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Noël dans ma poche

Noël s’approche… cette fête, au début de l’hiver, pleine de cadeaux et de surprises… de quoi inspirer Martine Perrin pour un tout petit livre —  8,5 cm * 8,5 cm — , tout cartonné, mignon tout plein, qui joue la carte du livre à trou, coucou-caché, quelles surprises Noël et le Père Noël nous ont réservé…

La couverture elle-même (rouge !) est découpée : étoile donnant sur des étoiles brillantes dans la nuit bleutée… C’est la veille de noël, le Père Noël n’est-il pas en train d’effectuer sa tournée, se demande le bébé ? Sûrement, « alors ce matin, j’ai sauté sur mes deux pieds », oh une page (bleue !) découpée : triangle donnant sur… « le sapin illuminé »… sous lequel « j’ai découvert, tout excité », oh une nouvelle page (verte !) découpée : carré, donnant sur… non pas un, mais « plein de cadeaux à déballer ! »

Jeux de formes et de couleurs vives

comme des papiers cadeaux !! 

La suite du récit, vous vous en doutez, c’est le grand déballage de ces mille et un cadeaux… le jeu de formes se poursuivant ainsi au gré des objets offerts :

  • un cercle ? un tambour bien sûr…
  • un losange ? un cerf-volant !!
  • un ovale ? un nounours…
  • un rectangle ? un livre
  • un cœur ? une carte de remerciements !

Et à la fin du livre, un quiz visuel pour déterminer si le tout petit se souvient de ce que chaque emballage cadeau contenait 🙂

Un très chouette premier album pour jouer et rejouer la magie de noël avec les tout-petits.

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Le Père Noël est une princesse

Vous avez déjà sûrement vu un proche (parent, ami, illustre inconnu… vous-même peut-être ?) se déguiser en Père Noël dans le courant du mois de décembre… Votre bébé, a priori, non ! … Mais il s’apprête à découvrir, quand il feuillettera avec vous l’album chroniqué ce jour ici, que le Père Noël (aussi) sait se déguiser ! Sacrée farce… car, le saviez-vous ? selon ce livre, le Père Noël (aussi) se travestit !! Scoop pour les tout-petits, sans nuire pourtant, rassurez-vous, à la magie. Explication-démonstration avec Bonjour Père Noël, par Michaël Escoffier et Matthieu Maudet à l’Ecole des loisirs :

La nuit de Noël, le Père Noël, vêtu de rouge et blanc, traverse le ciel étoilé dans son traîneau porté par ses rennes aux museaux rouges… une hotte pleine de cadeaux sur son dos.

Première escale chez un piou-piou qui place, en pole position, dans sa liste au Père Noël, une maison de poupées… malheur, le Père Noël n’en a plus en stock !! Qu’à cela ne tienne, à défaut d’avoir tout, le Père Noël sait faire preuve de créativité et de générosité : le voici qui offre au piou-piou son chapeau pointu découpé et transformé en maison de poupées ! En seulement deux escales supplémentaires, devinez quoi… notre Père Noël, à force de déshabiller Paul (lui-même) pour habiller Pierre (petit enfant n°1, petit enfant n°2, petit enfant n°3, etc.) se retrouve, scandale, presque à poil (mais rien de choquant, car le Père Noël a de jolis dessous blancs)…

C’est sans compter sur la générosité (vive la réciprocité… bel esprit des fêtes de fin d’année) des enfants envers celui qui est dépeint comme un super-héros par ces mêmes petits marmots : voici que l’un d’entre eux, une girafe (qui, hihi, a bien grandi d’un hiver à l’autre), troque le costume du Père Noël nouvellement acquis contre le déguisement qu’elle avait reçu l’an passé… Ce qui donne lieu à la surprise finale… : quand arrive, dans la dernière chaumière (en tout cas le livre s’arrête là… mais certainement on pourrait concevoir une suite…), quatrième escale… hum… est-ce encore le Père Noël, quand il revêt une robe, des chaussures, une chevelure et une couronne de princesse ??? Les lapins qui accueillent la demoiselle-noël-à-barbe sont en tout cas très surpris… et le bébé lecteur aussi !

