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Nouveaux livres à gogo #2 : questions de savoir-être

Depuis le début du déconfinement progressif, la BBthèque met lumière des albums récents que vous pourrez vous procurer dans vos librairies indépendantes préférées si elles ont redémarré leur activité. La BBthèque continue de vous inviter à vous enquérir auprès de votre libraire de proximité de ses modalités éventuelles d’ouverture ; certaines librairies pratiquent par exemple des formules de type « drive » où vous réservez par mail, en ligne ou téléphone vos ouvrages, puis venez retirer votre commande sur un créneau dédié.

Aujourd’hui, la BBthèque vous propose une sélection d’albums jeunesse où le véritable héros de l’histoire est le savoir-être :

Quel malpoli à moi un mensonge gros comme un éléphantQuel malpoli de Claire Helen Welsh et Olivier Tallec aux éditions Père Castor -Flammarion aborde, avec humour, la notion de civilité. Un petit garçon invite un ami pour le goûter : il est tout disposé à être aux petits oignons pour ce dernier. Mais son ami est vraiment malpoli ! De page en page, c’est de pis en pis. Tant et si bien que l’hôte craque et manque de politesse à son tour : le voilà qui engloutit, au final, tout le gâteau pour ne laisser que de menues miettes à son convive. Boomerang et effet miroir ! Balle au centre ? Le malpoli n°1 et le malpoli n°2 comprennent leurs erreurs et s’excusent l’un envers l’autre. S’ouvre alors une nouvelle ère à la toute fin du monde : celle du tout poli !

A moi de Lou Peacock et Yasmeen Ismail aux éditions Père Castor – Flammarion est aussi l’histoire d’un duo dont les deux parties se fâchent puis se réconcilient. Le sujet de la dispute ? Savoir à qui appartient quoi et vouloir plus pour soi, quand bien même c’est au détriment du voisin. Deux écureuils ramassent des noisettes, chacun pour sa pomme. Jusqu’au moment où les voici convoitant la même noisette, s’accrochant à elle, ne lâchant pas l’affaire. Un contre un ? « A qui sont ces noisettes » ? intervient un troisième luron. Et les personnages d’évoluer vers la résolution du problème : à lui ET à elle, à toi ET à moi. De l’exclusivité, basculer vers la notion de partage.

Un mensonge gros comme un éléphant de Thierry Roberrecht et Estelle Meens aux éditions Mijade reprend un procédé qui a fait ses preuves, dans Grosse colère de Mireille d’Alancé ou encore Bienvenue Tristesse d’Eva Eland : matérialiser une émotion, la rendre palpable en lui donnant corps. Ici la culpabilité devient ainsi éléphant tellement le mensonge qui l’occasionne est géant. Un petit garçon fait une bêtise, mais ne l’assume pas, accusant à la place sa petite sœur. Le mensonge travaille l’esprit du petit homme, si bien qu’au petit matin il a pris tant de place qu’il est devenu un éléphant lourd à porter… L’heure est donc venue de s’en libérer en assumant la vérité. 

La BBthèque vous souhaite de bonnes lectures à venir avec ces ouvrages mettant en scène la relation constructive à l’autre ! Nous vous invitons aussi à consulter notre sélection de livres sur les premiers pas dans la vie en collectivité à destination des tout-petits. 

 

 

 

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Nouveaux livres à gogo #1 : ruée vers l’art

Dans la BBthèque à partir d’aujourd’hui, lumière sur des albums récents que vous pourrez vous procurer dans vos librairies indépendantes préférées si elles ont redémarré leur activité. La BBthèque vous invite à vous enquérir auprès de votre libraire de proximité de ses modalités éventuelles d’ouverture ; certaines librairies pratiquent par exemple des formules de type « drive » où vous réservez par mail, en ligne ou téléphone vos ouvrages, puis venez retirer votre commande sur un créneau dédié.

