0

3 gibbons, 1 colibri & 1 chanson

Connaissez-vous les Trois Gibbons de Kenji Abe ? Ces trois personnages, déjà présentés ici dans la BBthèque, invitent les jeunes lecteurs, dans une série de beaux albums publiés par les éditions MeMo, à partager avec eux leur riche quotidien, qui marie routine et événements surprenants, à l’image de l’opération de sauvetage d’un bébé crocodile. D’aventure en aventure, ces êtres responsables et volontaires font l’expérience de la relation à l’autre et développent un état d’esprit ouvert et solidaire, comme à l’occasion de cette rencontre avec une nouvelle amie, à plumes cette fois-ci :

Les Trois Gibbons

et la chanson du colibri

de Kenji Abe

trois gibbons chanson colibri kenji abe

Dans ce nouvel épisode, Ibbon, Nibbon et Sabbon croisent le chemin d’une petite femelle colibri (toute jaune), emportée par une tornade et désormais loin des siens, rompue de fatigue et littéralement perdue. « Comment faire » ? se demandent les trois comparses, question qu’ils s’étaient posée de la même façon pour sauver un petit mâle crocodile (tout vert) dans un épisode précédent. Même objectif : ils veulent aider cet être en détresse, et s’en donnent les moyens.

Les voici sillonnant l’océan, avec la demoiselle colibri, sur un bateau à voile (coque jaune, voile blanche), s’enquérant sur chaque île qui abrite des colibris : est-ce l’île de notre colibri ? … Jusqu’à eux-mêmes se retrouver dans la situation de leur amie : fatigués et perdus. Impasse ?

Rebondissement ! Une deuxième voie est possible, ouverte cette fois-ci par la colibri, qui ne se doute pas que son action va se muer en solution ! En effet, observant le sommeil gagner ses protecteurs gibbons, la petite colibri se met à chantonner, pour les bercer, un air de sa composition. L’air est entendu par l’un(e) de ses pairs qui, au vol, l’apprend instantanément et reproduit le chant. Une chaîne musicale se constitue dans le ciel, jusqu’à venir aux oreilles des parents de l’oiselle égarée ; ils parviennent à reconstituer la chaîne et retrouver leur enfant. Comme un geste de réciprocité et de remerciement, le chœur des colibris guident ensuite les trois gibbons pour leur permettre de rentrer eux aussi dans leur maison.

Mettant en scène les aspects positifs de la propagation d’une information, cet album se distingue par son propos, généreux et confiant dans la construction de liens sociaux, et son graphisme expressif et épuré. Il se rapproche d’un conte initiatique, dont la lecture fait grandir les enfants. Quelques extraits à découvrir par ici sur le site de l’éditeur !

Publicités
0

Flic flac vs Plic ploc !

L’eau dans toutes ses formes aujourd’hui dans la BBthèque, avec deux albums dont les titres, sonores, disent d’emblée leur approche sensorielle de cet élément fondamental, qui peut prendre une forme liquide quand il s’agit de pluie (flic, flac !) mais aussi quand la banquise fond (plic, ploc…) et que ça pose bien question. Voici donc : Flic flac, de Fred Eclair et Julie Brouant aux éditions Benjamins Media (collection Taille S) et Plic ploc banquise, de Claire Garralon aux éditions MeMo (collection Tout-petits memômes) :

