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Mini contes pour mini maxi lecteurs

Il y a quelques mois, je publiais un post par ici qui traduisait une quête de premiers contes pour tout-petits… Quelle nouvelle bonne surprise, depuis, que la toute nouvelle collection « Mini Contes » conçue par Attilio et éditée chez Gallimard Jeunesse en 2018… qui permet d’introduire les contes presque dès le berceau ! Elle s’ouvre avec quatre des contes les plus célèbres au monde :

Les couvertures de ces albums tout-cartonnés, petit format carré, représentent très bien les livres eux-mêmes : des dessins simples et modernes, sur un fond blanc, et qui vont raconter, avec des phrases simples et modernes, les contes les plus classiques, le tout servi par un ton joyeux et dynamique.

On retrouve complètement l’esprit originel de ses contes dans ce travail, effectué avec brio par Attilio Cassinelli, d’adaptation de leurs contenus à l’environnement actuel des tout-petits. Ou comment partager avec les plus jeunes la substantifique moelle du patrimoine ancestral en respectant l’esprit mais pas la lettre, réussir sobrement et dans la bonne humeur à faire passer aux enfants présents les messages d’hier et de demain… par l’entremise de petites histoires, mini contes, mine de rien.

Exemple avec Le vilain petit canard :

C’était l’été, le soleil resplendissait.

Maman cane regardait ses petits à peine nés. L’œuf le plus gros n’avait pas encore éclos.

Finalement, l’œuf se brisa. Le dernier petit canard sortit et tous se mirent à marcher à la queue leu leu.

Le petit dernier, qu’on désigne comme le vilain petit canard, est tant et tant rejeté qu’il s’isole jusqu’à s’endormir dans une tanière l’hiver. Quand il se réveille au printemps, il s’est réconcilié avec lui-même et a trouvé ses pareils : laissons le temps au temps, ce vilain petit canard là n’était ni vilain ni canard, mais cygne en devenir, bel oiseau parmi les siens.

Je ne peux que vous conseiller de prendre en main et de partager avec vos mini bambins ces mini contes qui concentrent en eux un maximum de qualités !

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Pause lecture, pause goûter

Lumière aujourd’hui sur un trio d’albums réjouissants, signés Anaïs Vaugelade à l’Ecole des Loisirs : Canards, Chatons et Mouche, qui ont (au moins !) quatre points communs

  • leur petit format, aisé à prendre un main
  • leur héros, Amir, petit blond auquel le bébé lecteur s’identifie facilement, et qui interagit avec…
  • des acolytes animaux : maman cane et ses canetons, maman chat et ses chatons, ou la mouche qui fait mouche !
  • une fin gourmande correspondant au moment réconfortant du goûter des bébés protagonistes voire des bébés lecteurs…

Amir est un jeune enfant très attentif à son environnement, avide de découvertes et d’échanges :

Canards

Dans cette adaptation à la sauce Vaugelade d’une comptine anglaise (psst dont il a déjà été question en son et images dans la BBthèque ici !), Amir ajoute son grain de sel : au bord d’une mare, une maman cane ; sur la mare nagent ses cinq petits canards. Le décompte commence :

Un jour, 5 petits canards allèrent nageant, jusque de l’autre côté de la mare, et encore un peu plus loin.

Kwack ! Kwack ! Kwack ! Kwack ! dit maman cane.

4 revinrent.

L’étape d’après, 3 reviennent, puis 2, puis 1… La maman cane ouvre plus large son bec au fil de ces allers-venues décroissantes, haussant le ton à mesure que sa progéniture disparaît. Pendant ce temps, sans un son, un papillon voltige par moments et une grenouille joue à cache-cache parmi les roseaux ; pendant ce temps itou également, sans un mot, Amir apporte à ses amis bipèdes de quoi se ressourcer : des petits biscuits pour le goûter, l’occasion d’une grande réunion familiale de tous les bébés autour de la maman cane !

Chatons

Quand deux bébés chats naissent dans la grange, Amir leur apporte ses jouets pour les partager… avant de constater que les chatons ont d’autres jeux à lui proposer, comme monter sur des escaliers improvisés avec les balles de paille… mais aïe aïe aïe, comment descendre quand l’escalier s’est effondré ? Ouf, les mamans accourent et savent comment consoler leurs bébés : « d’abord, on leur fait un bon câlin… puis, on leur donne un bon goûter ! »

Mouche

Place à un album plus onirique (mais « d’après une histoire vraie » !) : ici, Amir, à l’heure de la sieste à la crèche, dort… ou ne dort pas… ! Toute son attention est concentrée sur les mouvements d’une petite mouche… tant et tant qu’il lui apparaît clairement qu’elle l’interpelle et l’invite à jouer avec elle :

« Bzzt, Bzzt, Amir ! » dit la petite mouche.