Un album tout cartonné et très coloré, type première bande dessinée, qui dit, avec humour, bienveillance et facétie, l’esprit de noël — le don comme le partage — tout en présentant de joyeuses alternatives à une optique 100% consommation, avec des cadeaux de fait recyclés et « do-it-yourself »… L’album, mutin, illustre que l’habit ne fait pas le moine, en jouant avec les codes masculin-féminin (c’est la mère noël qui…) et, au-delà, avec la très populaire (et très appropriée, vu le sujet) thématique du déguisement qu’affectionnent tant les enfants dans leurs jeux d’imitation et de travestissement dès l’âge de 2-3 ans !

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Ode à la soupe

La saison des soupes est déclarée ouverte par ce froid automnal, aussi j’ai grand plaisir à vous présenter aujourd’hui un grand album tout cartonné, signé Virginie Téoulle et Michela Eccli aux éditions Rue de l’échiquer, dont nos amis les légumes sont les héros :

Les légumes, quelle aventure !

Au menu de ce docu-fiction imagier-action pour les petits marmitons, des photos détourées de légumes à nu (haricots coco, feuilles de chou, blettes, poireaux, céleri, oignons, carottes, panais, patates et patates douces…), et puis des jeux d’assemblage & combinaisons auxquels les bébé lecteur est invité à s’adonner avec des légumes qui se mettent sous son impulsion à s’animer : imagine une maison en pain d’épice chou & coco qui fume fume fume, puis toute une ville, que dis-je, une métropole, avec des immeubles (im)plantés grattouillant le ciel avec leurs feuilles vertes ouvertes aux quatre vents, une route bien chargée avec des véhicules variés (mention spéciale à la voiture de police faite de carottes, pommes de terre et panais) y compris un mille-pat(ta)tes ! une envolée dans les airs en montgolfière citrouille, mode vadrouille ! Bref dans la joie et la bonne humeur, tout ce joli monde potager se construit et se déconstruit, se coupe et se découpe, s’isole et s’assemble, pour finir, tous ensemble, dans la marmite du cuisinier qui a revêtu son plus beau tablier… Que passa ?

Plus de maison,

plus de ballons, 

plus de phare…

… mais une belle soupe du soir.

Fin de l’histoire !! Quoique, en fait, à la dernière page… surprise, vous trouverez, petits et grands gourmands, une bonne recette de potage de légumes, à adapter au gré des saisons. Une invitation résolument positive à passer aux fourneaux… Quel régal, pour l’enfant, de jouer ainsi avec chacun de ces aliments, alterner entre la matérialité du légume et son énorme (qui l’eut cru) potentiel fictif ; on lit entre les lignes un amour très contagieux des légumes… de scènes humoristiques en scènes ludiques, les auteurs aiguisent notre appétit avant que tout le monde ne se mette à table pour déguster, bon sang de bon soir, cette bonne soupe du soir… !

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L’art des tout-petits

Vous souvenez-vous de L’art des bébés paru aux éditions Palette… il y a quelques années ? Il a désormais un petit… que dis-je, un grand frère : L’art des tout-petits ! Car ce nouveau volume s’adresse aux bébés un peu plus grands : ceux dont la vue va au-delà du blanc et du noir, explorés dans L’art des bébés, et partent désormais à la découverte des couleurs… primaires ! Par le biais de l’art, encore et toujours… :

Au menu : l’éveil artistique des jeunes enfants, à qui ce premier documentaire propose un parcours-visite au sein d’un musée de papier, à travers

  • les reproductions de dix-huit œuvres d’art sélectionnées à la fois pour
    • leur accessibilité
    • et leur belle richesse appelant à une lecture première, mais aussi, par la magie de l’exploration, tant et tant de lectures plurielles…
  • et un fil rouge, donc, les couleurs… primaires, car « dès l’âge de quatre mois, les bébés perçoivent les couleurs », avec, pour commencer, « une préférence pour les couleurs saturées », nous indique Anne Baudier (maître de conférences en psychologie de l’enfant) en préface de l’ouvrage !

Bleu comme… un nu bleu d’Henri Matisse (1952), l’icône accessible de Tim Ferguson-Sauder (2009-2011), l’archer de Theo van Doesburg (1919), les lignes ou courbes (Free Buren) de Sylvie Fleury (2012) !

Jaune comme…Monsieur Chat (2003) tout en ailes et sourire, aussi représenté en couverture du livre ; la Cup of coffee de Roy Lichtenstein (1961), un Visage sur fonds jaune d’Henri Matisse toujours (1952), des Signes jaunes par Paul Klee (1937).

