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Tuto DIY : fabrique ton livre

La BBthèque continue d’explorer les possibilités qui s’offrent à nous dans nos intérieurs confinés. Avez-vous des feuilles de papier qui traînent ? Du papier (journal, coloriage, etc.) à recycler ? Si oui c’est parti pour une expérience à part : créer son propre livre de A à Z… le livre dont vous serez avec votre ou vos enfants à la fois l’auteur et l’éditeur !

Il y a l’option simple : prendre une feuille, la plier en deux. La première page comprend le titre, le nom de l’auteur, une illustration… voire le début de l’histoire au regard du nombre limité de pages de ce petit livre ; en ouvrant le livre, pleine vue sur la double page unique et centrale avec textes et images à réaliser itou également pour donner corps à votre histoire ; et en fermant le livre, voici venir l’ultime page : le mot de la fin ?

Pour aller plus loin, il y a aussi l’option : je joue à être à la fois auteur-illustrateur et éditeur ! Pour ce faire, je vous propose de vous appuyer sur le savoir-faire développé dans le merveilleux livre Bienvenue dans ma maison d’édition, de Didier Cornille et Sophie Strady aux éditions Hélium (pssst souvenez-vous, la BBthèque le présentait ici), qui comprend lui-même des mini-livres sur les facettes du métier d’éditeur… parmi lesquels Le Manuel du livre, dont voici quelques menus extraits qui présentent les étapes classiques pour fabriquer un livre, et dont des enfants à partir de l’école primaire devraient pouvoir s’emparer sans difficulté :

A partir de ces conseils de pros, la BBthèque vous propose ici et à présent une méthode de fabrication artisanale en 3 étapes adaptée à une création avec de plus jeunes enfants, testée avec un succès net et franc auprès dudit public dans les locaux confinés de la BBthèque :

Etape 1 : plier X 3

Manuel du livre 2

Le repère est important. La taille de la feuille est en revanche fonction du matériel et du choix de chacune, chacun. Un format rectangle, format paysage, avant pliage, comme sur le modèle, fonctionne parfaitement. Plus la feuille est grande, plus l’album sera de grande taille ; inversement, plus la feuille est petite, plus le livre sera de taille petite.

Etape 2 : découper et ficeler

Manuel du livre 5

La page de couverture du livre « Stupide mon chien » sur l’image correspondant à la façade du livre de la troisième mouvement du pliage (avec comme repère le petit trait rouge horizontal dans cette étape de pliage).

Pour faire tenir l’ensemble, prendre un morceau de laine, de ruban, ouvrir le livre en son centre, disposer le bout de laine ou de ruban de manière à pouvoir y faire un nœud. Ainsi le livre tient et on a l’impression que le livre devient cadeau !

Etape 3 : écrire et illustrer

A vous d’investir ces pages blanches !

Il faut un titre et un auteur a minima sur la page de couverture (exemple de titre ci-dessus : Stupide mon chien).

La dernière page est la quatrième de couverture qui ferme le livre.

Tout le reste, c’est l’intérieur du livre, avec l’histoire que vous y mettrez (imagier, conte, comptine, poésie improvisée…), vos mots (d’adultes, d’enfants, mots réels, mots inventés…), vos images (collages, dessins, etc.). Vous pouvez jouer avec la page mais aussi avec la double page. Vous pouvez paginer votre livre, en reportant le numéro des pages, pour celles et ceux qui se prêterait à l’exercice avec des enfants scolarisés en maternelle.

C’est parti !? Et si vous partagiez en commentaire de cet article des photos du ou des livres que vous aurez réalisé(s) en suivant ce tuto ?

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Pour en savoir plus sur la fabrique des livres, la BBthèque vous invite, quand les conditions seront à nouveau réunies, à vous procurer Bienvenue dans ma maison d’édition, de Didier Cornille et Sophie Strady aux éditions Hélium. Rien de mieux, après avoir mis la main à la pâte qui plus est, que de lire et prendre en main dans un second temps ce livre-objet pour découvrir plus avant cette riche profession :

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Dis oiseau, tu chantes comment ?

La BBthèque vous convie à un concert aujourd’hui : muni du précieux et joyeux tout cartonné Mini encyclopédie des cris des oiseaux, lever la tête, ouvrir grand ses yeux et ses oreilles et s’éveiller à la grande diversité de ces chants décrits et illustrés par Adrienne Barman aux éditions La Joie de Lire :

Chaque page de ce premier documentaire consacre un oiseau différent, associé à son chant, son cri, mais aussi à son environnement. Dans les dessins, les animaux sont souvent représentés en plein mouvement, comme saisis au vol ; dans la narration / description, ils sont le sujet de leur mode d’expression : la cigogne craquette, la grue claquette, le cygne drense, le paon braille, la faucon huit, le merle jase…

Dans cette approche encyclopédique, le bébé lecteur découvre ainsi non seulement des oiseaux connus et moins connus, mais aussi le nom de leurs cris, certains de ces termes suscitant l’étonnement et l’amusement des tout-petits (la buse miaule ? le colibri zinzibule !). Ces mots rares et précis disent la singularité de chaque espèce.

