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Ode à la soupe

La saison des soupes est déclarée ouverte par ce froid automnal, aussi j’ai grand plaisir à vous présenter aujourd’hui un grand album tout cartonné, signé Virginie Téoulle et Michela Eccli aux éditions Rue de l’échiquer, dont nos amis les légumes sont les héros :

Les légumes, quelle aventure !

Au menu de ce docu-fiction imagier-action pour les petits marmitons, des photos détourées de légumes à nu (haricots coco, feuilles de chou, blettes, poireaux, céleri, oignons, carottes, panais, patates et patates douces…), et puis des jeux d’assemblage & combinaisons auxquels les bébé lecteur est invité à s’adonner avec des légumes qui se mettent sous son impulsion à s’animer : imagine une maison en pain d’épice chou & coco qui fume fume fume, puis toute une ville, que dis-je, une métropole, avec des immeubles (im)plantés grattouillant le ciel avec leurs feuilles vertes ouvertes aux quatre vents, une route bien chargée avec des véhicules variés (mention spéciale à la voiture de police faite de carottes, pommes de terre et panais) y compris un mille-pat(ta)tes ! une envolée dans les airs en montgolfière citrouille, mode vadrouille ! Bref dans la joie et la bonne humeur, tout ce joli monde potager se construit et se déconstruit, se coupe et se découpe, s’isole et s’assemble, pour finir, tous ensemble, dans la marmite du cuisinier qui a revêtu son plus beau tablier… Que passa ?

Plus de maison,

plus de ballons, 

plus de phare…

… mais une belle soupe du soir.

Fin de l’histoire !! Quoique, en fait, à la dernière page… surprise, vous trouverez, petits et grands gourmands, une bonne recette de potage de légumes, à adapter au gré des saisons. Une invitation résolument positive à passer aux fourneaux… Quel régal, pour l’enfant, de jouer ainsi avec chacun de ces aliments, alterner entre la matérialité du légume et son énorme (qui l’eut cru) potentiel fictif ; on lit entre les lignes un amour très contagieux des légumes… de scènes humoristiques en scènes ludiques, les auteurs aiguisent notre appétit avant que tout le monde ne se mette à table pour déguster, bon sang de bon soir, cette bonne soupe du soir… !

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L’enfance de l’art

L’art est un jeu d’enfants, démontre une nouvelle fois la maison d’édition Palette… avec son nouveau livre-jeu destiné aux lecteurs en herbe :

L’enfance de l’art

conçu par Loïc Le Gall

avec le suivi éditorial de Marion Balalud de Saint-Jean

Ce livre d’éveil artistique — format paysage et à spirales s’il-vous-plaît — joue la carte ludique à 100%. Dès la première page, la règle du jeu est communiquée à l’enfant :

Retrouve les trois œuvres qui illustrent chaque thème : femme, arbre, maison, enfant, fleur, fruit, légume, chat, chien, cheval, oiseau, bateau, soleil, voiture !

Puis, hop, le livre se scinde en trois colonnes, trois mini-livres pour s’adonner au jeu des mille et unes correspondances ! Comme dans un méli-mélo, c’est au bébé lecteur de faire tourner les mini-pages, chaque mini-page reproduisant une grande œuvre d’art… classique, moderne ou contemporaine… peinture, sculpture, faïence… déco, portrait, nature morte… jusqu’à obtenir la combinaison gagnante : les trois maisons, les trois femmes, les trois enfants…

Une démarche originale pour faire découvrir aux plus petits les plus grandes œuvres d’art : par le jeu, donc, mais aussi par des thèmes universels et accessibles, le tout servi par une très belle qualité d’impression permettant d’apprécier les détails de chaque tableau. Dans ce premier documentaire à manipuler avec ses petites mains, chaque repro est légendée : thème, nom de l’artiste, titre et date de l’œuvre, pour la culture générale de l’adulte lecteur… mais aussi pour une lecture évolutive de l’enfant grandissant, qui se voit offrir un formidable et fécond voyage dans l’histoire et la pratique de l’art.

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Marron mammouth et violet chat

Deux nouvelles couleurs rejoignent le drôle de nuancier arc-en-ciel et animalier, signé Janik Coat aux éditions Memo : après Rouge hippopotame, Vert tamanoir, Bleu éléphant, Jaune chameauRose poulpe, Orange sanglier, voici qu’arrivent Violet chat et Marron mammouth !

