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Chien, chat & fables d’enfants

Il y a les fables de La Fontaine qui mettent en scène des animaux, et il y a la faculté universelle des enfants, dès le plus jeune âge, à fabuler sur tout et n’importe quoi, à commencer par les animaux qui accompagnent leur quotidien : chats et chiens. La chronique du jour dans la BBthèque réunit deux livres qui font la part belle à l’imagination hors norme des petits marmots sur ces compagnons bestiaux :

Kiki en promenade

Kiki en promenade est un ovni d’une esthétique rare, avec des illustrations à base de papiers découpés. Kiki c’est un chien, que son maître, Julien, emmène en promenade. Le maître devant, le chien derrière, tenu en laisse. Mais ce que le maître ne sait pas, ce que le maître ne voit pas, c’est que tout du long de cette promenade qui semble de prime abord (et peut-être est-ce le cas au final) inscrite et figée dans le le train-train quotidien, Kiki le chien, un poil abattu, vit milles et une aventures improbables auxquelles il survit, grâce à une chaîne incroyable de métamorphoses-événements. Kiki est attrapé par un aigle… si bien que Julien promène désormais un aigle ; lui-même attaqué par un tigre, si bien que Julien promène à présent un tigre ; lui-même transfiguré en chauve-souris quand les pas des promeneurs les mènent en un recoin sombre ; elle-même convoitée par un renard, que promène à son tour un Julien qui ne se doute toujours de rien ; lui-même transformé en pieuvre quand les promeneurs mettent les pieds à l’eau ; etc. jusqu’à ce que la forme originelle de Kiki, le chien, ne s’intéresse à ce qui n’est pas lui et reprenne ainsi sa place à lui, derrière son maître : ça tombe bien, la promenade est finie !

L’ordinaire se trouve ainsi enrichi d’une dimension extraordinaire, qui se déploie grâce au processus d’accumulation, aux effets de surprise générés, et au suspens de cette partie de cache-cache à rebondissements qui se joue entre l’animal en laisse et le bébé lecteur d’une part, le maître d’autre part. Un album comique qui illustre à merveille les ressorts de l’imagination.

Marcel super chat

Voici la version féline des affabulations enfantines, où la parole de l’enfant construit littéralement un mythe autour de son chat… devenu Super Chat.

– Dis, ça te dirait de venir chez moi ? Je te présenterai Marcel, mon chat.

– Un chat ? Bof ! … J’en ai déjà un chez moi.

– Oui, mais… sûrement pas comme Marcel ! Lui est EX-CEP-TION-NEL !

La conversation entre deux enfants se focalise ainsi sur le chat du narrateur, qui d’après ce dernier n’est rien de moins qu’un super héros à griffes et moustaches. Et l’enfant de le prouver en narrant tous les exploits, ordinaires et extraordinaires, comme guider une personne âgée, être un as en mécanique, décoller comme une fusée, et puis au final rien de moins que sauver toute l’humanité. Bon et après toutes ces activités, le super chat, il rentre chez lui. Manger sa pâtée. Comme si de rien n’était. Et c’est sans nul doute bien mérité.

Le discours monte, monte, monte, tandis que l’enfant s’emballe dans la fable qu’il monte de toute pièce et qui prend vie avec les illustrations, noir et orange, à la fois sobres, inventives et délicieusement humoristiques. L’orateur met tant de conviction dans son propos que son ami le croit, tandis que les lecteurs sont surpris et sourient : après tout, c’est vrai qu’on ne sait pas grand chose de la journée d’un chat. Qui sait…

Un bon gros mensonge poétique excellent, comme pourraient s’y adonner en toute bonhomie et enthousiasme bon nombre de jeunes enfants.

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Roulé – caché !