Flic flac

de Fred Eclair et Julie Brouant

Un ciré et des bottes… jaunes + des escargots + le bruit de l’eau : ou comment mettre en scène dès la page de couverture la folle aventure que représente pour les petits une promenade juste après la pluie ! Cet album, format carré, raconte comment un jeune garçon, au sortir de la sieste, s’apprête à prendre l’air… et pour ce faire, colle son nez à la fenêtre afin d’analyser le temps qu’il fait : le ciel est gris, il a visiblement beaucoup plu, mais les nuages commencent à faire place à des éclaircies. Un goûter et hop, une sortie, bien habillé, avec papa ! Tout est sensation, tout est jeu pour le jeune narrateur : écouter le bruit de l’eau, jouer avec son reflet dans les flaques, sauter entre les flaques voire à deux pieds joints DANS une flaque (splash !), observer et toucher la foule d’escargots, en sauver quelques uns, en adopter même un, ramener des cailloux lavés de peu à la maison ! Cet album doux et joyeux, hymne aux trottoirs mouillés et aux bébés réchauffés par tant de jeux, est accompagné d’un CD où l’histoire est lue par un jeune lecteur de 10 ans, Bérenger Martel, ponctuée de moments musicaux. A lire en complément du poétique et sonore Ainsi fait la pluie, de Heyna Bé et Baptistine Mésange, aux éditions Dyozol.

Plic ploc banquise

de Claire Garralon

Cet album, carré également, mais plus grand, s’ouvre sur un autre bruit, qui, quant à lui, fait souci :

Ploc.

Plic ploc.

Y a la banquise qui fond !

Catastrophe ! Y a la banquise qui fond !

Aux premières loges de cet événement, un petit manchot et un ourson polaire, qui, constatant ce phénomène inquiétant, vont jouer le rôle de lanceurs d’alerte auprès des « autres » : « il faut prévenir les autres », s’exclament-ils, et ces deux enfants mettent immédiatement à exécution cette intention. Les voici informant du danger les lièvres, les otaries, les morses, le béluga, la baleine et leurs papas… La plupart d’entre eux ont conscience du problème, mais se sentent impuissants : nous croisons les pattes pour que ça s’arrête, disent les uns, nous n’avons pas la solution, complètent les autres. Alors comment agir ? Claire Garralon présente deux points de vus différents à travers les réponses paternelles : un manchot illustrant la méconnaissance ou le déni (mais n’importe quoi, la banquise ne fond pas) ; un ours exprimant une attente et un espoir, dirigé vers les hommes :

Ne vous inquiétez pas les petits,

l’Homme le sait et,

c’est sûr, il va s’en occuper.

A nous de jouer ! conclut ainsi Claire Garralon, dans cet album qui, avec un graphisme épuré, aux couleurs blanches et bleues de la glace et l’eau, grises et beiges de la faune polaire, sensibilise les tout-petits et les plus grands au problème du réchauffement climatique. La conclusion du livre est aussi une introduction, invitation à l’action : c’est à nous tous, aujourd’hui et demain, qu’il appartient de comprendre comment l’écosystème fonctionne et le préserver. Après avoir mis à la portée des tout-petits des notions de philosophie et d’éducation civique dans C’est ma mare et Chat noir chat blancClaire Garralon poursuit ainsi dans Plic ploc banquise, dont vous trouverez des extraits ici, sa formidable entreprise qui consiste à construire un BA-ba du vivre-ensemble, et ce dès le plus jeune âge.

0

Petit homme, petit lapin

Les éditions MeMo publient deux beaux livres de Malika Doray (c’est un peu tautologique), Le petit homme et la mer et Lapin mon lapin :

Le petit homme et la mer

Mon premier est un conte initiatique, empli de poésie, qui met en scène un petit homme (jeune ou vieux, M. Hemingway le titre du livre de Malika Doray ne le précise pas).

C’est l’histoire, donc, d’un petit homme, aux allures de lutin ; un petit homme doté d’une grande ambition, qui se lance dans une aventure à la mesure de son projet : il part sur la grande mer du Nord pour pêcher le plus gros poisson du monde.

Quand je l’aurai attrapé, dit le petit homme, je rentrerai et tout le monde m’admirera. Et à tous ceux qui ne m’admireront pas, j’offrirai une des écailles du plus gros poisson du monde. Comme ça ils m’aimeront.

C’est un petit homme qui se lance un défi pour obtenir une récompense, c’est un petit homme qui se cherche, et que va-t-il trouver pendant son expédition ? Une libellule… pour appâter le poisson… puis LE poisson, car voici que le plus gros poisson du monde mord à l’hameçon.

– Ouiiiii, jubile le petit homme, j’ai attrapé le plus gros poisson du monde !

