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Petits explorateurs

La BBthèque emboîte le pas des bébés explorateurs et lecteurs à la fois, en chroniquant ici plusieurs livres, accessibles dès la petite enfance, qui disent la découverte du monde… et de soi :

attends-moi !

de Claire Garralon

Il était une fois un petit poisson rouge et un plus grand : sa maman. La maman dit au petit : « allez, on va faire un tour, suis-moi ! » Le petit peine à suivre sa maman : « Maman, attends-moi », tant et si bien que la panique semble le gagner quand sa maman devient hors de portée… de vue. Il cherche et appelle sa maman en pleurant, avant de retrouver le sourire en s’apercevant que sa maman est juste devant lui.

Ils ne pouvaient en effet être loin de l’autre, nous disent les illustrations qui jusqu’alors nous laissaient penser que les poissons étaient dans une grande étendue d’eau, à l’image vraisemblablement du ressenti du jeune enfant : en fait, ils vivent dans un bocal… à poissons rouges, ce dont la maman est parfaitement au courant ! Un bocal… tout rond.

Coucou… caché ! C’est reparti pour un tour, en relisant depuis le début cet album tout cartonné qui dit tout à la fois les séparations et les premières explorations ?

Vole, petit oiseau !

d’Emma Robert et Romain Lubière

C’est l’histoire d’un oiseau qui, à peine sorti du nid, effectue son premier envol :

Vole, petit oiseau, tu as tant de choses à découvrir…

L’album, tout cartonné, suit le vol de l’oiseau, et le bébé lecteur découvre ainsi le monde tel que le parcourt l’animal voyageur dans les airs : les champs colorés, les montagnes poilues, les forêts, les déserts, la banquise, les mers et océans, les savanes arides, les villes… et leurs habitants : vaches, chameaux, ours polaires, antilopes, humains, etc.

Un tour du monde à hauteur d’oiseau, qui initie les tout-petits à la géographie.

Mouha

de Claude Ponti

Mouha, c’est l’histoire d’un.e jeune enfant (toi ? moi !) qui se nomme Mouha. Mouha vit dans un arbre-maison dans les hauteurs. Tout de jaune vêtue comme en bébé-pyjama, et un peu très décoiffée, Mouha est très curieuse de descendre pour voir le monde en bas :

Je suis sûre qu’en bas de l’arbre maison, sur le sol de par terre, où je ne suis jamais allée, il y a plein de choses inconnues que je n’ai jamais vues, des animaux et des personnes inconnues, belles et intéressantes, plein d’occasions belles et intéressantes, plein de plantes belles et intéressantes, plein de bruits, de couleurs, d’odeurs, d’aventures belles et intéressantes ».

Et hop ! Elle se laisse tomber et son voyage commence. Elle trouve un oisillon tombé du nid itou également, qu’elle prend pour compagnon. Elle croise le chemin de Blaise, le poussin masqué, qui lui délivre un message très important :

Ici, sur le sol de par terre, ce qui a l’air vrai ne l’est pas toujours, et ce qui a l’air méchant ou gentil, ne l’est pas toujours non plus.

Certaines personnes, parfois venues de loin, ou d’ailleurs, seront là à temps et au bon moment.

Ce qui est important, c’est que tu es importante.

A part ça, j’aime ta coiffure.

Elle poursuit sa route avec un drôle d’engin, le Bourlingue-Œil. Après avoir vu les arbres, elle découvre les pierres, et de nouveaux animaux. Certains d’entre eux sont des alliés, d’autres non. Il faut être très beaucoup malin pour passer son chemin quand on tombe sur quelqu’un ou quelqu’une qui, comme dans la mythologie, te pose une énigme pour statuer sur ton destin. Chemin faisant, Mouha aiguise sa motricité, mais aussi son sens de l’observation et son esprit logique, sa géométrie (voyage au pays des cubes) et sa créativité (peindre des coccinelles pour les sortir du doute d’être des coccinelles si elles ne sont pas rouges)

L’album, en papier, dans un format paysage, se donne à lire à travers une succession d’images (trois par page), de séquences, telle une histoire à dérouler, un peu comme dans une bande dessinée. La toute jeune lectrice, le tout jeune lecteur, y apprend à grandir en observant, en écoutant, en pensant, en jouant, en faisant, seul, et avec, ou parfois contre, autrui. Un récit initiatique entre réalisme et fiction, avec des mots d’enfants qui disent leur propre expérience de ce grand monde dans lequel ils font leurs premiers pas.