Dans les deux cas, c’est « mon » chat ET « mon » mammouth.

Le premier est VIOLET comme les aubergines, comme… la couronne de la reine d’Angleterre ! comme le raisin ou encore les violettes… MON chat, il s’appelle IGOR, est il est — pas orange, pas rose, pas bleu, pas rouge, pas marron, pas vert, pas noir, pas jaune non il est — VIOLET — sur la dernière page, l’enfant est invité à retrouver en effet où est Charlie Igor.

Le second est MARRON comme les gâteaux au chocolat ! et aussi comme les troncs d’arbres, les marrons (ah l’occasion de parler d’homonymie avec les tout-petits), une crotte (de mammouth notamment !). MON mammouth, il s’appelle ABEL et il est — pas rose, pas violet, pas vert, pas jaune, pas orange, pas bleu, pas blanc, pas rouge, pas noir non il est — MARRON  — sur la dernière page, l’enfant est invité à retrouver en effet où est Charlie Abel.

Toujours un graphisme très sympa pour cette collection originale, mi-bestiaire, mi-inventaire de couleurs, qui s’agrandit.

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Fruits et légumes de saison

Pour bien démarrer la rentrée, lumière sur deux tout-cartonnés formidables pour faire son marché… se cultiver et bien s’alimenter : Fruits de saison et Légumes de saison, de Clara Corman, aux éditions Amaterra !

Au menu de ces deux livres complémentaires, la découverte, donc, de ces aliments issus des potagers, maraîchers…

Côté fruits, la pomme, l’ananas, la pastèque, la banane, l’orange, la tomate, la fraise, la grenade, la pêche, la figue, le kiwi, la cerise, l’avocat, la noix de coco, le pitaya, la noix ! Chaque fruit fait l’objet d’une double page bien remplie, avec des illustrations précises et réalistes permettant aux jeunes lecteurs d’identifier aisément chaque fruit : sur la page de gauche, le fruit représenté en train de pousser, sur sa plante, donc, avec une petite phrase décrivant une spécificité de sa culture (« l’ananas pousse dans les pays chauds », « la pastèque grandit posée sur le sol »…) ; sur la page de droite, gros plan sur le fruit cueilli, vu de l’extérieur, puis de l’intérieur grâce à un jeu de rabats à soulever par le lecteur curieux et gourmand ! Une petite phrase accompagne alors aussi cette découverte du fruit.

Côtés légumes, c’est exactement le même topo, pédagogiquement réjouissant. Sont passés ainsi en revue : les petits pois, le chou rouge, l’artichaut, la carotte, la pomme de terre, le fenouil, le maïs, le poivron, le concombre, l’oignon, le champignon, le chou de Bruxelles, le radis, l’ail, la betterave !

Last but not least : la dernière double page de ces deux livres récapitule, avec un système de symboles, à quelle saison on récolte et donc mange tel ou tel fruit ou légume.

Une lecture belle et utile, à proposer dès le plus jeune âge, pour ouvrir l’appétit, le goût de la nature de la terre jusqu’à l’assiette, au fil des saisons. Deux livres dont je vous invite à vous servir et re-servir à loisir, pour manger sain et bon.

A feuilleter ici et ici sur le site de l’éditeur… et comme lecture complémentaire sur le même sujet… cet autre livre-jeu très sympa Au marché… je choisis !

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Croque la vie avec Ploc

C’est stimulant, de chroniquer Ploc, sorti cette année aux éditions MeMo. Stimulant tant Mélanie Rutten développe dans ce tout-cartonné, sa première œuvre destinée aux bébés, un univers diantrement original, tendre, pêchu et plein de charmes : formes, couleurs, mots et caractères, dans ce livre extraordinaire, tout concourt à transporter tout-petits et grands vers une mythologie imaginaire à même de refléter les premiers apprentissages de la vie.

Les illustrations, peut-être, d’abord :

Oui, les images, mélange de peintures aquarelles et encre de Chine, donnent le ton, ainsi que les formes et noms des personnages de l’histoire : Ploc, Tine, Baba, Bubu… une bande d’amis que Mélanie Rutten introduit auprès des touts-petits en mettant en scène une tranche de leur vie, un petit bout de journée en leur compagnie, riche en émotions et enseignements, dans un cadre extérieur respirant la fraîcheur.

