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Dormir… c’est tout un art

Vous souvenez vous de Mon premier livre d’art : l’amour, chroniqué en avril dernier dans la BBthèque ? La collection d’éveil artistique éditée par Phaidon s’étoffe d’un nouveau titre dédié à un sujet non moins essentiel : le sommeil, illustré à travers une belle sélection d’œuvres d’art réalisée par Shana Gozansky. Dormir en effet, c’est tout un art ! Démonstration avec :

Mon premier livre d’art 

LE SOMMEIL

Au menu de cette lecture du soir idéale, une définition du sommeil éclairée par des reproductions de tableaux d’artistes peintres et sculpteurs, d’ici et d’ailleurs, du XIXe au XXIe siècle : ce sont ainsi Yoshitomo Nara, Lucian Freud, Mary Cassat, Utagawa Hiroshige, Jean Cocteau, Winslow Homer, Constantin Brancusi, John Currin, Keith Haring, Rob Pruitt, Antony Gormley, Edvard Munch, Pablo Picasso, Jordan Casteel, Henri Matisse, William Turner, Paul Klee, Vincent Van Gogh, Robert Brackman, Marc Chagall, Edgar Degas, Diego Rivera, Horace Pippin, Henri Rousseau, Yayoi Kusama, Wassily Kandinsky, Kobayashi Kiyoshika, René Magritte, Peter Doig, Georgia O’Keefe, Roy Lichtenstein, Paola Pivi, Takashi Murakami et David Hockney qui nous montrent comment ils voient la nuit et le repos.

Cette définition artistique se décline en plusieurs temps et thèmes, amenant pas à pas le bébé lecteur vers l’art de dormir, qui a un commencement et une fin, avant que le cycle ne se répète et ne s’enrichisse du vécu du jour précédent :

  • typologie des dormeurs : tout le monde dort, mais encore ? Les enfants, les adultes, et les bébés aussi !
  • le besoin de sommeil : à quoi ça sert de dormir ? A grandir, à se reposer, se rétablir et recouvrer une pleine forme au réveil ;
  • les risques du manque de sommeil : si tu ne dors pas assez, tu risques d’être fatigué et sujet à des émotions variées et décuplées… bref
  • il est temps de s’endormir : comment identifier l’arrivée de la nuit (au revoir le soleil, bonjour la lune et les étoiles) donnant le signant des rituels du coucher pour les jeunes enfants
  • place alors aux rêves de toutes sortes
  • avant que la nuit ne s’achève et que vienne le réveil

Un livre d’éveil artistique au top, ou comment bercer les bébés comme dans un musée !

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Une histoire de pieds… en éventail

L’été se poursuit dans la BBthèque, qui fait honneur, une fois n’est pas coutume, aux pieds d’ici et d’ailleurs, avec un éloge du pied dans tous ses états :

Les pieds en éventail

de Sandra Le Guen & Marjorie Béal

aux éditions Les P’tits Bérets

Dans ce tout cartonné format carré aux couleurs vives de l’enfance et de l’été, seuls comptent les pieds pourvu qu’ils trouvent rimes à leurs pieds : les pieds nus de Léo qui pataugent dans l’eau, ceux de Charlotte qui ne jurent que par les bottes, ceux de Lisette qui préfèrent les grosses chaussettes, ceux de mamie jolis mais rabougris, ceux de la grande sœur qui se peint les ongles de toutes les couleurs, etc.

Et puis il y a les pieds du narrateur : qui sont-ils, que font-ils ? « Et mes petits pieds à moi… ça dépend des fois ! » Comme quoi… Sur les dernières double pages de cet album, les pieds de l’enfant sont ainsi entraînés dans toute une série d’actions : jouer, pédaler, dévaler, courir, marcher, danser, nager, sauter… Autant dire qu’ils en font des choses et dès le plus jeune âge, ces petits pieds ! Et même se reposer… les doigts en éventail.

Bref… la poésie… c’est le pied en été !? Une lecture-détente à partager avec les petits qui découvrent dès la petite enfance leur corps et celui d’autrui, ainsi que les activités physiques diverses et variées en développant leur motricité.

Psssst : (au moins) un escargot figure sur chaque double page, le bébé lecteur saura-t-il le retrouver ?