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Le chemin de la vie

La BBthèque aujourd’hui vous présente trois nouveaux et superbes livres qui racontent le chemin de la vie aux tout-petits, de la conception à la fin de vie, en passant par toutes les péripéties qu’entre-temps l’on vit :

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Hariki

de Lucie Félix

Réjouissons-nous : Lucie Félix, l’auteur-illustratrice de Prendre & donner, La promenade de Petit Bonhomme, Coucou !… est de retour, avec un livre-objet de toute beauté, qui dit, en couleurs et en mouvements, l’origine de la vie sur Terre à ceux qui viennent précisément tout juste de la découvrir.

En effet, les protagonistes de ce livre animé sont des cellules… aux noms ludiques (Harikos, Harikis !, qui plairont beaucoup aux tout-petits) et aux comportements fondamentalement exploratoires : et si j’allais ici, et si j’allais par là, tout seul ou en bonne compagnie ? Des personnages hauts en couleurs curieux de parcourir le monde à plusieurs et de se mélanger les uns les autres pour grandir et changer.

L’acteur de ces rencontres, de ces actions, dans ce livre, n’est autre que le bébé lecteur, qui fait glisser les micro-personnages d’un point A à un point B, écrivant sa propre histoire tout en reconstituant la grande Histoire.

Car ces cellules ne sont pas sans évoquer, aussi, les bébés eux-mêmes… D’ailleurs la narratrice conte l’Histoire comme si elle s’adressait à ses propres enfants à qui elle lirait une histoire du soir : « et maintenant, […] mes Harikos nouveaux, au dodo ! »

Un trésor de livre pour les tout-petits.

Une maman c’est comme une maison

d’Aurore Petit

Dès la page de couverture, des couleurs vives, une femme, un enfant, enlacés, l’un avec l’autre interagissant. C’est le portrait d’une maman, hommage à toutes les mères du monde. C’est l’histoire des origines de l’enfant, qu’il conservera avec lui quand il sera plus grand.

Dans cet album de 48 pages, chaque page écrit et illustre ce qu’est une maman, en utilisant le biais de l’anaphore imagée : « Une maman, c’est comme… ». Au fil des pages, le temps passe : au début, la maman est comme une maison abritant le tout-petit encore lové dans son ventre rond ; puis la maman est comme un véhicule marchant d’un bon pas, vers la maternité peut-être ; puis la maman est comme un nid quand elle tient entre ses bras un nouveau-né… Le papa aussi est présent dans les images, parfois. La relation au fil des pages entre la femme et l’enfant continue de se construire, une mère et son petit, fille ou garçon : « une maman, c’est doux », « une maman, c’est comme un refuge », « une maman, c’est comme un miroir », une maman, c’est comme une île »… et d’évoluer tout en conservant sa qualité.

Et voici qu’un jour l’enfant se met debout. « Une maman, c’est comme une cascade » quand elle est émue.

Il fait ses tout premiers pas, en partant des bras de son papa… pour rejoindre tout seul sa maman qui lui tend les bras un mètre plus loin. « Une maman, c’est comme une récompense ».

Et puis le voici autonome, heureux de marcher seul, confiant, sous le regard bienveillant de ses parents. « Une maman, c’est comme une maison… »

Immense coup de cœur pour ce livre-somme sur la maternité vue comme un foyer, et tellement plus encore : un album-poème aux illustrations modernes, qui transforme des scènes de vie quotidiennes en un tableau universel de l’origine de la vie.

Les rides

par JR

Et voici pour finir un très beau livre de photographies, à découvrir dès le plus jeune âge, fruit du travail de l’artiste et photographe JR dont c’est le premier livre pour la jeunesse. Ce premier livre d’art, que l’auteur dédie à « nos grand-parents », fait le choix de mettre à l’honneur un sujet original et difficile parfois : les rides… montrées sous l’angle des histoires qu’elles racontent.

Les rides racontent les histoires de toute une vie.

