur la peau. Comment ? Quand on rit, quand on aime, quand on s’amuse, quand on se repose, quand on réfléchit… Quand on vit.

Chaque ride raconte une histoire ; chaque personne âgée et ridée a vécu mille et une histoires… à te raconter. Magnifique ouverture au dialogue intergénérationnel : le propos est sublime, et les photographies, noir et blanc, aussi, mettant en scène des modèles ayant tous le point commun d’avoir un certain âge et d’exposer les effets de l’âge avec naturel et beauté. A la fin du livre d’ailleurs, JR présente « les histoires qui se cachent derrière les rides de ce livre », en rédigeant de courtes bibliographies des modèles.

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Dormir… c’est tout un art

Vous souvenez vous de Mon premier livre d’art : l’amour, chroniqué en avril dernier dans la BBthèque ? La collection d’éveil artistique éditée par Phaidon s’étoffe d’un nouveau titre dédié à un sujet non moins essentiel : le sommeil, illustré à travers une belle sélection d’œuvres d’art réalisée par Shana Gozansky. Dormir en effet, c’est tout un art ! Démonstration avec :

Mon premier livre d’art 

LE SOMMEIL

Au menu de cette lecture du soir idéale, une définition du sommeil éclairée par des reproductions de tableaux d’artistes peintres et sculpteurs, d’ici et d’ailleurs, du XIXe au XXIe siècle : ce sont ainsi Yoshitomo Nara, Lucian Freud, Mary Cassat, Utagawa Hiroshige, Jean Cocteau, Winslow Homer, Constantin Brancusi, John Currin, Keith Haring, Rob Pruitt, Antony Gormley, Edvard Munch, Pablo Picasso, Jordan Casteel, Henri Matisse, William Turner, Paul Klee, Vincent Van Gogh, Robert Brackman, Marc Chagall, Edgar Degas, Diego Rivera, Horace Pippin, Henri Rousseau, Yayoi Kusama, Wassily Kandinsky, Kobayashi Kiyoshika, René Magritte, Peter Doig, Georgia O’Keefe, Roy Lichtenstein, Paola Pivi, Takashi Murakami et David Hockney qui nous montrent comment ils voient la nuit et le repos.

Cette définition artistique se décline en plusieurs temps et thèmes, amenant pas à pas le bébé lecteur vers l’art de dormir, qui a un commencement et une fin, avant que le cycle ne se répète et ne s’enrichisse du vécu du jour précédent :

  • typologie des dormeurs : tout le monde dort, mais encore ? Les enfants, les adultes, et les bébés aussi !
  • le besoin de sommeil : à quoi ça sert de dormir ? A grandir, à se reposer, se rétablir et recouvrer une pleine forme au réveil ;
  • les risques du manque de sommeil : si tu ne dors pas assez, tu risques d’être fatigué et sujet à des émotions variées et décuplées… bref
  • il est temps de s’endormir : comment identifier l’arrivée de la nuit (au revoir le soleil, bonjour la lune et les étoiles) donnant le signant des rituels du coucher pour les jeunes enfants
  • place alors aux rêves de toutes sortes
  • avant que la nuit ne s’achève et que vienne le réveil

Un livre d’éveil artistique au top, ou comment bercer les bébés comme dans un musée !