Rouge commeLe poisson d’argent fort délicieux (voyage dans le temps : 1754 !), les lignes blanches et carrés rouges de Marc Devade (1967), 10 lignes au hasard par François Morellet (2008) et Dessine-moi un mouton par Jean-Philippe Lemée (1996), qui bien sûr, invite le bébé lecteur et artiste à dessiner (ou faire dessiner, comme le veut la coutume introduite par Antoine de Saint-Exupéry), à son tour, un mouton.

Et puis… place au mélange des couleurs primaires !!! Les danseurs et/ou chanteurs de Keith Haring (1983) nous donnent rendez-vous ; Claudia Comte avec ses courbes et ses angles (2015) est de la partie, Piet Mondrian aussi (oeuvres de 1921 et 1942), sans oublier Kasimir Malevitch avec son Pressentiment complexe (1932) et la Gradation des couleurs selon Sophie Taeuber-Artp (1939)

Un premier — voire second, si on a déjà nourri artistiquement le nourrisson avec la lecture-feuilletage de L’art des bébés ^^ — livre d’art très riche pour les tout-petits et les adultes accompagnant les jeunes enfants dans leur soif de découverte du monde et sa représentation… figurative ou abstraite : l’occasion de découvrir les couleurs bien sûr, mais du côté de leur composition !

Plus un mot (si un dernier tout de même, pour préciser que le papier est épais dans ce livre et donc complètement adapté aux toutes petits mains des tout petits bambins) et place aux images (+ d’extraits sur le site de l’éditeur, en cliquant ici) :

 

 

 

 

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A chacun sa maison

Dans la série pop-up pour tout-petits, j’ai le plaisir de vous présenter aujourd’hui Les maisons des animaux par Philippe Ug (un vrai pro du pop-up… qui a même, il y a quelques années, commis, si si, un livre pop-up sur l’œuvre de Vasarely) aux éditions des Grandes Personnes :

Un petit format carré tout cartonné, aisé à manipuler, qui présente, sous forme animée, de double-page en double-page, les habitats respectifs de nos voisins les animaux… en mouvement et en volume s’il-vous-plaît :

  • l’escargot dont la tête sort de la coquille
  • l’oiseau émergeant de son nid pour apprendre à voler
  • l’écureuil (image de couverture) bien à l’abri dans l’arbre en compagnie de son garde-manger
  • la taupe qui surgit de dessous ses monticules de terre
  • la souris tentant une sortie depuis sa retraite derrière les plinthes
  • la niche du chien, maisonnette dans le jardin face à la maison des maîtres
  • la jolie ruche des abeilles où naît le miel
  • le rocher abritant le crabe
  • les coraux derrière lesquels se cachent les petits poissons dans l’eau…

L’occasion d’aborder, de manière ludique, avec les tout-petits, des cadres de vie différents, et de présenter dès le plus jeune âge l’environnement dans toute sa richesse et sa diversité, au travers d’êtres vivants relativement courants. Un bestiaire où les bêtes jouent à cache-cache : des fois on les voit, et quand on ne les voit pas, c’est peut-être bien qu’ils sont chez-eux ! Il y a la vie en extérieur… et la vie en intérieur, bien au chaud dans les maisons. Comme nous, en fait… Vie publique, vie privée, chers petits bébés !

Mais trêve de paroles, place à la vidéo démo :

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Origines

Vous souvenez-vous du magnifique libre-objet Papaye et Mamangue, sur la naissance et la parentalité version fruitée, signée Lydia Gaudin Chakrabarty aux éditions Chandeigne ? Lydia Gaudin récidive, avec un splendide nouvel album intitulé…

Origines 

Un livre tout cartonné, tout en carton découpé, qui se forme littéralement au fur et à mesure de sa lecture à tout âge de la vie pour explorer précisément tous les âges de la vie :

  • Dès la page de couverture, un trou, tout rond, permet de voir les différentes strates du vivant par essence évoluant, comme un judas pénétrant le monde d’autrefois, celui d’avant l’homme, et, au-delà, une invitation, pour le lecteur, à ouvrir grand ses yeux et à libérer ses mains pour explorer cette matière en mouvement…
  • Car à peine le livre ouvert et la lecture commencée, au fil des pages, c’est un défilé à observer et palper : tour à tour de multiples combinaisons de couleurs et de formes sobres et tout en rondeurs, en continuité ou en rupture avec les pages passées, représentent juxtaposée l’histoire plurielle de nos origines minérales (la pierre, les montagnes…)… végétales (les feuilles, les fruits)… animales, qu’il pleuve ou que le soleil réponde présent au rendez-vous.

