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Psst… tu veux d’la pizza ?

Ceci est un livre. Non, ceci est une boîte de pizza. En fait, c’est un livre et une boîte de pizza. Un livre dont les parts de pizzas sont les héros, ou plutôt les héroïnes qui tentent de sauver leur peau, chair et os. Un livre où ces dernières expliquent aux jeunes lecteurs COMMENT MANGER UNE PIZZA (mode d’emploi). La BBthèque vous présente aujourd’hui un album très drôle, publié aux éditions Les fourmis rouges et signé Jon Burgerman, l’auteur de Splash ! Souvenez-vous, nous en parlions ici… D’une pâte à l’autre, voici que cet auteur-illustrateur américain met en scène, avec son graphisme pop aux couleurs toujours aussi vives, des pizzas :

Comment manger une pizza

de Jon Burgerman

Ce livre, qui se présente comme un escape book, est l’histoire d’une part de pizza, la plus appétissante, la meilleure en somme, tout simplement, qui va tout faire pour éviter d’être dévorée par la lectrice ou le lecteur du livre dont elle est prisonnière ! Y compris vendre les copines et leurs nombreux atouts… Que l’on se rassure : les parts voisines ont aussi leur mot à dire, et savent se serrer les coudes pour éviter une mort certaine précédée d’une chute dans l’appareil digestif des lecteurs gourmands.

On arrive au consensus et à une proposition de menu alternatif, bien plus sain : et si on mangeait plutôt des légumes ? C’est tellement meilleur pour la santé… L’argument va-t-il fonctionner ?

… Les lecteurs semblent reconnaître le bien fondé d’une alimentation plus équilibrée. Sans pour autant renoncer à manger de bonnes pizzas ! Miam miam… vive les pizzas végétariennes !

Un chouette album sur l’art de manger et d’argumenter !

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Sur les traces d’un camion poubelle !

Une fois n’est pas coutume, la BBthèque propose aux jeunes lecteurs de s’intéresser à la gestion des déchets, en suivant le parcours de deux éboueurs dans leur camion poubelle, avec le livre suivant, imprimé sur du papier FSC issu de sources responsables, et signé Max Estes, auteur-illustrateur américain ayant élu domicile à Oslo, aux éditions La Joie de lire :

Le camion-poubelle

C’est l’histoire de Simon et Oskar : « Salut ! » nous disent les deux héros du récit au début du livre.

« La ville dort encore quand ils partent au travail ».

Les jeunes lecteurs vivent ainsi une journée de travail de ce duo d’éboueurs : le rassemblement du matin pour prendre connaissance des tâches qui les attendent, le café pour bien se réveiller, la sortie du garage à camions, le passage à la pompe pour faire le plein de carburant, puis le top départ pour sillonner la route et relever les déchets, le partage des tâches entre celui qui conduit et celui qui monte, descend, se met de côté, vide les poubelles, puis, quand le jour se lève, direction la déchetterie où les déchets sont pesés….

Le programme de la journée vaut quelle que soit la saison, la météo : les éboueurs sont toujours au rendez-vous pour accomplir leur mission ! Tout n’y est pas rose loin de là : « éboueur est un métier où on est confronté non seulement au danger, mais aussi à la saleté ».

Mais Simon et Oskar sont très investis dans leur métier et s’intéressent de près à la vie des déchets : ils connaissent bien le tri et la chaîne du recyclage, très bien expliqués dans cet ouvrage ; ils font parfois des trouvailles parmi les détritus : ce que d’aucuns jettent pourraient bien faire le bonheur d’autres (de l’élastique en quantité, un pantalon en bon état… ou encore un nounours égaré !)… Donnant à entendre qu’il est peut-être préférable de donner plutôt que de jeter.

L’album se fonde sur une graphisme naïf, sensible et doux, rétro et moderne à la fois, signifiant que la problématique abordée est intemporelle. Les illustrations et le texte s’attachent à mettre en lumière, à rendre visible une profession de l’ombre pourtant ô combien indispensable, à retracer son sens et à traduire l’investissement humain de celles et ceux qui s’y emploient.

Un livre d’utilité publique, tout simplement, à mettre entre les mains de tous les enfants, et de tous les grands.