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Petit homme, petit lapin

Les éditions MeMo publient deux beaux livres de Malika Doray (c’est un peu tautologique), Le petit homme et la mer et Lapin mon lapin :

Le petit homme et la mer

Mon premier est un conte initiatique, empli de poésie, qui met en scène un petit homme (jeune ou vieux, M. Hemingway le titre du livre de Malika Doray ne le précise pas).

C’est l’histoire, donc, d’un petit homme, aux allures de lutin ; un petit homme doté d’une grande ambition, qui se lance dans une aventure à la mesure de son projet : il part sur la grande mer du Nord pour pêcher le plus gros poisson du monde.

Quand je l’aurai attrapé, dit le petit homme, je rentrerai et tout le monde m’admirera. Et à tous ceux qui ne m’admireront pas, j’offrirai une des écailles du plus gros poisson du monde. Comme ça ils m’aimeront.

C’est un petit homme qui se lance un défi pour obtenir une récompense, c’est un petit homme qui se cherche, et que va-t-il trouver pendant son expédition ? Une libellule… pour appâter le poisson… puis LE poisson, car voici que le plus gros poisson du monde mord à l’hameçon.

– Ouiiiii, jubile le petit homme, j’ai attrapé le plus gros poisson du monde !

– Oh, oh, se dit le gros poisson, on dirait que j’ai pris un tout petit homme.

Ah… en fait, ce n’est pas que l’histoire d’un petit homme. C’est aussi l’histoire d’un gros poisson, qui cultive son propre projet à l’égard de ce petit homme là… : « le mettre sous une cloche en verre avec un paille pour qu’il respire et on le regarder gigoter » aie aie aie ! Il soumet son idée à ses parents (plus petits que lui, hihi), qui heureusement, lui remettent les points sur les i :

Grand Dieu ! A ton âge ! Tu n’as pas honte d’embêter plus petit que toi ? Allez, ramène le vite chez lui.

Le trajet retour des deux compagnons est le moment de la résolution du conflit, où le petit homme console le gros poisson, et réciproquement, où le dialogue émerge et s’instaure, et où les deux êtres rient et deviennent amis, jusqu’à savoir comment faire don d’un peu de soi à l’autre, qu’on a croisé sur son chemin et appris à connaître. Les deux protagonistes sortent grandis et changés de cette épopée ; ils y ont trouvé l’amitié. Les illustrations, sobres en couleurs, s’amusent à jouer de ce qui se passe à la surface de l’eau et sous l’eau, par un jeu de bordures en formes de vagues, faisant se rencontrer ces deux mondes, l’espace d’un instant… magique… inscrit dans le temps.

Lapin mon lapin

Mon second est un discours fait livre : c’est une maman lapin qui parle à son bébé lapin tout en le berçant (le bébé lapin est lui-même petit, comme le petit homme, et il sortira grandi, comme le petit homme, de cette conversation avec sa maman)… « lapin mon lapin », lui dit-elle…

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand le soleil se couche, pour toi il est l’heure de dormir, même si d’autres animaux vivent la nuit ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle à l’occasion de déjeuner, « tu as deux mains et une cuillère », quand d’autres ont un bec ou une trompe… tu n’as donc aucune raison de mettre tout par terre ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire tout court, les poulpes ont huit bras, les mille pattes ont mille mains, mais maman lapin n’en a que deux et ne peut pas tout faire à la fois ; petit lapin a deux mains aussi et « il faut tout faire un par un : jouer, se promener… ».

Un joli album qui dit aux tout-petits les joies de l’autonomie… et le regard bienveillant du parent.

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Pssst : pour découvrir d’autres livres de Malika Doray dans la BBthèque, c’est par ici !

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Il était une fois les couleurs

Dans la BBthèque et parmi l’offre de livres pour tout-petits, on compte beaucoup de livres… tout petits. Et puis il y en a parfois des grands, dès TRÈS grands. C’est le cas de celui que je vous présente aujourd’hui, en termes de format, un album géant (34 x 29 cm), Il était une fois les couleurs, signé Marie-Agnès Gaudrat et Michèle Isvy Marchon aux éditions Les Arènes, avec un très beau papier épais comme un premier livre d’art :

C’est une fiction, et non un documentaire : l’histoire de l’apparition des couleurs.

