0

Tut-tut !

Tut-tut, c’est le retour de Yuchi Kasano dans la BBthèque, qui, après nous avoir emmenés dans l’eau avec bloub°bloub°bloub, nous entraîne sur la route avec un nouveau cartonné qui met en scène un trajet tout autant ponctué de toniques et joyeuses onomatopées : Tut-tut !

C’est l’histoire d’un bus (rouge). Non. C’est l’histoire de trois petits cochons (roses). Non. C’est l’histoire de la rencontre, qu’on imagine quotidienne, et du moment que partageraient donc, chaque jour, trois petits cochons (roses) et un bus (rouge), à bord duquel ils montent à un arrêt pour redescendre un peu plus loin. Les trois petits cochons, depuis le bus, observent et commentent les événements de la route : oh ! une moto, coucou la moto ! oh ! un taxi, coucou le taxi ! … et puis au terminus qui les attend ? Leur maman ! « Coucou, maman ! »

Un livre tout cartonné, format carré, qui dit, en toute simplicité et bonhomie, mélange de civilité et jovialité : les véhicules, les modes de transports, le déplacement d’un point A à un point B ; la séparation enfants-parents, l’autonomie des petits et la joie des retrouvailles avec les parents.

Publicités
0

Mais où est… Momo

Tout le monde connaît (Mais) où est Charlie… où il faut trouver Charlie dans pléthores de scènes, Andrew Knapp s’amuse à adapter le concept, en utilisant le média photos, pour les tout-petits bambinos, et cela donne, tadam, un premier documentaire très rigolo :

Mais est Momo :

un livre où l’on cherche son chien 

Dans cet album format carré et tout cartonné, le bébé lecteur se voit présenter, sur chaque page de gauche, quatre éléments décontextualisés et nommés, à retrouver sur la scène photographiée en page de droite.

Parmi les éléments, il y a toujours le héros de l’histoire, fidèle au rendez-vous : Momo, qui, il faut le dire, sait très bien jouer à cache-cache.

Parmi les scènes, on compte plusieurs univers différents que Momo côtoie avec le bébé lecteur et chercheur, cherche, bébé, cherche : la fête foraine, la salle de sport, l’aire de jeux, la chambre, le chantier, l’atelier, le jardin à cultiver, la librairie ou la bibliothèque (qui met la banane car oui, un des éléments à trouver est une banane), le travail dans les champs, la cuisine, et les vacances en mode road trip. Scènes truffées, c’est le cas de le dire, de détails constituant leur objet : sur la route des vacances par exemple, on trouve… un camping-car, une forêt, un cours d’eau, une prairie, une roue de secours, un appareil photo, des fenêtres ouvertes pour faire rentrer l’air dans le véhicule, Momo, bien sûr, mais aussi un doudou (qu’on retrouve d’ailleurs un peu partout), une valise, des protections sur les sièges, une carte à déplier, un appareil photo, etc.

En bref, un imagier sous forme de livre-jeu, très sympa. Quelques images sur le site de l’éditeur, Les Grandes Personnes : http://www.editionsdesgrandespersonnes.com/portfolio_page/mais-ou-est-momoandrew-knapp1er-mars-2018/ ! Bonne quête tout le monde, et bon voyage…

0

De l’art de mélanger dans un chantier

Après un tour d’horizon des camions qui traversent la ville (camion poubelle, camion des pompiers, camion remorqueur…) dans Quel Camion !, l’auteur-illustrateur néo-zélandais Stephen Savage récidive en mettant en scène, dans Le camion méli-mélo, les engins de chantier à commencer par le valeureux petit camion mélangeur :

Il est là, dès la couverture de l’album, le héros de cette histoire, le camion méli-mélo, qui démarre tout juste dans sa carrière de camion mélangeur… et qui mélange d’ailleurs encore un peu tout…

D’abord il (nous) fait (faire) connaissance avec les autres camions du chantier et avec leurs fonctions respectives : le camion-grue qui soulève, le camion-benne qui verse, le camion-pelleteuse qui creuse.

