0

Haïkus d’automne

L’automne est arrivé… La collection « Bon pour les bébés », au Seuil jeunesse, a la bonne idée d’accompagner ce changement de saison avec une forme très adaptée de poésie pour les bébés : des haïkus, dits en l’occurrence d’automne ! Voici donc le nouveau venu de cette collection dont tous les titres sont écrits et illustrés par Thierry Dedieu :

Poèmes pour bébés : 

Haïkus d’automne

Vous souvenez-vous des principes de cette collection ? Des livres tout cartonné en très grand format, des illustrations en noir et blanc & une attention portée à la qualité des mots et des contenus. Dedieu cette fois-ci emmène les tout-petits en voyage vers le pays du soleil levant, ou du moins vers l’esprit, présent et évanescent, de sa poésie. L’arrivée d’une nouvelle saison, automnale, est ainsi décrite sous la forme de brefs poèmes imagés d’inspiration japonaise, les haïkus.

Chaque double page décrit l’arrivée puis la progression de l’automne au travers d’un poème :

Début d’automne – Elles font leur valise – Les grandes grues grises

Face à la bise – Toutes plumes mêlées – Les oiseaux se rassemblent

Les feuilles tombent – Mais si on leur demande – Elles disent : « Nous volons ! »

L’attention portée au détail se rejoue dans les illustrations noir et blanc : des animaux et des végétaux en mouvements, réagissant au refroidissement et au vent, les évolutions liées à la nouvelle saison. Jusqu’à exprimer les couleurs de l’automne :

Le rouge monte aux arbres – Un champignon, puis deux… dix – L’automne.

Vous pouvez découvrir des extraits de ce premier livre de poésie par ici ; pour connaître les autres titres de la collection Bon pour les bébés, la BBthèque vous donne rendez-vous par là ; et enfin vous trouverez à ce lien une sélection de livres de haïkus pour les tout-petits !

0

Comptines & poésies d’été et au-delà

Le mois d’août touche à sa fin… bientôt la rentrée des enfants et des grands, que la BBthèque vous propose d’aborder en chanson et poésie pour donner un autre rythme, une autre dimension, au quotidien.


Petit escargot - Dedieu - Bon pour les bébés

Il pleut, il pleut, il mouille… c’est la fête à la grenouille ?! Ah oui mais… non : là c’est de l’escargot qu’on parle, celui qu’on voit partout après un jour de pluie !

Thierry Dedieu nous propose, au Seuil dans la collection Bon pour les bébés, sa version géante et noir & blanc de la comptine Petit Escargot, un classique revisité avec humour pour les tout-petits et les plus grands.

Vous retrouverez ici les chroniques des autres livres de cette collection au top de livres pour les 0-3 ans.


De la comptine aux poésies, il n’y a qu’un pas… vite franchi quand la poésie se met à la hauteur des tout-petits ! C’est le pari des éditions Rue du Monde qui éditent un coffret de poèmes où la poésie se lit, se dit, mais se dessine aussi, se suspend, s’expose et se partage ! Une matière riche à manipuler à loisir : découvrir, jouer, redécouvrir, toucher, changer, échanger, créer…

Au total, 15 poèmes (de Prévert, Apollinaire, Desnos…) avec des illustrations originales (de Judith Gueyfier, Fred Sochard…) : chaque poème fait l’objet d’une planche isolable, que les jeunes lecteurs peuvent accrocher à l’endroit de leur choix en utilisant s’ils le souhaitent les mini pinces à linge en bois fournies ainsi que le morceau de ficelle joint. 15 poèmes ? En fait non : ce coffret à poèmes ouvre la voie à de nouvelles écritures, invitant à leur tour les jeunes enfants à inventer, à créer, via leurs mots d’enfants et leurs dessins de bambins, de nouvelles poésies…

 

 

0

Chien, chat & fables d’enfants

Il y a les fables de La Fontaine qui mettent en scène des animaux, et il y a la faculté universelle des enfants, dès le plus jeune âge, à fabuler sur tout et n’importe quoi, à commencer par les animaux qui accompagnent leur quotidien : chats et chiens. La chronique du jour dans la BBthèque réunit deux livres qui font la part belle à l’imagination hors norme des petits marmots sur ces compagnons bestiaux :

