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Nouveaux livres à gogo #3 : et la nuit fut

Depuis le 11 mai, top départ du déconfinement progressif, la BBthèque met en lumière des albums récents que vous pourrez vous procurer dans vos librairies indépendantes préférées si elles ont redémarré leur activité. La BBthèque continue pour ce faire de vous inviter à vous enquérir auprès de votre libraire de proximité de ses modalités d’ouverture et/ou de réservations-retraits de documents.

Et par ce beau soleil, la nuit se ferait presque oublier… C’est pourquoi la BBthèque vous propose aujourd’hui une sélection d’albums sur la nuit dans tous ses bienfaits :

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Lune de Junko Nakamura aux éditions MeMo est un album doux et poétique où la lune est un spectacle, un poème.

« Quand le cirque se termine, c‘est la nuit.

Elle doit être là, la lune qui nous regarde. »

Elle apparaît en effet, lumineuse, souriante, bienveillante, apaisante, présente… pour tous… toutes les nuits.

 


Aaaaaawh - Marco Viale - La Joie de lireAaaaaawh ! de Marco Viale aux éditions La Joie de lire : qui dit nuit dit sommeil… et lecture du soir.

Marco Viale et La Joie de lire ont conçu… le livre du bâillement ! Sur la page de couverture, est-ce un cosmonaute ? Que nenni c’est une bouche ouverte tout grand, tout rond, jusqu’à laisser un trou tout grand, tout rond, sur la page de couverture cartonnée de cet album papier où défilent ensuite les images de bâilleurs qui se transmettent les uns aux autres, à la vitesse éclair, leur envie de bâiller.

Avis à celle ou celui qui lira ce livre à haute voix : il est très drôle de lire ce livre en bâillant ! Gageons que les jeunes lecteurs seront eux aussi contaminés par cette non-maladie les conduisant pas à pas dans les bras de Morphée.


Le lapin, la nuit et la boîte à biscuits - Nicola O'ByrneLe lapin, la nuit et la boîte à biscuits de Nicolas O’Byrne aux éditions Flammarion – Père Castor raconte l’histoire d’un jeune lapin bien déterminer à ne pas se coucher quand la nuit pointe le bout de son nez. Mais bien embêté : si la nuit tombe, il faudra bien que je me couche… et si je faisais en sorte que la nuit ne vienne pas ? Le petit lapin piège ainsi la nuit : il lui propose un biscuit, mais quand la nuit tend la main pour attraper cet appât, bam le lapin referme sur elle la boîte à biscuits qui contient désormais… la nuit.

La nuit et le lapin conversent alors : la nuit tente de convaincre le lapin par toutes sortes d’arguments très intéressants… Jusqu’à ce que le lapin ait le déclic : la nuit ne peut pas ne pas être, son absence a trop de conséquences sur la vie des plantes, des animaux, et même des petits lapins qui ont besoin de dormir à défaut d’en avoir envie !

Ouf. En plus la nuit réserve une belle surprise au petit lapin et aux jeunes lecteurs : le spectacle des étoiles, au travers d’une toile à déplier, pour commencer ; une histoire du soir pour s’endormir et… rêver !


Et si tu es encore réveillé quand la nuit est tombée, plutôt que de l’enfermer, tu peux, comme Junko Nakamura, observer la lune, mais aussi les étoiles… et t’initier ainsi à l’astronomie : 

Des animaux dans le ciel de Sarah Gillingham aux éditions Phaidon invitent les jeunes lecteurs à tourner leurs yeux vers le ciel et les étoiles scintillantes, distinguer des formes, imaginer des lignes entre certaines étoiles pour dessiner des animaux, en leur proposant des devinettes ! 

« J’ai un long museau, comme le chien. Je me déplace en meute et je hurle la nuit. Quel animal suis-je ? » Et hop, l’enfant lecteur soulève le rabat pour découvrir un loup étoilé !

 


Pssst : vous pouvez retrouver encore d’autres ouvrages où il est question de la nuit ici !

