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Virées dans l’art avec Léon

Les éditions Léon art & stories, qui nous viennent de Bordeaux, sont à l’initiative, dans la collection « mini léon », d’une série d’ouvrages, entre la fiction et le documentaire, formats paysages souples, qui proposent aux bébés lecteurs, des virées artistiques selon une approche thématique. Lumière aujourd’hui dans la BBthèque sur deux livres, deux thèmes : A la ferme (R. Bobée / G.Trannoy) et Jaune (H. Kérillis / G.Trannoy), qui présentent chacun 13 œuvres d’art d’époques et d’artistes différents.

Le guide de ces livres est un petit être vert, le dénommé Léon, aux accoutrements variés et fantaisie, écho aux œuvres d’art dont il présente le contenu (plus que la démarche artistique) et le commente avec une touche humoristique (et qui n’est pas sans rappeler le rat des goûts des éditions Eliart chroniqué ici), en français mais aussi en anglais. Car cette collection fait le choix original du bilinguisme tout au long de l’ouvrage, du titre aux crédits en passant par le texte. Elle comprend également une double page dite docu-ludique, qui clôt chaque ouvrage en apportant quelques informations-clés aux lecteurs sur le thème abordé et/ou sur une oeuvre d’art en particulier, et propose de prolonger la lecture par des jeux.

Dans ces ouvrages d’éveil artistique et de découverte du monde, le bébé lecteur découvre notamment des œuvres d’art du XIXème et XXème siècles, et parfois plus anciennes, parmi lesquels La Méridienne ou la Sieste de Van Gogh, Le Toit bleu ou Ferme ou Pouldu de Paul Gauguin, Les Dindons de Claude Monet, La ferme de Ralph Wheelock de Francis Alexander, Paysage avec les vaches du Douanier Rousseau… côté ferme et agriculture, La Clownesse Cha-U-Kao en tutu de Toulouse-Lautrec, Les Moissonneurs de Pieter Brueghel l’Ancien, Jaune tendre de Vassily Kandinsky, Portrait d’Adèle Bloch-Bauer de Gustav Klimt, Formes circulaires de Robert Delaunay, Valse avec quinze tournesols de Van Gogh, etc. côté exploration de la couleur jaune par de grands artistes.

Un aperçu qui donne bien envie de se procurer toute la série, constituée de 20 titres au jour d’aujourd’hui, afin de permettre aux bébés lecteurs de rebondir d’un univers à l’autre, de tableau en tableau : pour en savoir plus, vous pouvez consulter le catalogue de la collection .

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Tipi Tipi Ta : comptines électroacoustiques !

Eveil musical au top du top : aujourd’hui la BBthèque vous parle d’un livre-CD-MP3 innovant et réjouissant à partager avec les très jeunes enfants… et les plus grands ! Publié aux éditions Benjamins Medias, collection Taille S, cet ovni inédit revisite le genre de la comptine avec une modernité qui fait beaucoup de bien aux oreilles et plus encore, le voici le voilà c’est :

Tipi Tipi Ta

Illustrations – Christophe Alline

Musiques – Fred Bigot

Savez-vous planter les choux, Petite graine est dans la terre, Le petit ver de terre, A la volette, Vent frais vent du matin, Bateau sur l’eau, Les petits poisson dans l’eau, Au feu les pompiers, Au clair de la lune… autant de chansons archiconnues que vous redécouvrirez complètement en lisant et en écoutant ce livre et ces musiques !

Tipi Tipi Ta, c’est tipi tipi top pour tout t’un tipi tipi tas de raisons ! 

Des illustrations tipi tipi top

Commençons par l’objet-livre d’abord (vous ne lisez pas la BBthèque pour rien) : un format carré, du papier épais, et une double page par comptine, dont les paroles sont 100% intégrées dans l’illustration qui devient scénographie, de la mise en image à la mise en scène de la chanson pour tout-petit ! Collecte d’objets d’ici et d’ailleurs donnant lieu à des assemblages et collages qui confèrent au livre une troisième dimension : par son travail d’illustrateur, Christophe Alline réunit ici les conditions pour emmener le bébé lecteur vers un univers parallèle et poétique, belle prouesse quand il s’agit de revisiter des comptines pour la plupart extrêmement connues dans le répertoire de la petite enfance et maintes fois illustrées ! Un véritable spectacle graphique, qu’il est agréable aussi de lire sans écouter la musique, en soi.