Ensuite il demande à ses nouveaux camarades : « comment puis-je être utile ? », et se voit attribuer une mission : mélanger une poudre blanche… de ciment. Mais le camion méli-mélo est un bleu, voilà qu’il confond cuisine et construction ! Il a en effet mélangé, non pas du ciment, mais de la farine avec de l’eau, ce qui donne… un gâteau ! Une erreur ne survient jamais seule dans les premiers temps… Voilà qu’il continue de s’emmêler les pédales et qu’il mélange une autre poudre blanche avec de l’eau, le sucre, pour glacer son gâteau géant ! Jamais deux sans trois… ? Mais non, cette fois, le camion méli-mélo a bien compris : il mélange la poudre blanche, ajoute un peu d’eau… et construit, non plus un gros gâteau, mais un grand immeuble (un peu en forme de gâteau, type pièce montée… non mais).

Et puis, comme il a le sens de l’humour et de la convivialité, ce camion méli-mélo, et que, au terme de cette première journée de chantier, il sait désormais bien mélanger, il va mélanger avec un peu d’eau une dernière poudre blanche… le savon… pour que tous les camions du chantier puissent s’amuser et se ressourcer dans un gigantesque bain moussant ^^

Un premier documentaire coloré et rigolo sur l’univers du chantier, à portée des bébés qui adorent aussi tout mélanger.

0

Dans le détail

Dans la série : encyclopédie pour les tout-petits, je vous présente aujourd’hui Dans le détail, un grand et long livre très fourni signé Elisa Géhin aux éditions Les Fourmis rouges :

Une mine d’informations pour les bébés lecteurs : un mot = une image, duo multiplié par… un nombre incalculable de sujets et d’objets représentés dans cet imagier très détaillé. Elisa Géhin passe en revue, avec beaucoup d’humour, un trait vif, pléthore de couleurs et une typographie très enfantine, l’environnement du jeune enfant et s’amuse à classer tous ces éléments foisonnants, mêlant l’abstrait et le concret.

Dans l’ordre (mais aussi un peu en vrac, tant cet ordre semble aussi personnel… rapprochant la logique de l’artiste et la logique de l’enfant), annonce-t-elle dans le sommaire de ce premier documentaire :

  • les objets de celle qui a fait le livre : comprendre la notion d’auteur et comment on fait un livre… top de démarrer ainsi… dans la peau de l’auteur, dans la peau de l’artiste !
  • dans le sac des enfants
  • la famille : la vraie, la grande, l’élargie, et puis aussi un peu de sens figuré pour rigoler (la mère Michel, le père Noël sont aussi de la partie)
  • à l’intérieur… de la planète Terre : un peu de géologie et de géographie, d’urbanisme même, et puis aussi de domestique, parce que, sur le principe du zoom, nous voici parti de la planète pour arriver aux maisons, à la maison, à ses abords extérieurs, et puis aussi à tout ce qu’on fait et à tout ce qu’on trouve à l’intérieur (pièces, meubles, mais aussi types de chaussures, types de cheveux des habitants…)
  • les choses lumineuses
  • les animaux
  • les arbres
  • les fruits
  • les légumes
  • des fleurs et des herbes, tout cela se passe de commentaires
  • les métiers, courants et curieux, présentés toujours au masculin et au féminin, vive la parité
  • les choses sur lesquelles on s’assoit
  • dans ma valise
  • la conversation
  • l’information
  • ce qui a un goût particulier : le gingembre, l’endive, le chocolat noir, la fourmi s’il te prend envie d’en goûter une
  • la quincaillerie : produits, outils
  • les jeux
  • ce qui se transforme : un œuf, un papillon, mais aussi des ingrédients & des gâteaux, ou encore un prince & un crapaud…
  • les couleurs, déclinées avec un serviable caméléon
  • dans le frigo > dans le placard > et jusque dans les tiroirs
  • la circulation : modes et voies de transport
  • ce qui ne s’achète pas (quelle bonne idée de lister ça) : les saisons et donc le temps, le bonheur (trèfle à quatre feuilles), son anniversaire, son ombre, un sourire, les chiffres et les lettres, etc.
  • ceux que personne n’a jamais vus jusqu’ici… mais qu’on peut toujours dessiner : la petite souris, les lutins du Père Noël, un fantôme, un extraterrestre ou encore Dieu…

