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Une histoire de pieds… en éventail

L’été se poursuit dans la BBthèque, qui fait honneur, une fois n’est pas coutume, aux pieds d’ici et d’ailleurs, avec un éloge du pied dans tous ses états :

Les pieds en éventail

de Sandra Le Guen & Marjorie Béal

aux éditions Les P’tits Bérets

Dans ce tout cartonné format carré aux couleurs vives de l’enfance et de l’été, seuls comptent les pieds pourvu qu’ils trouvent rimes à leurs pieds : les pieds nus de Léo qui pataugent dans l’eau, ceux de Charlotte qui ne jurent que par les bottes, ceux de Lisette qui préfèrent les grosses chaussettes, ceux de mamie jolis mais rabougris, ceux de la grande sœur qui se peint les ongles de toutes les couleurs, etc.

Et puis il y a les pieds du narrateur : qui sont-ils, que font-ils ? « Et mes petits pieds à moi… ça dépend des fois ! » Comme quoi… Sur les dernières double pages de cet album, les pieds de l’enfant sont ainsi entraînés dans toute une série d’actions : jouer, pédaler, dévaler, courir, marcher, danser, nager, sauter… Autant dire qu’ils en font des choses et dès le plus jeune âge, ces petits pieds ! Et même se reposer… les doigts en éventail.

Bref… la poésie… c’est le pied en été !? Une lecture-détente à partager avec les petits qui découvrent dès la petite enfance leur corps et celui d’autrui, ainsi que les activités physiques diverses et variées en développant leur motricité.

Psssst : (au moins) un escargot figure sur chaque double page, le bébé lecteur saura-t-il le retrouver ?

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Petit homme, petit lapin

Les éditions MeMo publient deux beaux livres de Malika Doray (c’est un peu tautologique), Le petit homme et la mer et Lapin mon lapin :

Le petit homme et la mer

Mon premier est un conte initiatique, empli de poésie, qui met en scène un petit homme (jeune ou vieux, M. Hemingway le titre du livre de Malika Doray ne le précise pas).

C’est l’histoire, donc, d’un petit homme, aux allures de lutin ; un petit homme doté d’une grande ambition, qui se lance dans une aventure à la mesure de son projet : il part sur la grande mer du Nord pour pêcher le plus gros poisson du monde.

Quand je l’aurai attrapé, dit le petit homme, je rentrerai et tout le monde m’admirera. Et à tous ceux qui ne m’admireront pas, j’offrirai une des écailles du plus gros poisson du monde. Comme ça ils m’aimeront.

C’est un petit homme qui se lance un défi pour obtenir une récompense, c’est un petit homme qui se cherche, et que va-t-il trouver pendant son expédition ? Une libellule… pour appâter le poisson… puis LE poisson, car voici que le plus gros poisson du monde mord à l’hameçon.

– Ouiiiii, jubile le petit homme, j’ai attrapé le plus gros poisson du monde !

– Oh, oh, se dit le gros poisson, on dirait que j’ai pris un tout petit homme.

Ah… en fait, ce n’est pas que l’histoire d’un petit homme. C’est aussi l’histoire d’un gros poisson, qui cultive son propre projet à l’égard de ce petit homme là… : « le mettre sous une cloche en verre avec un paille pour qu’il respire et on le regarder gigoter » aie aie aie ! Il soumet son idée à ses parents (plus petits que lui, hihi), qui heureusement, lui remettent les points sur les i :

Grand Dieu ! A ton âge ! Tu n’as pas honte d’embêter plus petit que toi ? Allez, ramène le vite chez lui.

Le trajet retour des deux compagnons est le moment de la résolution du conflit, où le petit homme console le gros poisson, et réciproquement, où le dialogue émerge et s’instaure, et où les deux êtres rient et deviennent amis, jusqu’à savoir comment faire don d’un peu de soi à l’autre, qu’on a croisé sur son chemin et appris à connaître. Les deux protagonistes sortent grandis et changés de cette épopée ; ils y ont trouvé l’amitié. Les illustrations, sobres en couleurs, s’amusent à jouer de ce qui se passe à la surface de l’eau et sous l’eau, par un jeu de bordures en formes de vagues, faisant se rencontrer ces deux mondes, l’espace d’un instant… magique… inscrit dans le temps.

Lapin mon lapin

Mon second est un discours fait livre : c’est une maman lapin qui parle à son bébé lapin tout en le berçant (le bébé lapin est lui-même petit, comme le petit homme, et il sortira grandi, comme le petit homme, de cette conversation avec sa maman)… « lapin mon lapin », lui dit-elle…

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand le soleil se couche, pour toi il est l’heure de dormir, même si d’autres animaux vivent la nuit ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle à l’occasion de déjeuner, « tu as deux mains et une cuillère », quand d’autres ont un bec ou une trompe… tu n’as donc aucune raison de mettre tout par terre ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire tout court, les poulpes ont huit bras, les mille pattes ont mille mains, mais maman lapin n’en a que deux et ne peut pas tout faire à la fois ; petit lapin a deux mains aussi et « il faut tout faire un par un : jouer, se promener… ».

