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La vie dans la banquise

Par ces fortes températures, toute sensation de fraîcheur, même livresque, est la bienvenue ! C’est pourquoi la BBthèque vous propose de faire un petit tour sur la banquise ce jour… avec le premier documentaire suivant paru aux éditions du Ricochet :

La p’tite banquise

de Marie Lescroart et Chloé du Colombier

Sur la Terre, sais-tu où il fait le plus froid ?

Au pôle Nord tout en haut et au pôle Sud tout en bas.

Ainsi commence le livre, avec la représentation graphique de la terre, donnant la part belle à ces contrées blanches et glacées, avant de pénétrer plus avant dans ces pays et paysages. Il y est question du climat qui y règne, et de la faune qui l’habite : focus sur des animaux (l’ours blanc, les pingouins, les manchots, les orques…) et leurs modes de vie, sur les étonnantes capacités de nombre d’entre eux à changer d’apparence pour se fondre dans le décor d’une saison à l’autre, leurs trucs pour se protéger du froid, etc. Il est même question, au printemps, des oiseaux du monde entier qui viennent y pondre leurs bébés !

Un premier documentaire bien emmené et très adapté pour les jeunes enfants.

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2 comptines, 1 poule, 1 canard

Dans la BBthèque cette semaine, voici deux comptines volatiles, revisitées avec brio par deux grands auteurs-illustrateurs jeunesse pour le plaisir des yeux et des oreilles des tout-petits :

« Une poule sur un mur … »

par Thierry Dedieu

Un nouveau titre signé Dedieu dans l’excellente collection Bon pour les bébés au Seuil jeunesse, c’est toujours une bonne nouvelle — pour mémoire, cette collection combine notamment un grand format pour tout-petit lecteur et des illustrations noir et blanc exclusivement.

Retour aux fondamentaux avec cette comptine si triviale et musicale à la fois, tellement universelle qu’elle fait systématiquement le bonheur des très jeunes enfants, et ce tout particulièrement quand les paroles de la comptine sont servies par des illustrations aussi expressives, mention spéciale à la poule dont le bébé lecteur épouse les mouvements de tête, les mouvements de cou, les mouvements de bec, pour, avec un large sourire, picoti… picota, picoter sa nourriture, le pain dur, lever la queue puis lever le camp !

« Un petit canard au bord de l’eau … »

par Jeanne Ashbé

Publié dans la collection Pastel des éditions de l’Ecole des loisirs, le nouvel album de Jeanne Ashbé exprime dès la couverture sa substantifique moelle : une coquille d’oeuf (dont le bébé lecteur appréciera le volume du bout des doigts) en train de se fêler car il est l’heure pour un caneton de voir le jour… ou comment naître au monde, mais aussi grandir — faire ses premiers pas, connaître son premier envol, sous le regard protecteur et bienveillant d’une maman.

Bon…, s’intitule cet album de naissance : comme une maman dirait, murmurerait, scanderait, chantonnerait, commenterait chaque petit ou grand événement par autant de « bon… », « bon bon bon »…, « bon… jour, toi », « bon… zour », jolie répétition de sonorités pour les bébés, et au-delà, jeux et choix de mots qui disent tout l’amour que le parent porte à l’enfant et qui nourrit la confiance de celui-ci envers le monde qu’il découvre, sécurité affective te voici te voilà.

Place ensuite… à une musique un peu plus complexe, une comptine, revisitée, qui correspond à un deuxième temps : le caneton va devenir canard, car voici qu’au bord de la mare la comptine narre l’autonomisation progressive de ce petit être en devenir. « Un petit canard au bord de l’eau… il est si beau… il est si beau… » (se mirer dans l’eau, prendre conscience de soi : je suis un être à part entière à présent), « un petit canard au bord de l’eau… il est si beau qu’il tombe dans l’eau… Plouf ! » « Bon… bon… booon »… commente la mère cane, large sourire au bec, de voir le jeune canard ressortir la tête de l’eau après ce plongeon involontaire et premier, l’air de dire l’air de dire, tu es tombé, ce n’est pas grave, tu t’es relevé maintenant, c’est en faisant qu’on apprend, bref, bon… voilà qui est fait… alors… on passe à une nouvelle étape : le petit canard, mais aussi ses comparses (si ce n’est toi c’est donc ta sœur… ou ton frère), barbotent ainsi, ensuite, derrière leur mère, avant de s’envoler ensemble dans les airs !