Un très chouette livre pour l’éveil aux sens et à la nature des tout-petits, servi par des illustrations réalistes, expressives, colorées et facétieuses.

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Une maison très spéciale

Maurice Sendak et Ruth Krauss font enfin leur entrée dans la BBthèque, par un album classique (1953) qui nous arrive en France en 2019 grâce à la traduction de Françoise Morvan et aux éditions MeMo. Cet album rythmé et joyeux, hymne à l’imagination et à la construction de l’identité des petits, s’apparente à une comptine d’enfant, un enfant racontant la maison de ses rêves :

Une maison très spéciale

Dans cet album, où le fond est de couleur ocre, où l’enfant (qui est le narrateur) constitue le seul (personnage) doté de couleurs (peau blanche et haut blanc, cheveux noirs et salopette bleue) et où les autres êtres et objets sont dessinés au crayon noir uniquement, l’enfant à salopette bleue, heureux, chantonne SA version de SA maison.

Je connais une maison — pas une maison d’ânon ou d’écureuil des bois — pas une maison qu’on voit — pas au bord d’une rue ni d’une route non plus — oh juste une maison qui est à moi Moi MOI.

Dans cette maison il y a… un lit, une étagère, des chaises, des portes, des murs, une table… et chacun de ces éléments est, c’est à préciser, très spécial. Dans cette maison l’enfant peut apporter un tas de trésors : une tortue, un lapin, une souris, des ouistitis et même un lion ! qui s’attaque, c’est jouissif, au mobilier. C’est une maison où il fait bon de bouger en bonne compagnie : se dire des secrets, rire à s’en rouler par terre, jouer, mimer, chanter, courir… sans jamais devoir s’arrêter. C’est le royaume où on peut clamer « ENCORE » sans que personne ne dise « STOP ».

Cette maison, il y a plein d’endroits où elle n’est pas, et un seul lieu où elle est : la tête de l’enfant qui l’imagine, qui la construit, qui la dessine, qui la chante (sur un air de jazz qui plus est), qui la danse, qui la dit et redit… et qui s’en réjouit.

Un bonheur de lecture avec les petits.

 

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Conte, conte, contera #2

Les tout-petits aiment qu’on leur lise, qu’on leur raconte, des contes. La BBthèque présente régulièrement des livres de contes pour les 0-3 ans, ici ou encore . Aujourd’hui aussi, au travers de titres enrichissant des collections déjà présentées sur le blog, mais aussi d’un nouveau livre… en 3D.

Attilio revient avec…

La petite poule rousse

Les éditions Gallimard Jeunesse étoffent la collection « Mini contes » conçue avec l’auteur-illustrateur Attilio, dont les titres précédents ont été chroniqués ici. La voici, la voilà, la petite poule rousse (rouge, même, si l’on en croit les illustrations d’Attilio) qui vient à la rencontre des bébés lecteurs. Ceci avec un vocabulaire et un récit simples d’une part, des dessins très colorés et presque animés d’autre part, tant ils disent les émotions et les mouvements des personnages.

D’un côté une petite poule, déterminée et travailleuse, toute à son projet, tentant sans succès d’obtenir de l’aide de ses proches, esseulée mais bien occupée, transformant en plusieurs étapes détaillées des grains de blé en un pain tout doré. De l’autre, les proches — un chat, un chien et une oie — ,  s’agitant selon leurs propres envies, répondant toujours « non, non et non » aux sollicitations de la poule, même s’ils se montrent occasionnellement curieux de ce qu’elle fait. Quand le pain sort du four, les trois agités se réveillent et demandent s’ils peuvent partager le fruit de tout ce travail, ce à quoi la poule leur adresse la même réponse que celle qu’ils lui avaient opposée plus tôt : « non, non et non ».

Dans le même esprit, Attilio est aussi l’auteur cette année, dans la même collection, d’une revisite de la fable de La Fontaine sur le rat des villes et le rat des champs. Mais ceci est un autre genre, et donc une autre histoire, voire une autre chronique si l’occasion se présente… !

Raconte à ta façon…

Le Petit Poucet & Roule Galette

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Chez Flammarion jeunesse, la collection « Raconte à ta façon… » s’enrichit également de deux nouveaux titres, co-signés Sonia Chaine et Adrien Pichelin : Le Petit Poucet et Roule Galette. 

Dans ces livres où le graphisme est roi, constituant la clé de lecture principale, le tout jeune lecteur est invité à devenir conteur, en utilisant notamment les illustrations, fondées sur des pictogrammes qui désignent les éléments principaux de chaque conte explicités par une légende des images.

Deux options sont proposées au jeune lecteur :

  • la lecture standard du conte telle qu’il est résumé sur l’unique endroit où figure du texte dans ce libre : son marque-page ;
  • le conte vivant, où le lecteur est libre de s’emparer des illustrations, ou icônes, pour donner corps et vie au conte devenu sien l’espace d’un moment.

Vous pouvez feuilleter ici et ces beaux ouvrages qui mobilisent dès le plus jeune âge la mémoire, l’imagination et les facultés d’expression des enfants.