– Oh, oh, se dit le gros poisson, on dirait que j’ai pris un tout petit homme.

Ah… en fait, ce n’est pas que l’histoire d’un petit homme. C’est aussi l’histoire d’un gros poisson, qui cultive son propre projet à l’égard de ce petit homme là… : « le mettre sous une cloche en verre avec un paille pour qu’il respire et on le regarder gigoter » aie aie aie ! Il soumet son idée à ses parents (plus petits que lui, hihi), qui heureusement, lui remettent les points sur les i :

Grand Dieu ! A ton âge ! Tu n’as pas honte d’embêter plus petit que toi ? Allez, ramène le vite chez lui.

Le trajet retour des deux compagnons est le moment de la résolution du conflit, où le petit homme console le gros poisson, et réciproquement, où le dialogue émerge et s’instaure, et où les deux êtres rient et deviennent amis, jusqu’à savoir comment faire don d’un peu de soi à l’autre, qu’on a croisé sur son chemin et appris à connaître. Les deux protagonistes sortent grandis et changés de cette épopée ; ils y ont trouvé l’amitié. Les illustrations, sobres en couleurs, s’amusent à jouer de ce qui se passe à la surface de l’eau et sous l’eau, par un jeu de bordures en formes de vagues, faisant se rencontrer ces deux mondes, l’espace d’un instant… magique… inscrit dans le temps.

Lapin mon lapin

Mon second est un discours fait livre : c’est une maman lapin qui parle à son bébé lapin tout en le berçant (le bébé lapin est lui-même petit, comme le petit homme, et il sortira grandi, comme le petit homme, de cette conversation avec sa maman)… « lapin mon lapin », lui dit-elle…

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand le soleil se couche, pour toi il est l’heure de dormir, même si d’autres animaux vivent la nuit ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle à l’occasion de déjeuner, « tu as deux mains et une cuillère », quand d’autres ont un bec ou une trompe… tu n’as donc aucune raison de mettre tout par terre ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire tout court, les poulpes ont huit bras, les mille pattes ont mille mains, mais maman lapin n’en a que deux et ne peut pas tout faire à la fois ; petit lapin a deux mains aussi et « il faut tout faire un par un : jouer, se promener… ».

Un joli album qui dit aux tout-petits les joies de l’autonomie… et le regard bienveillant du parent.

**

Pssst : pour découvrir d’autres livres de Malika Doray dans la BBthèque, c’est par ici !

0

Moi, j’ai peur du loup (ou pas)

Extra, Emilie Vast & les éditions MeMo sont de retour dans la BBthèque, avec un nouvel album qui s’attelle à un sujet universel : la peur (en l’occurrence, celle du loup) ; une émotion à apprendre à connaître pour mieux en tempérer les effets, et pour se faire, quoi de mieux que la dialectique pour le très jeune public ? C’est l’histoire donc, non pas d’un loup, mais de deux lapins, un brun, un beige, qui discutent de la peur qu’éprouve l’un, le brun, vis-à-vis du loup. Le titre de ce récit constitue le point de départ de cette confession :

Lapin brun : « Je peux te confier un secret ? »

Lapin beige : « Oui, bien sûr ! »

Lapin brun : « Moi, j’ai peur du loup. »

Lapin beige : « Ah oui ? Pourquoi ? »

Le lapin brun met des mots sur sa peur en l’expliquant : j’ai peur du loup, parce que… 1, il a de grandes dents, 2, il a de grands yeux, 3, il a une grande queue, etc. Le lapin beige, lui, qui n’éprouve pas ou plus cette peur, et porte donc un regard (plus) neutre et/ou apaisé sur l’animal redouté par son camarade, associe systématiquement les descriptions successives faites par le lapin brun à de tout autres bêtes, dont les lapins n’ont strictement rien à craindre : 1, celui qui a de grandes dents, c’est le morse, et le morse, il vit dans des pays froids où nous n’allons pas ; celui qui a de grands yeux, c’est le hibou, qui vit de nuit quand nous sommes à l’abri ; 3, celui qui a une grande queue, c’est l’écureuil et nous sommes amis avec lui, etc.

