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Roulé – caché !

Lumière sur deux tout-cartonnés, publiés à l’attention des bébés en 2019 aux éditions l’Ecole des loisirs, qui ont pour point commun de raconter et mettre en scène le jeu premier… soit les jeux fondamentaux auxquels on joue dès la petite enfance et qui peuvent faire l’objet de mille et une variantes :

  • jouer à la balle : c’est l’objet de Roule ma boule, de Grégoire Solotareff
  • jouer à cache-cache : comme La mouette et le goéland, de Jeanne Boyer

Roule

ma boule

Sur la page de droite de la première double plage, la première phrase de cet album annonce la couleur : « C’est l’histoire de ma boule ». La deuxième phrase ouvre le récit : « Je l’avais laissée tout en haut de l’escalier » ; sur la page de gauche, le bébé lecteur voit « ma balle » (rouge) en haut d’un escalier (rose) de trois marches. Quand soudain arrive le facteur déclencheur. Un chat. Dont la patte joueuse passait par là. Résultat : la balle roula jusqu’en bas (de l’escalier rose qui désormais compte beaucoup beaucoup beaucoup plus de marches). Ce n’est pas le tout : l’histoire de ma boule continue, avec une porte lumineuse, donnant cependant sur un espace plongé dans le noir. Nouveau facteur déclencheur : une main s’empare de l’objet roulant… qui est à présent lancé, si loin qu’il a bien le temps de voir du pays et nous faire voyager avant de revenir… devinez, en haut d’un escalier. 3, 2, 1 c’est potentiellement reparti pour une nouvelle histoire !

Qui l’eût cru ? L’histoire de ma boule, signée Grégoire Solotareff, est une aventure à part entière, un périple parsemé de surprises, un voyage qui nous emmène loin et près à la fois ! Ce récit fondamentalement ludique et dynamique, à hauteur des tout-petits, est servi par des illustrations épurées et colorées, permettant aux très jeunes lecteurs d’identifier aisément les formes et le mouvement, tout en s’identifiant à cet objet devenu personnage principal de l’histoire : ma boule.

La mouette et le goéland

la mouette et le goéland jeanne boyer

En complément, voici deux oiseaux habitués de la plage : la mouette et le goéland, qui se donnent rendez-vous les pattes dans le sable et conviennent de se livrer à une partie de cache-cache. Coucou-caché, c’est le goéland qui compte et la mouette qui part se cacher. Passé le chiffre 20, le goéland démarre sa quête – et le bébé lecteur avec lui. Où est cachée la mouette ? Derrière les rochers ? Que nenni derrière les rochers c’est un crabe qui est caché ! Dans le château de sable ? Mais non ce sont les étoiles de mer qui nous saluent bien bas dans ce sable-là ! Sous la serviette ? Ne confondons pas tout et laissons à la tortue son abri pour son moment de calme et répit. Derrière le parasol ? Encore moins… vous allez rire, c’est un phoque qui se trouve là, les yeux rivés sur son smartphone… ! La mouette se serait-elle envolée ? Et pourquoi pas ? C’est en levant les yeux au ciel que le goéland finit par trouver au-dessus ce qu’il cherchait.

Cet album, écrit et illustré par Jeanne Boyer, raconte avec humour une partie de cache-cache en bord de mer ; l’occasion de passer en revue le bestiaire marin mais aussi les poncifs de la plage, dans la bonne humeur, tout en faisant la part belle à l’amitié : se chercher pour mieux se trouver ; dans une partie de coucou-caché, il est essentiel, en effet, de se retrouver ; et profiter alors à nouveau, comme la mouette et le goéland, d’un agréable moment… ensemble.

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L’imagier de l’été

Un imagier de l’été, signé Anne Bertier. Ou plutôt : Anne Bertier livre aux éditions MeMo son imagier de l’été, à savoir tout ce que l’été lui évoque, comme une série d’images, un film qu’elle se repasse quand elle songe à cette saison qui revient chaque année, que dis-je, quand elle en rêve, tant elle l’aime, dit-elle, infiniment. Son imagier de l’été, mais aussi, par ricochet, l’imagier estival des jeunes lecteurs qui, le temps de cette lecture, entrent de plein pied dans cette aventure, épousant le point de vue aimants de cette auteur-illustratrice un brin poète et regorgeant de talent. C’est ainsi qu’un imagier de l’été, le sien, le notre, devient :

L’imagier de l’été

par Anne Bertier

aux éditions MeMo

Un imagier qui ne se contente nullement de lier une image à un mot, mais qui raconte une histoire, l’histoire d’une saison, en images, avec de belles couleurs et des papiers découpés, et en phrases mises en scène comme des poèmes.

