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Nouveaux livres à gogo #4 : cache-cache !

Depuis le 11 mai, top départ du déconfinement progressif, la BBthèque met en lumière des albums récents que vous pourrez vous procurer dans vos librairies indépendantes préférées si elles ont redémarré leur activité. La BBthèque continue pour ce faire de vous inviter à vous enquérir auprès de votre libraire de proximité de ses modalités d’ouverture et/ou de réservations-retraits de documents.

Aujourd’hui, la BBthèque vous propose des parties de cache-cache avec deux albums facétieux :

Minimichel

de Pauline de Tarragon

aux éditions L’Etagère du bas

minimichel pauline de tarragon

Mon premier est un tout petit renard, le plus jeune de sa fratrie, si petit si petit, qu’on a vite fait de l’égarer. Aie aie aie… Alors toute la famille se met à le chercher à tous les endroits possibles et imaginables. Le tout jeune lecteur aussi cherche Minimichel, et parfois même il le trouve avant les autres !

L’album, ludique, a un charme fou, avec son recours au papier découpé et aux dessins, ses scènes d’ensemble et de détails… avant de retrouver enfin, ouf, le jeune disparu, le nez dans un gâteau !

Roberto & Gélatine : cache-cache

de Germano Zullo et Albertine

aux éditions La Joie de lire 

Roberto Gélatine cache cache Germano Zullo Albertine

Mon second est l’histoire d’un duo : une petite fille espiègle s’il en faut, du petit nom rigolo de Gélatine ; et son très grand frère Roberto, que la gamine appelle ‘Obê’to. Au début du livre, Roberto est tout à la lecture de son propre livre. A la fin, c’est l’inverse ! C’est Gélatine qui s’est emparée du livre.

Entre les deux ? Une partie de cache-cache, pardi ! Gélatine demande à son frère de la chercher… mais maligne comme elle est, le fait quelque peu tourner en rond… car elle change de cachette au fur et à mesure qu’il la cherche ! Jusqu’à grimper sur son dos là où il ne peut la voir et s’emparer de son roman et lui déclarer, enfin : « Mais j’étais là ‘Obê’to, dans le livre… Tout simplement ! ».

On refait une partie ?

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Frouch !

Ceci est une histoire sans mots. Ceci est une histoire à bruits. Ceci est une histoire d’hier et d’aujourd’hui, une histoire toute simple et riche d’ironie présentée dans la BBthèque ici et ce jour-ci :

frouch

de Mathieu Lavoie

aux éditions Hélium

Un bébé lecteur écoute la voix de celle ou celui qui lui lit, lui raconte une histoire, et observe les images qui se présentent à lui. Dans Frouch, le récit, mettant en scène l’environnement d’une maman et de son tout (tout) petit, est porté par une séquence d’images faites sons, grâce à un graphisme épuré d’une part, au recours exclusif aux onomatopées comme éléments de langage d’autre part. Le bébé bercé par sa maman dans l’album, comme celui à qui l’histoire est destinée, est invité ouvrir grands ses yeux et oreilles pour embrasser cette aventure… celle d’une maman un peu débordée par les premiers temps de la naissance de son enfant.

On se croirait dans un village. Une fermière se déplace avec son âne (Hihan !), sa poule (Cot ! Cot !), un oiseau les accompagne (Cui ! Cui !), un chien les précède (Ouaf !), un chien itou également (Miaou !). L’assemblée vient proposer ses services à la porte de la jeune maman (Ding ! Dong !), qui prend un œuf (Cot ! Cot !) pour un sou (Cling !) tandis que le bébé qu’elle porte dans son dos fait dodo (Zzzz…). L’assemblée poursuit son bonhomme de chemin, avec les mêmes sons augmentés d’un œuf éclos (Piou !). La maman se lance dans la confection d’un gâteau en cassant l’œuf (Crac !) et en fouettant la préparation (Zwiz !), sous le regard attentif du chien (Ouaf !) et du chat (Miaou !) tandis que le bébé continue de ronfler (Zzz…) bercé par toute cette activité. Puis vient l’attente de la cuisson de ce gâteau fait maison, où la maman continue de s’adonner aux tâches ménagères et donc de ne point se ménager (Tic ! Tic ! Tic ! dit la minuterie du four ; Frot ! Frot ! le balai en mouvement ; Zzz… poursuit l’enfant). Bref… la maman finit par succomber à son tour à la fatigue et au sommeil… et là c’est le drame. La sonnerie de fin de cuisson retentit (Ping !). Mais personne pour réagir à temps en prévenant l’incendie naissant… Sauf l’enfant qui retraduit le son qu’il entend en désignant la source du problème avec son doit : « Frouch !« , maman, « Frouch !« . Pin-pon ! Glou-glou ! Splish ! Splash ! Un gâteau calciné… et tout à recommencer… parce que c’est pas tout ça mais il fait un peu faim… non ? Allez, et si le bébé prenait le relais pendant que maman prend le large… en s’accordant un peu de repos ?