Un parcours tipi tipi top

Poursuivons avec la structure de l’œuvre, prodigieuse : ce n’est pas une somme de comptines, c’est un parcours, que dis-je, un voyage à travers les éléments ! Oui, le livre se donne à lire, et la musique à écouter, en quatre grands temps, chaque séquence étant introduite tant visuellement dans l’ouvrage que musicalement dans la composition de la bande son. Le bébé auditeur et lecteur explore ainsi d’abord les comptines ayant trait à la TERRE (planter les choux, petite graine, petit ver de terre…), avant de faire en tour en l’AIR (à la volette, cerf-volant, vent frais…), de se rafraîchir dans l’EAU (tombe la pluie, à la claire fontaine, bateau sur l’eau…) et de trouver la lumière et la chaleur auprès du FEU (au feu les pompiers, au clair de la lune…).

Des musiques tipi tipi top

Le meilleur pour la fin : les musiques, force irradiante de cette oeuvre ! Dès les premières notes, le bébé est transporté dans un univers 100% musical, où l’on sent, de la part du compositeur et musicien, Fred Bigot, à la fois le savoir-faire et le plaisir, communicatif, de l’expérimentation sonore, vocale et instrumentale, appliqué ici aux musiques populaires que constituent le répertoire des comptines pour enfants. Je vous laisse découvrir un extrait audio dans cette vidéo réalisée par l’éditeur :

Née d’un duo talentueux et complice, à l’occasion d’une résidence artistique et d’un festival, « Croq’ les mots, marmot », cette œuvre est… magique et pourrait bien faire date dans (l’édition de) l’éveil musical. Un livre, dixit l’éditeur, « 100% sensoriel », à lire et à écouter, à chanter et danser… aussi ! Quelques extraits à découvrir sur le site des éditions Benjamins media (par ici, le tipi tipi clic !).

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Déshabillons la peur du loup !

Avez-vous déjà assisté à un strip-tease de loup ? Si non, ce sera bientôt chose faite rien qu’en lisant cette chronique… Si oui, vous êtes bons pour un bis repetita ! Cerise sur le gâteau, c’est un loup diantrement élégant qui va se dévêtir sous vos yeux ébahis : un loup à veston marron, gilet jaune citron et nœud papillon rouge, avec un rappel rouge sur pantalon marron…

La BBthèque a le grand plaisir de vous présenter aujourd’hui l’album tout cartonné louyétu ? de Geoffroy de Pennart : sous la plume d’un auteur qui n’en est pas à son premier loup, voici une histoire pour les tout-petits qui prend à rebours la comptine « Promenons-nous dans les bois » et met non seulement le loup (presque) à poil, mais aussi les peurs des jeunes lecteurs à nu, pour mieux leur permettre de s’amuser d’une part, d’apprivoiser cette émotion d’autre part :

Louyétu ?

de Geoffroy de Pennart

aux éditions Kaléïdoscope

louyétu geoffroy de pennart

Mais encore me direz-vous ? Le loup gris, grand et trendy, se prénomme Igor… et tout le monde a peur de lui ! Vous devinez qui ? Monsieur lapin, mais aussi les 3 petits cochons, la chèvre et les sept chevreaux, le petit chaperon rouge (même s’il a troqué ici son chaperon pour un chapeau rond), toi aussi peut-être bébé lecteur, en tout cas c’est pourquoi chacun scande l’air fort inquiet « Loup y es-tu ? Entends-tu ? Que fais-tu ? ».

Ce à quoi le loup répond… non pas je mets mon nœud papillon, mais… je l’enlève ! … Non pas j’enfile mon veston, mais… je le retire ! … Non pas je me glisse dans mon gilet jaune citron mais… je l’ôte ! Etc., jusqu’à ce que ce loup-là se retrouve en tenue légère, le poil à l’air et tout détendu, large sourire, prêt à… se mettre au lit, OUF ! Car si

« Tout le monde a très peur d’Igor… »

« Tout le monde adore quand il dort »

« Chut », rétorque Igor… « je dors ». Il n’en faut pas plus pour que tous les personnages des fables et contes traditionnels d’ordinaires victimes du loup ne partent danser la samba et faire résonner leur joie… dans les bois ! « Vite ! Promenons-nous dans les bois…. Pendant qu’Igor n’y est pas ! »

Haute en couleurs et riche en dessins expressifs, voici une revisite au top de notre folklore dont messire le loup est le funeste héros : ici, ce seigneur-là se met comme tout le monde en pyjama et a besoin de faire… dodo ! Et quand le loup n’est pas là, ma foi… les souris et tutti quanti respirent et dansent… De quoi dédramatiser la bête, qu’elle dorme… ou non !