« Bzzt, Amir, tu vienz ! »

« Impossible », chuchote Amir, « je ne sais pas marcher au plafond ! »

« NORMALEMENT tu ne zais paz », dit la mouche

« Mais MAINTENANT, tu saiz ! »

Pour Amir, c’est le début d’une aventure… PARANORMALE : le temps d’une sieste sans témoin (autre que nous), le voici exceptionnellement et extraordinairement, et pourtant tout à fait naturellement, doté de toutes les capacités de cet insecte, marcher au plafond, voler, prendre de la hauteur voire la clé des champs… jusqu’à l’arrivée des dames de la crèche, du réveil collectif des enfants, à « l’heure du goûtezzz…. » !

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Doux rêves, doux rêveurs…

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une véritable anthologie poétique des rêveurs pour les tout-petits… et pour toute la vie : un très très beau livre, signé Isabelle Simler aux Editions courtes et longues, dont voici déjà la très très belle couverture…

C’est un ouvrage grand format (28 x 25 cm) de 80 pages s-il-vous-plaît… et qui sent bon le papier. C’est un album qui explore et apprivoise le monde de la nuit pour les tout-petits : il dit, à travers le dessin, le noir mais aussi et surtout toutes les lumières qui l’habitent. C’est une histoire qui restitue la vie, de manière sensible et sensitive, aux tout-petits, la nature dont ils font biologiquement partie.

Isabelle Simler livre ainsi, de double-pages en double-pages, des portraits d’animaux endormis en gros plan, dans leurs environnements, avec des traits si fins, si précis, qu’on en perçoit le moindre détail, qu’on aimerait les toucher. Les mots ne sont pas en reste pour décrire ces temps de sommeil et de rêves si essentiels à l’éveil… Quelques extraits deci-delà, de beaux poèmes qui accompagnent chaque portrait de dormeur :

le paresseux rêve en hamac

la baleine à bosse rêve à la verticale

le rouge-gorge rêve en pelote

la chauve-souris rêve à l’envers

le hérisson rêve à l’abri

l’hirondelle rêve à tire d’aile […]

l’enfant rêve sous la lune

Ce livre magnifique, qui capte le regard et retient l’attention des lecteurs de tout âge à la minute où on s’en saisit, a bénéficié de l’aide à la création littéraire jeunesse du Conseil départemental du Val-de-Marne et est offert comme cadeau de naissance à tous les enfants nés dans ce département en 2018… Vous trouverez d’ailleurs quelques éléments complémentaires et éclairants dans cette vidéo, où Isabelle Simler, l’auteur et illustrateur/trice de Doux rêveurs, explique sa démarche :

Bon voyage dans les contrées du rêve, à la frontière du réel et de l’imaginaire !

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Ouste le loup

Lumière sur un tout-cartonné qui aborde la question de la peur du noir en évoquant la technique du papier découpé… découpant l’espace pour mieux rappeler les mille et unes couleurs du jour à l’heure où tombe la nuit. J’ai nommé :

Les yeux du loup

de Javier Sobrino et Lucie Müllerová
aux éditions L’atelier du poisson soluble

Cet album, petit format carré, est un tout-cartonné qui représente des papiers découpés pour illustrer l’histoire narrée. L’histoire d’un enfant, Arián, qui s’adresse au bébé lecteur à la première personne pour lui exposer son problème :

Je m’appelle Arián.

Et quand on me couche, j’ai peur de m’endormir seul.

Etre plongé dans le noir ne me plaît pas du tout…

… car j’ai l’impression que le loup va venir et me manger.

Des images de bêtes menaçantes peuplent alors les pages du livre et l’imagination du petit Arián, qui sait très bien comment riposter et, généreux, livre au bébé lecteur la solution qu’il a trouvée pour surmonter sa peur du noir :

  • allumer la lampe de chevet
  • jouer, mentalement ou physiquement, avec ses jouets… beaucoup de peluches, douces, inoffensives, représentant pourtant dans la vraie vie des animaux dangereux : ours, tigre…
  • avec les parents, un moment câlin et une histoire du soir regorgeant de personnages auxquels s’identifier

Bien entouré de ses êtres de vérité et de fiction, trouver le sommeil, apaisé.

Mention spéciale aux illustrations, signées de l’artiste tchèque Lucie Müllerová, qui s’inspire, donc, du procédé de papier découpé, sur fonds de couleurs vives à mesure que l’enfant surmonte sa peur du noir (place au jaune, au bleu, à l’orange, au rouge, au violet !) ce qui donne une très belle ampleur graphique et esthétique à cet album, ode à la lumière et aux spectres de couleurs sublimant littéralement le noir et la peur que cette (non)couleur peut provoquer.

Vous pouvez feuilleter quelques extraits en ligne ici pour vous faire une idée…

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De quoi rêves-tu dans le noir ?