La page de couverture, sur fond très coloré, montre une personne très ridée, que le bébé lecteur peut effleurer de ses doigts. Puis le texte vient expliquer, accompagné de portraits : « nous avons tous deux yeux, un nez, une bouche… » « … et certains d’entre nous ont des rides ». Pourquoi des rides ? Parce qu’elles apparaissent avec l’âge. Quelles sont leurs caractéristiques physiques ? Elles semblent se graver doucement et progressivement comme des rayures sur la peau. Comment ? Quand on rit, quand on aime, quand on s’amuse, quand on se repose, quand on réfléchit… Quand on vit.

Chaque ride raconte une histoire ; chaque personne âgée et ridée a vécu mille et une histoires… à te raconter. Magnifique ouverture au dialogue intergénérationnel : le propos est sublime, et les photographies, noir et blanc, aussi, mettant en scène des modèles ayant tous le point commun d’avoir un certain âge et d’exposer les effets de l’âge avec naturel et beauté. A la fin du livre d’ailleurs, JR présente « les histoires qui se cachent derrière les rides de ce livre », en rédigeant de courtes bibliographies des modèles.

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Livres sur les émotions… et + encore

La BBthèque vous propose aujourd’hui un focus sur de nouveaux livres tip top qui parlent aux tout-petits de leurs premières émotions :

Mes premières émotions dans l’art

Mes premières émotions dans l'art - palette

Mon premier combine apprentissage de l’émotion et éveil artistique : chaque émotion ou sensation est illustrée, incarnée, représentée par une œuvre d’art. Chaque tableau reproduit sert en effet de prétexte pour évoquer et partager avec le tout jeune lecteur une situation imaginée liée à une émotion, un sentiment ou un état physique, exprimés également par des onomatopées et un court texte les décrivant :

  • la joie qu’on lit dans Les Rieuses (Charles Emile Auguste Carolis-Duran) — hi hi hi
  • la tristesse du Vieil homme dans la douleur (Vincent Van Gogh) — snif ! snif !
  • la surprise illustrée dans Time to play (Charles Burton Barber) — OH !!!
  • le dégoût transparaissant dans Gorgée amère (Adriaen Brouwer) — BEURK !!!!!

mais aussi la peur, la colère, la honte, la jalousie, l’amour, la sérénité, la douleur, la faim, la chaleur et la fatigue mis en sons, mots et images, dans une approche qui privilégie le dialogue, entre l’enfant et l’oeuvre d’art d’une part, entre l’enfant et l’adulte d’autre part : « et toi, qu’inventes-tu pour faire rire tes amis ? est-ce que tu sais que tu es un rayon de soleil pour eux lorsque tu leur apportes de la joie » ?

Pas de panique, petit crabe 

Pas de panique, petit crabe - Chris Haughton

Mon second est l’histoire d’une première fois, et de toutes les craintes qu’une première fois peut susciter : l’aventure d’un bébé (Petit Crabe), qui va passer un cap, en compagnie d’un adulte (Très Grand Crabe) qui va l’encourager et l’accompagner. « Petit Crabe et Très Grand Crabe vivent dans une simple mare. Aujourd’hui, ils ont décidé d’aller voire L’OCÉAN ! ». Perspective ô combien excitante. Le chemin est long (double page fournie et agrémentée de moult onomatopées), éprouvant mais aussi enthousiasmant : « Je peux aller où je veux » dit Petit Crabe. Quand les deux protagonistes arrivent au bord de la falaise, à deux pas de l’Océan… Vient l’heure de se jeter à l’eau. Panique à bord pour le jeune crabe, refroidi dans son élan, tentant de faire marche arrière. Son aîné le rassure tout en l’encourageant à surmonter sa peur : « Pas de panique, Petit Crabe, descendons juste un peu plus loin. Je pense que tu vas adorer. » A petits pas, calmement, doucement mais sûrement, les deux crabes trouvent le chemin adéquat pour pénétrer le grand océan… plonger et baigner dans le monde aquatique que le jeune crabe découvre complètement. La peur est maîtrisée, et même oubliée, vive la liberté !

Un album initiatique aux textes et illustrations magnifiques, à lire et relire avec les jeunes enfants.