Un joli album qui dit aux tout-petits les joies de l’autonomie… et le regard bienveillant du parent.

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Pssst : pour découvrir d’autres livres de Malika Doray dans la BBthèque, c’est par ici !

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Il était une fois les couleurs

Dans la BBthèque et parmi l’offre de livres pour tout-petits, on compte beaucoup de livres… tout petits. Et puis il y en a parfois des grands, dès TRÈS grands. C’est le cas de celui que je vous présente aujourd’hui, en termes de format, un album géant (34 x 29 cm), Il était une fois les couleurs, signé Marie-Agnès Gaudrat et Michèle Isvy Marchon aux éditions Les Arènes, avec un très beau papier épais comme un premier livre d’art :

C’est une fiction, et non un documentaire : l’histoire de l’apparition des couleurs.

Au tout début du début, tout était blanc.

La terre, le ciel, les fourmis, mêmes les éléphants. Tout BLANC !

Enfin presque, parce que sur le dessin, les contours des formes sont noirs, ainsi on peut voir la terre, le ciel, les fourmis et mêmes les éléphants… blancs. Et même que ça donne drôlement envie de les colorier, ces formes. C’est sans doute pour ça que les couleurs sont arrivées, en journée. D’abord rouge, qui est fort et a apporté sa couleur aux coquelicots et aux poissons rouges ; puis jaune (un brin de soleil peut-être ?), bleu (couleur dominante sur notre planète bleue), et noir (quand il a fait nuit noire). Chaque nouvelle couleur avait tendance à chasser l’ancienne, or ne pouvaient-elles pas aussi cohabiter ensemble, se compléter voire se mélanger les unes aux autres ? Si, si, en devenant amies, les voici qui créent de multiples autres couleurs, jusqu’à composer un bel arc-en-ciel.

La force et l’originalité de cet album résident dans son double parti pris narratif (transformer les couleurs en personnages ou acteurs, raconter l’art de la couleur) et graphique (les donner à voir avec des beaux et géants aplats de couleurs crayonnés), illustrant à merveille le voyage parmi les couleurs du bébé lecteur, et éveillant la créativité des jeunes enfants. A vos crayons et vos pinceaux, chers tout-petits, pour prolonger l’aventure… sur papier (blanc !?) !

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Une journée de bûcheron

Etes-vous prêts pour une virée en forêt ? Si oui, allons-y en bonne compagnie : avec l’un des maîtres de ces bois… alias le bûcheron ! Ce sont les éditions Kilowatt et l’auteur-illustrateur Arnaud Nebbache qui ont l’idée, brillante, de cette aventure en pleine nature, dans un magnifique album et premier documentaire à la fois :

Une journée de bûcheron

une journee de bucheron arnaud nebbache kilowatt

Aux couleurs orangées de l’automne, ce livre décrit, par le point de vue d’un grand connaisseur de la forêt, une journée de A à Z, du lever… au coucher. L’histoire, à l’image de la journée, est articulée en plusieurs phases, entre instantanéité, permanence et attention fine aux menus changements : le réveil, les exercices du matin (pour s’échauffer), la vie d’un arbre, l’écureuil en particulier, l’hivernation et l’hivernation tandis que l’automne progresse, les autres habitants de la forêt, comment se réchauffer, abattre un arbre, dormir dehors si nécessaire, faire du feu, le travail du bois ou la menuiserie, et le repos à la maison seul… ou avec des amis à quatre pattes.

La page de droite se présente toujours comme un imagier de la phase décrite ; tandis que la page de gauche se donne à lire par une grande et superbe illustration accompagnée d’un récit (ou est-ce l’inverse ?), celui de la vie du bûcheron, un homme âgé et expérimenté qui partage avec le tout-petit son savoir-faire, son expérience, sa connaissance du bois et de la forêt.

L’ouvrage offre aux bébés lecteurs une plongée magistrale et empathique dans la vie de la nature… là où la forêt est d’ordinaire matière à angoisses dans les contes pour enfants, ce premier documentaire amène les jeunes enfants à en comprendre la population, animaux et végétation, l’environnement et le facteur temps.

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Jour de marché

Aujourd’hui, c’est jour de marché ! Ou pas… mais avec le livre du jour dans la BBthèque c’est tout comme :

Au marché

de Noëlle Smit

aux éditions Sarbacane

Par jour de beau temps, c’est l’été ou le printemps, main dans la main, une petite fille et sa maman (ainsi que le petit chien) partent faire leurs emplettes au marché, chacune avec leur panier. L’album se limite, en termes de texte, au seul titre, programmatique. Tout le reste est muet, succession de tableaux d’un marché en plein air…

Le voyage commence par une vue extérieure et surplombante : la mère et la fille, venues à bicyclette, ont garé leurs vélos à proximité des camions, et avancent en direction de la zone des stands, arborée. Le parcours se poursuit de scènes en scènes : pour chaque marchand auprès duquel les deux clientes flânent ou achètent, l’auteur-illustrateur ainsi que le bébé lecteur s’arrêtent et se nourrissent itou également…. des produits et de l’ambiance.