Spéciale dédicace à toutes les jeunes mamans… !

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Festin de crêpes pour tout-petits

En ce mois de fête des chandelles, voici une chronique gourmande sur un livre qui dévoile aux tout-petits le secret de fabrication des CRÊPES… Un livre de cuisine avec une recette unique, en format géant, tout cartonné et noir et blanc, dernière parution au sein de la collection Bon pour les bébés signée Thierry Dedieu au Seuil Jeunesse :

Comme de coutume dans cette collection, l’auteur s’inscrit dans un genre — ici le livre de cuisine — à l’intérieur duquel il livre aux bébés lecteurs, précisément, un texte tel quel, sans accompagnement autre que la mise en scène et l’illustration… qui restituent ici merveilleusement l’énergie et la tonicité dont doit faire preuve un cuisinier pour la réussite de son plat.

Le texte donc, cette fois, est constitué d’une recette de pâte à crêpes (pour 6 personnes, miam), écrite comme un livre de cuisine de ma mère-grand, recette complétée d’instructions pour cuisiner et déguster les crêpes elles-mêmes (ne pas s’arrêter en bon chemin) :

  1. Réunir les ingrédients dans un récipient
  2. Mélanger/fouetter
  3. Parfumer
  4. Laisser reposer (zzzzzzzzzzz)
  5. Cuire
  6. Tartiner !

Et toc ! Voici le tout-petit coiffé d’une toque, avec cette toute première recette à partager en famille ou en collectivité avec des plus grands : écouter et voir comment on fabrique un mets aussi simple et bon qu’une crêpe, et, au-delà, faire le lien entre le texte lu et la réalité pour peu que l’enfant soit associé à un atelier crêpe !

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Cru / Cuit

L’assiette et la bibliothèque font bon ménage, notamment dans la littérature jeunesse, et les auteurs écrivant pour les tout-petits peuvent créer des merveilles de livres sur le manger pour les bébés, comme nous avons pu le voir ensemble à maintes reprises dans la BBthèque : Fruits de saison & Légumes de saison et autres livres-jeux autour des aliments et du corps humain, virées n°1, n°2 et n°3 au marché, avant d’intégrer l’assiette des bébés (ici et ) et de découvrir les bienfaits que les nutriments font au corps humain dans A dévorer des yeux par exemple…

La preuve encore aujourd’hui de ce mariage fécond avec ce petit tout cartonné, format carré, signé Matthieu Saintier et publié aux éditions Le diplodocus cette année :

Cru cuit

Cet imagier et premier documentaire utilise avec bonheur le média photo pour donner à voir, en lecture miroir, les deux versions d’un même aliment, la version crue à gauche, la version cuite à droite.

De double page en double page, le bébé lecteur explore ainsi la pomme, la châtaigne, le fromage, le chocolat, la tomate, le maïs, la fraise, le sucre, les pâtes, la carotte, le poisson et la pomme de terre… dans plusieurs de leurs états, dans la mesure où ils se transforment par l’opération de cuisson. Sur chaque photo, prise de manière rapprochée, l’enfant est présent, et toujours, acteur de l’image, en interaction avec l’aliment : on voit le plus souvent une ou deux petites mains désignant ou touchant l’aliment, si ce n’est un regard observateur ou des bouches gourmandes tant le mets semble appétissant…

Ou comment, dès le plus jeune âge, par une démarche réaliste et sensorielle, mettre la main à la pâte… et l’eau à la bouche tout à la fois. Direction la cuisine, chers bébés lecteurs !

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Cot cot cot & moi moi moi

Jean Gourounas revisite, aux éditions de l’Atelier du poisson soluble, un grand classique du conte pour enfants : la petite poule rousse, cette histoire où une petite poule, rousse, mène un projet à bien (transformer un grain de blé en bon pain croustillant) en demandant régulièrement de l’aide à ses voisins (un cochon, un carnard, un chat) sans qu’elle ne l’obtienne jamais, et décide donc de savourer seule, à la fin, le fruit de son travail.

L’originalité et l’intérêt de cette nouvelle version, qui préserve à merveille le sens et l’esprit de ses ancêtres, réside dans son approche ludique, qui s’exprime tant par des jeux graphiques sur les codes et les formes (la poule se réduit à une crête rouge, un œil noir et un bec jaune), que par des jeux de mots (répétitions et variantes, expressions figurées, onomatopées, typographie), qui donnent envie de poursuivre le temps de lecture par des activités (écriture, théâtre, géométrie, collages, etc.)… Le conte s’en trouve rajeuni pour le bonheur des petits et des plus grands qui se l’approprient.

Bref, je n’ai plus que quatre mots à vous dire ou à vous écrire :

cot ! groin ! coin ! miou !

tout en vous invitant à feuilleter à votre tour l’aventure de cette nouvelle petite poule rousse : par ici !