Dans l’ordre, je disais, mais aussi un peu en vrac, tant cet ordre semble aussi personnel… rapprochant la logique de l’artiste et la logique de l’enfant : quand le documentaire montre qu’il est fondamentalement, aussi, fiction, tant la représentation du réel est le fait de mise en scène et d’interprétations, et tant, dans cette narration, l’objectivité est empreinte de subjectivités. Comme l’auteur, le jeune lecteur est invité à naviguer d’un mot-image à l’autre, à comprendre mais aussi pourquoi pas créer les liens entre les différents mots-images qui lui sont ici proposés (sens propre / sens figuré, ce qui est de l’ordre du réel / ce qui est inventé, etc.), et à construire à son tour sa représentation, ouverte et féconde, du monde. Son propre système, son propre catalogue : de la structuration de la pensée chez le jeune enfant, concomitante de son apprentissage du langage & de ses subtilités, dès 2-3 ans.

Une nouvelle ressource formidable pour l’éveil des jeunes lecteurs, dont vous pouvez découvrir quelques extraits ici !

0

Aleph

Janik Coat, auteur-illustrateur jeunesse chroniquée dans la BBthèque pour sa très belle série de tout-cartonnés sur les couleurs publiée aux éditions MeMo, publie chez Albin Michel Jeunesse un livre-concept très graphique, personnel et pourtant universel, livre de naissance joliment intitulé Aleph, complété d’un sous-titre s’adressant au bébé devant par la même occasion bébé lecteur, « ton premier livre » :

Un premier livre des plus originaux dans le paysage des livres pour les tout-tout-petits, ne serait-ce qu’en matière d’objet :

  • par sa texture.. et son odeur : un album non tout cartonné, mais en papier épais, dont le bébé prend plaisir à entendre le bruit si particulier des pages tournées et sentir l’odeur du papier
  • par son volume : 104 pages… un vraie petite encyclopédie pour tout-tout-petit
  • par son (grand) format, approchant du carré (28 x 27 cm)
  • par sa couverture et sa quatrième de couverture (cartonnées) muettes et rosées, représentant un éléphant (somme de savoirs, l’éléphant)
  • par le primat qu’il accorde à la lecture de l’image, le texte étant absent de 100 pages du livre et présent seulement pour le titre, quelques personnages et la légende, finale, des images. Un imagier, donc, 99% muet, réalisé avec des pochoirs délimitant à merveille l’image même.

Le contenu n’est pas en reste… Pourquoi ce titre ? Aleph : c’est la première lettre, dans les alphabets hébreux et arabe ; par extension, elle signifie le début, le commencement… En intitulant son imagier pour tout-tout-petit Aleph, Janik Coat programme et accompagne, par son livre, les premiers pas du bébé dans sa lecture du livre mais aussi du monde. Chaque page va offrir au regard du bébé lecteur une illustration d’un sujet ou objet plus ou moins familier, avec un temps de respiration (parfois, l’image n’est présente que sur une page, l’autre reste vierge, pour la mettre en valeur).

  • Au départ, ce sont des formes élémentaires : un rond, un carré, un triangle, et d’autres formes simples, parfois sans nom…
  • Puis viennent les formes plus complexes décrivant des objets, des aliments et même des êtres vivants… : un arbre, une pomme, une maison… puis des couverts, deux personnes en train de s’enlacer, un ciel bleu et nuageux, un doudou, un robot…
  • Ces formes décrivent, pour certaines, d’abord, la réalité : l’arbre, la pomme, etc.
  • Ces formes décrivent, pour d’autres, ensuite, la fiction : personnages de contes (un roi, une sorcière, une princesse) et même personnages de l’auteur-illustrateur issus de cet album ou d’autres albums (Aleph l’éléphant, déjà présent sur la couverture et la quatrième de couverture, revient vers la fin de l’album ; on découvre aussi Popov, Cyrus et Romi…) dont Janik Coat fait le choix d’écrire leur nom à côté de leur représentation.

