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Festin de crêpes pour tout-petits

En ce mois de fête des chandelles, voici une chronique gourmande sur un livre qui dévoile aux tout-petits le secret de fabrication des CRÊPES… Un livre de cuisine avec une recette unique, en format géant, tout cartonné et noir et blanc, dernière parution au sein de la collection Bon pour les bébés signée Thierry Dedieu au Seuil Jeunesse :

Comme de coutume dans cette collection, l’auteur s’inscrit dans un genre — ici le livre de cuisine — à l’intérieur duquel il livre aux bébés lecteurs, précisément, un texte tel quel, sans accompagnement autre que la mise en scène et l’illustration… qui restituent ici merveilleusement l’énergie et la tonicité dont doit faire preuve un cuisinier pour la réussite de son plat.

Le texte donc, cette fois, est constitué d’une recette de pâte à crêpes (pour 6 personnes, miam), écrite comme un livre de cuisine de ma mère-grand, recette complétée d’instructions pour cuisiner et déguster les crêpes elles-mêmes (ne pas s’arrêter en bon chemin) :

  1. Réunir les ingrédients dans un récipient
  2. Mélanger/fouetter
  3. Parfumer
  4. Laisser reposer (zzzzzzzzzzz)
  5. Cuire
  6. Tartiner !

Et toc ! Voici le tout-petit coiffé d’une toque, avec cette toute première recette à partager en famille ou en collectivité avec des plus grands : écouter et voir comment on fabrique un mets aussi simple et bon qu’une crêpe, et, au-delà, faire le lien entre le texte lu et la réalité pour peu que l’enfant soit associé à un atelier crêpe !

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Cru / Cuit

L’assiette et la bibliothèque font bon ménage, notamment dans la littérature jeunesse, et les auteurs écrivant pour les tout-petits peuvent créer des merveilles de livres sur le manger pour les bébés, comme nous avons pu le voir ensemble à maintes reprises dans la BBthèque : Fruits de saison & Légumes de saison et autres livres-jeux autour des aliments et du corps humain, virées n°1, n°2 et n°3 au marché, avant d’intégrer l’assiette des bébés (ici et ) et de découvrir les bienfaits que les nutriments font au corps humain dans A dévorer des yeux par exemple…

La preuve encore aujourd’hui de ce mariage fécond avec ce petit tout cartonné, format carré, signé Matthieu Saintier et publié aux éditions Le diplodocus cette année :

Cru cuit

Cet imagier et premier documentaire utilise avec bonheur le média photo pour donner à voir, en lecture miroir, les deux versions d’un même aliment, la version crue à gauche, la version cuite à droite.

De double page en double page, le bébé lecteur explore ainsi la pomme, la châtaigne, le fromage, le chocolat, la tomate, le maïs, la fraise, le sucre, les pâtes, la carotte, le poisson et la pomme de terre… dans plusieurs de leurs états, dans la mesure où ils se transforment par l’opération de cuisson. Sur chaque photo, prise de manière rapprochée, l’enfant est présent, et toujours, acteur de l’image, en interaction avec l’aliment : on voit le plus souvent une ou deux petites mains désignant ou touchant l’aliment, si ce n’est un regard observateur ou des bouches gourmandes tant le mets semble appétissant…

Ou comment, dès le plus jeune âge, par une démarche réaliste et sensorielle, mettre la main à la pâte… et l’eau à la bouche tout à la fois. Direction la cuisine, chers bébés lecteurs !

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Cot cot cot & moi moi moi

Jean Gourounas revisite, aux éditions de l’Atelier du poisson soluble, un grand classique du conte pour enfants : la petite poule rousse, cette histoire où une petite poule, rousse, mène un projet à bien (transformer un grain de blé en bon pain croustillant) en demandant régulièrement de l’aide à ses voisins (un cochon, un carnard, un chat) sans qu’elle ne l’obtienne jamais, et décide donc de savourer seule, à la fin, le fruit de son travail.