Lumière sur deux tout-cartonnés, publiés à l’attention des bébés en 2019 aux éditions l’Ecole des loisirs, qui ont pour point commun de raconter et mettre en scène le jeu premier… soit les jeux fondamentaux auxquels on joue dès la petite enfance et qui peuvent faire l’objet de mille et une variantes :

  • jouer à la balle : c’est l’objet de Roule ma boule, de Grégoire Solotareff
  • jouer à cache-cache : comme La mouette et le goéland, de Jeanne Boyer

Roule

ma boule

Sur la page de droite de la première double plage, la première phrase de cet album annonce la couleur : « C’est l’histoire de ma boule ». La deuxième phrase ouvre le récit : « Je l’avais laissée tout en haut de l’escalier » ; sur la page de gauche, le bébé lecteur voit « ma balle » (rouge) en haut d’un escalier (rose) de trois marches. Quand soudain arrive le facteur déclencheur. Un chat. Dont la patte joueuse passait par là. Résultat : la balle roula jusqu’en bas (de l’escalier rose qui désormais compte beaucoup beaucoup beaucoup plus de marches). Ce n’est pas le tout : l’histoire de ma boule continue, avec une porte lumineuse, donnant cependant sur un espace plongé dans le noir. Nouveau facteur déclencheur : une main s’empare de l’objet roulant… qui est à présent lancé, si loin qu’il a bien le temps de voir du pays et nous faire voyager avant de revenir… devinez, en haut d’un escalier. 3, 2, 1 c’est potentiellement reparti pour une nouvelle histoire !

Qui l’eût cru ? L’histoire de ma boule, signée Grégoire Solotareff, est une aventure à part entière, un périple parsemé de surprises, un voyage qui nous emmène loin et près à la fois ! Ce récit fondamentalement ludique et dynamique, à hauteur des tout-petits, est servi par des illustrations épurées et colorées, permettant aux très jeunes lecteurs d’identifier aisément les formes et le mouvement, tout en s’identifiant à cet objet devenu personnage principal de l’histoire : ma boule.

La mouette et le goéland

la mouette et le goéland jeanne boyer

En complément, voici deux oiseaux habitués de la plage : la mouette et le goéland, qui se donnent rendez-vous les pattes dans le sable et conviennent de se livrer à une partie de cache-cache. Coucou-caché, c’est le goéland qui compte et la mouette qui part se cacher. Passé le chiffre 20, le goéland démarre sa quête – et le bébé lecteur avec lui. Où est cachée la mouette ? Derrière les rochers ? Que nenni derrière les rochers c’est un crabe qui est caché ! Dans le château de sable ? Mais non ce sont les étoiles de mer qui nous saluent bien bas dans ce sable-là ! Sous la serviette ? Ne confondons pas tout et laissons à la tortue son abri pour son moment de calme et répit. Derrière le parasol ? Encore moins… vous allez rire, c’est un phoque qui se trouve là, les yeux rivés sur son smartphone… ! La mouette se serait-elle envolée ? Et pourquoi pas ? C’est en levant les yeux au ciel que le goéland finit par trouver au-dessus ce qu’il cherchait.

Cet album, écrit et illustré par Jeanne Boyer, raconte avec humour une partie de cache-cache en bord de mer ; l’occasion de passer en revue le bestiaire marin mais aussi les poncifs de la plage, dans la bonne humeur, tout en faisant la part belle à l’amitié : se chercher pour mieux se trouver ; dans une partie de coucou-caché, il est essentiel, en effet, de se retrouver ; et profiter alors à nouveau, comme la mouette et le goéland, d’un agréable moment… ensemble.

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Au-delà des bestiaires

Place aux animaux dans la BBthèque ce jour, à travers deux splendides livres qui empruntent chacun au bestiaire tout en emmenant ce genre classique pour le tout jeune public vers d’autres genres favorisant itou également, et plus encore quand ils sont combinés avec le premier, l’éveil des tout-petits, et leur promettant un voyage vers un ailleurs, imaginaire et/ou réel : le livre d’art d’une part, le récit d’autre part.

