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Bestiaires : des bêtes pas bêtes

La BBthèque vous invite à lire, sur la Marmot*thèque, la chronique de drôles de bestiaires où les bêtes sont très très loin d’être bêtes :

RDV sur https://marmottheque.wordpress.com/2020/11/29/la-collection-marjolaine-leray-qui-cache-qui-didier-levy-elis-wilk/ pour en savoir + sur ces deux albums.

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Nouveaux livres à gogo #4 : cache-cache !

Depuis le 11 mai, top départ du déconfinement progressif, la BBthèque met en lumière des albums récents que vous pourrez vous procurer dans vos librairies indépendantes préférées si elles ont redémarré leur activité. La BBthèque continue pour ce faire de vous inviter à vous enquérir auprès de votre libraire de proximité de ses modalités d’ouverture et/ou de réservations-retraits de documents.

Aujourd’hui, la BBthèque vous propose des parties de cache-cache avec deux albums facétieux :

Minimichel

de Pauline de Tarragon

aux éditions L’Etagère du bas

minimichel pauline de tarragon

Mon premier est un tout petit renard, le plus jeune de sa fratrie, si petit si petit, qu’on a vite fait de l’égarer. Aie aie aie… Alors toute la famille se met à le chercher à tous les endroits possibles et imaginables. Le tout jeune lecteur aussi cherche Minimichel, et parfois même il le trouve avant les autres !

L’album, ludique, a un charme fou, avec son recours au papier découpé et aux dessins, ses scènes d’ensemble et de détails… avant de retrouver enfin, ouf, le jeune disparu, le nez dans un gâteau !

Roberto & Gélatine : cache-cache

de Germano Zullo et Albertine

aux éditions La Joie de lire 

Roberto Gélatine cache cache Germano Zullo Albertine

Mon second est l’histoire d’un duo : une petite fille espiègle s’il en faut, du petit nom rigolo de Gélatine ; et son très grand frère Roberto, que la gamine appelle ‘Obê’to. Au début du livre, Roberto est tout à la lecture de son propre livre. A la fin, c’est l’inverse ! C’est Gélatine qui s’est emparée du livre.

Entre les deux ? Une partie de cache-cache, pardi ! Gélatine demande à son frère de la chercher… mais maligne comme elle est, le fait quelque peu tourner en rond… car elle change de cachette au fur et à mesure qu’il la cherche ! Jusqu’à grimper sur son dos là où il ne peut la voir et s’emparer de son roman et lui déclarer, enfin : « Mais j’étais là ‘Obê’to, dans le livre… Tout simplement ! ».

On refait une partie ?

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Roulé – caché !

Lumière sur deux tout-cartonnés, publiés à l’attention des bébés en 2019 aux éditions l’Ecole des loisirs, qui ont pour point commun de raconter et mettre en scène le jeu premier… soit les jeux fondamentaux auxquels on joue dès la petite enfance et qui peuvent faire l’objet de mille et une variantes :

  • jouer à la balle : c’est l’objet de Roule ma boule, de Grégoire Solotareff
  • jouer à cache-cache : comme La mouette et le goéland, de Jeanne Boyer

Roule

ma boule

Sur la page de droite de la première double plage, la première phrase de cet album annonce la couleur : « C’est l’histoire de ma boule ». La deuxième phrase ouvre le récit : « Je l’avais laissée tout en haut de l’escalier » ; sur la page de gauche, le bébé lecteur voit « ma balle » (rouge) en haut d’un escalier (rose) de trois marches. Quand soudain arrive le facteur déclencheur. Un chat. Dont la patte joueuse passait par là. Résultat : la balle roula jusqu’en bas (de l’escalier rose qui désormais compte beaucoup beaucoup beaucoup plus de marches). Ce n’est pas le tout : l’histoire de ma boule continue, avec une porte lumineuse, donnant cependant sur un espace plongé dans le noir. Nouveau facteur déclencheur : une main s’empare de l’objet roulant… qui est à présent lancé, si loin qu’il a bien le temps de voir du pays et nous faire voyager avant de revenir… devinez, en haut d’un escalier. 3, 2, 1 c’est potentiellement reparti pour une nouvelle histoire !

