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Mieux connaître le corps humain

Le corps est à l’honneur dans la BBthèque ce jour, avec deux nouveaux livres pour les jeunes enfants qui explorent chacun un petit bout de cette vaste et riche thématique qu’est l’éveil des tout-petits à leur propre constitution physique :

A dévorer des yeux

Mon premier, graphique, muet et épuré, donne à voir, sur fond noir, aux bébés lecteurs, les effets sur l’organisme vivant des différents nutriments. L’association s’effectue par double page : sur la page de gauche, un aliment courant (de l’eau, du lait, des céréales…) ; sur la page de droite, le focus sur la partie du corps sur lequel l’aliment ingéré va agir principalement ; entre les deux, une correspondance visuelle signifiant le lien entre la nourriture et le développement physiologique, en fonction des choix effectués en alimentation. Un parcours muet, disais-je… jusqu’à ce qu’on atteigne la quatrième de couverture, qui récapitule les bienfaits des nutriments présentés (en reprenant chaque illustration nutritive) et délivre à l’adulte lecteur les clés de ce tout-cartonné : un ouvrage « à dévorer des yeux… pour manger moins bête ! ». Ainsi, il nous y est rappelé, par des mots cette fois, que le calcium contenu dans le lait fortifie les os et les dents… Un premier documentaire superbe et extrêmement intéressant pour les petits comme les grands, pouvant donner lieu à de nombreux échanges avec les jeunes enfants ! Vous pouvez feuilleter l’ouvrage en ligne (=> par ici) pour vous faire une première idée.

Le corps, ça parle un peu,

beaucoup, énormément

Mon second explore, dans un tout autre style d’illustrations, le langage du corps et les émotions.

Parfois je m’exprime avec des mots,

et parfois je ne dis rien…

ET POURTANT MON CORPS PARLE !

Et les auteurs de mettre des mots et des images sur la manière dont notre corps s’exprime en fonction de ce que nous ressentons et selon les situations : « j’accours », « je me recroqueville », « je fais la moue », « je bâille », etc. En tout, douze émotions, sensations et sentiments sont passés en revue, avec un petit texte explicatif, rédigé à la première personne, pour aider le jeune enfant et l’adulte accompagnant à formuler et comprendre les ressentis… que le corps vit. Une fort judicieuse idée que de s’atteler à ce sujet très important pour les petits comme les grands.

Vous l’aurez compris, ces deux documentaires pour tout-petits s’avèrent très complémentaires, dans leurs démarches et leurs propos, tout en visant le même objectif : amener les jeunes enfants à (mieux) connaître leur corps… et celui d’autrui.

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Bébés scientifiques

Connaissez-vous les éditions du Pommier ? Cette maison a une politique éditoriale centrée sur la vulgarisation et la réflexion autour de la science, pour les grands comme les petits, et même les tout-petits, comme l’illustre la publication récente d’un abécédaire d’un nouveau genre, intitulé Ma petite science :

Co-signé Virginie Aladjidi, Caroline Pellissier et Caroline Dall’Ava, ce premier documentaire est un abécédaire dédié à l’éveil scientifique des tout-petits, une première encyclopédie pour aborder, à hauteur d’enfant, des phénomènes scientifiques simples : comment l’Arc-en-ciel se forme, pourquoi le Ballon rebondit et le Cerf-volant vole, etc. Pour chaque lettre de l’alphabet, un phénomène expliqué en quelques phrases et illustrations, comme une porte d’entrée pour mieux comprendre la Terre et l’univers.

Un livre-ressource très intéressant & enrichissant pour les jeunes enfants.

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Dans le ciel

Après Mes envolées, et si on partait plus avant à la découverte du ciel avec les tout-petits n’enfants ? Un fil continu de poésie, de grandes et magnifiques illustrations ainsi qu’un texte d’information qui pose tout un tas de questions et prend le temps d’y répondre brièvement et simplement : c’est le pari réussi du premier documentaire Dans le ciel, écrit par Aurélia Coulaty et illustré par un duo d’illustrateurs et designers réunis au sein de l’atelier Bingo, aux éditions Amaterra :

Les images, expressives, colorées, empruntant à l’abstraction pour mieux mettre en scène le ciel, occupent la majeure partie des doubles pages, et le texte figure en-dessous, telle une légende, à gauche le mot, à droite l’explication, invitant le bébé lecteur à lever les yeux pour mieux observer le ciel en général, alternant points de vue fondamental et original, soit, en particulier… : le soleil, la pluie, l’arc-en-ciel, les cerfs-volants, le vent, les grues, l’aurore boréale, les lanternes célestes, l’âme des gens, la brume, la trace de l’avion, les montgolfières, l’orage, les abeilles, les graines de pissenlit, l’aube, le crépuscule, les étoiles filantes, les pigeons voyageurs, les machines volantes, la tornade, les nuages, les chauves-souris, la lune, les flocons de neige, les lâchers de colombes, la fumée, les feuilles d’automne, les feux d’artifice, les papillons, la grêle et la Voie lactée.

