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Voilà l’été !

Oui oui oui ça y est l’été nouveau est arrivé ! Et dans la BBthèque on va fêter cet événement de calendrier avec un magnifique tout cartonné… intitulé Voilà l’été ! Il est signé Pauline Kalioujny au Seuil jeunesse, et c’est un livre qui s’adresse aux petits bébés… tant par les mots et images que par les volumes : ici, l’approche tactile est privilégiée.

voila l ete pauline kalioujny

Dans ce premier documentaire à la fois moderne et intemporel, une histoire : celle d’une petite fille qui vit pleinement le passage à la saison estivale, de même qu’un certains nombre d’animaux, échos des premières expériences de cette jeune vacancière : c’est le moment de… se protéger du soleil, se jeter à l’eau, faire la planche, etc.

A chaque double page, le bébé lecteur découvre les couleurs et sensations estivales avec ses yeux observateurs, ses oreilles (buvant les mots lus à haute voix par l’adulte lecteur) et ses petits doigts explorateurs : sur les deux premières pages, il est invité à toucher, comme le parent en train de l’ajuster, le chapeau, en relief, de l’enfant arborant déjà ses lunettes de soleil, de même que le crabe s’abrite derrière un rocher également à tâter ; pour jouer dans l’eau, l’enfant prend sa bouée (3D) tandis que les dauphins (3D) s’amusent tout autant sur la p(l)age d’à côté ; quand la fillette flotte, comme l’oiseau, le bébé lecteur peut sentir du bout des doigts toutes les parties de leurs corps qui restent à la surface de l’eau, c’est beau et rigolo ; inversement, quand elle plonge la tête sous l’eau pour observer la vie sous-marine (tant et tant de poissons), il y a tout à voir mais rien à toucher ! la chasse à l’ombre se poursuit ensuite, par un jeu de rabats : le lézard lézarde, l’enfant… aussi ; derniers jeux de plein air, puis quête, comme les petites bêtes butineuses, d’un goûter 100% nature, fruits et baies de saison, avant de s’endormir, au frais dans la maison, à l’instar du chat, dans des draps palpables tant ils semblent confortables, et rêver… rêver de devenir une sirène, peut-être, souriante et heureuse femme-poisson, qui nage nage nage comme les poissons qui prennent forme quand on pose le doigt sur leurs écailles.

Une belle journée du matin à la nuit tombée, dans la vague de l’été ! Demain… jeux de sable ?

Pssst et pour continuer dans les lectures bébé & été, suivez le tag BBthèque #été !

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J’ai perdu ma langue

Et si on prenait un peu le temps de rire avec les bébés ? J’ai le livre du moment qu’il vous faut : J’ai perdu ma langue, de Michaël Escoffier et Sébastien Mourrain aux éditions du Seuil jeunesse, qui se sont, je suis prête à le parier, bien amusés aussi à pondre ce drôle de livre-jeu tout cartonné !

Tout a commencé ainsi :

Hier, en mangeant une glace, j’ai perdu ma langue.

dit le texte sur la page de gauche, comme écrit à la main ; l’image, à droite, montre le narrateur la main devant sa bouche, comme si, surpris, il disait « oh ! » ou « oups » !  C’est embêtant, de perdre sa langue… heureusement les auteurs eux l’ont bien pendue, et ils entament toute une quête pour retrouver la langue… baladeuse.

Oui baladeuse car au gré de l’enquête (premier roman policier pour bébé ^^ ?), cherche et trouve Charlie ta langue, les auteurs jouent avec leur petit lecteur par l’image, page de droite, s’amusant à placer à chaque fois le même visuel de langue… employé pour tout autre chose : le képi rouge du policier, un gâteau aux fruits rouges, un parapluie au-dessus d’une brave dame, un bain, une fleur, un bec de canard, etc. Tant de personnages qui veulent aider le narrateur à remettre la main sur la langue, mais qui n’y parviennent pas, parlent de ce qu’ils ne connaissent pas, extrapolent parfois (aurait-elle été enlevée par des extraterrestres ?)… jusqu’à ce que la glace elle-même s’insurge :

« Vous racontez n’importe quoi ! » s’est écriée ma glace. « Les extraterrestres, ça n’existe pas. »

J’ai baissé les yeux : ma langue était là, depuis le début, juste sous mon nez !

