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Dans le détail

Dans la série : encyclopédie pour les tout-petits, je vous présente aujourd’hui Dans le détail, un grand et long livre très fourni signé Elisa Géhin aux éditions Les Fourmis rouges :

Une mine d’informations pour les bébés lecteurs : un mot = une image, duo multiplié par… un nombre incalculable de sujets et d’objets représentés dans cet imagier très détaillé. Elisa Géhin passe en revue, avec beaucoup d’humour, un trait vif, pléthore de couleurs et une typographie très enfantine, l’environnement du jeune enfant et s’amuse à classer tous ces éléments foisonnants, mêlant l’abstrait et le concret.

Dans l’ordre (mais aussi un peu en vrac, tant cet ordre semble aussi personnel… rapprochant la logique de l’artiste et la logique de l’enfant), annonce-t-elle dans le sommaire de ce premier documentaire :

  • les objets de celle qui a fait le livre : comprendre la notion d’auteur et comment on fait un livre… top de démarrer ainsi… dans la peau de l’auteur, dans la peau de l’artiste !
  • dans le sac des enfants
  • la famille : la vraie, la grande, l’élargie, et puis aussi un peu de sens figuré pour rigoler (la mère Michel, le père Noël sont aussi de la partie)
  • à l’intérieur… de la planète Terre : un peu de géologie et de géographie, d’urbanisme même, et puis aussi de domestique, parce que, sur le principe du zoom, nous voici parti de la planète pour arriver aux maisons, à la maison, à ses abords extérieurs, et puis aussi à tout ce qu’on fait et à tout ce qu’on trouve à l’intérieur (pièces, meubles, mais aussi types de chaussures, types de cheveux des habitants…)
  • les choses lumineuses
  • les animaux
  • les arbres
  • les fruits
  • les légumes
  • des fleurs et des herbes, tout cela se passe de commentaires
  • les métiers, courants et curieux, présentés toujours au masculin et au féminin, vive la parité
  • les choses sur lesquelles on s’assoit
  • dans ma valise
  • la conversation
  • l’information
  • ce qui a un goût particulier : le gingembre, l’endive, le chocolat noir, la fourmi s’il te prend envie d’en goûter une
  • la quincaillerie : produits, outils
  • les jeux
  • ce qui se transforme : un œuf, un papillon, mais aussi des ingrédients & des gâteaux, ou encore un prince & un crapaud…
  • les couleurs, déclinées avec un serviable caméléon
  • dans le frigo > dans le placard > et jusque dans les tiroirs
  • la circulation : modes et voies de transport
  • ce qui ne s’achète pas (quelle bonne idée de lister ça) : les saisons et donc le temps, le bonheur (trèfle à quatre feuilles), son anniversaire, son ombre, un sourire, les chiffres et les lettres, etc.
  • ceux que personne n’a jamais vus jusqu’ici… mais qu’on peut toujours dessiner : la petite souris, les lutins du Père Noël, un fantôme, un extraterrestre ou encore Dieu…

Dans l’ordre, je disais, mais aussi un peu en vrac, tant cet ordre semble aussi personnel… rapprochant la logique de l’artiste et la logique de l’enfant : quand le documentaire montre qu’il est fondamentalement, aussi, fiction, tant la représentation du réel est le fait de mise en scène et d’interprétations, et tant, dans cette narration, l’objectivité est empreinte de subjectivités. Comme l’auteur, le jeune lecteur est invité à naviguer d’un mot-image à l’autre, à comprendre mais aussi pourquoi pas créer les liens entre les différents mots-images qui lui sont ici proposés (sens propre / sens figuré, ce qui est de l’ordre du réel / ce qui est inventé, etc.), et à construire à son tour sa représentation, ouverte et féconde, du monde. Son propre système, son propre catalogue : de la structuration de la pensée chez le jeune enfant, concomitante de son apprentissage du langage & de ses subtilités, dès 2-3 ans.

Une nouvelle ressource formidable pour l’éveil des jeunes lecteurs, dont vous pouvez découvrir quelques extraits ici !