Psssst : pour découvrir d’autres albums qui parlent aux tout-petits de la notion de peur, rendez-vous ici, avec mention spéciale à Moi j’ai peur du loup, d’Emilie Vast, qui franchit une étape de plus en ce que le loup n’est pas seulement déshabillé mais déconstruit de la tête aux pieds ! Voilà la peur démontée : y a plus rien à craindre, circulez !

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3 gibbons, 1 colibri & 1 chanson

Connaissez-vous les Trois Gibbons de Kenji Abe ? Ces trois personnages, déjà présentés ici dans la BBthèque, invitent les jeunes lecteurs, dans une série de beaux albums publiés par les éditions MeMo, à partager avec eux leur riche quotidien, qui marie routine et événements surprenants, à l’image de l’opération de sauvetage d’un bébé crocodile. D’aventure en aventure, ces êtres responsables et volontaires font l’expérience de la relation à l’autre et développent un état d’esprit ouvert et solidaire, comme à l’occasion de cette rencontre avec une nouvelle amie, à plumes cette fois-ci :

Les Trois Gibbons

et la chanson du colibri

de Kenji Abe

trois gibbons chanson colibri kenji abe

Dans ce nouvel épisode, Ibbon, Nibbon et Sabbon croisent le chemin d’une petite femelle colibri (toute jaune), emportée par une tornade et désormais loin des siens, rompue de fatigue et littéralement perdue. « Comment faire » ? se demandent les trois comparses, question qu’ils s’étaient posée de la même façon pour sauver un petit mâle crocodile (tout vert) dans un épisode précédent. Même objectif : ils veulent aider cet être en détresse, et s’en donnent les moyens.

Les voici sillonnant l’océan, avec la demoiselle colibri, sur un bateau à voile (coque jaune, voile blanche), s’enquérant sur chaque île qui abrite des colibris : est-ce l’île de notre colibri ? … Jusqu’à eux-mêmes se retrouver dans la situation de leur amie : fatigués et perdus. Impasse ?

Rebondissement ! Une deuxième voie est possible, ouverte cette fois-ci par la colibri, qui ne se doute pas que son action va se muer en solution ! En effet, observant le sommeil gagner ses protecteurs gibbons, la petite colibri se met à chantonner, pour les bercer, un air de sa composition. L’air est entendu par l’un(e) de ses pairs qui, au vol, l’apprend instantanément et reproduit le chant. Une chaîne musicale se constitue dans le ciel, jusqu’à venir aux oreilles des parents de l’oiselle égarée ; ils parviennent à reconstituer la chaîne et retrouver leur enfant. Comme un geste de réciprocité et de remerciement, le chœur des colibris guident ensuite les trois gibbons pour leur permettre de rentrer eux aussi dans leur maison.

Mettant en scène les aspects positifs de la propagation d’une information, cet album se distingue par son propos, généreux et confiant dans la construction de liens sociaux, et son graphisme expressif et épuré. Il se rapproche d’un conte initiatique, dont la lecture fait grandir les enfants. Quelques extraits à découvrir par ici sur le site de l’éditeur !

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Nature & temps

Pour finir l’année en beauté, quelques livres qui disent et montrent le temps qui passe aux bébés :

Une année avec l’ours José

de Pittau & Gervais

Une couverture hivernale, pour un album pop-up & calendrier perpétuel tout à la fois, qui présente, de double page en double page, chaque mois de l’année dans la vie… d’un ours, l’ours José, en douze tableaux. La couverture du livre est en format portrait, tandis que l’ouvrage se lit en format paysage, avec, pour chaque mois, une scène qui se déploie en volume, accompagnée d’un court texte résumant la quintessence du mois. On démarre en janvier, où l’ours, tapi dans sa grotte, sort de l’hibernation, malgré la neige qui tombe dehors, encore, sur les grands sapins :

En janvier de cette année-là, l’ours José s’est réveillé beaucoup trop tôt. A cause d’un très grand froid. Il n’arrive plus à se rendormir. Alors il se lève et va faire une promenade.