Le petit chaperon rouge

comme au théâtrele petit chaperon rouge perrault lagraula

Pour finir, une nouveauté, une exclusivité, superbement réalisée : le conte du petit chaperon rouge mis en scène par Dominique Lagraula aux éditions Les Grandes Personnes.

Ce livre marque un retour bienheureux au texte classique, en reproduisant intégralement, moralité comprise, la prose de Charles Perrault, sans toutefois presque jamais la donner à voir au premier regard ; en effet, les mots se lisent en ouvrant les rabats, tandis qu’au cœur de l’ouvrage l’histoire se donne à voir à travers des images… animées.

C’est une version pop-up du petit chaperon rouge, que la BBthèque vous recommande chaudement : les personnages prennent forme — le petit chaperon rouge et le loup —, de même que le décor — la forêt, les chemins, raccourcis ou de traverse, le panier rempli de fleurs, la maison — et le récit qui se clôt avec cette double page splendide mettant en scène le loup dévoreur dont la gueule de papier se referme sur le bébé lecteur. Le conte est clôt. Rideaux. Avant qu’ils ne s’ouvrent à nouveau pour expliciter aux lecteurs spectateurs… la moralité.

Un petit bijou de livre-objet à lire et relire dès la petite enfance, dont voici quelques extraits, suivis d’une présentation vidéo de l’ouvrage par une médiathèque :

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Chien, chat & fables d’enfants

Il y a les fables de La Fontaine qui mettent en scène des animaux, et il y a la faculté universelle des enfants, dès le plus jeune âge, à fabuler sur tout et n’importe quoi, à commencer par les animaux qui accompagnent leur quotidien : chats et chiens. La chronique du jour dans la BBthèque réunit deux livres qui font la part belle à l’imagination hors norme des petits marmots sur ces compagnons bestiaux :

Kiki en promenade

Kiki en promenade est un ovni d’une esthétique rare, avec des illustrations à base de papiers découpés. Kiki c’est un chien, que son maître, Julien, emmène en promenade. Le maître devant, le chien derrière, tenu en laisse. Mais ce que le maître ne sait pas, ce que le maître ne voit pas, c’est que tout du long de cette promenade qui semble de prime abord (et peut-être est-ce le cas au final) inscrite et figée dans le le train-train quotidien, Kiki le chien, un poil abattu, vit milles et une aventures improbables auxquelles il survit, grâce à une chaîne incroyable de métamorphoses-événements. Kiki est attrapé par un aigle… si bien que Julien promène désormais un aigle ; lui-même attaqué par un tigre, si bien que Julien promène à présent un tigre ; lui-même transfiguré en chauve-souris quand les pas des promeneurs les mènent en un recoin sombre ; elle-même convoitée par un renard, que promène à son tour un Julien qui ne se doute toujours de rien ; lui-même transformé en pieuvre quand les promeneurs mettent les pieds à l’eau ; etc. jusqu’à ce que la forme originelle de Kiki, le chien, ne s’intéresse à ce qui n’est pas lui et reprenne ainsi sa place à lui, derrière son maître : ça tombe bien, la promenade est finie !

L’ordinaire se trouve ainsi enrichi d’une dimension extraordinaire, qui se déploie grâce au processus d’accumulation, aux effets de surprise générés, et au suspens de cette partie de cache-cache à rebondissements qui se joue entre l’animal en laisse et le bébé lecteur d’une part, le maître d’autre part. Un album comique qui illustre à merveille les ressorts de l’imagination.

Marcel super chat

Voici la version féline des affabulations enfantines, où la parole de l’enfant construit littéralement un mythe autour de son chat… devenu Super Chat.

– Dis, ça te dirait de venir chez moi ? Je te présenterai Marcel, mon chat.

– Un chat ? Bof ! … J’en ai déjà un chez moi.

– Oui, mais… sûrement pas comme Marcel ! Lui est EX-CEP-TION-NEL !

La conversation entre deux enfants se focalise ainsi sur le chat du narrateur, qui d’après ce dernier n’est rien de moins qu’un super héros à griffes et moustaches. Et l’enfant de le prouver en narrant tous les exploits, ordinaires et extraordinaires, comme guider une personne âgée, être un as en mécanique, décoller comme une fusée, et puis au final rien de moins que sauver toute l’humanité. Bon et après toutes ces activités, le super chat, il rentre chez lui. Manger sa pâtée. Comme si de rien n’était. Et c’est sans nul doute bien mérité.

Le discours monte, monte, monte, tandis que l’enfant s’emballe dans la fable qu’il monte de toute pièce et qui prend vie avec les illustrations, noir et orange, à la fois sobres, inventives et délicieusement humoristiques. L’orateur met tant de conviction dans son propos que son ami le croit, tandis que les lecteurs sont surpris et sourient : après tout, c’est vrai qu’on ne sait pas grand chose de la journée d’un chat. Qui sait…

Un bon gros mensonge poétique excellent, comme pourraient s’y adonner en toute bonhomie et enthousiasme bon nombre de jeunes enfants.