0

Images du quotidien

François Delebecque, aux éditions des Grandes Personnes, est l’auteur prodige d’une série d’imagiers tout cartonnés de tip top qualité : un imagier de la plage, un imagier des animaux et aussi un imagier des jouets (en cliquant sur les liens vous accédez à la page de l’éditeur avec des extraits en ligne de chacun de ces titres)…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Sur les pages de couverture, nul titre, chut, ici, ce sont les images qu’on lit. Une approche visuelle qui commence toujours par la silhouette de l’objet représenté. Même principe à l’œuvre à l’intérieur de ces livres formats carrés : à chaque page, le bébé lecteur lit d’abord un dessin noir & blanc associé au mot qui lui correspond, avant de découvrir, par un jeu de rabats, l’image en couleurs, superbe version photo, de l’objet représenté.

La réalisation est splendide, le concept, combinant intelligemment média photo et dessins très contrastés, proprement génial, à même de parler aux apprentis lecteurs, d’autant que c’est une partie de cache-cache & de devinettes à laquelle le photographe et plasticien François Delebecque les convie ici, doublée d’un éveil artistique plaçant en douceur l’enfant au cœur de la double question : comment voir le réel, comment représenter la réalité ?

Last but not least : voici que sort aussi un jeu de loto sur la nature signé du même auteur… chez le même éditeur ! 6 thématiques : les animaux de la ferme, les animaux sauvages, les petites bêtes mais aussi les fleurs, les fruits et les légumes. 6 cartes par thématiques, représentant chacune la silhouette en noir sur blanc de l’objet représenté, comme dans les livres. Chaque carte est à replacer par l’enfant sur la planche thématique adéquate : on retrouve ainsi 6 planches comportant chacune 6 photos des mêmes objets représentés. Un jeu riche et beau, pour prolonger la lecture par de nouvelles expériences ludiques… Quelques images ici !

1

Au marché, je choisis…

Gaïa Stella, illustratrice et graphiste italienne, avec la complicité des éditions Hélium, a l’excellente idée de publier un livre-jeu sur le thème de « je fais mon marché », plus vrai que nature, à destination des tout-petits lecteurs / imitateurs !

Cet imagier tout cartonné relève à la fois du livre, du puzzle et… du sac de courses (en tissu qui plus est), si si si. Mais comment donc ? Sur chaque double page, le tout-petit découvre des familles de fruits et de légumes, distingués par leur forme, leur origine, leur goût… Sur la gauche, se trouve toujours reproduit comme un étalage de marché : pêche, grappe de raisin, figue, prunes, abricots… Sur la droite, le choix de l’enfant : en l’occurrence, une poire. Ce choix est matérialisé par son aspect détachable et manipulable : c’est une pièce de puzzle, son recto représente le fruit ou le légume cueilli, son verso le même aliment ouvert… voire consommé ! Le bébé gourmand, mangeur, lecteur… s’amuse alors à glisser une à une ses provisions dans le petit sac rouge fourni avec l’album !

Un concept ludique et pédagogique, couplé à une réalisation esthétique mais aussi parfaitement réaliste et pratique, qui ravira les très jeunes enfants avides de faire le marché… comme les grands.

0

Un monde merveilleux

Place aujourd’hui à Un… monde merveilleux, imagier coloré et enthousiaste, signé Antonio Ladrillo et publié aux éditions Les Fourmis rouges :

Le point de vue adopté est celui de ce jeune enfant, représenté en couverture du livre, qui part en vadrouille à travers le vaste monde (oui le vaste monde est à portée de main du tout-petit, il suffit d’ouvrir la porte et de lever les yeux ici et là autour de soi), allant de découverte en découverte, explorant les matières, les couleurs, les sensations… de ce qui constitue son rapport premier à son environnement : le superbe envol d’un papillon, la vivacité de la couleur d’une pomme, l’élasticité du corps d’un ver de terre, l’incroyable parfum d’une fleur…

Un regard positif sur le monde, exprimé par des phrases nominales simples et une ponctuation dynamique, entre points de suspensions exprimant l’exploration enfantine et points d’exclamation traduisant ses émotions !

0

Un coeur qui bat

Encore un très beau livre tout-cartonné sur la mise au monde d’un enfant : co-signé Virginie Aladjidi (texte) et Joëlle Jolivet (illustrations, je dirais même plus, gravures) chez Thierry Magnier, collection Tête de lard, un livre-zoom intitulé Un cœur qui bat.

un coeur qui bat joelle jolivet virginie aldjidi.jpg

Couverture superbe : un fauteuil en forme de cœur ❤ accueille une maman dont le cœur bat ❤ en portant, en son sein, un autre petit cœur qui bat déjà ❤

De double page en double page, les auteurs amènent peu à peu le regard des bébés lecteurs vers cette vie naissante, par un jeu participatif de questions-réponses permettant de situer la conception d’un être humain dans son environnement immédiat et moins immédiat :

Dans l’univers, savez-vous ce qu’il y a ?

Il y a la Terre.

Sur la Terre, savez-vous ce qu’il y a ?

Un pays.

Dans ce pays, savez-vous ce qu’il y a ?

Un jardin.