Les mois défilent : février est rude et blanc ; mars fond comme neige au printemps, c’est la saison des amours ; avril, les cerisiers sont en fleurs et la famille s’agrandit car l’ourse Josie a deux oursons adoptés par l’ours José ; mai, poissons et pêche ; gare aux orages en juin, et à la chaleur en juillet, où il fait bon se rafraîchir au bord d’une rivière, et soleil de plomb en août ! En septembre, orgie de pommes ; en octobre arrive le mauvais temps et l’automne, sifflant soufflant, en novembre il fait froid, il est temps de chercher un abri pour passer l’hiver… endormi… au chaud !

En décembre, la neige est tombée. José a trouvé une belle grotte pour Josie et lui, et un e plus petite, juste à côté, pour les oursons. Ils se sont tous endormis. Bien au chaud. Cette fois, le froid ne réveillera pas José. Bonne nuit !…

Et bonne année ! Les mois se répéteront sans se ressembler tout à fait…

Les saisons : mon imagier animé

illustré par Véronique Joffre

Dans ce premier documentaire tout cartonné, les saisons sont abordées de manière ludique, avec des volets à soulever pour découvrir plus avant les fondamentaux de chaque saison, ainsi que des roues à tourner, comme la roue du temps, les quatre saisons faisant une année… et une année passée appelant une nouvelle année 😉 Avec comme fil rouge l’image d’un pommier évoluant de saison en saison. Un livre à présenter en complément du superbe Arbre d’Amandine Laprun BBthèqué ici ! En parlant d’arbre…

C’est quoi un arbre ?

par Emma Robert et Mathilde Joly

Lumière sur un premier documentaire, une première histoire, un très beau poème… sur ce qu’est un arbre, d’ici ou ailleurs, évoluant au fil du temps : sa naissance, sa croissance, son évolution, verticale, horizontale, diagonale, vers le ciel et sous la terre ; ses matières, ses odeurs, ses couleurs, sa musique, son goût ; ses habitants, à bec, à poils, etc. ; ses passants, les couples naissants gravant dans le temps leur amour éternelle à même l’écorce…

Un arbre, c’est une forêt quand il y en a beaucoup.
C’est une sculpture quand il est seul.
Mais parfois aussi, un arbre c’est un livre.
Alors écoute, ou lis attentivement l’histoire qu’il te raconte.

 

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Petit homme, petit lapin

Les éditions MeMo publient deux beaux livres de Malika Doray (c’est un peu tautologique), Le petit homme et la mer et Lapin mon lapin :

Le petit homme et la mer

Mon premier est un conte initiatique, empli de poésie, qui met en scène un petit homme (jeune ou vieux, M. Hemingway le titre du livre de Malika Doray ne le précise pas).

C’est l’histoire, donc, d’un petit homme, aux allures de lutin ; un petit homme doté d’une grande ambition, qui se lance dans une aventure à la mesure de son projet : il part sur la grande mer du Nord pour pêcher le plus gros poisson du monde.

Quand je l’aurai attrapé, dit le petit homme, je rentrerai et tout le monde m’admirera. Et à tous ceux qui ne m’admireront pas, j’offrirai une des écailles du plus gros poisson du monde. Comme ça ils m’aimeront.

C’est un petit homme qui se lance un défi pour obtenir une récompense, c’est un petit homme qui se cherche, et que va-t-il trouver pendant son expédition ? Une libellule… pour appâter le poisson… puis LE poisson, car voici que le plus gros poisson du monde mord à l’hameçon.

– Ouiiiii, jubile le petit homme, j’ai attrapé le plus gros poisson du monde !

– Oh, oh, se dit le gros poisson, on dirait que j’ai pris un tout petit homme.

Ah… en fait, ce n’est pas que l’histoire d’un petit homme. C’est aussi l’histoire d’un gros poisson, qui cultive son propre projet à l’égard de ce petit homme là… : « le mettre sous une cloche en verre avec un paille pour qu’il respire et on le regarder gigoter » aie aie aie ! Il soumet son idée à ses parents (plus petits que lui, hihi), qui heureusement, lui remettent les points sur les i :

Grand Dieu ! A ton âge ! Tu n’as pas honte d’embêter plus petit que toi ? Allez, ramène le vite chez lui.