Je l’ai remise à sa place vite fait, bien fait. Vous ne me croyez pas ?

Regardez [et le narrateur, espiègle comme un enfant, de tirer la langue, fin de l’histoire] !

Ou comment, par un jeu de rappels en cascades, entrer dans l’esprit rêveur d’un enfant lapant une glace par beau temps ; occupé à manger, il ne dit mot mais n’en pense pas moins… et s’imagine mille et une histoires, l’une en entraînant une autre, avant de revenir vers le point de départ. Un livre-jeu très graphique, très sympa, à lire et relire avec les tout-petits !

Hé, pssst ! Si tu cherches ta langue, je crois savoir où elle est…

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Tut-tut !

Tut-tut, c’est le retour de Yuchi Kasano dans la BBthèque, qui, après nous avoir emmenés dans l’eau avec bloub°bloub°bloub, nous entraîne sur la route avec un nouveau cartonné qui met en scène un trajet tout autant ponctué de toniques et joyeuses onomatopées : Tut-tut !

C’est l’histoire d’un bus (rouge). Non. C’est l’histoire de trois petits cochons (roses). Non. C’est l’histoire de la rencontre, qu’on imagine quotidienne, et du moment que partageraient donc, chaque jour, trois petits cochons (roses) et un bus (rouge), à bord duquel ils montent à un arrêt pour redescendre un peu plus loin. Les trois petits cochons, depuis le bus, observent et commentent les événements de la route : oh ! une moto, coucou la moto ! oh ! un taxi, coucou le taxi ! … et puis au terminus qui les attend ? Leur maman ! « Coucou, maman ! »

Un livre tout cartonné, format carré, qui dit, en toute simplicité et bonhomie, mélange de civilité et jovialité : les véhicules, les modes de transports, le déplacement d’un point A à un point B ; la séparation enfants-parents, l’autonomie des petits et la joie des retrouvailles avec les parents.

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Jeux d’équilibres

Après plusieurs chroniques consacrées à des premiers documentaires, la BBthèque vous propose aujourd’hui une réjouissante plongée dans une histoire, une vraie, qui commence par « il était une fois » : renouons avec les joies de la fiction, avec un album, Il était une fois… la traversée, co-signé Véronique Massenot et Clémence Pollet, aux éditions HongFei Cultures.

Un livre haut (en couleurs), qui s’amuse à parler de solidarité, mais aussi de relations humaines animales avec les rapports de force qui existent au départ… et ceux qui se révèlent à l’arrivée. Les illustrations, empruntant à la technique de la gravure, sont de toute beauté, et servent un verbe très entraînant, comme un conte pour les yeux et oreilles des bébés lecteurs. Quand l’équilibre tient littéralement à un fil…

L’histoire, donc :

Un jour, dans la jungle, un éléphant voulut traverser le fleuve. Mais deux tigres amoureux, bien rayés comme il faut, s’avancèrent derrière lui…
« Attends-nous, bel éléphant ! Nous voulons traverser sans mouiller nos fourrures. Peux-tu nous prendre sur ton dos ? »
L’éléphant hausse les épaules. « Bien sûr. Pour un animal aussi fort que moi, un tigre, deux tigres… ce n’est pas grand chose : montez ! ».

Si le livre est haut, c’est comme dans Bloub°bloub°bloub de Yuichi Kasano, parce qu’il va se former, au fur et à mesure des pages, une véritable pyramide humaine bestiale :

un perroquet
sur un cobra

sur quatre mangoustes

sur trois singes

sur deux tigres

sur un éléphant

Tout roule comme sur des roulettes tandis que la traversée progresse, quand survient l’élément minuscule qui va perturber le plus gros des animaux : « une petite (toute petite ») araignée » qui « se laisse doucement (très doucement) tomber d’un arbre sur la tête du perroquet ». Boum badaboum, patatras ! L’éléphant perd pied et entraîne tout son convoi dans sa chute : PLOUUUUUFF !