L’histoire, bien évidemment, ensuite. Mélanie Rutten ne craint pas de donner à lire un récit plutôt long pour son jeune public : un texte précis dans son vocabulaire, ses descriptions, ses actions, un vrai texte de grands pour les tout petits enfants.

Au début du livre et de la journée, il y a ce que chacun sait déjà faire, et, souvent, ce ne sont pas les mêmes choses que leurs petits voisins. Et voici qu’interviennent tout naturellement les bénéfices, les bienfaits de la socialisation : observer et apprendre (de) la différence… en collectivité vive la complémentarité ! Savoir se définir soi-même, par rapport à autrui ; imiter, partager, échanger, jouer ensemble, dans la joie et la bonne humeur, la frustration aussi, la peur, la colère, la tristesse quand un objet auquel on tient se casse… réparer les dégâts, soigner les blessures, relativiser, s’embrasser !

A la fin du livre et de la journée, chaque petit être ressort grandi de cette exposition au grand air et de cette interaction avec autrui : certains ont développé leurs compétences, quand d’autres ont appris à gérer leurs émotions. Le rideau peut tomber, sur un moment qui réunit et contente tout le monde : le goûter avec un superbe gâteau… ! Bon appétit chers amis, et continuez de bien croquer la vie…

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Y aller avec Nakamura

Les éditions MeMo publient deux nouveaux livres de l’artiste plasticienne japonaise Junko Nakamura, adepte du dessin d’enfants :

 

Ces deux albums tout cartonnés invitent les bébés lecteurs à de mini-géantes expéditions, dont le jeune enfant est l’acteur principal. Dans le premier, une véritable sortie d’extérieur, accompagné d’un grand, balade en forêt qui se solde par une cueillette de myrtilles donnant lieu, de retour à la maison, à un goûter gourmand. Dans le second, l’enfant joue dans son salon puis la bougeotte le prend ainsi que l’envie d’un grand transvasement / déménagement : « il faut que j’y aille », moi et puis aussi bien sûr tous mes jouets que je viens de ranger à cet effet… dans mon chariot ! Roule roule, marche marche avec la plus grande détermination dans et autour de la maison ; effectuer ainsi le tour du foyer puis revenir s’installer à l’intérieur, et constituer, toujours avec tous ses jouets, un même et autre nouveau petit coin.

Des phrases et illustrations simples pour des histoires bienveillantes, constructives et dynamiques, à hauteur des bébés explorateurs. Ici, c’est le tout-petit enfant qui s’exprime, c’est lui qui est en mouvement… voire prend ses propres décisions ; l’adulte est bien présent mais au second plan : toujours il encourage son enfant à partir à la découverte du monde, que ce soit en l’accompagnant physiquement dans ses pérégrinations lointaines ou, chez soi, en veillant à ce qu’il développe sereinement son autonomie tout en lui offrant un cadre aimant et nourrissant, via le regard et, depuis les fourneaux, le remplissage d’estomac des p’tits chats.

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Oncle Teddy

L’atelier Saje fait son entrée dans la BBthèque, avec Oncle Teddy, grand livre tout cartonné publié aux éditions Marcel & Joachim :

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Un album qui joue la carte du muet : tout se lit dans les images, design, mettant en scène les activités d’un petit ours avec son grand baby-sitter, l’oncle Teddy (oui da, un homme, que dis-je… un mâle), tel un inventaire de jeux et loisirs à partager régulièrement ensemble, adulte et jeune enfant.

Chaque double-page représente ainsi une activité : jeux d’eau, sports d’hiver, patin à glace, équipée sous la pluie, fête foraine, arts martiaux, balade en deux roues (tricycle pour le petit, moto pour le grand), activité cuisine & dégustation, bain moussant et brossage de dents, et même, la nuit tombée, quand les rêves les plus fous prenant le relais d’une dense journée, la transformation du duo en paire de super-héros ! Avec, toujours, sur la page de gauche, le petit ours auquel s’identifiera le bébé lecteur… et, sur la page de droite, l’oncle Teddy qui veille sur lui.

Un livre bien pensé pour les bébés, avec ses répétitions et ses variantes, le jeu d’observation auquel il invite son public, la familiarité et la diversité des sujets abordés, le graphisme simple qui sait montrer la différence de taille entre le petit et le grand mais aussi leur complémentarité, et enfin les couleurs choisies par les auteurs qui, par leur douceur rejouant la rondeur des personnages, enveloppent le tout d’une opportune et agréable tendresse.