L’histoire d’une saison où le soleil est roi, et où bon nombre de gens vont se rafraîchir en bord de mer, maman, notamment. Avec sandales, chapeau et maillot, bien évidemment. Et moi (qui suis donc un enfant), qui prend en plus une bouée (je ne sais pas nager) et des palmes, pour barboter. A la plage, on peut observer les cerfs-volants dans le ciel bleu, les poissons et les algues dans la mer bleue, manger des glaces (au citron !), construire des châteaux de sable & d’eau, lézarder à l’ombre du parasol, puis vider les lieux pour laisser place à la balade des mouettes.

Le mot de la fin pour s’imprégner de tous ces mots et images qui constituent l’été ?

Le soleil,

la mer,

les algues,

les petits poissons,

les bateaux,

la glace,

le goûter,

le sable…

J’aime infiniment l’été !

Définitivement, un imagier de l’été… qui dit savoureusement bien l’été.

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Voilà l’été !

Oui oui oui ça y est l’été nouveau est arrivé ! Et dans la BBthèque on va fêter cet événement de calendrier avec un magnifique tout cartonné… intitulé Voilà l’été ! Il est signé Pauline Kalioujny au Seuil jeunesse, et c’est un livre qui s’adresse aux petits bébés… tant par les mots et images que par les volumes : ici, l’approche tactile est privilégiée.

voila l ete pauline kalioujny

Dans ce premier documentaire à la fois moderne et intemporel, une histoire : celle d’une petite fille qui vit pleinement le passage à la saison estivale, de même qu’un certains nombre d’animaux, échos des premières expériences de cette jeune vacancière : c’est le moment de… se protéger du soleil, se jeter à l’eau, faire la planche, etc.

A chaque double page, le bébé lecteur découvre les couleurs et sensations estivales avec ses yeux observateurs, ses oreilles (buvant les mots lus à haute voix par l’adulte lecteur) et ses petits doigts explorateurs : sur les deux premières pages, il est invité à toucher, comme le parent en train de l’ajuster, le chapeau, en relief, de l’enfant arborant déjà ses lunettes de soleil, de même que le crabe s’abrite derrière un rocher également à tâter ; pour jouer dans l’eau, l’enfant prend sa bouée (3D) tandis que les dauphins (3D) s’amusent tout autant sur la p(l)age d’à côté ; quand la fillette flotte, comme l’oiseau, le bébé lecteur peut sentir du bout des doigts toutes les parties de leurs corps qui restent à la surface de l’eau, c’est beau et rigolo ; inversement, quand elle plonge la tête sous l’eau pour observer la vie sous-marine (tant et tant de poissons), il y a tout à voir mais rien à toucher ! la chasse à l’ombre se poursuit ensuite, par un jeu de rabats : le lézard lézarde, l’enfant… aussi ; derniers jeux de plein air, puis quête, comme les petites bêtes butineuses, d’un goûter 100% nature, fruits et baies de saison, avant de s’endormir, au frais dans la maison, à l’instar du chat, dans des draps palpables tant ils semblent confortables, et rêver… rêver de devenir une sirène, peut-être, souriante et heureuse femme-poisson, qui nage nage nage comme les poissons qui prennent forme quand on pose le doigt sur leurs écailles.

Une belle journée du matin à la nuit tombée, dans la vague de l’été ! Demain… jeux de sable ?

Pssst et pour continuer dans les lectures bébé & été, suivez le tag BBthèque #été !

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Mais où est… Momo

Tout le monde connaît (Mais) où est Charlie… où il faut trouver Charlie dans pléthores de scènes, Andrew Knapp s’amuse à adapter le concept, en utilisant le média photos, pour les tout-petits bambinos, et cela donne, tadam, un premier documentaire très rigolo :

Mais est Momo :

un livre où l’on cherche son chien 

Dans cet album format carré et tout cartonné, le bébé lecteur se voit présenter, sur chaque page de gauche, quatre éléments décontextualisés et nommés, à retrouver sur la scène photographiée en page de droite.

Parmi les éléments, il y a toujours le héros de l’histoire, fidèle au rendez-vous : Momo, qui, il faut le dire, sait très bien jouer à cache-cache.