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Aleph

Janik Coat, auteur-illustrateur jeunesse chroniquée dans la BBthèque pour sa très belle série de tout-cartonnés sur les couleurs publiée aux éditions MeMo, publie chez Albin Michel Jeunesse un livre-concept très graphique, personnel et pourtant universel, livre de naissance joliment intitulé Aleph, complété d’un sous-titre s’adressant au bébé devant par la même occasion bébé lecteur, « ton premier livre » :

Un premier livre des plus originaux dans le paysage des livres pour les tout-tout-petits, ne serait-ce qu’en matière d’objet :

  • par sa texture.. et son odeur : un album non tout cartonné, mais en papier épais, dont le bébé prend plaisir à entendre le bruit si particulier des pages tournées et sentir l’odeur du papier
  • par son volume : 104 pages… un vraie petite encyclopédie pour tout-tout-petit
  • par son (grand) format, approchant du carré (28 x 27 cm)
  • par sa couverture et sa quatrième de couverture (cartonnées) muettes et rosées, représentant un éléphant (somme de savoirs, l’éléphant)
  • par le primat qu’il accorde à la lecture de l’image, le texte étant absent de 100 pages du livre et présent seulement pour le titre, quelques personnages et la légende, finale, des images. Un imagier, donc, 99% muet, réalisé avec des pochoirs délimitant à merveille l’image même.

Le contenu n’est pas en reste… Pourquoi ce titre ? Aleph : c’est la première lettre, dans les alphabets hébreux et arabe ; par extension, elle signifie le début, le commencement… En intitulant son imagier pour tout-tout-petit Aleph, Janik Coat programme et accompagne, par son livre, les premiers pas du bébé dans sa lecture du livre mais aussi du monde. Chaque page va offrir au regard du bébé lecteur une illustration d’un sujet ou objet plus ou moins familier, avec un temps de respiration (parfois, l’image n’est présente que sur une page, l’autre reste vierge, pour la mettre en valeur).

  • Au départ, ce sont des formes élémentaires : un rond, un carré, un triangle, et d’autres formes simples, parfois sans nom…
  • Puis viennent les formes plus complexes décrivant des objets, des aliments et même des êtres vivants… : un arbre, une pomme, une maison… puis des couverts, deux personnes en train de s’enlacer, un ciel bleu et nuageux, un doudou, un robot…
  • Ces formes décrivent, pour certaines, d’abord, la réalité : l’arbre, la pomme, etc.
  • Ces formes décrivent, pour d’autres, ensuite, la fiction : personnages de contes (un roi, une sorcière, une princesse) et même personnages de l’auteur-illustrateur issus de cet album ou d’autres albums (Aleph l’éléphant, déjà présent sur la couverture et la quatrième de couverture, revient vers la fin de l’album ; on découvre aussi Popov, Cyrus et Romi…) dont Janik Coat fait le choix d’écrire leur nom à côté de leur représentation.

Les dernières pages montrent à l’enfant un arc-en-ciel puis un cœur, symbolisant l’amour du livre, l’amour du monde, l’amour de l’adulte ou grand enfant accompagnant le tout petit dans cette lecture. Puis vient la clé de l’ouvrage, sur la toute dernière page : la légende de chacune de ses grandes images, réduites chacune à un petit symbole, une toute petite icône, et associées à un mot ou expression, si l’adulte ou le grand enfant accompagnant le tout-petit dans cette lecture souhaite mettre en mots ce voyage dans les images.

Je ne peux que vous inciter à prendre en main ce (méga, méta, alpha) livre riche et étonnant, et à en partager la lecture avec un tout petit n’enfant.

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Oncle Teddy

L’atelier Saje fait son entrée dans la BBthèque, avec Oncle Teddy, grand livre tout cartonné publié aux éditions Marcel & Joachim :

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Un album qui joue la carte du muet : tout se lit dans les images, design, mettant en scène les activités d’un petit ours avec son grand baby-sitter, l’oncle Teddy (oui da, un homme, que dis-je… un mâle), tel un inventaire de jeux et loisirs à partager régulièrement ensemble, adulte et jeune enfant.

Chaque double-page représente ainsi une activité : jeux d’eau, sports d’hiver, patin à glace, équipée sous la pluie, fête foraine, arts martiaux, balade en deux roues (tricycle pour le petit, moto pour le grand), activité cuisine & dégustation, bain moussant et brossage de dents, et même, la nuit tombée, quand les rêves les plus fous prenant le relais d’une dense journée, la transformation du duo en paire de super-héros ! Avec, toujours, sur la page de gauche, le petit ours auquel s’identifiera le bébé lecteur… et, sur la page de droite, l’oncle Teddy qui veille sur lui.