« Bon voyage, petit canard ! » dit le mot de la fin, montrant notre petit canard sans frère, sans sœur, sans maman, mais volant comme un grand… en souriant.

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Imagier bilingue by Eric Carle

Eric Carle revient avec un nouveau livre, a brand new book, dans les librairies, les bibliothèques et la BBthèque : un livre GRAND, un livre de toutes les COULEURS, un livre qui parle de TOUT ou plutôt d’un peu BEAUCOUP, c’est, en anglais et en français s’il-vous-plait :

ERIC CARLE’S BOOK OF MANY THINGS

L’IMAGIER ERIC CARLE

Avec 200 mots (euh… 400 en fait : 200 en anglais, 200 en français)… auxquels sont associées 200 images, pour le plus grand plaisir des bébés lecteurs à l’heure de leur premiers pas dans le langage, quand ils sortent progressivement du babillage pour désigner, dessiner et exprimer le monde qui les entoure avec des mots. Mes premières choses, mes premières images, mes premiers mots : Eric Carle met l’environnement de l’enfant en images et en mots dans ce tout premier documentaire somme, encyclopédie bilingue pour tout-petit. Publié aux éditions Mijade, cet ouvrage rayonnant et joyeux décline le quotidien et plus encore à travers différentes grandes thématiques organisées en plusieurs thèmes :

  • Things I see : ce que je vois
    • At home, à la maison
    • In the garden, dans le jardin
    • Creepers and flyers, ce qui rampe et ce qui vole
    • On the farm, à la ferme
    • In the forest, dans la forêt
    • In the wild, les animaux sauvages
    • In the sea, au fond de la mer
    • Things that go, les moyens de transport
    • Weather, la météo
  • Things I eat : ce que je mange
    • Fruits, les fruits
    • Dinner time, le dîner
    • Party food, le goûter d’anniversaire
  • Things I learn : ce que j’apprends
    • Numbers, les chiffres
    • Shapes, les formes
    • Opposites, les contraires
    • Patterns, les motifs
  • Colourful things : les couleurs
  • Things about me : les mots pour parler de moi
    • My body, mon corps
    • What I wear, les vêtements
    • Moves I can make, les mouvements
    • How I feel, comme je me sens
    • Things I can do : tout ce que je peux faire
    • Having fun with friends, passer du temps avec mes amis

Chaque thème se déploie sur une double page, avec une illustration pleine page, et un ensemble de nouveaux mots-images sur la seconde page. Et toujours, une illustration qui emprunte à l’art, si cher à Eric Carle, du découpage : ainsi sur les pages à mots, un fonds de couleurs sur lequel sont posés comme des étiquettes ou nuages blancs sur lesquels sont posés des images qui semblent tout droits venus d’autres albums d’Eric Carle — l’araignée (spider), la toile (web), la chenille (caterpillar), le coq (rooster), l’hippocampe (seahorse), etc. Une démarche qui invite aux joies de l’intertextualité (tu te souviens de ce personnage ? de ce dessin ? on l’a vu où ? ou… tu crois qu’on le trouve ailleurs, dans un autre livre d’Eric Carle ? on le cherche ensemble ?) et, au-delà, qui peut inspirer les jeunes enfants pour construire le sens par la créativité : regrouper ensemble des éléments épars selon tel ou tel critère, copier, couper, décoller, déconstruire et reconstruire, assembler et ré-assembler, recycler, créer.