Au tout début du début, tout était blanc.

La terre, le ciel, les fourmis, mêmes les éléphants. Tout BLANC !

Enfin presque, parce que sur le dessin, les contours des formes sont noirs, ainsi on peut voir la terre, le ciel, les fourmis et mêmes les éléphants… blancs. Et même que ça donne drôlement envie de les colorier, ces formes. C’est sans doute pour ça que les couleurs sont arrivées, en journée. D’abord rouge, qui est fort et a apporté sa couleur aux coquelicots et aux poissons rouges ; puis jaune (un brin de soleil peut-être ?), bleu (couleur dominante sur notre planète bleue), et noir (quand il a fait nuit noire). Chaque nouvelle couleur avait tendance à chasser l’ancienne, or ne pouvaient-elles pas aussi cohabiter ensemble, se compléter voire se mélanger les unes aux autres ? Si, si, en devenant amies, les voici qui créent de multiples autres couleurs, jusqu’à composer un bel arc-en-ciel.

La force et l’originalité de cet album résident dans son double parti pris narratif (transformer les couleurs en personnages ou acteurs, raconter l’art de la couleur) et graphique (les donner à voir avec des beaux et géants aplats de couleurs crayonnés), illustrant à merveille le voyage parmi les couleurs du bébé lecteur, et éveillant la créativité des jeunes enfants. A vos crayons et vos pinceaux, chers tout-petits, pour prolonger l’aventure… sur papier (blanc !?) !

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Une journée de bûcheron

Etes-vous prêts pour une virée en forêt ? Si oui, allons-y en bonne compagnie : avec l’un des maîtres de ces bois… alias le bûcheron ! Ce sont les éditions Kilowatt et l’auteur-illustrateur Arnaud Nebbache qui ont l’idée, brillante, de cette aventure en pleine nature, dans un magnifique album et premier documentaire à la fois :

Une journée de bûcheron

une journee de bucheron arnaud nebbache kilowatt

Aux couleurs orangées de l’automne, ce livre décrit, par le point de vue d’un grand connaisseur de la forêt, une journée de A à Z, du lever… au coucher. L’histoire, à l’image de la journée, est articulée en plusieurs phases, entre instantanéité, permanence et attention fine aux menus changements : le réveil, les exercices du matin (pour s’échauffer), la vie d’un arbre, l’écureuil en particulier, l’hivernation et l’hivernation tandis que l’automne progresse, les autres habitants de la forêt, comment se réchauffer, abattre un arbre, dormir dehors si nécessaire, faire du feu, le travail du bois ou la menuiserie, et le repos à la maison seul… ou avec des amis à quatre pattes.

La page de droite se présente toujours comme un imagier de la phase décrite ; tandis que la page de gauche se donne à lire par une grande et superbe illustration accompagnée d’un récit (ou est-ce l’inverse ?), celui de la vie du bûcheron, un homme âgé et expérimenté qui partage avec le tout-petit son savoir-faire, son expérience, sa connaissance du bois et de la forêt.

L’ouvrage offre aux bébés lecteurs une plongée magistrale et empathique dans la vie de la nature… là où la forêt est d’ordinaire matière à angoisses dans les contes pour enfants, ce premier documentaire amène les jeunes enfants à en comprendre la population, animaux et végétation, l’environnement et le facteur temps.

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Dans le ciel

Après Mes envolées, et si on partait plus avant à la découverte du ciel avec les tout-petits n’enfants ? Un fil continu de poésie, de grandes et magnifiques illustrations ainsi qu’un texte d’information qui pose tout un tas de questions et prend le temps d’y répondre brièvement et simplement : c’est le pari réussi du premier documentaire Dans le ciel, écrit par Aurélia Coulaty et illustré par un duo d’illustrateurs et designers réunis au sein de l’atelier Bingo, aux éditions Amaterra :