Parmi les scènes, on compte plusieurs univers différents que Momo côtoie avec le bébé lecteur et chercheur, cherche, bébé, cherche : la fête foraine, la salle de sport, l’aire de jeux, la chambre, le chantier, l’atelier, le jardin à cultiver, la librairie ou la bibliothèque (qui met la banane car oui, un des éléments à trouver est une banane), le travail dans les champs, la cuisine, et les vacances en mode road trip. Scènes truffées, c’est le cas de le dire, de détails constituant leur objet : sur la route des vacances par exemple, on trouve… un camping-car, une forêt, un cours d’eau, une prairie, une roue de secours, un appareil photo, des fenêtres ouvertes pour faire rentrer l’air dans le véhicule, Momo, bien sûr, mais aussi un doudou (qu’on retrouve d’ailleurs un peu partout), une valise, des protections sur les sièges, une carte à déplier, un appareil photo, etc.

En bref, un imagier sous forme de livre-jeu, très sympa. Quelques images sur le site de l’éditeur, Les Grandes Personnes : http://www.editionsdesgrandespersonnes.com/portfolio_page/mais-ou-est-momoandrew-knapp1er-mars-2018/ ! Bonne quête tout le monde, et bon voyage…

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Images du quotidien

François Delebecque, aux éditions des Grandes Personnes, est l’auteur prodige d’une série d’imagiers tout cartonnés de tip top qualité : un imagier de la plage, un imagier des animaux et aussi un imagier des jouets (en cliquant sur les liens vous accédez à la page de l’éditeur avec des extraits en ligne de chacun de ces titres)…

 

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Sur les pages de couverture, nul titre, chut, ici, ce sont les images qu’on lit. Une approche visuelle qui commence toujours par la silhouette de l’objet représenté. Même principe à l’œuvre à l’intérieur de ces livres formats carrés : à chaque page, le bébé lecteur lit d’abord un dessin noir & blanc associé au mot qui lui correspond, avant de découvrir, par un jeu de rabats, l’image en couleurs, superbe version photo, de l’objet représenté.

La réalisation est splendide, le concept, combinant intelligemment média photo et dessins très contrastés, proprement génial, à même de parler aux apprentis lecteurs, d’autant que c’est une partie de cache-cache & de devinettes à laquelle le photographe et plasticien François Delebecque les convie ici, doublée d’un éveil artistique plaçant en douceur l’enfant au cœur de la double question : comment voir le réel, comment représenter la réalité ?

Last but not least : voici que sort aussi un jeu de loto sur la nature signé du même auteur… chez le même éditeur ! 6 thématiques : les animaux de la ferme, les animaux sauvages, les petites bêtes mais aussi les fleurs, les fruits et les légumes. 6 cartes par thématiques, représentant chacune la silhouette en noir sur blanc de l’objet représenté, comme dans les livres. Chaque carte est à replacer par l’enfant sur la planche thématique adéquate : on retrouve ainsi 6 planches comportant chacune 6 photos des mêmes objets représentés. Un jeu riche et beau, pour prolonger la lecture par de nouvelles expériences ludiques… Quelques images ici !

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Un crocodile à la plage

Place aujourd’hui à un album qui sent bon l’été et les vacances au bord de l’eau :

Nageur comme fossile

de Natacha Andriamirado et Delphine Renon

En format paysage, portée par des illustrations pastel tendres, ludiques et d’une précision rare, voici l’histoire d’un fréquentant hors norme à la plage : ce crocodile, Fossile, qui, si, si, avec bonhomie et bienveillance, dans le sable et avec ses autres compagnons de jeux & bronzage prend racine. De toute sa longueur, et sans se départir, ni de ses lunettes, ni de ses tongs, ni de ses serviettes, il occupe le terrain sans mettre dans l’eau ni les pieds, ni les mains, ni rien. Lui, c’est le gardien. Le conseiller. Il est bien entouré, les auteurs de l’album nous ont présenté ses vingt-quatre amis dès la première double page : Gramme l’hippopotame, Clapin le lapin, Dandelion le lion… Avec un sourire sage, calme et (en apparence ?) tranquille, il les observe, les guide, les encourage à jouer, nager, s’amuser avec l’eau…

Mais son sourire se fend progressivement, jusqu’à ce que Fossile montre des dents… de peur s’entrechoquant : scoop !

Fossile a peur

d’aller dans l’eau.

Heureusement, Fossile a des amis… et sait les écouter :

Impossible !

Les crocodiles n’ont peur de rien !

Encore moins de l’eau !

Fossile, ne soit pas si inquiet […] Allez viens !

Crois-nous, ce n’est pas la mer à boire.