A la fin du livre, place aux images seulement, avec une dernière double page intitulée « Let’s play », en français « A toi de jouer! » : can you name all these things, peux-tu identifier les mots qui sont illustrés ? De bébé à qui on fait la lecture, le bébé devient ainsi bébé lecteur voire (co)auteur : c’est à présent lui qui va dire et mettre les mots sur les images qu’il voit.

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Tipi Tipi Ta : comptines électroacoustiques !

Eveil musical au top du top : aujourd’hui la BBthèque vous parle d’un livre-CD-MP3 innovant et réjouissant à partager avec les très jeunes enfants… et les plus grands ! Publié aux éditions Benjamins Medias, collection Taille S, cet ovni inédit revisite le genre de la comptine avec une modernité qui fait beaucoup de bien aux oreilles et plus encore, le voici le voilà c’est :

Tipi Tipi Ta

Illustrations – Christophe Alline

Musiques – Fred Bigot

Savez-vous planter les choux, Petite graine est dans la terre, Le petit ver de terre, A la volette, Vent frais vent du matin, Bateau sur l’eau, Les petits poisson dans l’eau, Au feu les pompiers, Au clair de la lune… autant de chansons archiconnues que vous redécouvrirez complètement en lisant et en écoutant ce livre et ces musiques !

Tipi Tipi Ta, c’est tipi tipi top pour tout t’un tipi tipi tas de raisons ! 

Des illustrations tipi tipi top

Commençons par l’objet-livre d’abord (vous ne lisez pas la BBthèque pour rien) : un format carré, du papier épais, et une double page par comptine, dont les paroles sont 100% intégrées dans l’illustration qui devient scénographie, de la mise en image à la mise en scène de la chanson pour tout-petit ! Collecte d’objets d’ici et d’ailleurs donnant lieu à des assemblages et collages qui confèrent au livre une troisième dimension : par son travail d’illustrateur, Christophe Alline réunit ici les conditions pour emmener le bébé lecteur vers un univers parallèle et poétique, belle prouesse quand il s’agit de revisiter des comptines pour la plupart extrêmement connues dans le répertoire de la petite enfance et maintes fois illustrées ! Un véritable spectacle graphique, qu’il est agréable aussi de lire sans écouter la musique, en soi.

Un parcours tipi tipi top

Poursuivons avec la structure de l’œuvre, prodigieuse : ce n’est pas une somme de comptines, c’est un parcours, que dis-je, un voyage à travers les éléments ! Oui, le livre se donne à lire, et la musique à écouter, en quatre grands temps, chaque séquence étant introduite tant visuellement dans l’ouvrage que musicalement dans la composition de la bande son. Le bébé auditeur et lecteur explore ainsi d’abord les comptines ayant trait à la TERRE (planter les choux, petite graine, petit ver de terre…), avant de faire en tour en l’AIR (à la volette, cerf-volant, vent frais…), de se rafraîchir dans l’EAU (tombe la pluie, à la claire fontaine, bateau sur l’eau…) et de trouver la lumière et la chaleur auprès du FEU (au feu les pompiers, au clair de la lune…).

Des musiques tipi tipi top

Le meilleur pour la fin : les musiques, force irradiante de cette oeuvre ! Dès les premières notes, le bébé est transporté dans un univers 100% musical, où l’on sent, de la part du compositeur et musicien, Fred Bigot, à la fois le savoir-faire et le plaisir, communicatif, de l’expérimentation sonore, vocale et instrumentale, appliqué ici aux musiques populaires que constituent le répertoire des comptines pour enfants. Je vous laisse découvrir un extrait audio dans cette vidéo réalisée par l’éditeur :

Née d’un duo talentueux et complice, à l’occasion d’une résidence artistique et d’un festival, « Croq’ les mots, marmot », cette œuvre est… magique et pourrait bien faire date dans (l’édition de) l’éveil musical. Un livre, dixit l’éditeur, « 100% sensoriel », à lire et à écouter, à chanter et danser… aussi ! Quelques extraits à découvrir sur le site des éditions Benjamins media (par ici, le tipi tipi clic !).