L’art des tout-petits : animaux

Mon premier est le nouveau titre de la collection mettant l’art à portée des tout-petits aux éditions Palette qui (se) consacrent (à) l’éveil artistique. L’ours Pompon en vedette, il convie les jeunes enfants à retrouver les animaux dont ils sont familiers dans des œuvres d’art (peintures, sculptures) d’époques et de styles différents.

Le chat est ainsi dépeint par Suzanne Valadon (Bouquet et chat, 1919), le chien par Franz Marc (Chien couché dans la neige, 1910-1911), le cheval par Xu Beihong (Cheval galopant, 1937), l’on retrouve sur des fresques antiques les dauphins (Fresque des dauphins, 1550-1450 avant J-C) et le lion (Lion de la porte d’Ishtar à Babylone vers 575 avant J-C), et bien d’autres représentations d’animaux à travers une mini histoire thématique de l’art, pensée comme internationale.

Chaque reproduction de chef d’œuvre est accompagnée, comme dans le titre précédent de la collection, par une question semi-ouverte à choix fermé, pour amorcer un dialogue entre les lecteurs et les images, et s’en donner à cœur joie dans le grand jeu de l’observation et de l’interprétation. Le papier, épais, et la couverture, douce et rembourrée, contribuent au plaisir de ce voyage muséal par l’entremise de l’objet livre, dès le plus jeune âge.

Oui, qu’on soit tout-petit (lecteur) ou très-grand (artiste), on connaît tous les animaux, qui nous étonnent, nous intriguent voire nous fascinent.

Quelques extraits ici !

Jusqu’en haut 

Mon second est un livre dont l’arbre est la structure, et ses habitants ses héros. Il est signé Emilie Vast aux éditions MeMo.

Le récit met en scène une ascension au sommet de l’arbre des différents animaux le fréquentant ; une ascension qui constitue également une remontée à la source (le pourquoi du comment) de l’incident qui constitue le point de départ de l’histoire, au tout début du livre.

Mais rentrons plutôt dans le vif du sujet : nous sommes dans une forêt tropicale, et plus précisément au sein de la forêt amazonienne, poumon vert de la planète dans la mesure où elle produit 20% de l’oxygène de la Terre ! Elle abrite végétaux, minéraux, animaux… réunis dans un écosystème extrêmement riche mais menacé par l’exploitation humaine. Emilie Vast met ici en scène ces animaux que nous, adultes, connaissons mal et peu, et les donne ainsi à voir à tous les jeunes lecteurs… sous la forme d’une enquête presque policière !

Au départ, il y a Coati, qui, au sol, cherche à se sustenter avec de fruits. Quand PAF Ocelot lui tombe dessus ! Coati, gêné par la chute, demande à Ocelot pourquoi il lui est tombé ainsi sur le dos. Ocelot répond en relatant l’incident précédent dont lui-même a été victime l’instant d’avant : Ibis l’ayant piqué, il était tombé ; les deux animaux montent rejoindre Ibis pour lui demander la raison de son coup de bec. Ibis incrimine Tamandua et son coup de queue, et voilà les trois animaux en train de monter d’un cran pour interroger Tamandua. De branche en branche, d’animaux en animaux, se reconstitue la réaction en chaîne qui a conduit à la chute d’Ocelot sur Coati : un petit rhume dans la forêt humide, pour le petit Singe-Ecureuil… qui n’aurait, suppose l’auteur, pas bien appliqué les leçons de sa maman Singe-Ecureuil lui recommandant chaudement de bien enrouler sa queue autour de son cou… pour ne pas attraper froid…

Les illustrations, fines, modernes, opposant un arbre noir à des animaux de couleurs, montrent tant des points de détails (animaux, végétaux) que des vues d’ensemble, par un jeu d’alternance qui n’oublie pas d’inviter ses protagonistes principaux, les animaux, à jouer à cache-cache entre eux et avec le jeune lecteur : on les aperçoit, on les devine presque tous, et ce presque dès le début, mais ce n’est qu’au fur et à mesure du récit qu’on les découvre véritablement, et qu’on reconstitue l’histoire.