Bienvenue Tristesse

bienvenue tristesse eva eland

Toucher la couverture du livre, pour commencer : ce monstre doux et vert-bleu matérialisant la tristesse, le tout jeune lecteur peut d’emblée le palper. Dans cet album sobre, pudique et poétique, un tout jeune enfant voit arriver à la porte de chez lui un (mal-)être qu’il n’avait pas anticipé : Tristesse. « Parfois, Tristesse arrive sans prévenir ». Tristesse pénètre dans la maison avec sa valise, l’enfant reste muet.. « Elle te tourne autour », Tristesse s’approche de l’enfant. « Elle s’assied à côté de toi », tout tout près, trop près. Tu veux la cacher, t’en séparer, mais elle est là, parfois même elle se confond avec toi. Si c’est comme ça, autant lui reconnaître son identité, lui parler, et l’écouter, vous pourrez mieux cohabiter… et vous séparer, le moment venu.

Un album touchant et marquant, à partager avec les tout-petits lecteurs quelle que soit leur humeur.

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Vous retrouverez **ici** la sélection « BBthèque » de livres sur les émotions à destination des 0-3 ans !

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Dormir… c’est tout un art

Vous souvenez vous de Mon premier livre d’art : l’amour, chroniqué en avril dernier dans la BBthèque ? La collection d’éveil artistique éditée par Phaidon s’étoffe d’un nouveau titre dédié à un sujet non moins essentiel : le sommeil, illustré à travers une belle sélection d’œuvres d’art réalisée par Shana Gozansky. Dormir en effet, c’est tout un art ! Démonstration avec :

Mon premier livre d’art 

LE SOMMEIL

Au menu de cette lecture du soir idéale, une définition du sommeil éclairée par des reproductions de tableaux d’artistes peintres et sculpteurs, d’ici et d’ailleurs, du XIXe au XXIe siècle : ce sont ainsi Yoshitomo Nara, Lucian Freud, Mary Cassat, Utagawa Hiroshige, Jean Cocteau, Winslow Homer, Constantin Brancusi, John Currin, Keith Haring, Rob Pruitt, Antony Gormley, Edvard Munch, Pablo Picasso, Jordan Casteel, Henri Matisse, William Turner, Paul Klee, Vincent Van Gogh, Robert Brackman, Marc Chagall, Edgar Degas, Diego Rivera, Horace Pippin, Henri Rousseau, Yayoi Kusama, Wassily Kandinsky, Kobayashi Kiyoshika, René Magritte, Peter Doig, Georgia O’Keefe, Roy Lichtenstein, Paola Pivi, Takashi Murakami et David Hockney qui nous montrent comment ils voient la nuit et le repos.

Cette définition artistique se décline en plusieurs temps et thèmes, amenant pas à pas le bébé lecteur vers l’art de dormir, qui a un commencement et une fin, avant que le cycle ne se répète et ne s’enrichisse du vécu du jour précédent :

  • typologie des dormeurs : tout le monde dort, mais encore ? Les enfants, les adultes, et les bébés aussi !
  • le besoin de sommeil : à quoi ça sert de dormir ? A grandir, à se reposer, se rétablir et recouvrer une pleine forme au réveil ;
  • les risques du manque de sommeil : si tu ne dors pas assez, tu risques d’être fatigué et sujet à des émotions variées et décuplées… bref
  • il est temps de s’endormir : comment identifier l’arrivée de la nuit (au revoir le soleil, bonjour la lune et les étoiles) donnant le signant des rituels du coucher pour les jeunes enfants
  • place alors aux rêves de toutes sortes
  • avant que la nuit ne s’achève et que vienne le réveil

Un livre d’éveil artistique au top, ou comment bercer les bébés comme dans un musée !

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Les contraires de Pittau & Gervais

Pittau & Gervais sont de retour dans la BBthèque au Seuil Jeunesse avec un premier documentaire, anthologie des contraires (72 pages s’il-vous-plaît) sobrement intitulée Les contraires, où ils déclinent pour illustrer cette notion… toute une troupe d’éléphants :

L’éléphant en creux d’abord sur la couverture du livre, qui constitue un excellent pochoir éléphantesque à qui pourrait en avoir besoin. Et puis le dessin d’éléphant qui est contenu dedans. Grand. Petit. C’est d’ailleurs avec ces deux mots que démarre la série des contraires, et le défilé de trompes… avec tout un tas de variations fantastiques autour du dessin d’éléphant.