En bref et pour continuer la série d’emboîtements : univers > planète Terre > pays > jardin > immeuble > appartement > salon > fauteuil > maman > bébé < maman < fauteuil < salon < appartement < immeuble < jardin < pays < planète Terre < univers ! Le tout, rythmé, s’ouvrant et se fermant comme un conte randonnée, où l’être à venir paraît tout à la fois infiniment petit à l’échelle de l’univers & infiniment grand déjà aux yeux de ses proches et parents… rapprochement ultime de l’universel et de l’intime :

Un battement

au cœur

du bébé

de la maman

assise

dans le fauteuil

du salon

de l’appartement

de l’immeuble

du jardin

d’un pays

sur la Terre

qui tourne

dans l’univers.

Un album tendre et profond, à lire et relire avec son voire ses enfants, à l’occasion d’une naissance ou tout au long de la vie.

0

Imagiers photos animaux

Aux éditions Chocolat ! Jeunesse (si si si, c’est le nom de cette maison d’édition), il existe une série d’imagiers photos très sympa mettant en scène nos amis les animaux dans leur quotidien… finalement assez proche de celui des petits et grands humains !

L’idée de ces tout-cartonnés format carré, c’est de mettre en lumière les caractéristiques de la vie animale via le média photo, grâce à de belles prises de vue, captant des scènes de vie tour à tour familières, étonnantes, amusantes, émouvantes… Ici, les mots sont de trop : place à l’image, capture de la réalité — les seuls éléments de langage : le titre qui décline sobrement et efficacement le thème de la galerie de portraits, et, toujours sur un bandeau noir cadrant la photo, le nom de l’animal représenté !

En bref, une sortie livresque au zoo à petit prix (6,9 €) et au plus proche des préoccupations des tout-petits.

0

Quand l’art nous transporte !

On connaît tous le peu ragoûtant rat d’égout… mais quid du rat des goûts ? Il y avait Ratatouille côté fourneaux, côté arts plastiques il y a désormais aussi la collection Rat des goûts proposée par la maison d’édition Eliart, spécialisée dans les livres d’art pour petits et grands… ! Avec au menu aujourd’hui ici, en matière d’éveil artistique pour les tout-petits, l’un des titres de cette formidable série :

Des tableaux et des transports

des-tableaux-et-des-transports-rat-des-gouts-eliart

Un livre tout cartonné de petit format carré, très agréable à manipuler, et qui renouvelle le principe des imagiers : ici, sous les plumes d’Eliane Reynol de Sérésin et Marine Fauvel, le bébé lecteur se voit présenter divers moyens de locomotion (le camion, le tracteur, le train, l’autobus, la voiture, le fiacre, le vélo, la moto, le bateau, la montgolfière, l’hélicoptère, l’avion et la fusée) de diverses façons… Chaque double page consacre ainsi un mode de transport :

  • sur ma gauche,
    • un court texte poético-descriptif : en bref, une définition, en cadence et en rimes s’il-vous-plaît !
    • accompagné d’une petite icône, ou symbole, afin d’introduire une première correspondance visuelle aisément identifiable par tous
  • sur ma droite,
    • la reproduction d’un tableau de grand maître du XIXe ou XXe siècle (Claude Monet, Edward Hopper, Vincent Van Gogh, Francisco de Goya, Sonia Delaunay, Jean-Michel Basquiat, René Magritte, Le Douanier Rousseau…) mettant en scène ledit mot
    • ledit tableau étant commenté avec humour par un drôle de guide / commentateur, qui ronge l’image pour mieux l’éclairer de toute sa contemporanéïté !

Un extrait pour vous faire une idée du voyage dans lequel vous embarquez :
extrait

En bref, un imagier bien pensé, dont la force et l’originalité est de réussir à mettre en résonance, par le jeu et la médiation, le quotidien des enfants avec l’art. A mettre entre les mains de tous les petits curieux…

2

Rétro-pop-up !

Oyez, oyez, les éditions Hélium ont l’excellente idée de remettre au goût du jour, en cette fin d’année, un illustrateur tchèque des années 1960 : Rudolf Lukeš… sous forme d’albums… pop-up !

Rétro + pop-up rétro-pop-up

Magnifiques couleurs &illustrations, superbes pliages & volumes…

Chaque double page vient découvrir un animal en action dans son environnement, et l’enfant, et l’adulte accompagnant, s’amusent à animer la bête en ouvrant et fermant l’ouvrage à grande ou petite vitesse !

Un théâtre d’images à la fois fantaisiste et réaliste, accompagné de petits textes de type premiers documentaires, présentant en quelques mots le héros de papier (découpé) si bien croqué…

Les détails corporels, l’expressivité des regards, expressions, mines, gestes, postures et interactions avec la compagnie (souvent l’animal parent est entouré, surplombé, chevauché… de ses enfants) constituent les primes qualités de cette série de bestiaires vifs, instructifs et interactifs.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Un pur bonheur visuel, expérience de lecture riche en surprises pour les plus petits… et les plus grands. Réjouissant.

Et pour clore ce billet, quelques infos des plus intéressantes sur l’auteur-illustrateur de ces livres : Rudolf Lukeš (1923-1976), artiste tchèque qui passa de la réalisation de décors pour le cinéma à l’illustration de livres jeunesse : diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Prague, il travaille pour le grand écran jusqu’à ce que le parti communiste, en raison du refus de l’artiste d’y adhérer, l’oblige à cesser cette activité à la fin des années 1940 ; en 1960, il se ressource en tant qu’illustrateur jeunesse, mais dans l’anonymat. C’est en 1965 qu’il créé anonymement cette série de pop-up… qui porte aujourd’hui son nom.