Les dernières pages montrent à l’enfant un arc-en-ciel puis un cœur, symbolisant l’amour du livre, l’amour du monde, l’amour de l’adulte ou grand enfant accompagnant le tout petit dans cette lecture. Puis vient la clé de l’ouvrage, sur la toute dernière page : la légende de chacune de ses grandes images, réduites chacune à un petit symbole, une toute petite icône, et associées à un mot ou expression, si l’adulte ou le grand enfant accompagnant le tout-petit dans cette lecture souhaite mettre en mots ce voyage dans les images.

Je ne peux que vous inciter à prendre en main ce (méga, méta, alpha) livre riche et étonnant, et à en partager la lecture avec un tout petit n’enfant.

0

Oncle Teddy

L’atelier Saje fait son entrée dans la BBthèque, avec Oncle Teddy, grand livre tout cartonné publié aux éditions Marcel & Joachim :

IMG_0078.JPG

Un album qui joue la carte du muet : tout se lit dans les images, design, mettant en scène les activités d’un petit ours avec son grand baby-sitter, l’oncle Teddy (oui da, un homme, que dis-je… un mâle), tel un inventaire de jeux et loisirs à partager régulièrement ensemble, adulte et jeune enfant.

Chaque double-page représente ainsi une activité : jeux d’eau, sports d’hiver, patin à glace, équipée sous la pluie, fête foraine, arts martiaux, balade en deux roues (tricycle pour le petit, moto pour le grand), activité cuisine & dégustation, bain moussant et brossage de dents, et même, la nuit tombée, quand les rêves les plus fous prenant le relais d’une dense journée, la transformation du duo en paire de super-héros ! Avec, toujours, sur la page de gauche, le petit ours auquel s’identifiera le bébé lecteur… et, sur la page de droite, l’oncle Teddy qui veille sur lui.

Un livre bien pensé pour les bébés, avec ses répétitions et ses variantes, le jeu d’observation auquel il invite son public, la familiarité et la diversité des sujets abordés, le graphisme simple qui sait montrer la différence de taille entre le petit et le grand mais aussi leur complémentarité, et enfin les couleurs choisies par les auteurs qui, par leur douceur rejouant la rondeur des personnages, enveloppent le tout d’une opportune et agréable tendresse.

0

Quand l’art nous transporte !

On connaît tous le peu ragoûtant rat d’égout… mais quid du rat des goûts ? Il y avait Ratatouille côté fourneaux, côté arts plastiques il y a désormais aussi la collection Rat des goûts proposée par la maison d’édition Eliart, spécialisée dans les livres d’art pour petits et grands… ! Avec au menu aujourd’hui ici, en matière d’éveil artistique pour les tout-petits, l’un des titres de cette formidable série :

Des tableaux et des transports

des-tableaux-et-des-transports-rat-des-gouts-eliart

Un livre tout cartonné de petit format carré, très agréable à manipuler, et qui renouvelle le principe des imagiers : ici, sous les plumes d’Eliane Reynol de Sérésin et Marine Fauvel, le bébé lecteur se voit présenter divers moyens de locomotion (le camion, le tracteur, le train, l’autobus, la voiture, le fiacre, le vélo, la moto, le bateau, la montgolfière, l’hélicoptère, l’avion et la fusée) de diverses façons… Chaque double page consacre ainsi un mode de transport :

  • sur ma gauche,
    • un court texte poético-descriptif : en bref, une définition, en cadence et en rimes s’il-vous-plaît !
    • accompagné d’une petite icône, ou symbole, afin d’introduire une première correspondance visuelle aisément identifiable par tous
  • sur ma droite,
    • la reproduction d’un tableau de grand maître du XIXe ou XXe siècle (Claude Monet, Edward Hopper, Vincent Van Gogh, Francisco de Goya, Sonia Delaunay, Jean-Michel Basquiat, René Magritte, Le Douanier Rousseau…) mettant en scène ledit mot
    • ledit tableau étant commenté avec humour par un drôle de guide / commentateur, qui ronge l’image pour mieux l’éclairer de toute sa contemporanéïté !

Un extrait pour vous faire une idée du voyage dans lequel vous embarquez :
extrait

En bref, un imagier bien pensé, dont la force et l’originalité est de réussir à mettre en résonance, par le jeu et la médiation, le quotidien des enfants avec l’art. A mettre entre les mains de tous les petits curieux…