Le trajet retour des deux compagnons est le moment de la résolution du conflit, où le petit homme console le gros poisson, et réciproquement, où le dialogue émerge et s’instaure, et où les deux êtres rient et deviennent amis, jusqu’à savoir comment faire don d’un peu de soi à l’autre, qu’on a croisé sur son chemin et appris à connaître. Les deux protagonistes sortent grandis et changés de cette épopée ; ils y ont trouvé l’amitié. Les illustrations, sobres en couleurs, s’amusent à jouer de ce qui se passe à la surface de l’eau et sous l’eau, par un jeu de bordures en formes de vagues, faisant se rencontrer ces deux mondes, l’espace d’un instant… magique… inscrit dans le temps.

Lapin mon lapin

Mon second est un discours fait livre : c’est une maman lapin qui parle à son bébé lapin tout en le berçant (le bébé lapin est lui-même petit, comme le petit homme, et il sortira grandi, comme le petit homme, de cette conversation avec sa maman)… « lapin mon lapin », lui dit-elle…

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand le soleil se couche, pour toi il est l’heure de dormir, même si d’autres animaux vivent la nuit ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle à l’occasion de déjeuner, « tu as deux mains et une cuillère », quand d’autres ont un bec ou une trompe… tu n’as donc aucune raison de mettre tout par terre ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire tout court, les poulpes ont huit bras, les mille pattes ont mille mains, mais maman lapin n’en a que deux et ne peut pas tout faire à la fois ; petit lapin a deux mains aussi et « il faut tout faire un par un : jouer, se promener… ».

Un joli album qui dit aux tout-petits les joies de l’autonomie… et le regard bienveillant du parent.

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Pssst : pour découvrir d’autres livres de Malika Doray dans la BBthèque, c’est par ici !

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Mieux connaître le corps humain

Le corps est à l’honneur dans la BBthèque ce jour, avec deux nouveaux livres pour les jeunes enfants qui explorent chacun un petit bout de cette vaste et riche thématique qu’est l’éveil des tout-petits à leur propre constitution physique :

A dévorer des yeux

Mon premier, graphique, muet et épuré, donne à voir, sur fond noir, aux bébés lecteurs, les effets sur l’organisme vivant des différents nutriments. L’association s’effectue par double page : sur la page de gauche, un aliment courant (de l’eau, du lait, des céréales…) ; sur la page de droite, le focus sur la partie du corps sur lequel l’aliment ingéré va agir principalement ; entre les deux, une correspondance visuelle signifiant le lien entre la nourriture et le développement physiologique, en fonction des choix effectués en alimentation. Un parcours muet, disais-je… jusqu’à ce qu’on atteigne la quatrième de couverture, qui récapitule les bienfaits des nutriments présentés (en reprenant chaque illustration nutritive) et délivre à l’adulte lecteur les clés de ce tout-cartonné : un ouvrage « à dévorer des yeux… pour manger moins bête ! ». Ainsi, il nous y est rappelé, par des mots cette fois, que le calcium contenu dans le lait fortifie les os et les dents… Un premier documentaire superbe et extrêmement intéressant pour les petits comme les grands, pouvant donner lieu à de nombreux échanges avec les jeunes enfants ! Vous pouvez feuilleter l’ouvrage en ligne (=> par ici) pour vous faire une première idée.

Le corps, ça parle un peu,

beaucoup, énormément

Mon second explore, dans un tout autre style d’illustrations, le langage du corps et les émotions.

Parfois je m’exprime avec des mots,

et parfois je ne dis rien…

ET POURTANT MON CORPS PARLE !

Et les auteurs de mettre des mots et des images sur la manière dont notre corps s’exprime en fonction de ce que nous ressentons et selon les situations : « j’accours », « je me recroqueville », « je fais la moue », « je bâille », etc. En tout, douze émotions, sensations et sentiments sont passés en revue, avec un petit texte explicatif, rédigé à la première personne, pour aider le jeune enfant et l’adulte accompagnant à formuler et comprendre les ressentis… que le corps vit. Une fort judicieuse idée que de s’atteler à ce sujet très important pour les petits comme les grands.

Vous l’aurez compris, ces deux documentaires pour tout-petits s’avèrent très complémentaires, dans leurs démarches et leurs propos, tout en visant le même objectif : amener les jeunes enfants à (mieux) connaître leur corps… et celui d’autrui.