Un livre bien pensé pour les bébés, avec ses répétitions et ses variantes, le jeu d’observation auquel il invite son public, la familiarité et la diversité des sujets abordés, le graphisme simple qui sait montrer la différence de taille entre le petit et le grand mais aussi leur complémentarité, et enfin les couleurs choisies par les auteurs qui, par leur douceur rejouant la rondeur des personnages, enveloppent le tout d’une opportune et agréable tendresse.

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Quand l’art nous transporte !

On connaît tous le peu ragoûtant rat d’égout… mais quid du rat des goûts ? Il y avait Ratatouille côté fourneaux, côté arts plastiques il y a désormais aussi la collection Rat des goûts proposée par la maison d’édition Eliart, spécialisée dans les livres d’art pour petits et grands… ! Avec au menu aujourd’hui ici, en matière d’éveil artistique pour les tout-petits, l’un des titres de cette formidable série :

Des tableaux et des transports

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Un livre tout cartonné de petit format carré, très agréable à manipuler, et qui renouvelle le principe des imagiers : ici, sous les plumes d’Eliane Reynol de Sérésin et Marine Fauvel, le bébé lecteur se voit présenter divers moyens de locomotion (le camion, le tracteur, le train, l’autobus, la voiture, le fiacre, le vélo, la moto, le bateau, la montgolfière, l’hélicoptère, l’avion et la fusée) de diverses façons… Chaque double page consacre ainsi un mode de transport :

  • sur ma gauche,
    • un court texte poético-descriptif : en bref, une définition, en cadence et en rimes s’il-vous-plaît !
    • accompagné d’une petite icône, ou symbole, afin d’introduire une première correspondance visuelle aisément identifiable par tous
  • sur ma droite,
    • la reproduction d’un tableau de grand maître du XIXe ou XXe siècle (Claude Monet, Edward Hopper, Vincent Van Gogh, Francisco de Goya, Sonia Delaunay, Jean-Michel Basquiat, René Magritte, Le Douanier Rousseau…) mettant en scène ledit mot
    • ledit tableau étant commenté avec humour par un drôle de guide / commentateur, qui ronge l’image pour mieux l’éclairer de toute sa contemporanéïté !

Un extrait pour vous faire une idée du voyage dans lequel vous embarquez :
extrait

En bref, un imagier bien pensé, dont la force et l’originalité est de réussir à mettre en résonance, par le jeu et la médiation, le quotidien des enfants avec l’art. A mettre entre les mains de tous les petits curieux…

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Livres-puzzles d’Aino-Maija Metsola

Voici une paire de livre-jeux tout cartonnés pour bébés, dont chaque double page contient, à gauche, des informa(fict)ions, et, à droite,  une pièce de puzzle en miroir pour constituer, au fur et à mesure de la lecture, une frise sur un sujet donné :

La parade des animaux

Dans les bouchons

signé de l’illustratrice finlandaise Aino-Maija Metsola

chez Gallimard jeunesse

Des imagiers ludiques et sympathiques, aux graphismes design & joyeux, pour appréhender des champs lexicaux sans détour ni trompette, mais tout en contextualisation :

  • le premier livre-jeu pour faire défiler divers animaux tout en les classant par ordre de taille : le puzzle formé au fur et à mesure de la lecture constitue ainsi, in fine, une frise du plus petit au plus gros des bestiaux : papillon < poisson < perroquet < singe < lion < éléphant, et inversement, selon que l’enfant construit sa frise en mode recto ou verso.
  • le second livre-jeu pour dessiner une file d’attente occasionnée par un embouteillage des plus standards : quand le feu passe au rouge, les véhicules de tout bords (tracteur, vélo, camion…) s’arrêtent les uns derrière les autres ; quand le feu devient vert, en avant, la file indienne se remet en marche ! Ou comment initier les bébés aux joies du code de la route et de la civilité y-afférente ^^, tout en lui apprenant les notions contraires devant/derrière.

Un concept pédagogique intéressant pour communiquer aux tout-petits le sens des mots dans une logique moins de liste que d’emboîtement, leur permettant d’apprendre et de comprendre simultanément un terme au regard d’un autre terme le complétant et l’éclairant ; le puzzle vient matérialiser cette approche singulière, donnant la possibilité aux bébés lecteurs d’achever d’apprendre en faisant.