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Nouveaux livres à gogo #6 : changer de point de vue

Depuis le 11 mai, top départ du déconfinement progressif, la BBthèque met en lumière des albums récents que vous pouvez vous procurer dans vos librairies indépendantes préférées. Aujourd’hui, la BBthèque vous propose, par ces temps versatiles, d’explorer dès le plus jeune âge la loi de la relativité… enfin, tout est question de point de vue ^^ Les deux ouvrages présentés aujourd’hui constituent à dire vrai surtout des petites leçons de re-la-ti-vi-sa-tion… Bonne idée, non !?

je suis le roi - marco vialeMon premier pense qu’il est le roi, mais l’est-il vraiment tout le temps pleinement ? Le narrateur de Je suis le roi ! de Marco Viale aux éditions A2mimo est en convaincu : c’est moi le roi, aka c’est moi le plus… avec tous les adjectifs qui vont bien. Il est le roi et il le dit à quelqu’un (à qui ? pour le moment on ne sait pas). Il pérore à tout va : « moi je suis le plus… », « moi j’ai le plus… » et il se montre un tant soit peu condescendant avec celle ou celui qui l’écoute pérorer : « et toi ? » Et son interlocutrice ou interlocuteur répond invariablement : « moi, non ». Jusqu’à ce que… la nuit tombe et que ce roi de papier, qui avait jusqu’ici la grosse tête et donc une large couronne l’écrasant de tout son poids, admette une faille : j’ai peut-être un peu beaucoup peur du noir en fait ; et de s’enquérir auprès de son acolyte : « et toi ? » « Moi, non ». Eh oui : le narrateur est peut être parfois roi, mais la reine de la nuit, ç’en est une autre, en l’occurrence celle ou celui auprès de qui il se vantait à tort et à travers jusqu’ici : la luciole, qui brille dans la nuit. Tout pouvoir a ses limites non ? Un album graphique dont vous pouvez découvrir quelques extraits ici.

le bon cote du mur jon ageeDans une autre histoire, Le bon côté du mur de Jon Agee aux éditions Gallimard Jeunesse, un autre enfant, preux chevalier, est convaincu d’être localisé du bon côté du mur en briques érigé juste à côté. De l’autre côté, il en sûr et certain, il n’y a que des êtres vils et de terribles dangers. Jusqu’à ce que… le narrateur ne doive réviser son opinion, en constatant que derrière lui, de son côté du mur qu’il croyait si bon, il est menacé. Ouf, il est accueilli à bras ouvert de l’autre côté, qui finalement a lui aussi ses bons côtés… Faire tomber le mur des préjugés… quelle excellente idée ! Un album ludique dont vous pouvez feuilleter quelques extraits .

La BBthèque vous invite à découvrir aussi à ce lien d’autres ouvrages où l’on apprend à relativiser quel que soit notre âge !

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Imagier d’Amérique latine

Allez viens, bébé lecteur, la BBthèque t’emmène en voyage aujourd’hui, nul besoin de prendre l’avion, tu embarques à bord d’un livre-accordéon et te voilà emporté… en Amérique latine :

Imagier d’Amérique latine

de Magali Attiogbé

Ce premier documentaire, en format leporello recto verso, signé Magali Attiogbé aux éditions Amaterra, se plie et se déplie pour former une fresque de deux séries de 15 mots-clés illustrés représentant la culture latino-américaine : le sombrero, la papaye, le lama, le tatou, le paresseux, le poncho, le tango, etc.

Une sympathique et colorée invitation au voyage pour les tout-petits.

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Une maison très spéciale

Maurice Sendak et Ruth Krauss font enfin leur entrée dans la BBthèque, par un album classique (1953) qui nous arrive en France en 2019 grâce à la traduction de Françoise Morvan et aux éditions MeMo. Cet album rythmé et joyeux, hymne à l’imagination et à la construction de l’identité des petits, s’apparente à une comptine d’enfant, un enfant racontant la maison de ses rêves :

Une maison très spéciale

Dans cet album, où le fond est de couleur ocre, où l’enfant (qui est le narrateur) constitue le seul (personnage) doté de couleurs (peau blanche et haut blanc, cheveux noirs et salopette bleue) et où les autres êtres et objets sont dessinés au crayon noir uniquement, l’enfant à salopette bleue, heureux, chantonne SA version de SA maison.

Je connais une maison — pas une maison d’ânon ou d’écureuil des bois — pas une maison qu’on voit — pas au bord d’une rue ni d’une route non plus — oh juste une maison qui est à moi Moi MOI.

Dans cette maison il y a… un lit, une étagère, des chaises, des portes, des murs, une table… et chacun de ces éléments est, c’est à préciser, très spécial. Dans cette maison l’enfant peut apporter un tas de trésors : une tortue, un lapin, une souris, des ouistitis et même un lion ! qui s’attaque, c’est jouissif, au mobilier. C’est une maison où il fait bon de bouger en bonne compagnie : se dire des secrets, rire à s’en rouler par terre, jouer, mimer, chanter, courir… sans jamais devoir s’arrêter. C’est le royaume où on peut clamer « ENCORE » sans que personne ne dise « STOP ».

Cette maison, il y a plein d’endroits où elle n’est pas, et un seul lieu où elle est : la tête de l’enfant qui l’imagine, qui la construit, qui la dessine, qui la chante (sur un air de jazz qui plus est), qui la danse, qui la dit et redit… et qui s’en réjouit.

Un bonheur de lecture avec les petits.