Les images, expressives, colorées, empruntant à l’abstraction pour mieux mettre en scène le ciel, occupent la majeure partie des doubles pages, et le texte figure en-dessous, telle une légende, à gauche le mot, à droite l’explication, invitant le bébé lecteur à lever les yeux pour mieux observer le ciel en général, alternant points de vue fondamental et original, soit, en particulier… : le soleil, la pluie, l’arc-en-ciel, les cerfs-volants, le vent, les grues, l’aurore boréale, les lanternes célestes, l’âme des gens, la brume, la trace de l’avion, les montgolfières, l’orage, les abeilles, les graines de pissenlit, l’aube, le crépuscule, les étoiles filantes, les pigeons voyageurs, les machines volantes, la tornade, les nuages, les chauves-souris, la lune, les flocons de neige, les lâchers de colombes, la fumée, les feuilles d’automne, les feux d’artifice, les papillons, la grêle et la Voie lactée.

On passe d’un sujet à l’autre sans transition ou presque, et ce livre peut être lu du début à la fin d’une traite, comme au gré des petites mains qui le feuilletteraient dans l’ordre qu’elles voudraient ; on s’intéresse au climat, aux saisons, au jour, à la nuit, à comment, qu’on soit homme ou animal, voler et traverser le ciel, à ce que les hommes projettent et mettent dans leur tête quand ils regardent et investissent à leur tour cet espace immense au-dessus de nous. En bref, il s’agit là d’une superbe et inédite encyclopédie visuelle du ciel, dont vous pouvez découvrir quelques extraits ici

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Les docu-peintures-sculptures

La BBthèque vous présente aujourd’hui une très belle démarche de premiers documentaires pour le très jeune public, à travers l’œuvre de Susumu Shingu, dont trois titres sont parus récemment en France aux éditions Gallimard jeunesse, célébrant la nature et le grand air :

Derrière ces trois titres en effet, un même artiste, né à Osaka au Japon, peintre et sculpteur, qui propose aux bébés lecteurs autant de voyages de grande qualité dans des petits pans de réalité :

La fraise

ou l’anatomie d’une fraise, si si, un livre qui retrace poétiquement et scientifiquement le cycle de vie de ce fruit. Il s’agit d’un récit, qui dit le temps qui passe, mais aussi qui se répète ; d’un récit mis en mots et en images, colorées, réalistes, en mouvements presque, avec quand c’est nécessaire des gros plans, autrement une mise en scène type paysage, pour expliquer la genèse des bébés fraises, de la graine au fruit qui apparaît puis mûrit, les changements des couleurs, l’émergence des odeurs, grâce aux actions du vent et du soleil. En un mot :

La fraise est un paysage infini.

Avec le soleil

L’astre solaire est également de la partie dans cet autre livre, il est tellement présent que c’est même lui qui occasionne l’histoire. L’histoire d’un personnage (bébé lecteur, mon double, mon miroir) qui part en promenade une journée, en bicyclette par un beau temps ensoleillé… Jeux d’ombres à chaque page, pour mettre en scène cette expédition entre amis en été, jusqu’à atteindre la forêt où le soleil n’écrase plus, mais « où scintille la lumière », le sombre progressant, jusqu’à la tombée de la nuit où l’imagination s’embrase et où l’on devient pressé de rentrer chez soi, sous un soleil couchant. Ici aussi, les couleurs sont au rendez-vous pour un récit qui réfléchit intrinsèquement la notion de lumière chez l’enfant.

Le voyage du vent

Last but not least : place à un autre voyage, celui du vent, avec un livre… pop-up (quand le livre devient sculpture et vice-versa), que le bébé lecteur, avec l’adulte, s’amuse à manipuler pour traduire les mouvements du vent. Le vent est le narrateur de ce premier documentaire, qui nous raconte sa journée, de l’éveil, au plus près de nous, à l’endormissement, dans la lumière de l’aurore boréale, toujours en mouvement. L’enfant découvre ainsi ce que le vent écoute : le bruissement des feuilles quand le livre se transforme en arbre abritant oiseaux, branches et feuillages ; ce qu’il entend : quand une vache le salue ; ce qu’il voit : des oiseaux migrateurs qui le voisinent (portés par lui ?) ; ce qu’il crée, formes dans le désert, avancées dans la mer par le pouvoir de son souffle sur un bateau, etc. Un livre-spectacle qui introduit auprès des plus jeunes la fondamentale notion de climat.