Qui l’eût cru ? L’histoire de ma boule, signée Grégoire Solotareff, est une aventure à part entière, un périple parsemé de surprises, un voyage qui nous emmène loin et près à la fois ! Ce récit fondamentalement ludique et dynamique, à hauteur des tout-petits, est servi par des illustrations épurées et colorées, permettant aux très jeunes lecteurs d’identifier aisément les formes et le mouvement, tout en s’identifiant à cet objet devenu personnage principal de l’histoire : ma boule.

La mouette et le goéland

la mouette et le goéland jeanne boyer

En complément, voici deux oiseaux habitués de la plage : la mouette et le goéland, qui se donnent rendez-vous les pattes dans le sable et conviennent de se livrer à une partie de cache-cache. Coucou-caché, c’est le goéland qui compte et la mouette qui part se cacher. Passé le chiffre 20, le goéland démarre sa quête – et le bébé lecteur avec lui. Où est cachée la mouette ? Derrière les rochers ? Que nenni derrière les rochers c’est un crabe qui est caché ! Dans le château de sable ? Mais non ce sont les étoiles de mer qui nous saluent bien bas dans ce sable-là ! Sous la serviette ? Ne confondons pas tout et laissons à la tortue son abri pour son moment de calme et répit. Derrière le parasol ? Encore moins… vous allez rire, c’est un phoque qui se trouve là, les yeux rivés sur son smartphone… ! La mouette se serait-elle envolée ? Et pourquoi pas ? C’est en levant les yeux au ciel que le goéland finit par trouver au-dessus ce qu’il cherchait.

Cet album, écrit et illustré par Jeanne Boyer, raconte avec humour une partie de cache-cache en bord de mer ; l’occasion de passer en revue le bestiaire marin mais aussi les poncifs de la plage, dans la bonne humeur, tout en faisant la part belle à l’amitié : se chercher pour mieux se trouver ; dans une partie de coucou-caché, il est essentiel, en effet, de se retrouver ; et profiter alors à nouveau, comme la mouette et le goéland, d’un agréable moment… ensemble.

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Les légumes en culottes

C’est l’été toujours, la saison idéale pour s’en tenir aux petites tenues et, pour les plus grands des bébés, se séparer des couches… Non !? Eh bien Jared Chapman a eu une idée désopilante à ce sujet : mettre en scène des légumes en culottes* ! De mémoire de BBthèque, aucun auteur-illustrateur n’avait pensé à habiller et à déshabiller un brocolis, ni à mettre en scène des légumes culottés ainsi !

Les légumes en culottes

de Jared Chapman

aux éditions Hélium

Légumes au pluriel, culottes aussi. Culotte rouge pour le narrateur, le brocolis : « JE porte des culottes ! ». Bleue canard pour sa comparse l’aubergine : « Tu portes des culottes », etc. « On porte TOUS des culottes ! ».

Tout est passé en revue : les types de sous-vêtements (caleçons, slips, boxers…), les tailles (en fonction du taux de recouvrement du légume qui le porte), leur état (propre/sale), leur âge (neuf/vieux), leurs motifs voire leur standing (culottes sérieuses vs culottes rigolotes), leur genre (fille / garçon) ! A chaque individu mais aussi à chaque jour sa culotte… Et ce qui est aussi bien rigolo, c’est que la culotte, on sait qu’on l’a, et dans le même temps, les autres souvent ne la voient pas sous nos vêtements : elle est cachée ! Et pssst, notez bien, les couches ressemblent à des culottes… mais n’en sont pas… NA !