Et nous démarrons aujourd’hui cette plongée dans les nouveautés avec une ruée vers l’art, car l’art, tout comme le livre, c’est de l’or en barre, même quand on ne peut pas aller dans les grands musées par mesure de sécurité ! Au menu de cette chronique, deux livres d’éveil artistique :

  • Une histoire vraie, biographie d’artiste : Yayoi Kusama, l’artiste qui mettait des pois partout, de Fausto Gilberti aux éditions Phaidon
  • Un livre d’images qui disent tout et son contraire, bref un imagier artistique des contraires : Les contraires, conçu par Andy Guérif aux éditions Palette

Yayoi Kusama

l’artiste qui mettait des pois partout

Mon premier est une femme avec des lunettes en forme de pois, qui porte et conçoit des robes à pois et dessine des pois tout le temps, partout, y compris sur des gens et sur des citrouilles.

C’est… Yayoi Kusama, qui, sous la plume de Fausto Gilberti, se raconte à la première personne. Une façon simple, directe, attachante de s’adresser aux jeunes lecteurs et de leur présenter la vie et la démarche de cette artiste contemporaine japonaise, qui a commencé sa carrière aux Etats-Unis avant de retourner vivre au Japon où elle continue de créer au jour d’aujourd’hui.

Une découverte riche en pois et au-delà, servie par des illustrations pleines d’humour et de respect pour l’œuvre originale de Yayoi Kusama.

Les contraires

Après ce focus sur une artiste contemporaine, mon second propose un parcours d’histoire de l’art placé sous le thème des contraires.

Le jour peint par Claude Monet entre ainsi en résonance avec la nuit de Vincent Van Gogh, la ville d’aujourd’hui (Paris, par Alain Bublex) versus la campagne d’hier (de Jan Brueghel l’Ancien et Joos de Momper le Jeune) ; rire (à gorge déployée, comme dans cette peinture Hats-06 de Yue Minjun) ou pleurer (comme sur cette photo de Vivian Maier) ? Monter / descendre, sucré / salé, chaud / froid, gros / mince, couché / debout, vieux / jeune, ensemble / seul, net / flou, à l’endroit / à l’envers, devant / derrière… Andy Guérif, l’auteur de ces confrontations d’œuvres du passé et du présent, fait preuve d’humour, d’imagination, de savoir et savoir-faire tout à la fois pour trouver le tableau qui illustre à merveille le contraire de son vis-à-vis !

Le parcours artistique proposé aux tout-petits est d’une richesse inouïe, et rencontre de manière très créative cette notion fondamentale de l’apprentissage que sont les contraires. Si vous le parcourez, vous ne me pourrez pas dire le contraire… 

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La BBthèque vous souhaite d’excellentes lectures artistiques, à prolonger le cas échéant avec d’autres ouvrages tip top d’éveil artistique pour les tout-petits : vous trouverez la sélection BBthèque idoine ici !

 

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Lecture filmée : Plic ploc banquise, si on soignait aussi notre environnement ?

La BBthèque vous propose, plic ploc, à partir d’aujourd’hui, et pendant toute la durée du confinement, la lecture filmée, plic ploc, de Plic ploc banquise, avec l’autorisation de son auteur, Claire Garralon, et de son éditeur, les éditions MeMo.

Visuel Plic ploc banquise - Claire Garralon - lecture filmée

Psssst : souvenez-vous, la BBthèque avait chroniqué cet album génial ici il y a quelques mois, dont vous verrez qu’il livre un message essentiel aux jeunes générations : l’importance de prendre soin de notre environnement aujourd’hui et demain. Mais trêve de parole, place à la lecture filmée — ploc, plic.. plic, ploc :

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Au-delà, la BBthèque vous recommande vivement de vous procurer, en librairie, en bibliothèque publique ou dans la bibliothèque privée d’un ou d’une amie, quand les conditions le permettront, ce livre au top dont voici la belle page de couverture (plic, ploc) :

Plic ploc banquise

Claire Garralon

éditions MeMo (2019)

plic ploc banquise claire garralon

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PS : retrouver l’ensemble des lectures filmées, proposées et/ou réalisées par la BBthèque pendant le confinement, ici !

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Frouch !