Tout du long de la discussion entre les deux amis, véritable raisonnement s’appuyant sur force représentations, deux points de vue se confrontent (thèse/antithèse, argument/contre-argument) pour arriver à un constat commun : mais en fait, l’image que le premier se fait du loup n’a rien à voir avec le loup tel qu’il est ! C’est sa peur qui rend cette bête si effrayante ; si on prend le temps de l’analyse, de l’observation, de la réflexion et de la discussion, le loup reste, peut-être, mais la peur, quant à elle, s’envole, et c’est un véritable soulagement.

Le propos, brillant, est servi par un graphisme sobre et précis, avec des personnages expressifs et attachants ; l’histoire se lit… en riant, grâce à la complicité des narrateurs à l’image des lecteurs, mais aussi grâce à tous les jeux de représentation, qui constituent autant de surprises pour le jeune enfant : quand lapin brun évoque de grandes dents, il pense au loup, quand lapin beige entend grandes dents, il pense au morse, et Emilie Vast de dessiner d’abord des grandes dents (sans tête ni corps associé), puis la page suivante l’image qu’en a le deuxième lapin… les mêmes dents replacées dans un autre contexte, sur un autre corps, une autre tête, celle de monsieur morse… et ainsi de suite pour les autres parties du corps de ce loup monté et démonté de toutes pièces.

Quelques extraits ici !

0

L’imagier de l’été

Un imagier de l’été, signé Anne Bertier. Ou plutôt : Anne Bertier livre aux éditions MeMo son imagier de l’été, à savoir tout ce que l’été lui évoque, comme une série d’images, un film qu’elle se repasse quand elle songe à cette saison qui revient chaque année, que dis-je, quand elle en rêve, tant elle l’aime, dit-elle, infiniment. Son imagier de l’été, mais aussi, par ricochet, l’imagier estival des jeunes lecteurs qui, le temps de cette lecture, entrent de plein pied dans cette aventure, épousant le point de vue aimants de cette auteur-illustratrice un brin poète et regorgeant de talent. C’est ainsi qu’un imagier de l’été, le sien, le notre, devient :

L’imagier de l’été

par Anne Bertier

aux éditions MeMo

Un imagier qui ne se contente nullement de lier une image à un mot, mais qui raconte une histoire, l’histoire d’une saison, en images, avec de belles couleurs et des papiers découpés, et en phrases mises en scène comme des poèmes.

L’histoire d’une saison où le soleil est roi, et où bon nombre de gens vont se rafraîchir en bord de mer, maman, notamment. Avec sandales, chapeau et maillot, bien évidemment. Et moi (qui suis donc un enfant), qui prend en plus une bouée (je ne sais pas nager) et des palmes, pour barboter. A la plage, on peut observer les cerfs-volants dans le ciel bleu, les poissons et les algues dans la mer bleue, manger des glaces (au citron !), construire des châteaux de sable & d’eau, lézarder à l’ombre du parasol, puis vider les lieux pour laisser place à la balade des mouettes.

Le mot de la fin pour s’imprégner de tous ces mots et images qui constituent l’été ?

Le soleil,

la mer,

les algues,

les petits poissons,

les bateaux,

la glace,

le goûter,

le sable…

J’aime infiniment l’été !

Définitivement, un imagier de l’été… qui dit savoureusement bien l’été.

0

Poule bleue

Claire Garralon et les éditions MeMo sont de retour dans la BBthèque, avec un album qui parlera autant aux enfants qu’aux parents… et aux mamans tout particulièrement ! C’est l’histoire d’une poule… d’une

Poule bleue

poule bleue claire garralon.jpg

Hier, 

Poule bleue a pondu trois œufs.

Très fière,

elle les a couvés, couvés, couvés.

Tout est dit ou presque dans les deux premières double pages : l’histoire se projette vers l’avenir, la ponte et la couvade (répétée), c’est du passé…. à moins que… non !? et si c’était aussi un présent dont une jeune mère (poule) peine à se départir ?