L’originalité et l’intérêt de cette nouvelle version, qui préserve à merveille le sens et l’esprit de ses ancêtres, réside dans son approche ludique, qui s’exprime tant par des jeux graphiques sur les codes et les formes (la poule se réduit à une crête rouge, un œil noir et un bec jaune), que par des jeux de mots (répétitions et variantes, expressions figurées, onomatopées, typographie), qui donnent envie de poursuivre le temps de lecture par des activités (écriture, théâtre, géométrie, collages, etc.)… Le conte s’en trouve rajeuni pour le bonheur des petits et des plus grands qui se l’approprient.

Bref, je n’ai plus que quatre mots à vous dire ou à vous écrire :

cot ! groin ! coin ! miou !

tout en vous invitant à feuilleter à votre tour l’aventure de cette nouvelle petite poule rousse : par ici !

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De l’art de mélanger dans un chantier

Après un tour d’horizon des camions qui traversent la ville (camion poubelle, camion des pompiers, camion remorqueur…) dans Quel Camion !, l’auteur-illustrateur néo-zélandais Stephen Savage récidive en mettant en scène, dans Le camion méli-mélo, les engins de chantier à commencer par le valeureux petit camion mélangeur :

Il est là, dès la couverture de l’album, le héros de cette histoire, le camion méli-mélo, qui démarre tout juste dans sa carrière de camion mélangeur… et qui mélange d’ailleurs encore un peu tout…

D’abord il (nous) fait (faire) connaissance avec les autres camions du chantier et avec leurs fonctions respectives : le camion-grue qui soulève, le camion-benne qui verse, le camion-pelleteuse qui creuse.

Ensuite il demande à ses nouveaux camarades : « comment puis-je être utile ? », et se voit attribuer une mission : mélanger une poudre blanche… de ciment. Mais le camion méli-mélo est un bleu, voilà qu’il confond cuisine et construction ! Il a en effet mélangé, non pas du ciment, mais de la farine avec de l’eau, ce qui donne… un gâteau ! Une erreur ne survient jamais seule dans les premiers temps… Voilà qu’il continue de s’emmêler les pédales et qu’il mélange une autre poudre blanche avec de l’eau, le sucre, pour glacer son gâteau géant ! Jamais deux sans trois… ? Mais non, cette fois, le camion méli-mélo a bien compris : il mélange la poudre blanche, ajoute un peu d’eau… et construit, non plus un gros gâteau, mais un grand immeuble (un peu en forme de gâteau, type pièce montée… non mais).

Et puis, comme il a le sens de l’humour et de la convivialité, ce camion méli-mélo, et que, au terme de cette première journée de chantier, il sait désormais bien mélanger, il va mélanger avec un peu d’eau une dernière poudre blanche… le savon… pour que tous les camions du chantier puissent s’amuser et se ressourcer dans un gigantesque bain moussant ^^

Un premier documentaire coloré et rigolo sur l’univers du chantier, à portée des bébés qui adorent aussi tout mélanger.

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Cuisine du monde pour les bébés

Une petite pause au milieu des premières histoires et premiers documentaires présentés ça et là dans la bébéthèque, pour aborder le sujet primordial de l’alimentation sous un angle original et passionnant : des recettes du monde entier dans l’assiette des bébés !!

une-cuisine-du-monde-pour-les-bebes

« 60 recettes pour initier les tout petits aux saveurs d’ailleurs » : tel est le voyage gourmand proposé par l’album-documentaire Une cuisine du monde pour les bébés, co-signé Anne Kerloc’h, Judith Gueyfier et Zaü et édité par Rue du monde (nécessairement) en format géant. En guise de préface, le pourquoi du comment de cette démarche :

Si l’on trouve tout naturel d’éveiller un nouveau-né aux formes, aux couleurs et aux musiques, on hésite davantage à l’initier à la fabuleuse variété des saveurs. Pourtant, les recherches pédiatriques nous encouragent aujourd’hui à oser cette grande aventure du goût.

Alors, hop, c’est parti ! Direction…

les Amériques !