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Des poules et des oeufs

Des poules et des œufs : c’est le titre d’un livre tout cartonné écrit et illustré par Pauline Kalioujny, publié en 2019 aux éditions Thierry Magnier. Un premier documentaire qui dit et met brillamment en scène cette question, éternelle en ce que la réponse apportée engendre une nouvelle question qui trouve la même réponse que la question initiale, et ainsi de suite sans qu’il ne semble y avoir de fin et, si bien qu’au final on ne sait plus très bien quelle était la première question et on la reformule ainsi : diantre, qui de l’œuf ou de la poule est apparu le premier ?

Sans doute le noterez vous en observant la couverture du livre ci-dessus : cet album est un livre avec un trou… c’est même un livre à trous, comme le lecteur le découvre en feuilletant ce livre-objet à lire, écouter, regarder et manipuler.

Le narrateur est un poussin (représenté par un un tout petit trou en forme de poussin) qui pose une question à sa maman : « Dis, Maman, je suis né comment ? ». Et la maman de répondre : « D’un œuf » (représenté par un petit trou ovale évoquant la forme de l’œuf) ;  « Et d’une poule, et d’un coq ».

L’explication pourrait s’arrêter là, sauf que le petit poussin est curieux et intelligent : maintenant qu’il sait d’où il vient, il demande à sa maman d’où elle vient. L’histoire se répète ainsi, mais plus loin dans le temps, et avec des trous plus grands. A la fin du livre, le bébé lecteur découvre des poules et des œufs (en creux) emboîtés les uns dans les autres, du plus petit au plus grand, comme des matriochka, poupées russes déclinant le thème de la parentalité (lire et relire à ce propos ces deux autres tout cartonnés géniaux De maman en maman et De papa en papa d’Emilie Vast, chroniqués ici).

Une lecture toute en jeux et volumes, jaune poussin, coquille d’or, variantes-répétitions à gogo qui, l’un dans l’autre, dit et échange beaucoup avec le jeune enfant sur la question des origines tout particulièrement.

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J’adore pêcher VS J’adore nager

Lumière, dans la BBthèque, sur un ingénieux album tout cartonné & réversible. Non content en effet de proposer une lecture dans un sens comme dans l’autre, ce livre donne un sens à ces deux sens, dans la mesure où ceux-ci incarnent les deux facettes d’un même sujet, perçu de deux points de vues foncièrement différents :

J’adore pêcher

ou J’adore nager

de Thierry Bonneyrat & João Vaz de Carvalho

aux éditions L’Atelier du poisson soluble

Dans cet album aux couleurs et illustrations douces, forestières et aquatiques, le bébé lecteur s’attache à deux personnages qui poursuivent des objectifs diamétralement opposés : l’homme, qui tente de pêcher le poisson ; le poisson, qui tente d’échapper à son prédateur humain.

L’un et l’autre présentent à tour de rôle ce qui les anime, leurs centres d’intérêts : la pêche pour l’un, la nage pour l’autre ; et ce qui leur plaît dans ces activités : l’environnement, la météo, la sociabilisation. Et pourtant… gare au conflit d’intérêts si le pêcheur ou le poisson parvient à ses fins… mettant ainsi fin au bon plaisir (synonyme de vie pour l’un) de l’autre !

Une histoire que l’enfant prend plaisir à manipuler, et dont la lecture peut être renouvelée à loisir, puisqu’elle ne tranche ni en faveur de l’un, ni en faveur de l’autre. Les auteurs incitent ainsi le bébé lecteur à adopter les deux points de vue indifféremment et à envisager un sujet donné sous des angles différents, simultanément… démarche permettant notamment de prendre de la hauteur et de se mettre dans la peau d’autrui l’espace d’un instant.