Kiki en promenade

Kiki en promenade est un ovni d’une esthétique rare, avec des illustrations à base de papiers découpés. Kiki c’est un chien, que son maître, Julien, emmène en promenade. Le maître devant, le chien derrière, tenu en laisse. Mais ce que le maître ne sait pas, ce que le maître ne voit pas, c’est que tout du long de cette promenade qui semble de prime abord (et peut-être est-ce le cas au final) inscrite et figée dans le le train-train quotidien, Kiki le chien, un poil abattu, vit milles et une aventures improbables auxquelles il survit, grâce à une chaîne incroyable de métamorphoses-événements. Kiki est attrapé par un aigle… si bien que Julien promène désormais un aigle ; lui-même attaqué par un tigre, si bien que Julien promène à présent un tigre ; lui-même transfiguré en chauve-souris quand les pas des promeneurs les mènent en un recoin sombre ; elle-même convoitée par un renard, que promène à son tour un Julien qui ne se doute toujours de rien ; lui-même transformé en pieuvre quand les promeneurs mettent les pieds à l’eau ; etc. jusqu’à ce que la forme originelle de Kiki, le chien, ne s’intéresse à ce qui n’est pas lui et reprenne ainsi sa place à lui, derrière son maître : ça tombe bien, la promenade est finie !

L’ordinaire se trouve ainsi enrichi d’une dimension extraordinaire, qui se déploie grâce au processus d’accumulation, aux effets de surprise générés, et au suspens de cette partie de cache-cache à rebondissements qui se joue entre l’animal en laisse et le bébé lecteur d’une part, le maître d’autre part. Un album comique qui illustre à merveille les ressorts de l’imagination.

Marcel super chat

Voici la version féline des affabulations enfantines, où la parole de l’enfant construit littéralement un mythe autour de son chat… devenu Super Chat.

– Dis, ça te dirait de venir chez moi ? Je te présenterai Marcel, mon chat.

– Un chat ? Bof ! … J’en ai déjà un chez moi.

– Oui, mais… sûrement pas comme Marcel ! Lui est EX-CEP-TION-NEL !

La conversation entre deux enfants se focalise ainsi sur le chat du narrateur, qui d’après ce dernier n’est rien de moins qu’un super héros à griffes et moustaches. Et l’enfant de le prouver en narrant tous les exploits, ordinaires et extraordinaires, comme guider une personne âgée, être un as en mécanique, décoller comme une fusée, et puis au final rien de moins que sauver toute l’humanité. Bon et après toutes ces activités, le super chat, il rentre chez lui. Manger sa pâtée. Comme si de rien n’était. Et c’est sans nul doute bien mérité.

Le discours monte, monte, monte, tandis que l’enfant s’emballe dans la fable qu’il monte de toute pièce et qui prend vie avec les illustrations, noir et orange, à la fois sobres, inventives et délicieusement humoristiques. L’orateur met tant de conviction dans son propos que son ami le croit, tandis que les lecteurs sont surpris et sourient : après tout, c’est vrai qu’on ne sait pas grand chose de la journée d’un chat. Qui sait…

Un bon gros mensonge poétique excellent, comme pourraient s’y adonner en toute bonhomie et enthousiasme bon nombre de jeunes enfants.

0

Une histoire de pieds… en éventail

L’été se poursuit dans la BBthèque, qui fait honneur, une fois n’est pas coutume, aux pieds d’ici et d’ailleurs, avec un éloge du pied dans tous ses états :

Les pieds en éventail

de Sandra Le Guen & Marjorie Béal

aux éditions Les P’tits Bérets

Dans ce tout cartonné format carré aux couleurs vives de l’enfance et de l’été, seuls comptent les pieds pourvu qu’ils trouvent rimes à leurs pieds : les pieds nus de Léo qui pataugent dans l’eau, ceux de Charlotte qui ne jurent que par les bottes, ceux de Lisette qui préfèrent les grosses chaussettes, ceux de mamie jolis mais rabougris, ceux de la grande sœur qui se peint les ongles de toutes les couleurs, etc.