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Dormir… c’est tout un art

Vous souvenez vous de Mon premier livre d’art : l’amour, chroniqué en avril dernier dans la BBthèque ? La collection d’éveil artistique éditée par Phaidon s’étoffe d’un nouveau titre dédié à un sujet non moins essentiel : le sommeil, illustré à travers une belle sélection d’œuvres d’art réalisée par Shana Gozansky. Dormir en effet, c’est tout un art ! Démonstration avec :

Mon premier livre d’art 

LE SOMMEIL

Au menu de cette lecture du soir idéale, une définition du sommeil éclairée par des reproductions de tableaux d’artistes peintres et sculpteurs, d’ici et d’ailleurs, du XIXe au XXIe siècle : ce sont ainsi Yoshitomo Nara, Lucian Freud, Mary Cassat, Utagawa Hiroshige, Jean Cocteau, Winslow Homer, Constantin Brancusi, John Currin, Keith Haring, Rob Pruitt, Antony Gormley, Edvard Munch, Pablo Picasso, Jordan Casteel, Henri Matisse, William Turner, Paul Klee, Vincent Van Gogh, Robert Brackman, Marc Chagall, Edgar Degas, Diego Rivera, Horace Pippin, Henri Rousseau, Yayoi Kusama, Wassily Kandinsky, Kobayashi Kiyoshika, René Magritte, Peter Doig, Georgia O’Keefe, Roy Lichtenstein, Paola Pivi, Takashi Murakami et David Hockney qui nous montrent comment ils voient la nuit et le repos.

Cette définition artistique se décline en plusieurs temps et thèmes, amenant pas à pas le bébé lecteur vers l’art de dormir, qui a un commencement et une fin, avant que le cycle ne se répète et ne s’enrichisse du vécu du jour précédent :

  • typologie des dormeurs : tout le monde dort, mais encore ? Les enfants, les adultes, et les bébés aussi !
  • le besoin de sommeil : à quoi ça sert de dormir ? A grandir, à se reposer, se rétablir et recouvrer une pleine forme au réveil ;
  • les risques du manque de sommeil : si tu ne dors pas assez, tu risques d’être fatigué et sujet à des émotions variées et décuplées… bref
  • il est temps de s’endormir : comment identifier l’arrivée de la nuit (au revoir le soleil, bonjour la lune et les étoiles) donnant le signant des rituels du coucher pour les jeunes enfants
  • place alors aux rêves de toutes sortes
  • avant que la nuit ne s’achève et que vienne le réveil

Un livre d’éveil artistique au top, ou comment bercer les bébés comme dans un musée !

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Une histoire de pieds… en éventail

L’été se poursuit dans la BBthèque, qui fait honneur, une fois n’est pas coutume, aux pieds d’ici et d’ailleurs, avec un éloge du pied dans tous ses états :

Les pieds en éventail

de Sandra Le Guen & Marjorie Béal

aux éditions Les P’tits Bérets

Dans ce tout cartonné format carré aux couleurs vives de l’enfance et de l’été, seuls comptent les pieds pourvu qu’ils trouvent rimes à leurs pieds : les pieds nus de Léo qui pataugent dans l’eau, ceux de Charlotte qui ne jurent que par les bottes, ceux de Lisette qui préfèrent les grosses chaussettes, ceux de mamie jolis mais rabougris, ceux de la grande sœur qui se peint les ongles de toutes les couleurs, etc.

Et puis il y a les pieds du narrateur : qui sont-ils, que font-ils ? « Et mes petits pieds à moi… ça dépend des fois ! » Comme quoi… Sur les dernières double pages de cet album, les pieds de l’enfant sont ainsi entraînés dans toute une série d’actions : jouer, pédaler, dévaler, courir, marcher, danser, nager, sauter… Autant dire qu’ils en font des choses et dès le plus jeune âge, ces petits pieds ! Et même se reposer… les doigts en éventail.

Bref… la poésie… c’est le pied en été !? Une lecture-détente à partager avec les petits qui découvrent dès la petite enfance leur corps et celui d’autrui, ainsi que les activités physiques diverses et variées en développant leur motricité.

Psssst : (au moins) un escargot figure sur chaque double page, le bébé lecteur saura-t-il le retrouver ?

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Petit homme, petit lapin

Les éditions MeMo publient deux beaux livres de Malika Doray (c’est un peu tautologique), Le petit homme et la mer et Lapin mon lapin :

Le petit homme et la mer

Mon premier est un conte initiatique, empli de poésie, qui met en scène un petit homme (jeune ou vieux, M. Hemingway le titre du livre de Malika Doray ne le précise pas).

C’est l’histoire, donc, d’un petit homme, aux allures de lutin ; un petit homme doté d’une grande ambition, qui se lance dans une aventure à la mesure de son projet : il part sur la grande mer du Nord pour pêcher le plus gros poisson du monde.

Quand je l’aurai attrapé, dit le petit homme, je rentrerai et tout le monde m’admirera. Et à tous ceux qui ne m’admireront pas, j’offrirai une des écailles du plus gros poisson du monde. Comme ça ils m’aimeront.

C’est un petit homme qui se lance un défi pour obtenir une récompense, c’est un petit homme qui se cherche, et que va-t-il trouver pendant son expédition ? Une libellule… pour appâter le poisson… puis LE poisson, car voici que le plus gros poisson du monde mord à l’hameçon.