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Livres de naissance

Dans la BBthèque aujourd’hui, lumière sur une nouvelle sélection de livres de naissances, de la conception, parfois ardue, à la mise au monde, et plus encore…

Petite pousse

de Sandra Le Guen et Popy Matigot aux éditions Sarbacane

« Née une nuit de juillet au cœur d’un été chaud, bleu, sable, un peu sec et orageux, je suis… »

Je, c’est Petite pousse, la narratrice. Je suis, dit-elle : je suis dès que mon père et ma mère m’ont conçue, à partir du moment où je suis « arrivée dans le ventre de ma mère », je suis et je deviens, en secret d’abord, puis en images, avant de voir le jour, et de me montrer en chair et en os : « je suis moi ».

Un album poétique et sensoriel sur l’amour, la parentalité, la naissance et l’identité.

Am stram graine

d’Anne-Catherine Le Roux et Jules aux éditions Le Pommier

Publié par les éditions Le Pommier qui mettent des questions scientifiques à portée de tous, cet album met en scène, à l’occasion des mille et une hypothèses de « comment on fait les bébés… !? » suite à l’annonce par la maîtresse qu’elle porte un enfant en son ventre, une petite fille qui raconte une histoire à ses copains, une histoire que l’on dit sans doute rarement en cour de recréation, mais qui est la sienne et qu’elle est ravie de partager. C’est l’histoire originale de sa conception, telle que ses parents la lui ont expliquée : des parents qui avaient très envie d’avoir un bébé, mais qui n’y parvenaient pas, ont donc consulté le corps médical pour comprendre, et ainsi appris la nature du problème : les « graines » du papa étaient trop petites, avant de trouver une solution : le don de graines (« on appelle ça les gamètes »). Grâce à ce don, la maman est devenue enceinte, et les (futurs) parents se sont beaucoup investis dès la période de grossesse dans leur relation avec leur (future) enfant : en lui disant des mots d’amour, en lui chantant des chansons, etc.

Un album qui dit aussi l’amour de parents pour un(e) enfant & réciproquement, et permet d’aborder avec les enfants l’extrême diversité des origines, y compris dans l’acte de conception.

Pablo

de Rascal aux éditions L’Ecole des loisirs

Avec Pablo, on quitte les humains pour s’intéresser à un volatile à naître. C’est l’histoire, en noir & blanc, parfaitement graphique, de la naissance d’un oiseau : Pablo. Première double page avant même la page de titre : un fonds noir (Pablo est dans l’obscurité tant qu’il réside dans l’œuf), deux yeux blancs, un bec blanc. Dernière double page avant la dernière de couverture : un fonds blanc (Pablo est né, la lumière l’éclaire), deux yeux noirs, un bec noir. Entre les deux, le bébé lecteur va observer la naissance de Pablo. Au début donc, il est encore dans son œuf, mais il « doit sortir de sa coquille » car « maintenant, il est trop grand ». Comment il s’y prend ? Progressivement. Avec un premier petit trou au niveau de son œil droit, il peut jeter un œil sur l’inconnu qui l’attend ; et renouveler l’opération avec l’œil droit ; puis percer de nouveaux trous pour écouter le monde, découvrir ses odeurs, le tâter des pattes avant enfin de déployer ses ailes pour mieux le parcourir, tout en gardant, on sait jamais, un bout de coquille, pour se protéger si besoin. Un beau propos servi par un graphisme de haut vol : à mesure que l’oisillon sort de l’œuf, l’œuf se transforme en oisillon.

Mon petit roi

de Rascal et Serge Bloch aux éditions Tom’poche

Graphisme toujours ! Mon petit roi assimile le créateur (qu’est l’auteur et/ou le dessinateur) à un papa : quelqu’un qui donne naissance à quelqu’un d’autre. Dans cet album qui marie superbement dessin et photographie, les lecteurs assistent à la naissance, en direct, d’un personnage dessiné (tout en traits) par le biais d’une (vraie) main (elle semble d’autant plus vraie qu’elle est photographiée), figurant celle de son créateur. « Voici la première page d’une histoire à naître. Une histoire dont j’ignore tout » : dans ce livre, un être naît, et avec lui son histoire… à venir et à construire.

PS : encore d’autres livres sur la naissance à découvrir ici !