Large/Etroit, Long/Court, Devant/Derrière… le duo d’auteurs s’amuse avec le duo d’éléphants, et tout ce que cette donnée permet de réaliser conceptuellement et graphiquement : oppositions entre les notions, points de rencontre, lignes de séparation, positions, volumes, formes, ajout, retrait, habillage, transformation…

L’humour comme le jeu lient les double-pages entre elles (une double page : un mot et son contraire), donnant lieu à une lecture riche, à plusieurs niveaux : l’enfant découvre des mots, des notions, des oppositions qu’il peut dire et redire et qui s’appliquent à l’occasion parfaitement au modèle pris, soit des éléphants dans la vraie vie, mais le plus souvent n’ont rien à voir (mais alors rien du tout) avec les éléphants (vous avez déjà vu un éléphant bouché ? ou un éléphant débouché ?). Et pourtant ce sont des éléphants qui vont donner l’exemple… parce que des éléphants, c’est connu, c’est visible, c’est marrant (et ça trompe énormément). En plus, ils ont d’excellentes bouilles, ces éléphants. L’enfant s’y attache (énormément). Et ils sont malléables, façonnables, alors on en redemande (forcément).

La démarche adoptée fait recette auprès des tout-petits comme des plus grands : elle développe à merveille l’éveil des jeunes lecteurs, sollicités bien au-delà d’une approche basique des contraires, tant par la richesse, la diversité voire la complexité du vocabulaire notions abordées, que par leur représentation ludique stimulant les capacités de compréhension mais aussi de déduction des enfants.

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L’amour dans, l’amour de… l’art !

Plongeons aujourd’hui dans un nouveau livre d’éveil artistique pour tout-petit :

Mon premier livre d’art : L’AMOUR

Dans ce très bel ouvrage, tout cartonné, 19 x 15 cm et 48 pages, édité par Phaidon & conçu pour les lecteurs en herbe, c’est un parcours combinant deux mots en A qui est proposé : A comme Art et A comme Amour… Comment les artistes mettent en scène l’amour, comment l’amour se décline et vient nourrir chacun en général, et les artistes sélectionnés en particulier.

Oui, dans ce superbe livre d’éveil artistique, le tout-petit met des mots et des images sur cette émotion ou affection fondamentale :

Parcourir l’amour

L’ouvrage est séquencé, présentant à tour de rôle les caractéristiques principales de l’amour, ce qu’il permet, ce qu’il peut générer chez tout un chacun, ce à quoi il ressemble, son universalité et sa beauté.

Parcourir l’art

Chaque séquence est illustrée de plusieurs reproductions d’œuvres de grands peintres et sculpteurs, en tout pas moins de 34 œuvres d’art, du XIXème siècle à aujourd’hui, sont ainsi offertes au regard des bébés lecteurs et découvreurs… : Robert Bechtle, Pierre Bonnard, Fernando Botero, Constantin Brancusi, Mary Cassatt, Marc Chagall, John Currin, Salvador Dalí, Jim Dine, Emory Douglas, Helen Frankenthaler, Paul Gauguin, Vincent van Gogh, Keith Haring, Damien Hirst, Winslow Homer, Robert Indiana, Alex Katz, Gustav Klimt, Jeff Koons, Peder Severin Kroyer, Fernand Léger, Kerry James Marshall, Henry Moore, Berthe Morisot, Alice Neel, Pablo Picasso, Pierre-Auguste Renoir, Diego Rivera, Mark Rothko, Amy Sherald, Henry Ossawa Tanner, Andy Warhol et Kehinde Wiley !

Les œuvres présentées sont reliées les unes aux autres dans chaque grande thématique par un bref commentaire, rédigé d’une main de maître par Shana Gozansky, qui vient en extraire une substantifique moelle à partager avec le tout petit lecteur.

L’ouvrage se clôt sur l’exposé des sources, communiquant de manière très synthétique les informations essentielles sur chaque œuvre d’art reproduite dans ce livre : nom et dates de vie de l’artiste, titre de l’œuvre, date, format, lieu (musée, collection particulière, etc.) où il est possible de la voir… en vrai !

En bref et pour conclure cette chronique : un trésor de livre, sur un thème ô combien bienveillant, propice à partager dans d’excellentes conditions l’amour de l’art avec des très jeunes enfants. Cet amour de l’art peut d’ailleurs être complété, prolongé, développé… avec d’autres livres au top, alors hop, direction la sélection EVEIL ARTISTIQUE de la BBthèque !