A la toute fin, sur la dernière double-page du livre, Emilie Vast dresse le portrait des différents animaux présentés, en révélant au tout jeune lecteur leurs principales caractéristiques. On retrouve ainsi : Coati, Ocelot, Ibis rouge, Tamandua, Toucan, Paresseux, Singe hurleur, Ara bleu et Singe Écureuil… êtres fragilisés par un avenir incertain.

Quelques extraits !

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Sous le chapiteau

Vous connaissiez peut-être déjà un livre-arbre, un livre-maison ou encore des livres accordéons… mais connaissez-vous un livre-chapiteau ? Tadaaaaam ! Vous ne pourrez plus dire « non », car via cette chronique, vous allez découvrir un livre en forme de chapiteau…

La couverture constitue sa toile, et c’est en ouvrant l’ouvrage (avec ou sans ouvreur ou ouvreuse) que vous pénétrerez à l’intérieur pour assister à un numéro de cirque… en 3D.

La BBthèque a le plaisir de vous présenter ainsi aujourd’hui une lecture qui est aussi un spectacle, celui de la…

Famille acrobate

d’Anouck Boisrobert et Louis Rigaud aux éditions Hélium

Dans ce livre pop-up, le jeune lecteur voit, de bas en haut, une pyramide humaine se constituer avec joie mais aussi appréhension parfois, dans une ambiance familiale, avec un animateur qui conte pas à pas la prouesse : à la une, à la deux, à la trois… et ce jusqu’à 10 étapes avant d’atteindre le sommet ! Oui, dans ce premier documentaire, on apprend au passage à compter.

Tout paraît maîtrisé… quand un imprévu pointe le bout de son museau… L’élément perturbateur est une chatte, qui, plus acrobate que les acrobates, tente de se hisser tout en haut… L’aventure ne lui réussit pas, non plus qu’à ses maîtres puisque… PATATRAS ! Mais tous retombent sur leurs pattes, tels la chatte, et se remettent en piste pour saluer le public.

Un pop-up très réussi, signé d’un duo rompu à l’exercice (si vous ne l’avez jamais lu, je ne saurais trop vous conseiller de vous procurer l’incroyable et fantastique Popville, livre pop-up qui se trans-forme en ville) et un moment de lecture amusant à partager avec les enfants, jeu de construction/destruction que l’enfant peut renouveler éternellement.

Vous pouvez retrouver aussi ici d’autres livres au top qui parlent du cirque au tout jeune public… et un autre album qui raconte ce même plaisir de se mettre les uns aux dessus des autres… mais dans l’eau !

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Cot cot cot & moi moi moi

Jean Gourounas revisite, aux éditions de l’Atelier du poisson soluble, un grand classique du conte pour enfants : la petite poule rousse, cette histoire où une petite poule, rousse, mène un projet à bien (transformer un grain de blé en bon pain croustillant) en demandant régulièrement de l’aide à ses voisins (un cochon, un carnard, un chat) sans qu’elle ne l’obtienne jamais, et décide donc de savourer seule, à la fin, le fruit de son travail.

L’originalité et l’intérêt de cette nouvelle version, qui préserve à merveille le sens et l’esprit de ses ancêtres, réside dans son approche ludique, qui s’exprime tant par des jeux graphiques sur les codes et les formes (la poule se réduit à une crête rouge, un œil noir et un bec jaune), que par des jeux de mots (répétitions et variantes, expressions figurées, onomatopées, typographie), qui donnent envie de poursuivre le temps de lecture par des activités (écriture, théâtre, géométrie, collages, etc.)… Le conte s’en trouve rajeuni pour le bonheur des petits et des plus grands qui se l’approprient.

Bref, je n’ai plus que quatre mots à vous dire ou à vous écrire :

cot ! groin ! coin ! miou !

tout en vous invitant à feuilleter à votre tour l’aventure de cette nouvelle petite poule rousse : par ici !