Principe de l’arroseur arrosé, c’est en définitive cette petite (toute petite) bête qui va sauver les autres bêtes et constituer une pyramide d’un genre inédit, donnant lieu à un nouveau jeu d’équilibre.

En bref : un album joyeux pour composer à plusieurs (un, deux, trois, quatre…), chercher et trouver mille et un équilibres, observer les détails (le petit (tout petit) fil de la petite (toute petite) araignée), apprendre à relativiser, tisser des liens et traverser les épreuves, avancer (comme cette petite fourmi noire qui mine de rien et sans faire parler d’elle, est passée, elle aussi, de l’autre côté).

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Le livre qui se penche sur ton berceau

Jamais deux sans trois : après Le visiteur d’Iching Hung et Tu vas voir de Frédérique Bertrand, voici tout comme d’Henri Meunier, un tout aussi chouette livre de naissance, paru au Rouergue, qui se distingue par sa gaie fantaisie :

Ici, ce sont toutes sortes de fées de France et de Navarre qui viennent se pencher sur le berceau du bébé pas-encore-né ou tout-juste-né et qui lui adressent une tendre prédiction se fondant toujours sur un effet miroir : tu seras tout comme moi, mon fils, ma fille, mon filleul, ma filleule, etc. !

Le ton, résolument ludique, des images comme des mots, plaira aux tout-petits comme aux plus grands, l’écart entre la fée et le bébé, traduit visuellement, étant proprement hilarant :

« Oouh oouh ! » dit le loup, tu auras de l’appétit et tu auras bon goût, comme moi

[à ma gauche, un loup avec fourchette et couteau ; à ma droite, un biberon]

« Grooar », dit le lion, tu auras des rêves majestueux et tu trôneras, comme moi

[à ma gauche, le roi lion sur son siège ; à ma droite, un pot et du papier toilette]

Cet album traduit avec beaucoup de bienveillance les tout premiers échanges qui ont presque toujours lieu à l’occasion d’une naissance, entre un nouveau-né et ses êtres les plus proches, ce qu’ils lui disent, la part d’eux-mêmes qu’ils ne manquent pas de projeter sur cette toute petite et toute nouvelle personne, tandis que celle-ci entend, perçoit et reçoit ces premiers gestes et mots destinés à elle seule.

Il dit l’amour, mais aussi, fondamentalement, l’humour, dès le premier souffle de vie. Car l’événement met en joie et après le premier cri viendront les sourires et les rires nourris de complicité : l’histoire, qui se dit comme une ritournelle, se donne aussi à voir comme un spectacle, un théâtre pour tout public friand de bons sentiments ET de second degré — quand la base est là, on peut passer ensemble au niveau suivant. Place à la comédie, parodie des visites à la maternité, et entrée, par l’intertextualité, du bébé lecteur en lecture et littérature ! En effet, en fait, dans ce livre, les proches venus rencontrer le bébé ne ressemblent pas tant que ça à des parents, je dirais même plus, quelques-unes des fées réunies rappellent à s’y tromper des personnages tout droit sortis du folklore et patrimoine de la littérature jeunesse : le loup grand dévoreur depuis les temps anciens, le lion indétrônable roi des animaux, la grenouille qui veut qu’on l’embrasse… tant d’avatars issus de notre imaginaire fécond depuis des générations ! Vous reconnaîtrez-vous dans l’un de ces multiples personnages, papa coq, maman poule, maman coq, papa poule et tonton Robert ? Quand l’adulte fait le clown, fait l’enfant, pour accueillir et faire rire son propre enfant !

Bref, un livre-caresse dont le bébé est le héros… tout comme le reste de sa famille, les amis, et puis aussi les livres pour tout-petits… youpi, hohoho, hahaha, tralala et hihihi !