Escales prévues :

  • au Brésil, où l’on apprend à concocter des beijjos glacés à l’avocat et au citron vert, des pão de queijo et des natilla piñacolada…
  • au Mexique, avec un guacamole doux pour les petits loups, une cremita de maíz et un bœuf au maïs et parfum d’épices…
  • en Argentine et au Pérou en vue de déguster une dinde au maïs et des petits flans pâtissiers au dulce de leche…
  • en Amérique du Nord pour une purée de courge butternut au sirop d’érable ou encore un baby cheesecake !
  • aux Antilles et Caraïbes où l’on servira au jeune enfant rien de moins qu’une compote aux étoiles (de badiane) ou des pancakes à la patate douce

l’Europe…

en plusieurs étapes :

  • la Grande-Bretagne et l’Irlande, avec, au menu, purée de petits pois à la menthe, little porridge et crumble aux pommes
  • la Scandinavie avec, s’il-vous-plaît, des bouchées de saumon en dilli-dilli et une petite verrine de pommes en crème et chapelure d’épices
  • l’Espagne et le Portugal : du gazpachito bien sûr, de l’arroz doce et de la brandade, non mais !
  • l’Italie : place au pâtisotto au citron, à la picata de veau à l’orange ou à un premier tiramisu au fruits…

l’Afrique… 

  • le Maghreb : pour les s aussi, tajine d’agneau à l’abricot et au boulgour, autrement premier couscous avec un brin de menthe sèche, ou caviar de fenouil aux agrumes
  • l’Afrique de l’Ouest : à table avec une compote de mangue poivrée, un tapioca à l’orange ou encore un gâteau à la banane et au cacao
  • l’île de la Réunion et l’Océan indien : délices fondants à la patate douce et mousse de chouchous !

et du Proche-Orient à l’Asie

  • au Proche-Orient, mini-kebbés, yaourt « en bouboules » et trio de messés ;
  • en Grèce ou Bulgarie, régalons-nous d’un caviar d’aubergine blanche, d’une crème kataïfi ou d’un mishmash bulgare…
  • en Turquie, un mix-max de courgettes farcies, une compote aux deux abricots et aux fleurs et une köfte de lentilles rouges
  • en Iran où nous mangerons des crêpes de jade (aux épinards), un poulet mariné au safran et à l’orange et, en guise de dessert, une compote de pommes et cerises à la grenade
  • en Russie et dans les pays baltes : un bœuf stroganov du rebenok transformé en purée, un bortsch d’été à la lituanienne, un kissel à la faisselle… !
  • au Vietnam et en Thaïlande : une omelette vapeur ou un poulet à la mangue
  • en Chine : des boulettes de poulet vapeur et un canard cinq parfums accompagné de son riz au jasmin ;
  • au Japon : un flan de tofu au potiron, une bouillie de riz « okayu » ou une mousse de nashis !
  • en Inde, goûtons le shrikland à la mangue et le baby dhal ;
  • en Polynésie : poe à la banane, soupe de potiron au safran et rillettes de poisson saveur des îles !

Cet exceptionnel guide culinaire ne se contente pas d’aiguiser notre appétit et de mettre à notre portée des cuisines plus ou moins exotiques pour nos tout petits. Il nous plonge aussi dans les cultures locales, grâce aux illustrations alternées de Zaü & Judith Gueyfrier, et la présentation, pour chaque pays visité, d’une coutume accompagnant la naissance et les premiers moments de la vie d’un enfant ! Par exemple, la sieste à l’air frais en Scandinavie, les présents d’argent (silvering the baby !) en Ecosse & Irlande, les pluies de cadeaux (baby shower) en fin de grossesse aux Etats-Unis versus la présentation au monde du bébé à son septième jour de vie (Aqiqa) au Maghreb…

Last but not least : si chaque recette fait mention de l’âge minimum requis pour pouvoir manger la préparation… vous ne lirez aucun âge maximum, chers lecteurs et cuisiniers dont les papilles ont sans doute été, par (la chronique de) cet album, bien éveillées… Aux fourneaux, donc, puis à table tout le monde, et, surtout, régalez-vous bien !


Pour vous aider à trouver ce livre de cuisine en bibliothèque ou librairie, en voici les références complètes :

Une cuisine du monde pour les bébés : 60 recettes pour initier les tout-petits aux saveurs d’ailleurs [Texte imprimé] / recettes et textes Anne Kerloc’h ; images de Judith Gueyfier et Zaü. – Paris : Rue du monde, 2015. – 1 vol. (59 p.) ; illustrations en couleur ; 36 x 29 cm.
ISBN 978-2-35504-400-7 : 24,5 EUR