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A cat out of the box

Lumière aujourd’hui sur, dixit la quatrième de couverture, « un drôle de livre qui joue au chat et à la souris avec toutes sortes de boîtes en jonglant avec les contraires » : je n’aurais pas mieux dit… tout un programme pour ce joueur de chat… et le bébé lecteur qui joue avec lui !

Petite boîte,

grosse boîte

de Caryl Hart & Edward Underwood

L’album, grand format, publié aux éditions Circonflexe, est illustré avec des dessins sobres et drôles, comme des gags en pagaille avec effet boule de neige, mettant en scène… des boîtes et un chat, qui passe de l’une à l’autre en les comparant (grand / petit, géant / minuscule…, quelles couleurs, quels motifs, quels formats), en les testant (je peux monter dessus => elle est solide ; elle s’écrase sous mon poids ? => pas tant que ça ; oups cette boîte là me fait glisser), en se les appropriant (ma boîte n’est pas ta boîte, et vice-versa ; celle-là est chouette pour dormir et même ronfler, cette autre pour marcher, cette troisième pour se couvrir avant de sortir, cette quatrième pour me planquer), en interagissant avec d’autres amateurs de boîtes (mais qu’y a-t-il dans cette boîte à trou ? une souris !!! à pourchasser… ou à aimer dans le cadre d’une nouvelle amitié… c’est dans la boîte mesdames et messieurs, monsieur le chat et dame souris sont désormais amis !!).

Un parcours haut en couleurs et tellement drôle, qui permet d’aborder énormément de notions avec les jeunes lecteurs : l’un et le multiple, les différences et les contraires, les conséquences de nos actes, tout ce qu’on peut faire avec des boîtes, le pouvoir du jeu & de l’expérimentation, mais aussi de l’observation, de l’analyse et de l’imagination, être un ou… deux, interagir avec les objets et avec autrui. Psst… pour feuilleter les premières pages de cette histoire, rendez-vous ici : https://www.circonflexe.fr/catalogue/eveil/grosse-boite-petite-boite !

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Le rendez-vous de Monsieur Chat

D’ordinaire, les albums mettent en scène des histoires vues de face ou de profil. Rarement d’en bas, rarement d’en haut, jamais de dos. C’est là qu’arrive Marie Poirier, éditée chez les Grandes Personnes : après son formidable Vu d’en haut, la voici qui s’attelle à un très joli récit, tout aussi muet, et vu de dos s’il-vous-plaît, le combo qu’il fallait pour narrer le rendez-vous de Monsieur Chat.

La technique utilisée est la même que dans Vu d’en haut : la linogravure, au service d’un univers graphique où domine le bleu des jours d’été. Tout au long de cette histoire, nous voyons, en fait, avec les yeux d’un chat, Monsieur Chat.

Un chat d’appartement, vraisemblablement, dont dès le départ le regard va loin, épouse le lointain, même s’il voit aussi tout ce qui est plus proche de lui, et le bébé lecteur avec lui : cette femme qui joue du piano, cette petite fille qui prend son chapeau. La petite fille sort, le chat lui emboîte le pas.

Une balade en ville côtière, parmi les rues puis les herbes des jardins où le chat joue à chat avec l’oiseau, qui vole également vers un autre horizon. La fillette s’assoit sur le sable et salue une amie qui arrive par bateau. Le chat, quant à lui, sympathise avec un autre chat. Tandis que le soleil se couche et que les demoiselles papotent, Monsieur le Chat, lui, monte à bord du voilier pour prolonger son périple, accompagné de son nouveau compagnon à moustaches.

Poétique et artistique, cet album tout cartonné, en format paysage, constitue une invitation à la contemplation et au voyage pour les bébés lecteurs, observateurs et rêveurs en herbe, qui aiment aussi regarder devant, d’abord tout près et puis plus loin, là-bas, tout là-bas.