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Les contraires… à l’endroit comme à l’envers !

Lumière aujourd’hui sur une perle de la littérature jeunesse, rééditée chez Thierry Magnier cette année en format carré tout cartonné : A l’endroit comme à l’envers, de Menena Cottin. Un livre, noir & blanc et une touche d’orange, à lire à l’endroit… mais aussi à l’envers, pour saisir un mot… et son contraire !

endroit envers menena cottin

Par son graphisme intelligent, porté par des contrastes de couleurs saisissants (ah… le noir et blanc et les petits enfants), Menena Cottin offre aux tout petits une expérience de lecture visuelle inédite : chaque double-page propose en effet une illustration dont le sens diffère selon la manière dont le bébé lecteur manipule le livre ! avec, en orange, des mots pour exprimer les tournures de langage désignant les opposés ainsi illustrés. En passant de l’endroit à l’envers et vice & versa, on passe en revue les contraires :

  • début ou fin d’un trait tracé au crayon
  • 10:10 ou 04:04 dit l’horloge selon comment on la prend
  • en haut ou en bas, désigne le doigt
  • flotter ou couler pour le bateau chahuté
  • printemps ou automne selon que l’arbre produit ou perd ses feuilles
  • été ou hiver selon que la plante pousse ou hiberne
  • monter ou descendre tel l’avion en vol
Un imagier design, original et ludique, continuant d’éveiller le sens de l’observation des jeunes lecteurs tout en les mettant à contribution pour construire le sens des premiers mots de tout horizon qu’ils apprendront : ici, les saisons, les verbes d’action, mais aussi quelques notions un peu plus abstraites… Quelques images ici-bas (si vous lisez cet article sur tablette, vous pouvez toujours tenter de retourner l’écran ^^) :
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Cuisine du monde pour les bébés

Une petite pause au milieu des premières histoires et premiers documentaires présentés ça et là dans la bébéthèque, pour aborder le sujet primordial de l’alimentation sous un angle original et passionnant : des recettes du monde entier dans l’assiette des bébés !!

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« 60 recettes pour initier les tout petits aux saveurs d’ailleurs » : tel est le voyage gourmand proposé par l’album-documentaire Une cuisine du monde pour les bébés, co-signé Anne Kerloc’h, Judith Gueyfier et Zaü et édité par Rue du monde (nécessairement) en format géant. En guise de préface, le pourquoi du comment de cette démarche :

Si l’on trouve tout naturel d’éveiller un nouveau-né aux formes, aux couleurs et aux musiques, on hésite davantage à l’initier à la fabuleuse variété des saveurs. Pourtant, les recherches pédiatriques nous encouragent aujourd’hui à oser cette grande aventure du goût.

Alors, hop, c’est parti ! Direction…

les Amériques !

Escales prévues :

  • au Brésil, où l’on apprend à concocter des beijjos glacés à l’avocat et au citron vert, des pão de queijo et des natilla piñacolada…
  • au Mexique, avec un guacamole doux pour les petits loups, une cremita de maíz et un bœuf au maïs et parfum d’épices…
  • en Argentine et au Pérou en vue de déguster une dinde au maïs et des petits flans pâtissiers au dulce de leche…
  • en Amérique du Nord pour une purée de courge butternut au sirop d’érable ou encore un baby cheesecake !
  • aux Antilles et Caraïbes où l’on servira au jeune enfant rien de moins qu’une compote aux étoiles (de badiane) ou des pancakes à la patate douce

l’Europe…

en plusieurs étapes :

  • la Grande-Bretagne et l’Irlande, avec, au menu, purée de petits pois à la menthe, little porridge et crumble aux pommes
  • la Scandinavie avec, s’il-vous-plaît, des bouchées de saumon en dilli-dilli et une petite verrine de pommes en crème et chapelure d’épices
  • l’Espagne et le Portugal : du gazpachito bien sûr, de l’arroz doce et de la brandade, non mais !
  • l’Italie : place au pâtisotto au citron, à la picata de veau à l’orange ou à un premier tiramisu au fruits…

l’Afrique… 

  • le Maghreb : pour les s aussi, tajine d’agneau à l’abricot et au boulgour, autrement premier couscous avec un brin de menthe sèche, ou caviar de fenouil aux agrumes
  • l’Afrique de l’Ouest : à table avec une compote de mangue poivrée, un tapioca à l’orange ou encore un gâteau à la banane et au cacao
  • l’île de la Réunion et l’Océan indien : délices fondants à la patate douce et mousse de chouchous !

et du Proche-Orient à l’Asie

  • au Proche-Orient, mini-kebbés, yaourt « en bouboules » et trio de messés ;
  • en Grèce ou Bulgarie, régalons-nous d’un caviar d’aubergine blanche, d’une crème kataïfi ou d’un mishmash bulgare…
  • en Turquie, un mix-max de courgettes farcies, une compote aux deux abricots et aux fleurs et une köfte de lentilles rouges
  • en Iran où nous mangerons des crêpes de jade (aux épinards), un poulet mariné au safran et à l’orange et, en guise de dessert, une compote de pommes et cerises à la grenade
  • en Russie et dans les pays baltes : un bœuf stroganov du rebenok transformé en purée, un bortsch d’été à la lituanienne, un kissel à la faisselle… !
  • au Vietnam et en Thaïlande : une omelette vapeur ou un poulet à la mangue
  • en Chine : des boulettes de poulet vapeur et un canard cinq parfums accompagné de son riz au jasmin ;
  • au Japon : un flan de tofu au potiron, une bouillie de riz « okayu » ou une mousse de nashis !
  • en Inde, goûtons le shrikland à la mangue et le baby dhal ;
  • en Polynésie : poe à la banane, soupe de potiron au safran et rillettes de poisson saveur des îles !

