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Doux rêves, doux rêveurs…

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une véritable anthologie poétique des rêveurs pour les tout-petits… et pour toute la vie : un très très beau livre, signé Isabelle Simler aux Editions courtes et longues, dont voici déjà la très très belle couverture…

C’est un ouvrage grand format (28 x 25 cm) de 80 pages s-il-vous-plaît… et qui sent bon le papier. C’est un album qui explore et apprivoise le monde de la nuit pour les tout-petits : il dit, à travers le dessin, le noir mais aussi et surtout toutes les lumières qui l’habitent. C’est une histoire qui restitue la vie, de manière sensible et sensitive, aux tout-petits, la nature dont ils font biologiquement partie.

Isabelle Simler livre ainsi, de double-pages en double-pages, des portraits d’animaux endormis en gros plan, dans leurs environnements, avec des traits si fins, si précis, qu’on en perçoit le moindre détail, qu’on aimerait les toucher. Les mots ne sont pas en reste pour décrire ces temps de sommeil et de rêves si essentiels à l’éveil… Quelques extraits deci-delà, de beaux poèmes qui accompagnent chaque portrait de dormeur :

le paresseux rêve en hamac

la baleine à bosse rêve à la verticale

le rouge-gorge rêve en pelote

la chauve-souris rêve à l’envers

le hérisson rêve à l’abri

l’hirondelle rêve à tire d’aile […]

l’enfant rêve sous la lune

Ce livre magnifique, qui capte le regard et retient l’attention des lecteurs de tout âge à la minute où on s’en saisit, a bénéficié de l’aide à la création littéraire jeunesse du Conseil départemental du Val-de-Marne et est offert comme cadeau de naissance à tous les enfants nés dans ce département en 2018… Vous trouverez d’ailleurs quelques éléments complémentaires et éclairants dans cette vidéo, où Isabelle Simler, l’auteur et illustrateur/trice de Doux rêveurs, explique sa démarche :

Bon voyage dans les contrées du rêve, à la frontière du réel et de l’imaginaire !

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Ouste le loup

Lumière sur un tout-cartonné qui aborde la question de la peur du noir en évoquant la technique du papier découpé… découpant l’espace pour mieux rappeler les mille et unes couleurs du jour à l’heure où tombe la nuit. J’ai nommé :

Les yeux du loup

de Javier Sobrino et Lucie Müllerová
aux éditions L’atelier du poisson soluble

Cet album, petit format carré, est un tout-cartonné qui représente des papiers découpés pour illustrer l’histoire narrée. L’histoire d’un enfant, Arián, qui s’adresse au bébé lecteur à la première personne pour lui exposer son problème :

Je m’appelle Arián.

Et quand on me couche, j’ai peur de m’endormir seul.

Etre plongé dans le noir ne me plaît pas du tout…

… car j’ai l’impression que le loup va venir et me manger.

Des images de bêtes menaçantes peuplent alors les pages du livre et l’imagination du petit Arián, qui sait très bien comment riposter et, généreux, livre au bébé lecteur la solution qu’il a trouvée pour surmonter sa peur du noir :

  • allumer la lampe de chevet
  • jouer, mentalement ou physiquement, avec ses jouets… beaucoup de peluches, douces, inoffensives, représentant pourtant dans la vraie vie des animaux dangereux : ours, tigre…
  • avec les parents, un moment câlin et une histoire du soir regorgeant de personnages auxquels s’identifier

Bien entouré de ses êtres de vérité et de fiction, trouver le sommeil, apaisé.

Mention spéciale aux illustrations, signées de l’artiste tchèque Lucie Müllerová, qui s’inspire, donc, du procédé de papier découpé, sur fonds de couleurs vives à mesure que l’enfant surmonte sa peur du noir (place au jaune, au bleu, à l’orange, au rouge, au violet !) ce qui donne une très belle ampleur graphique et esthétique à cet album, ode à la lumière et aux spectres de couleurs sublimant littéralement le noir et la peur que cette (non)couleur peut provoquer.

Vous pouvez feuilleter quelques extraits en ligne ici pour vous faire une idée…

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De quoi rêves-tu dans le noir ?

C’est l’hiver, la nuit tombe tellement tôt… c’est le moment ou jamais de se plonger dans un réjouissant livre phosphorescent pour faire briller les yeux des jeunes enfants :

De quoi rêves-tu ?, écrit et illustré par Hector Dexet aux éditions Amaterra, est un album qui joue définitivement la carte du passage du jour à la nuit, histoire idoine du soir dans la mesure où il met en scène des rêves… des rêves d’animaux d’abord (tes doudous, bébé lecteur…) et puis ceux du bébé lecteur lui-même (si ce n’est lui, c’est donc son frère)… représenté sous sa couette, endormi, en train de rêver, apaisé, lui aussi.

Explication : chaque double page représente, en pleine lumière, de jour donc, un petit être, et interroge ce qui se passe dans sa tête, une fois la nuit tombée quand il se trouve, de fait, plongé dans le noir le plus complet… La forme et le fond se marient ici à merveille pour offrir un très chouette spectacle aux enfants : grâce à la physique, la lecture devient magique… ! Car en plus de l’illustration et du texte classiques, chaque double page est doublée d’une illustration et d’un texte phosphorescents ; après le temps de lecture éclairé (sur un fauteuil placé à côté d’une lampe qui l’éclaire par au-dessus, c’est parfait…), on éteint la lumière et l’histoire phosphorescente prend le relais, donnant corps aux rêves les plus fous des différents personnages !

On peut lire tout le livre suivant cette technique, suscitant plaisir et émerveillement chez le jeune enfant : j’allume puis j’éteins, j’éteins puis j’allume, selon si j’allume ou si j’éteins, je ne vois ni ne lis la même histoire… Ce sont deux faces cachées qui se complètent, et puis c’est aussi un moyen intéressant, drôle et ludique, de surmonter et la peur du noir, et l’angoisse de la mise au lit, quand elles surgissent chez le tout-petit : notre sommeil aussi est rempli de vie…