– Ouiiiii, jubile le petit homme, j’ai attrapé le plus gros poisson du monde !

– Oh, oh, se dit le gros poisson, on dirait que j’ai pris un tout petit homme.

Ah… en fait, ce n’est pas que l’histoire d’un petit homme. C’est aussi l’histoire d’un gros poisson, qui cultive son propre projet à l’égard de ce petit homme là… : « le mettre sous une cloche en verre avec un paille pour qu’il respire et on le regarder gigoter » aie aie aie ! Il soumet son idée à ses parents (plus petits que lui, hihi), qui heureusement, lui remettent les points sur les i :

Grand Dieu ! A ton âge ! Tu n’as pas honte d’embêter plus petit que toi ? Allez, ramène le vite chez lui.

Le trajet retour des deux compagnons est le moment de la résolution du conflit, où le petit homme console le gros poisson, et réciproquement, où le dialogue émerge et s’instaure, et où les deux êtres rient et deviennent amis, jusqu’à savoir comment faire don d’un peu de soi à l’autre, qu’on a croisé sur son chemin et appris à connaître. Les deux protagonistes sortent grandis et changés de cette épopée ; ils y ont trouvé l’amitié. Les illustrations, sobres en couleurs, s’amusent à jouer de ce qui se passe à la surface de l’eau et sous l’eau, par un jeu de bordures en formes de vagues, faisant se rencontrer ces deux mondes, l’espace d’un instant… magique… inscrit dans le temps.

Lapin mon lapin

Mon second est un discours fait livre : c’est une maman lapin qui parle à son bébé lapin tout en le berçant (le bébé lapin est lui-même petit, comme le petit homme, et il sortira grandi, comme le petit homme, de cette conversation avec sa maman)… « lapin mon lapin », lui dit-elle…

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand le soleil se couche, pour toi il est l’heure de dormir, même si d’autres animaux vivent la nuit ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle à l’occasion de déjeuner, « tu as deux mains et une cuillère », quand d’autres ont un bec ou une trompe… tu n’as donc aucune raison de mettre tout par terre ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire tout court, les poulpes ont huit bras, les mille pattes ont mille mains, mais maman lapin n’en a que deux et ne peut pas tout faire à la fois ; petit lapin a deux mains aussi et « il faut tout faire un par un : jouer, se promener… ».

Un joli album qui dit aux tout-petits les joies de l’autonomie… et le regard bienveillant du parent.

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Pssst : pour découvrir d’autres livres de Malika Doray dans la BBthèque, c’est par ici !

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Il était une fois les couleurs

Dans la BBthèque et parmi l’offre de livres pour tout-petits, on compte beaucoup de livres… tout petits. Et puis il y en a parfois des grands, dès TRÈS grands. C’est le cas de celui que je vous présente aujourd’hui, en termes de format, un album géant (34 x 29 cm), Il était une fois les couleurs, signé Marie-Agnès Gaudrat et Michèle Isvy Marchon aux éditions Les Arènes, avec un très beau papier épais comme un premier livre d’art :

C’est une fiction, et non un documentaire : l’histoire de l’apparition des couleurs.

Au tout début du début, tout était blanc.

La terre, le ciel, les fourmis, mêmes les éléphants. Tout BLANC !

Enfin presque, parce que sur le dessin, les contours des formes sont noirs, ainsi on peut voir la terre, le ciel, les fourmis et mêmes les éléphants… blancs. Et même que ça donne drôlement envie de les colorier, ces formes. C’est sans doute pour ça que les couleurs sont arrivées, en journée. D’abord rouge, qui est fort et a apporté sa couleur aux coquelicots et aux poissons rouges ; puis jaune (un brin de soleil peut-être ?), bleu (couleur dominante sur notre planète bleue), et noir (quand il a fait nuit noire). Chaque nouvelle couleur avait tendance à chasser l’ancienne, or ne pouvaient-elles pas aussi cohabiter ensemble, se compléter voire se mélanger les unes aux autres ? Si, si, en devenant amies, les voici qui créent de multiples autres couleurs, jusqu’à composer un bel arc-en-ciel.

La force et l’originalité de cet album résident dans son double parti pris narratif (transformer les couleurs en personnages ou acteurs, raconter l’art de la couleur) et graphique (les donner à voir avec des beaux et géants aplats de couleurs crayonnés), illustrant à merveille le voyage parmi les couleurs du bébé lecteur, et éveillant la créativité des jeunes enfants. A vos crayons et vos pinceaux, chers tout-petits, pour prolonger l’aventure… sur papier (blanc !?) !