Ceci est une histoire sans mots. Ceci est une histoire à bruits. Ceci est une histoire d’hier et d’aujourd’hui, une histoire toute simple et riche d’ironie présentée dans la BBthèque ici et ce jour-ci :

frouch

de Mathieu Lavoie

aux éditions Hélium

Un bébé lecteur écoute la voix de celle ou celui qui lui lit, lui raconte une histoire, et observe les images qui se présentent à lui. Dans Frouch, le récit, mettant en scène l’environnement d’une maman et de son tout (tout) petit, est porté par une séquence d’images faites sons, grâce à un graphisme épuré d’une part, au recours exclusif aux onomatopées comme éléments de langage d’autre part. Le bébé bercé par sa maman dans l’album, comme celui à qui l’histoire est destinée, est invité ouvrir grands ses yeux et oreilles pour embrasser cette aventure… celle d’une maman un peu débordée par les premiers temps de la naissance de son enfant.

On se croirait dans un village. Une fermière se déplace avec son âne (Hihan !), sa poule (Cot ! Cot !), un oiseau les accompagne (Cui ! Cui !), un chien les précède (Ouaf !), un chien itou également (Miaou !). L’assemblée vient proposer ses services à la porte de la jeune maman (Ding ! Dong !), qui prend un œuf (Cot ! Cot !) pour un sou (Cling !) tandis que le bébé qu’elle porte dans son dos fait dodo (Zzzz…). L’assemblée poursuit son bonhomme de chemin, avec les mêmes sons augmentés d’un œuf éclos (Piou !). La maman se lance dans la confection d’un gâteau en cassant l’œuf (Crac !) et en fouettant la préparation (Zwiz !), sous le regard attentif du chien (Ouaf !) et du chat (Miaou !) tandis que le bébé continue de ronfler (Zzz…) bercé par toute cette activité. Puis vient l’attente de la cuisson de ce gâteau fait maison, où la maman continue de s’adonner aux tâches ménagères et donc de ne point se ménager (Tic ! Tic ! Tic ! dit la minuterie du four ; Frot ! Frot ! le balai en mouvement ; Zzz… poursuit l’enfant). Bref… la maman finit par succomber à son tour à la fatigue et au sommeil… et là c’est le drame. La sonnerie de fin de cuisson retentit (Ping !). Mais personne pour réagir à temps en prévenant l’incendie naissant… Sauf l’enfant qui retraduit le son qu’il entend en désignant la source du problème avec son doit : « Frouch !« , maman, « Frouch !« . Pin-pon ! Glou-glou ! Splish ! Splash ! Un gâteau calciné… et tout à recommencer… parce que c’est pas tout ça mais il fait un peu faim… non ? Allez, et si le bébé prenait le relais pendant que maman prend le large… en s’accordant un peu de repos ?

Spéciale dédicace à toutes les jeunes mamans… !

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Histoires à lire et écouter

Les jours de pluie, un chocolat chaud en main, mettre un CD dans le lecteur, se blottir entre des coussins avec une pile de bouquins. Aujourd’hui dans la BBthèque, lumière sur 3 livres-CD édités par Benjamins Medias, pour les jeunes enfants :

  • Meugli d’Emilie Chazerand et Félix Rousseau
  • Alain l’alien de Xavier Laurent-Petit et Alain Mets
  • On ne va pas se laisser faire ! de Richard Marnier et Amélie Jackowski

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Ces trois histoires réunissent des ingrédients communs :

  • des sujets difficiles : l’abandon d’un enfant, la différence et l’exclusion, le racket
  • traités selon une approche constructive, avec un contre-pied mariant récit, musique et humour (Meuhhhhhgli) et montrant comment, avec la persévérance individuelle des personnages, souvent haut comme trois pommes, complétée du collectif, on sort d’une situation difficile pour tendre à une résolution : une fin heureuse.

Des histoires riches en apprentissages, où rien n’est écrit : à situation de départ donnée, la situation d’arrivée est radicalement changée, grâce aux ressorts et stratégies de chacun. Des livres-CD malins, qui font du bien.

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Adulte = (un peu, beaucoup…) Enfant !

Pépite pour les petits et les grands, dans la BBthèque aujourd’hui ! Un livre pour savoir à quoi ça ressemble d’être un adulte, par Henry Blackshaw, aux éditions du Seuil Jeunesse. Et la quatrième de couverture de préciser :

Un livre pour les enfants qui veulent savoir ce que c’est d’être un adulte.

Un livre pour les adultes qui veulent savoir ce que c’est d’être toujours un enfant.