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Livres de naissance

Dans la BBthèque aujourd’hui, lumière sur une nouvelle sélection de livres de naissances, de la conception, parfois ardue, à la mise au monde, et plus encore…

Petite pousse

de Sandra Le Guen et Popy Matigot aux éditions Sarbacane

« Née une nuit de juillet au cœur d’un été chaud, bleu, sable, un peu sec et orageux, je suis… »

Je, c’est Petite pousse, la narratrice. Je suis, dit-elle : je suis dès que mon père et ma mère m’ont conçue, à partir du moment où je suis « arrivée dans le ventre de ma mère », je suis et je deviens, en secret d’abord, puis en images, avant de voir le jour, et de me montrer en chair et en os : « je suis moi ».

Un album poétique et sensoriel sur l’amour, la parentalité, la naissance et l’identité.

Am stram graine

d’Anne-Catherine Le Roux et Jules aux éditions Le Pommier

Publié par les éditions Le Pommier qui mettent des questions scientifiques à portée de tous, cet album met en scène, à l’occasion des mille et une hypothèses de « comment on fait les bébés… !? » suite à l’annonce par la maîtresse qu’elle porte un enfant en son ventre, une petite fille qui raconte une histoire à ses copains, une histoire que l’on dit sans doute rarement en cour de recréation, mais qui est la sienne et qu’elle est ravie de partager. C’est l’histoire originale de sa conception, telle que ses parents la lui ont expliquée : des parents qui avaient très envie d’avoir un bébé, mais qui n’y parvenaient pas, ont donc consulté le corps médical pour comprendre, et ainsi appris la nature du problème : les « graines » du papa étaient trop petites, avant de trouver une solution : le don de graines (« on appelle ça les gamètes »). Grâce à ce don, la maman est devenue enceinte, et les (futurs) parents se sont beaucoup investis dès la période de grossesse dans leur relation avec leur (future) enfant : en lui disant des mots d’amour, en lui chantant des chansons, etc.

Un album qui dit aussi l’amour de parents pour un(e) enfant & réciproquement, et permet d’aborder avec les enfants l’extrême diversité des origines, y compris dans l’acte de conception.

Pablo

de Rascal aux éditions L’Ecole des loisirs

Avec Pablo, on quitte les humains pour s’intéresser à un volatile à naître. C’est l’histoire, en noir & blanc, parfaitement graphique, de la naissance d’un oiseau : Pablo. Première double page avant même la page de titre : un fonds noir (Pablo est dans l’obscurité tant qu’il réside dans l’œuf), deux yeux blancs, un bec blanc. Dernière double page avant la dernière de couverture : un fonds blanc (Pablo est né, la lumière l’éclaire), deux yeux noirs, un bec noir. Entre les deux, le bébé lecteur va observer la naissance de Pablo. Au début donc, il est encore dans son œuf, mais il « doit sortir de sa coquille » car « maintenant, il est trop grand ». Comment il s’y prend ? Progressivement. Avec un premier petit trou au niveau de son œil droit, il peut jeter un œil sur l’inconnu qui l’attend ; et renouveler l’opération avec l’œil droit ; puis percer de nouveaux trous pour écouter le monde, découvrir ses odeurs, le tâter des pattes avant enfin de déployer ses ailes pour mieux le parcourir, tout en gardant, on sait jamais, un bout de coquille, pour se protéger si besoin. Un beau propos servi par un graphisme de haut vol : à mesure que l’oisillon sort de l’œuf, l’œuf se transforme en oisillon.

Mon petit roi

de Rascal et Serge Bloch aux éditions Tom’poche

Graphisme toujours ! Mon petit roi assimile le créateur (qu’est l’auteur et/ou le dessinateur) à un papa : quelqu’un qui donne naissance à quelqu’un d’autre. Dans cet album qui marie superbement dessin et photographie, les lecteurs assistent à la naissance, en direct, d’un personnage dessiné (tout en traits) par le biais d’une (vraie) main (elle semble d’autant plus vraie qu’elle est photographiée), figurant celle de son créateur. « Voici la première page d’une histoire à naître. Une histoire dont j’ignore tout » : dans ce livre, un être naît, et avec lui son histoire… à venir et à construire.

PS : encore d’autres livres sur la naissance à découvrir ici !