On passe d’un sujet à l’autre sans transition ou presque, et ce livre peut être lu du début à la fin d’une traite, comme au gré des petites mains qui le feuilletteraient dans l’ordre qu’elles voudraient ; on s’intéresse au climat, aux saisons, au jour, à la nuit, à comment, qu’on soit homme ou animal, voler et traverser le ciel, à ce que les hommes projettent et mettent dans leur tête quand ils regardent et investissent à leur tour cet espace immense au-dessus de nous. En bref, il s’agit là d’une superbe et inédite encyclopédie visuelle du ciel, dont vous pouvez découvrir quelques extraits ici

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Les docu-peintures-sculptures

La BBthèque vous présente aujourd’hui une très belle démarche de premiers documentaires pour le très jeune public, à travers l’œuvre de Susumu Shingu, dont trois titres sont parus récemment en France aux éditions Gallimard jeunesse, célébrant la nature et le grand air :

Derrière ces trois titres en effet, un même artiste, né à Osaka au Japon, peintre et sculpteur, qui propose aux bébés lecteurs autant de voyages de grande qualité dans des petits pans de réalité :

La fraise

ou l’anatomie d’une fraise, si si, un livre qui retrace poétiquement et scientifiquement le cycle de vie de ce fruit. Il s’agit d’un récit, qui dit le temps qui passe, mais aussi qui se répète ; d’un récit mis en mots et en images, colorées, réalistes, en mouvements presque, avec quand c’est nécessaire des gros plans, autrement une mise en scène type paysage, pour expliquer la genèse des bébés fraises, de la graine au fruit qui apparaît puis mûrit, les changements des couleurs, l’émergence des odeurs, grâce aux actions du vent et du soleil. En un mot :

La fraise est un paysage infini.

Avec le soleil

L’astre solaire est également de la partie dans cet autre livre, il est tellement présent que c’est même lui qui occasionne l’histoire. L’histoire d’un personnage (bébé lecteur, mon double, mon miroir) qui part en promenade une journée, en bicyclette par un beau temps ensoleillé… Jeux d’ombres à chaque page, pour mettre en scène cette expédition entre amis en été, jusqu’à atteindre la forêt où le soleil n’écrase plus, mais « où scintille la lumière », le sombre progressant, jusqu’à la tombée de la nuit où l’imagination s’embrase et où l’on devient pressé de rentrer chez soi, sous un soleil couchant. Ici aussi, les couleurs sont au rendez-vous pour un récit qui réfléchit intrinsèquement la notion de lumière chez l’enfant.

Le voyage du vent

Last but not least : place à un autre voyage, celui du vent, avec un livre… pop-up (quand le livre devient sculpture et vice-versa), que le bébé lecteur, avec l’adulte, s’amuse à manipuler pour traduire les mouvements du vent. Le vent est le narrateur de ce premier documentaire, qui nous raconte sa journée, de l’éveil, au plus près de nous, à l’endormissement, dans la lumière de l’aurore boréale, toujours en mouvement. L’enfant découvre ainsi ce que le vent écoute : le bruissement des feuilles quand le livre se transforme en arbre abritant oiseaux, branches et feuillages ; ce qu’il entend : quand une vache le salue ; ce qu’il voit : des oiseaux migrateurs qui le voisinent (portés par lui ?) ; ce qu’il crée, formes dans le désert, avancées dans la mer par le pouvoir de son souffle sur un bateau, etc. Un livre-spectacle qui introduit auprès des plus jeunes la fondamentale notion de climat.

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Visite à la maternité : la famille s’agrandit !

C’est le retour dans la BBthèque de la collection « Les maisons de Léon » de Lorea de Vos, chez Marcel & Joachim : une série de livres tout cartonnés dont la conception, architecturale et ludique, donne à découvrir au jeune lecteur un bâtiment… aujourd’hui, dans Toi, moi, nous, l’hôpital, à l’occasion de la naissance du petit frère ou de la petite sœur du héros éponyme, Léon.