Et puis il y a les pieds du narrateur : qui sont-ils, que font-ils ? « Et mes petits pieds à moi… ça dépend des fois ! » Comme quoi… Sur les dernières double pages de cet album, les pieds de l’enfant sont ainsi entraînés dans toute une série d’actions : jouer, pédaler, dévaler, courir, marcher, danser, nager, sauter… Autant dire qu’ils en font des choses et dès le plus jeune âge, ces petits pieds ! Et même se reposer… les doigts en éventail.

Bref… la poésie… c’est le pied en été !? Une lecture-détente à partager avec les petits qui découvrent dès la petite enfance leur corps et celui d’autrui, ainsi que les activités physiques diverses et variées en développant leur motricité.

Psssst : (au moins) un escargot figure sur chaque double page, le bébé lecteur saura-t-il le retrouver ?

0

Nature & temps

Pour finir l’année en beauté, quelques livres qui disent et montrent le temps qui passe aux bébés :

Une année avec l’ours José

de Pittau & Gervais

Une couverture hivernale, pour un album pop-up & calendrier perpétuel tout à la fois, qui présente, de double page en double page, chaque mois de l’année dans la vie… d’un ours, l’ours José, en douze tableaux. La couverture du livre est en format portrait, tandis que l’ouvrage se lit en format paysage, avec, pour chaque mois, une scène qui se déploie en volume, accompagnée d’un court texte résumant la quintessence du mois. On démarre en janvier, où l’ours, tapi dans sa grotte, sort de l’hibernation, malgré la neige qui tombe dehors, encore, sur les grands sapins :

En janvier de cette année-là, l’ours José s’est réveillé beaucoup trop tôt. A cause d’un très grand froid. Il n’arrive plus à se rendormir. Alors il se lève et va faire une promenade.

Les mois défilent : février est rude et blanc ; mars fond comme neige au printemps, c’est la saison des amours ; avril, les cerisiers sont en fleurs et la famille s’agrandit car l’ourse Josie a deux oursons adoptés par l’ours José ; mai, poissons et pêche ; gare aux orages en juin, et à la chaleur en juillet, où il fait bon se rafraîchir au bord d’une rivière, et soleil de plomb en août ! En septembre, orgie de pommes ; en octobre arrive le mauvais temps et l’automne, sifflant soufflant, en novembre il fait froid, il est temps de chercher un abri pour passer l’hiver… endormi… au chaud !

En décembre, la neige est tombée. José a trouvé une belle grotte pour Josie et lui, et un e plus petite, juste à côté, pour les oursons. Ils se sont tous endormis. Bien au chaud. Cette fois, le froid ne réveillera pas José. Bonne nuit !…

Et bonne année ! Les mois se répéteront sans se ressembler tout à fait…

Les saisons : mon imagier animé

illustré par Véronique Joffre

Dans ce premier documentaire tout cartonné, les saisons sont abordées de manière ludique, avec des volets à soulever pour découvrir plus avant les fondamentaux de chaque saison, ainsi que des roues à tourner, comme la roue du temps, les quatre saisons faisant une année… et une année passée appelant une nouvelle année 😉 Avec comme fil rouge l’image d’un pommier évoluant de saison en saison. Un livre à présenter en complément du superbe Arbre d’Amandine Laprun BBthèqué ici ! En parlant d’arbre…

C’est quoi un arbre ?

par Emma Robert et Mathilde Joly

Lumière sur un premier documentaire, une première histoire, un très beau poème… sur ce qu’est un arbre, d’ici ou ailleurs, évoluant au fil du temps : sa naissance, sa croissance, son évolution, verticale, horizontale, diagonale, vers le ciel et sous la terre ; ses matières, ses odeurs, ses couleurs, sa musique, son goût ; ses habitants, à bec, à poils, etc. ; ses passants, les couples naissants gravant dans le temps leur amour éternelle à même l’écorce…

Un arbre, c’est une forêt quand il y en a beaucoup.
C’est une sculpture quand il est seul.
Mais parfois aussi, un arbre c’est un livre.
Alors écoute, ou lis attentivement l’histoire qu’il te raconte.