C’est l’hiver, la nuit tombe tellement tôt… c’est le moment ou jamais de se plonger dans un réjouissant livre phosphorescent pour faire briller les yeux des jeunes enfants :

De quoi rêves-tu ?, écrit et illustré par Hector Dexet aux éditions Amaterra, est un album qui joue définitivement la carte du passage du jour à la nuit, histoire idoine du soir dans la mesure où il met en scène des rêves… des rêves d’animaux d’abord (tes doudous, bébé lecteur…) et puis ceux du bébé lecteur lui-même (si ce n’est lui, c’est donc son frère)… représenté sous sa couette, endormi, en train de rêver, apaisé, lui aussi.

Explication : chaque double page représente, en pleine lumière, de jour donc, un petit être, et interroge ce qui se passe dans sa tête, une fois la nuit tombée quand il se trouve, de fait, plongé dans le noir le plus complet… La forme et le fond se marient ici à merveille pour offrir un très chouette spectacle aux enfants : grâce à la physique, la lecture devient magique… ! Car en plus de l’illustration et du texte classiques, chaque double page est doublée d’une illustration et d’un texte phosphorescents ; après le temps de lecture éclairé (sur un fauteuil placé à côté d’une lampe qui l’éclaire par au-dessus, c’est parfait…), on éteint la lumière et l’histoire phosphorescente prend le relais, donnant corps aux rêves les plus fous des différents personnages !

On peut lire tout le livre suivant cette technique, suscitant plaisir et émerveillement chez le jeune enfant : j’allume puis j’éteins, j’éteins puis j’allume, selon si j’allume ou si j’éteins, je ne vois ni ne lis la même histoire… Ce sont deux faces cachées qui se complètent, et puis c’est aussi un moyen intéressant, drôle et ludique, de surmonter et la peur du noir, et l’angoisse de la mise au lit, quand elles surgissent chez le tout-petit : notre sommeil aussi est rempli de vie…

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Broderie artisanale des douze premiers mois

Vous êtes à la recherche d’un beau livre de naissance ? Voici une petite merveille, douze, signée Gwen Le Gac et éditée chez Actes Sud junior :

Douze double pages décrivant les douze premiers mois de la vie d’un nouveau-né, du point de vue d’un parent ; à droite, douze visages du tout-petit, douze expressions se succèdent, détaillant en mots tendres — « mon râleur », « mon rêveur », « mon rieur » —  et en images originales et sobres — sur un fonds blanc écru, les traits de l’enfant brodés avec des fils de différentes couleurs — l’apparition des différentes actions et émotions — les cris, le rêve, le rire, le charme, l’appétit, le sommeil, la marche… ! A gauche, ce qui suscite ces actions et émotions, ce qui permet de tisser le lien entre ce bébé-là et cet environnement-ci dans lequel désormais il vit et interagit : la mise au monde, la mise au sein, un mobile, le regard de la maman… Quelques extraits ici… !

Une lecture douce, vive, créative et évolutive.

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Les félins en formes, ou la géométrie avec les chats

Vous n’avez encore jamais vu de chat… comme ça ! Après LES OISEAUX (couleurs) et LES CHIENS (contraires), voici qu’Elo, aux éditions Sarbacane, explore les formes avec LES CHATS… qu’elle forme et déforme afin que le bébé lecteur identifie et manipule à son tour les formes !

Oui, la créatrice franco-suédoise Elo livre ainsi un nouvel imagier des plus réussis, avec ce fil rouge du chat déformable à merci, ce qui est par ailleurs très rigolo. Le résultat ? Un premier documentaire, aux tons colorés et joyeux, sous forme de livre-jeu avec des volets et rabats à soulever par le jeune enfant : un chat rond (vert), présenté de face, surprise, est entouré d’un chat (jaune à taches) l’encerclant ; un chat (violet à pois) de côté, en mode triangle, se transforme, déplié, en chat blanc tout étalé, format carré (chat ou coussin félin ?), un chat jaune à poids qui fait le pont (arc) d’un côté devient un chat violet qui fait le gros dos (ovale), une queue en ligne droite mute si vite en zig zag, etc.

On devine, dès la première page, toute l’affection portée à ces êtres à quatre pattes, compagnons quotidiens, à travers ces mises en scènes originales de félins… si proches pourtant du modèle original tant Elo capte bien les expressions et attitudes de cet animal domestique… ou rebelle à la domestication !

Par le jeu, le bébé lecteur découvre — littéralement — et nomme — avec l’adulte accompagnant — les formes simples ET complexes : le rond, le cercle, le triangle, le carré, l’arc, l’ovale, la ligne droite, le zig zag, le triangle, le losange, le parallélépipède, le trapèze, le carré, le rectangle, la flèche, l’hexagone, la spirale, la croix. Par la manipulation, le tout-petit fait ses premiers pas en géométrie, observant mais aussi et surtout devenant le créateur des formes qu’il construit.

Pour terminer ce billet… un petit extrait… tout en plis et déplis… magie magie rime avec géométrie !