Cet exceptionnel guide culinaire ne se contente pas d’aiguiser notre appétit et de mettre à notre portée des cuisines plus ou moins exotiques pour nos tout petits. Il nous plonge aussi dans les cultures locales, grâce aux illustrations alternées de Zaü & Judith Gueyfrier, et la présentation, pour chaque pays visité, d’une coutume accompagnant la naissance et les premiers moments de la vie d’un enfant ! Par exemple, la sieste à l’air frais en Scandinavie, les présents d’argent (silvering the baby !) en Ecosse & Irlande, les pluies de cadeaux (baby shower) en fin de grossesse aux Etats-Unis versus la présentation au monde du bébé à son septième jour de vie (Aqiqa) au Maghreb…

Last but not least : si chaque recette fait mention de l’âge minimum requis pour pouvoir manger la préparation… vous ne lirez aucun âge maximum, chers lecteurs et cuisiniers dont les papilles ont sans doute été, par (la chronique de) cet album, bien éveillées… Aux fourneaux, donc, puis à table tout le monde, et, surtout, régalez-vous bien !


Pour vous aider à trouver ce livre de cuisine en bibliothèque ou librairie, en voici les références complètes :

Une cuisine du monde pour les bébés : 60 recettes pour initier les tout-petits aux saveurs d’ailleurs [Texte imprimé] / recettes et textes Anne Kerloc’h ; images de Judith Gueyfier et Zaü. – Paris : Rue du monde, 2015. – 1 vol. (59 p.) ; illustrations en couleur ; 36 x 29 cm.
ISBN 978-2-35504-400-7 : 24,5 EUR

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Bonne nuit, petit monstre vert

Ed Emberley est l’auteur d’un album ludique extrêmement apprécié des enfants :

Va-t-en, Grand Monstre Vert !

que je vous invite à lire et à relire et à rerelire avec un jeune public si ce n’est déjà fait… un régal intégral, et une bonne partie de rigolade !

Avec cet article, je suis heureuse de vous annoncer la naissance de Petit Monstre Vert, à qui Ed Emberley, et le bébé lecteur, vont souhaiter bonne nuit… :

BONNE NUIT, PETIT MONSTRE VERT

bonne nuit petit monstre vert ed emberley

Les deux albums sont construits à l’identique : des papiers découpés — un papier glacé, solide, épais — sur fonds de couleurs vives. Magique : à chaque page tournée, un nouvel élément apparaît… ou disparaît ! Dans la version destinée aux tout petits, l’auteur-illustrateur commence par présenter son personnage : chaque page de droite décrit ainsi tendrement une partie du corps du monstre — « petit monstre a deux petits yeux jaunes » / « un petit nez bleu turquoise et deux petites oreilles tordues de la même couleur » —, jusqu’à former, à mi-parcours du livre, son « joyeux petit visage vert ». C’est alors qu’une étoile luit, signe qu’il est temps de souhaiter bonne nuit à la créature ainsi apprivoisée, et de la laisser peu à peu s’évanouir à travers champs tandis que le petit lecteur, tranquillisé, succombe à son tour au sommeil :  » […] bonne nuit, petit nez bleu turquoise et petites oreilles tordues de la même couleur » /   » […] bonne nuit, petits yeux jaunes […] » « fais de beaux rêves, petit monstre vert » !

Prouesse technique, portée par un phrasé rythmé d’anaphores et ritournelles, ce livre-jeu marie avec succès, et dans la bonne humeur, deux objectifs pédagogiques :

* apprendre aux tout petits les noms des couleurs d’une part, les noms des parties du visage humain d’autre part — car ce petit monstre, en vrai, a tout d’un bébé singulièrement humain…

* les confronter à la peur de l’inconnu et lutter contre celle-ci, en invitant le bébé lecteur à faire, tout simplement, plus intime connaissance avec cet autre que lui : un exercice cathartique bienvenu, pour le tout petit qui commence à distinguer les êtres étrangers de ceux qui lui sont familiers, et en éprouve de l’angoisse !


the-light-bulb-363064_640Pour vous aider à trouver ce livre en librairie ou en bibliothèque municipale, en voici les références complètes :

Bonne nuit, petit monstre vert [Texte imprimé] / Ed Emberley ; [traduit de l’américain par Élisabeth Duval]. – [Paris] : Kaléidoscope, DL 2013 (impr. en Malaisie). – 1 vol. (non paginé [28] p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 21 cm.
. – Trad. de : Nighty night, little green monster
ISBN 978-2-87767-782-0 (rel.) : 11,80 EUR.

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Apprendre à relativiser…

notes vagabondes

Jour de printemps, livre vert clair, cartonné oh so graphique,intitulé Pas tant que ça, par l’auteur vénézuelienne Menena Cottin, édité par Thierry Magnier dans la collection Tête de lard en 2014. En l’occurrence, c’est l’histoire, non pas d’un lard, mais d’un têtard, allez, non, d’une grenouille, mais petite, toute petite, et très observatrice : elle ne cesse de s’étonner et s’enthousiasmer des caractéristiques physiques et des comportements d’animaux dont elle croise la route : comme celui-ci est grand… comme celui-là est gros…

pas-tant-que-ca-menena-cottin

Or cette petite grenouille est loin de connaître tous les animaux : en voici un encore plus grand, un autre encore plus gros !! Et sa prime évaluation d’être, page après page, contredite par un énergumène toujours « plus » que le précédent, qui lui oppose à chaque situation la formule magico-pédagogique : « pas tant que ça » [« ni tanto », en V.O.]. Ainsi, la trompe de l’éléphant bat le long nez du tamanoir en termes de longueur…

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