Une mine d’or pour observer… les étals du poissonnier, du boucher-charcutier, du maraîcher, du fromager, de condiments variés ou encore du boulanger, du bouquiniste, du fleuriste, des vendeurs de tissus, de chapeaux ou encore de glaces, sans oublier le bric-à-brac ! Chaque illustration fourmille de mille et un détails, selon qu’on s’attache aux passants, aux marchands, aux produits, aux actions et points de vue de la fille ou de la mère voire des animaux, chiens, chats, oiseaux… Jusqu’à ce que, hop ! les paniers soient remplis ! Les donzelles peuvent alors repartir… avec une perspective délicieuse de repas en plein air avec tous ces produits frais !

Un très beau premier documentaire sur le marché, qui met en lumière la diversité de ses produits frais, ses acteurs, producteurs, vendeurs, consommateurs, son ancrage profond et essentiel dans la société : quelle animation au marché, et quel bonheur de bien s’alimenter ! Une virée hautement conseillée.

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Pop-up ensoleillé

C’est l’été, disions-nous… C’est l’été, et on peut se le dire, se le lire, se l’écrire, se l’écrier… en 3D ! Car David A. Carter chez Gallimard jeunesse relève le défi du pop-up ensoleillé :

Dans ce premier documentaire aux couleurs de l’été, le bébé lecteur est guidé pas à pas dans la découverte de cette saison chaude, où les journées sont longues, les arbres fruités, les animaux de sortie et le potager fourni… l’orage peut pointer le bout de son nez, tandis que mille fleurs attirent les butineurs de tout bord ; c’est l’appel de la sieste et du plongeon dans l’eau… mais l’été passe si vite… ne serait-ce pas déjà l’automne qui lui succède déjà ?

Les pop-up, au top, permettent de faire un focus sur les plantes comme les bêtes, avec une dimension à la fois ludique et théâtrale qui contribue à éveiller l’intérêt des jeunes lecteurs… Une lecture idéale pour la saison estivale.

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Voilà l’été !

Oui oui oui ça y est l’été nouveau est arrivé ! Et dans la BBthèque on va fêter cet événement de calendrier avec un magnifique tout cartonné… intitulé Voilà l’été ! Il est signé Pauline Kalioujny au Seuil jeunesse, et c’est un livre qui s’adresse aux petits bébés… tant par les mots et images que par les volumes : ici, l’approche tactile est privilégiée.

voila l ete pauline kalioujny

Dans ce premier documentaire à la fois moderne et intemporel, une histoire : celle d’une petite fille qui vit pleinement le passage à la saison estivale, de même qu’un certains nombre d’animaux, échos des premières expériences de cette jeune vacancière : c’est le moment de… se protéger du soleil, se jeter à l’eau, faire la planche, etc.

A chaque double page, le bébé lecteur découvre les couleurs et sensations estivales avec ses yeux observateurs, ses oreilles (buvant les mots lus à haute voix par l’adulte lecteur) et ses petits doigts explorateurs : sur les deux premières pages, il est invité à toucher, comme le parent en train de l’ajuster, le chapeau, en relief, de l’enfant arborant déjà ses lunettes de soleil, de même que le crabe s’abrite derrière un rocher également à tâter ; pour jouer dans l’eau, l’enfant prend sa bouée (3D) tandis que les dauphins (3D) s’amusent tout autant sur la p(l)age d’à côté ; quand la fillette flotte, comme l’oiseau, le bébé lecteur peut sentir du bout des doigts toutes les parties de leurs corps qui restent à la surface de l’eau, c’est beau et rigolo ; inversement, quand elle plonge la tête sous l’eau pour observer la vie sous-marine (tant et tant de poissons), il y a tout à voir mais rien à toucher ! la chasse à l’ombre se poursuit ensuite, par un jeu de rabats : le lézard lézarde, l’enfant… aussi ; derniers jeux de plein air, puis quête, comme les petites bêtes butineuses, d’un goûter 100% nature, fruits et baies de saison, avant de s’endormir, au frais dans la maison, à l’instar du chat, dans des draps palpables tant ils semblent confortables, et rêver… rêver de devenir une sirène, peut-être, souriante et heureuse femme-poisson, qui nage nage nage comme les poissons qui prennent forme quand on pose le doigt sur leurs écailles.

Une belle journée du matin à la nuit tombée, dans la vague de l’été ! Demain… jeux de sable ?

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