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Mais où est… Momo

Tout le monde connaît (Mais) où est Charlie… où il faut trouver Charlie dans pléthores de scènes, Andrew Knapp s’amuse à adapter le concept, en utilisant le média photos, pour les tout-petits bambinos, et cela donne, tadam, un premier documentaire très rigolo :

Mais est Momo :

un livre où l’on cherche son chien 

Dans cet album format carré et tout cartonné, le bébé lecteur se voit présenter, sur chaque page de gauche, quatre éléments décontextualisés et nommés, à retrouver sur la scène photographiée en page de droite.

Parmi les éléments, il y a toujours le héros de l’histoire, fidèle au rendez-vous : Momo, qui, il faut le dire, sait très bien jouer à cache-cache.

Parmi les scènes, on compte plusieurs univers différents que Momo côtoie avec le bébé lecteur et chercheur, cherche, bébé, cherche : la fête foraine, la salle de sport, l’aire de jeux, la chambre, le chantier, l’atelier, le jardin à cultiver, la librairie ou la bibliothèque (qui met la banane car oui, un des éléments à trouver est une banane), le travail dans les champs, la cuisine, et les vacances en mode road trip. Scènes truffées, c’est le cas de le dire, de détails constituant leur objet : sur la route des vacances par exemple, on trouve… un camping-car, une forêt, un cours d’eau, une prairie, une roue de secours, un appareil photo, des fenêtres ouvertes pour faire rentrer l’air dans le véhicule, Momo, bien sûr, mais aussi un doudou (qu’on retrouve d’ailleurs un peu partout), une valise, des protections sur les sièges, une carte à déplier, un appareil photo, etc.

En bref, un imagier sous forme de livre-jeu, très sympa. Quelques images sur le site de l’éditeur, Les Grandes Personnes : http://www.editionsdesgrandespersonnes.com/portfolio_page/mais-ou-est-momoandrew-knapp1er-mars-2018/ ! Bonne quête tout le monde, et bon voyage…

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De formes en motifs

Lumière aujourd’hui sur une encyclopédie d’un nouveau genre pour tout-petit :

MON PREMIER LIVRE DE MOTIFS !

C’est un tout cartonné, format paysage et de nombreuses pages, comme une encyclopédie ou un roman du vivant, très facile à prendre en main pour les petites mains. C’est une réalisation de Bobby & June George (pour en savoir plus sur eux, vous pouvez consulter leur site), illustrée par Boyoun Kim, éditée chez Phaidon.

L’idée est excellente : partir des formes élémentaires, les associer les unes aux autres, toujours par paire, faire deviner à l’enfant ce que la répétition de cette juxtaposition engendre, puis nommer et illustrer le motif résultant de cette sérialisation ! Ce premier documentaire met ainsi en scène, pour les bébés lecteurs, une toute nouvelle étape dans leur apprentissage de la géométrie du quotidien… qu’ils s’amuseront à retrouver dans leurs vêtements, les revêtements, et tout autre support de représentation ou d’expression.

On passe ainsi d’une ligne, deux lignes, trois lignes et plus encore… aux rayures ; et si une ligne épaisse voisine une ligne fine, et que ce schéma se répète, cela devient un motif écossais. Plusieurs zigzags donnent des chevrons, plusieurs carrés des damiers, plusieurs cercles des pois, plusieurs losanges un motif en arlequin, plusieurs hexagones un nid d’abeille, etc. Avec un minimum de formes simples, en somme, l’enfant apprend qu’il peut à son tour dessiner le monde !

Un grand bravo pour ce livre-jeu original, qui marie éveil artistique et mathématique, art et géométrie, et, par son approche visuelle, fait intelligemment travailler l’esprit des tout-petits. Vous trouverez quelques extraits de la version originale de ce livre sur le site de l’illustratrice Boyoun Kim, si vous voulez vous faire votre propre idée : http://boyounkim.com/My-First-Book-of-Patterns-by-Phaidon …