Alors… un adulte… ça ressemble à quoi ? Scoop : à… un enfant… celui qu’il a été un jour… tout comme toi, bébé lecteur !

Chers enfants,

Saviez-vous que tous les adultes ont un enfant qui vit en eux ?

Mais si… regarde bien sur l’image de la couverture : tu le vois, cet enfant contenu dans l’adulte ! Oui ? Maintenant que l’auteur-illustrateur t’a révélé cette grande vérité invisible à l’œil nu, ouvre grand tes yeux de bébé lecteur, afin d’imaginer, donner corps, avec Henry Blackshaw, à tous ces enfants contenus dans ces corps devenus grands. Tu t’apercevras peut-être que les attitudes de ces adultes, vis-à-vis de leur âme d’enfant, sont très variables, d’un individu à l’autre, et même d’un jour à l’autre. Si un adulte très occupé ou stressé tend à contenir son enfant en lui, sa part d’enfance finit souvent… toujours !? par le rattraper. Oui, tout adulte est encore finalement un peu beaucoup un enfant : regarde celui-ci qui danse, celle-là qui joue, ceux que la peur ou l’amour gagnent, et les plus âges d’entre nous qui font les 400 coups !

Et l’auteur-illustrateur de conclure :

L’enfance est un moment important. On y apprend des choses qu’on ne pourra jamais oublier ! Quand vous serez grands, vous aurez toujours un enfant en vous. […] Promettez-moi que vous prendrez soin de cet enfant en vous. […] Car c’est cet enfant qui rend la vie d’adulte… bien plus amusante !

Un album extraordinaire, par ses propos et ses illustrations qui rendent si palpables les enfants qui subsistent en nous, fondamentalement : l’enfance revêt un caractère essentiel… or il toujours savoir revenir à l’essentiel ; le temps passe, mais l’enfance demeure vivace, source de vie, tel un réservoir d’énergie.

A hauteur de bébé lecteur, de quoi se réjouir et voir les adultes autrement… comme d’autres enfants… quand c’est possible, à certains moments !

Des extraits à découvrir ici. Bonus : sur la couverture du livre imprimé, que tu ne manqueras pas d’acheter, d’emprunter, de consulter… tu peux toucher du doigt l’enfant qui saute au plafond dans l’adulte en costard-cravate !

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Une maison très spéciale

Maurice Sendak et Ruth Krauss font enfin leur entrée dans la BBthèque, par un album classique (1953) qui nous arrive en France en 2019 grâce à la traduction de Françoise Morvan et aux éditions MeMo. Cet album rythmé et joyeux, hymne à l’imagination et à la construction de l’identité des petits, s’apparente à une comptine d’enfant, un enfant racontant la maison de ses rêves :

Une maison très spéciale

Dans cet album, où le fond est de couleur ocre, où l’enfant (qui est le narrateur) constitue le seul (personnage) doté de couleurs (peau blanche et haut blanc, cheveux noirs et salopette bleue) et où les autres êtres et objets sont dessinés au crayon noir uniquement, l’enfant à salopette bleue, heureux, chantonne SA version de SA maison.

Je connais une maison — pas une maison d’ânon ou d’écureuil des bois — pas une maison qu’on voit — pas au bord d’une rue ni d’une route non plus — oh juste une maison qui est à moi Moi MOI.

Dans cette maison il y a… un lit, une étagère, des chaises, des portes, des murs, une table… et chacun de ces éléments est, c’est à préciser, très spécial. Dans cette maison l’enfant peut apporter un tas de trésors : une tortue, un lapin, une souris, des ouistitis et même un lion ! qui s’attaque, c’est jouissif, au mobilier. C’est une maison où il fait bon de bouger en bonne compagnie : se dire des secrets, rire à s’en rouler par terre, jouer, mimer, chanter, courir… sans jamais devoir s’arrêter. C’est le royaume où on peut clamer « ENCORE » sans que personne ne dise « STOP ».

Cette maison, il y a plein d’endroits où elle n’est pas, et un seul lieu où elle est : la tête de l’enfant qui l’imagine, qui la construit, qui la dessine, qui la chante (sur un air de jazz qui plus est), qui la danse, qui la dit et redit… et qui s’en réjouit.

Un bonheur de lecture avec les petits.