De cette couvée,

trois poussins sont nés :

un violet, un rouge, un bleu.

Très fière, 

Poule bleue les a montrés, montrés, montrés.

Mais elle a surtout continuer à les couver, couver, couver.

Les poussins pourtant sont non seulement sortis de l’œuf, mais ont grandi et gagné en autonomie… Seulement Poule bleue ne se résout pas à les laisser… gambader dans le pré, en compagnie d’autrui (leurs camarades petits, et les parents les accompagnant). Elle tente puis renonce, jusqu’à que les poussins eux-même se mettent à la pousser et à exprimer à haute voix leur besoin, leur envie. Alors elle accepte, elle les suit, les accompagne et les regarde faire leurs premiers pas… Elle verse une larme, c’est difficile de ne plus les avoir complètement sous son aile. Elle comprend en même temps qu’une nouvelle page s’ouvre et s’écrit, et qu’elle peut continuer dans ce cadre inédit à dispenser et recevoir tout l’amour qu’ils se portent :

Aujourd’hui,

Poule bleue laisse ses petits gambader dans les prés. 

Très fière, elle sait que ses poussins iront loin, loin, loin.

Cet album beau et juste, servi par un graphisme ludique aux couleurs vives, parle et interroge la relation mère-enfant dans le temps, de la naissance à l’enfance puis… l’envol — enfin, dans le cas des poussins, c’est plus le fait de gambader en effet seul sur le pré ! Il met en scène ce moment précis de transition si intense et chargé en émotions, tant pour les (tout-) petits — oui, l’histoire peut se lire de leur point de vue… dans la mesure notamment où elle s’adresse aux bébés lecteurs — que pour les parents — papas coq et maman poules, à moins que ce ne soit l’inverse chez vous ?

0

Un coup de main

Elle a déjà été mise à l’honneur dans la BBthèque, la revoici sous les feux de l’actualité littéraire pour les tout-petits lecteurs, cette héroïne du quotidien et des livres pour bambins : LA MAIN ! C’est en effet, en fait, le personnage principal, le prétexte et l’objet, du très joli album Un coup de main, écrit et illustré par Cristina Sitja Rubio, publié aux éditions MeMo au mois de février dernier :

C’est l’histoire, crayonnée, de deux oiseaux, Manuel et Monelle, qui partagent le même toit et font tout ensemble, s’activant du matin au soir :

Comme vous le voyez, on fait des pieds et des mains toute la journée !

Le ton est donné : la suite de l’histoire, c’est la mise en scène, poétique, émouvante, drôle, d’expressions comportant le mot « main », le tout dans la perspective d’obtenir un coup de main.

Quand on croise nos amis, on n’a à peine le temps de leur serrer la main. « Appelle-moi demain ! » […]

Donc un jour, on a pris notre courage à deux mains, et on a décidé de passer la main.

Plusieurs mains se sont levées…

La quête du coup de main (quelques extraits ici) qui s’ensuit est proprement hilarante, en plus de constituer un reflet à la fois positif et réaliste des comportements individuels et des relations sociales qui accompagnent le bébé lecteur dans sa connaissance de lui-même et ses apprentissages de la vie en société. Avec, fondamentalement, cette notion centrale d’amitié : Manuel et Monelle, les inséparables volatiles, se font un nouvel ami, celui qui s’investit. Il s’agit de Firmin, qui leur donne « un fier coup de main » !

Un livre à rires, un livre à grandir, un livre à réfléchir… tant il apprend, mine de rien, et main dans la main, au bébé lecteur à se prendre en main : l’importance de faire des choses avec les dix doigts de ses mains, et si possible avec les copains, savoir qu’on peut demander de l’aide, comment, quand, saisir les fondements, l’essence, de l’entraide et de l’amitié. Un pur bonheur de lecture à partager avec les 0-3 ans… et les plus grands. Un coup de main, oui… un coup de cœur, aussi !