L’histoire commence ainsi : Léon, petit garçon, et son papa dialoguent dans la rue…

– Papa, Papa, alors, j’ai un petit frère ou une petite sœur ?

– Je t’ai dit que tu aurais la surprise et tu ne vas pas attendre longtemps car nous partons voir Maman à l’hôpital.

Et c’est parti pour une visite de l’hôpital, service maternité : le bâtiment se construit progressivement au fil du parcours du père & du fils relaté sur les pages de gauche, traduit par un judicieux jeu de découpage sur les pages de droite…

  • au rez-de-chaussée les urgences
  • au premier étage l’accueil et la salle d’attente ainsi que les salles de consultation de gynécologie et obstétrique
  • au deuxième étage les salles de soin aux nouveaux-nés…
  • et, acmé de la visite, au dernier étage, les chambres pour les suites de couche, où se trouvent la maman & le bébé tant recherchés !

Au-delà, un joli biais, tendre mais aussi pédagogique, pour aborder avec un premier enfant la naissance d’un second enfant.

Quelques images ici : http://www.marceletjoachim.fr/catalogue/#/toi-moi-nous/

Pssssss : sur le thème « la fratrie s’agrandit… », je vous (re) recommande, avant la naissance du second enfant, cet autre album, poétique, sur ce qui prend vie dans le ventre de la maman, où un aîné demande à sa mère :

Qu’est-ce qu’il y a dans ton ventre ? et qu’elle lui répond par une série d’images, d’évocations et de projections… C’est signé Sara Trofa et Elis Wilk aux éditions Le diplodocus.

 

 

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Le potager de ma voisine Alena

Un album printanier, c’est de saison ! J’ai nommé Le potager d’Alena, signé Sophie Vissière aux éditions Hélium :

Ce matin, comme tous les matins, pour aller à l’école, je passe avec maman devant un champ en friche.

Ce que je ne sais pas, c’est que pendant la journée le champ va être désherbé, et la terre aérée.

Le matin suivant, quand je repasse devant…

Le point de vue adopté dans ce livre est celui d’une petite fille qui observe & décrit, étape après étape, l’évolution du champ qui jouxte sa maison ; elle nous rapporte également le sous-jacent, l’invisible, « ce qu’elle ne sait pas » mais qu’elle sait à présent et peut ainsi partager avec nous maintenant  : les fruits du patient travail dans les champs oui… mais aussi qui effectue ce travail, pourquoi, comment.

Du champ à l’assiette : servie par des illustrations douces et colorées, une approche simple, sobre et belle, entre la fiction et le documentaire, portrait au jour le jour d’une cultivatrice et maraîchère, Alena, la voisine de la narratrice, dont elle achète et mange les fruits et légumes les jours de marché. Un album sain pour transmettre aux petits le rythme des saisons, le travail de la terre voire plus largement le travail humain, développer leur sens de l’observation tout en les invitant à se questionner sur le pourquoi du comment… et leur apporter des éléments de réponse éclairants.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, rendez-vous sur le site de l’auteur-illustratrice toulousaine : http://www.sophievissiere.com/le-potager-dalena.html !

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Je suis… (l’évolution de) la vie

Chouette, un nouveau livre ovni dans la BBthèque : Je suis… d’Allegra Agliardi ! je-suis-allegra-agliardiUn petit livre à spirales, édité aux Grandes Personnes et qui, imprimé sur rhodoïd, illustre de manière saisissante l’histoire, sur la planète Terre, de l’évolution de la vie… dont le tout-petit fait pleinement partie.

L’intérêt ici du rhodoïd, matière plastique transparente ? Permettre la superposition des images, dès le premier coup d’œil voir l’alpha et l’oméga de l’histoire de la vie réunis, puis au gré du tournoiement des pages vivre cette évolution pas à pas, ou comment une unique cellule devient poisson (qui nage) → serpent (qui rampe) → mammifère : chien (qui court) → homme (qui pense) et que l’amour s’en mêlant, l’homme et la femme font des enfants :

je (cellule) suis (et en étant je contiens toute mon évolution)

(à présent) (je suis aussi) (comme) une méduse

qui nage

(à présent) (je suis aussi) (comme) un poisson

qui rampe

(à présent) (je suis aussi) (comme) un serpent

je-suis-allegra-agliardi-2je-suis-allegra-agliardi-3

Un premier documentaire au graphisme & matériau intelligents et ludiques, réussissant l’exploit de mettre Darwin à portée des plus petits tout en se lisant presque comme une comptine, devinettes à la clé !