Une promenade graphique, poétique, à la fois scientifique et spirituelle, tant la planète Terre toute entière et son historicité semblent contenus dans ces quelques pages, et, comme une mise en abîme sublime en couverture, dans cette sphère en volume, ouverture et lecture à la fois infimes et infinies sur le monde, sphérique, dans lequel nous vivons. La dernière de couverture, d’ailleurs, présente, en écho à la couverture, la figure d’un être humain héritier de tout ce processus, avec le deuxième et dernier mot du livre, après le premier qui correspond au titre : « nous ». Une expérience riche pour le jeune enfant, tant d’un point de vue sensoriel que pour se familiariser intelligemment avec les notions de vie ou encore de temps.

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Conte, conte, contera

Les contes traditionnels : un réservoir formidable d’histoires à transmettre aux enfants oralement, et tant de belles éditions pour partager ce patrimoine entre générations ! Pour les tout-petits, ce répertoire, riche, dense, occidental mais aussi international… est toutefois dans un premier temps un peu difficile d’accès… aussi ai-je envie de vous présenter aujourd’hui quelques démarches originales à même de parler aux plus jeunes dès l’âge de deux ou trois ans :

A petits petons

A petits petons : une collection incontournable, chez Didier Jeunesse, qui s’appuie sur le savoir-faire des conteurs pour notre plus grand bonheur ! De l’humour, des illustrations originales (dont certaines avec des papiers découpés) et une narration tonique, qui joue 100% le jeu de l’oralité… répétitions, formules-clés, onomatopées, tout un langage parlant tout particulièrement aux bébés. Au menu… :

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Les petits contes du tapis

Les petits contes du tapis, c’est, comme son nom ne l’indique pas, une collection, éditée au Seuil Jeunesse, d’albums tout-cartonnés très grand format, muets pour l’enfant, parlants pour l’adulte, à lire par ce dernier comme un kamishibai, ce théâtre d’images japonais. Explication : la dernière page du livre concentre sur elle tout le texte, tout le récit, de l’histoire à conter… elle est toujours à portée d’yeux de l’adulte lecteur-conteur, qui narre donc le conte, tandis qu’il tourne, au fur et à mesure, les pages où l’enfant, placé en face, lit les images en toute autonomie et boit ces mots. Un joli répertoire pour cette entrée visuelle et orale dans l’univers des contes… :

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Raconte à ta façon…

Et, pour finir, lumière sur une nouvelle piste pour conter non plus aux jeunes enfants, mais avec eux, une piste proposée récemment par les éditions Flammarion jeunesse : et si c’était le jeune lecteur lui-même qui nous contait l’histoire ? A son tour de construire et déconstruire le propos, soit à partir de son imaginaire pur s’il ne connaît pas encore l’histoire, soit en inventant sa variante du conte qu’il a déjà entendu de-ci de-là… mais jamais à sa sauce, jamais comme ça ! Sonia Chaine et Adrien Pichelin ont imaginé cette collection, « Raconte à ta façon« , qui achève de transformer le bébé lecteur en bébé conteur, entrée dans le monde de la parole et du récit. Le concept : aucun texte, un album entièrement muet mettant en scène les contes les plus célèbres avec un graphisme épuré, minimaliste car fondé sur des pictogrammes… !

Dans le cas par exemple de Boucle d’Or : un triangle bleu pour la maman de la fillette, un triangle doré pour Boucle d’or elle-même, trois ronds marron de tailles différentes pour chacun des ours, une maison pour la maison, etc. Au début du livre et sur le recto du marque-pages fourni, vous trouverez la légende des pictogrammes, qui peut être communiquée à l’enfant ; au verso du même marque-pages, le texte du conte, pour une lecture classique par l’adulte à l’enfant… ou alors, autres niveaux de lectures démultipliables à l’infini, une interprétation libre, par le tout-petit, de ce monde de pictogrammes : en feuilletant les pages, l’enfant lit, dit, assemble ces symboles simples, qui expriment les protagonistes, le temps, le lieu, l’action, élabore ses propres récits… quand l’enfant devient, à son tour, producteur de contes… la boucle est bouclée… n’est-ce pas, Boucle d’or ?

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