Ragaillardi, le voici qui plonge à son tour & à grand fracas, SPLASSSHHH ! dans l’eau, ouvrant une gueule béante pour dévoiler maintenant un sourire franc (son ami le poussin en profite d’ailleurs pour lui brosser une dent) ! Voilà, en toute simplicité, sa peur apprivoisée, et désormais, Fossile le crocodile aime beaucoup lézarder sur le sable ET nager dans l’eau.

Un livre très sympa, qui invite par ailleurs les jeunes lecteurs à nommer les animaux, à les compter grâce à un joli et discret système de points de couleurs et à repérer certaines des sempiternelles activités qui font tout le charme d’une journée à la plage : jeux d’anneau, jeux de balle, épuisette et coquillages.

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Vu d’en haut

Beaucoup de livres pour tout-petits se mettent à hauteur d’enfant pour décrire leur environnement. L’album que je vous présente aujourd’hui non seulement se met à hauteur d’enfants… mais les embarque également dans un voyage visuel inédit des plus palpitants : dans Vu d’en haut de Marie Poirier, édité chez les Grandes Personnes, voici le bébé lecteur monté d’un cran ; le voilà presque devenu, par le fruit d’une drôle de magie fondée sur l’élévation & la lévitation, plus grand que les grands, tant il a pris de hauteur pour pouvoir observer le monde depuis là-haut, tout là-haut !

vu-d-en-haut-marie-poirierUn album tout cartonné, facile à manier, et dont les bords arrondis rejouent la forme circulaire de la couverture comme du propos tout en plénitude et rondeur.

Un livre jaune comme le soleil et le sable, bleu comme l’eau de la piscine, rouge comme les toits des maisons, les chapeaux de ces enfants & les pommes, et vert comme les feuilles, les arbres ou encore d’autres chapeaux. Une palette de couleurs sobre, efficace et chaleureuse pour situer la saison dans lequel cette aventure s’inscrit : un été chaud, où il faut beau et bon se plonger dans l’eau !

Or donc quel est ce récit, vu d’en haut ? D’abord, une vue panoramique offre aux regards le village, ses axes routes et habitations. Puis l’on amorce une descente : zoom sur une propriété : maison, arbres fruitiers, piscine, table, parasol… et deux personnes à vélo portant des chapeaux. Suivons ces deux personnages à travers les feuillages… leurs bicyclettes les ont menés au bac à sable, où ils vont pouvoir jouer : tamis, pelle, râteau, sans oublier, hop, le ballon ! Un moment de fatigue ? A la sieste ! Une petite faim ? Ne serait-ce pas un plateau repas que cette grande personne apporte ? Miam, bon appétit… et maintenant, à l’eau !! Grâce aux bouées, flottons, légers, dans la piscine et dessinons des cercles dans l’eau ; grâce aux bouées, nageons… mais, mais, mais, ce farceur de chat a rapproché l’arrosoir et voici que le bain se transforme en douche ! Allez ouste, c’est l’heure de se sécher au soleil et de montrer nos jolis visages à celle ou celui qui nous regarde d’en haut, qu’on salue au bien au passage ! Et c’est reparti pour un tour à vélo et à pied, pour explorer la forêt… et le ciel… !

Aucun texte, sinon sur la quatrième de couverture que l’on découvre a posteriori lorsque l’on referme le livre : ici, le bébé lecteur est invité à rentrer dans le récit par les images. L’occasion pour lui de se raconter sa propre histoire… en interprétant et réinterprétant à sa manière ces illustrations, au gré de ses différentes lectures — à l’instar de la proposition de lecture que je viens de vous faire, et qui m’est propre et éphémère. Quelles seront les vôtres, les leurs, les siennes ?

En bref…

  • Une vue aérienne d’un monde vivant, tout en ronds et en couleurs, évoquant des vacances heureuses… parenthèse ludique et insouciante, qui permet aux jeunes esprits de s’évader d’un quotidien terre-à-terre, lever le pied pour aérer leurs pensées & renouveler leurs regards !
  • Une démarche originale et bienvenue pour inviter le jeune enfant à voir le monde autrement : élargir ses points de vue et continuer d’éveiller son sens de l’observation.
  • Sans compter qu’on s’amuse beaucoup, en tant que lecteur « perché » et un brin « voyeur », à deviner qui fait quoi, qui est qui, et qu’est-ce qu’il se passe ici et là !

Pour vous aider à trouver ce livre lumineux en bibliothèque ou librairie, en voici les références complètes :

Vu d’en haut [Texte imprimé] / Marie Poirier. – Paris : Ed. des Grandes Personnes, 2016. – 1 vol. (38 p.) ; illustrations en couleur ; 16 x 16 cm.
ISBN  978-2-36193-423-1 : 12 EUR