A destination des bébés encore en couches notamment, ce livre constitue à la fois un argumentaire pro-culottes et un véritable mode d’emploi du port de culotte… à mourir de rire, en plus des belles qualités ludiques et pédagogiques de cet album excellemment original — il est question des jours de la semaine, des contraires, de l’individu et de la collectivité, de l’hygiène, de l’intimité mais aussi de s’habiller en société, etc. le tout avec un beau défilé de légumes très souriants (qui présente au passage l’avantage de rendre les légumes sympathiques itou également aux tout-petits) !

Vous ne me croyez pas ? La preuve en vidéo ! Vive les légumes et vive les culottes…

*vegetables in underwear en VO

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Au-delà des bestiaires

Place aux animaux dans la BBthèque ce jour, à travers deux splendides livres qui empruntent chacun au bestiaire tout en emmenant ce genre classique pour le tout jeune public vers d’autres genres favorisant itou également, et plus encore quand ils sont combinés avec le premier, l’éveil des tout-petits, et leur promettant un voyage vers un ailleurs, imaginaire et/ou réel : le livre d’art d’une part, le récit d’autre part.

L’art des tout-petits : animaux

Mon premier est le nouveau titre de la collection mettant l’art à portée des tout-petits aux éditions Palette qui (se) consacrent (à) l’éveil artistique. L’ours Pompon en vedette, il convie les jeunes enfants à retrouver les animaux dont ils sont familiers dans des œuvres d’art (peintures, sculptures) d’époques et de styles différents.

Le chat est ainsi dépeint par Suzanne Valadon (Bouquet et chat, 1919), le chien par Franz Marc (Chien couché dans la neige, 1910-1911), le cheval par Xu Beihong (Cheval galopant, 1937), l’on retrouve sur des fresques antiques les dauphins (Fresque des dauphins, 1550-1450 avant J-C) et le lion (Lion de la porte d’Ishtar à Babylone vers 575 avant J-C), et bien d’autres représentations d’animaux à travers une mini histoire thématique de l’art, pensée comme internationale.

Chaque reproduction de chef d’œuvre est accompagnée, comme dans le titre précédent de la collection, par une question semi-ouverte à choix fermé, pour amorcer un dialogue entre les lecteurs et les images, et s’en donner à cœur joie dans le grand jeu de l’observation et de l’interprétation. Le papier, épais, et la couverture, douce et rembourrée, contribuent au plaisir de ce voyage muséal par l’entremise de l’objet livre, dès le plus jeune âge.

Oui, qu’on soit tout-petit (lecteur) ou très-grand (artiste), on connaît tous les animaux, qui nous étonnent, nous intriguent voire nous fascinent.

Quelques extraits ici !

Jusqu’en haut 

Mon second est un livre dont l’arbre est la structure, et ses habitants ses héros. Il est signé Emilie Vast aux éditions MeMo.

Le récit met en scène une ascension au sommet de l’arbre des différents animaux le fréquentant ; une ascension qui constitue également une remontée à la source (le pourquoi du comment) de l’incident qui constitue le point de départ de l’histoire, au tout début du livre.

Mais rentrons plutôt dans le vif du sujet : nous sommes dans une forêt tropicale, et plus précisément au sein de la forêt amazonienne, poumon vert de la planète dans la mesure où elle produit 20% de l’oxygène de la Terre ! Elle abrite végétaux, minéraux, animaux… réunis dans un écosystème extrêmement riche mais menacé par l’exploitation humaine. Emilie Vast met ici en scène ces animaux que nous, adultes, connaissons mal et peu, et les donne ainsi à voir à tous les jeunes lecteurs… sous la forme d’une enquête presque policière !

Au départ, il y a Coati, qui, au sol, cherche à se sustenter avec de fruits. Quand PAF Ocelot lui tombe dessus ! Coati, gêné par la chute, demande à Ocelot pourquoi il lui est tombé ainsi sur le dos. Ocelot répond en relatant l’incident précédent dont lui-même a été victime l’instant d’avant : Ibis l’ayant piqué, il était tombé ; les deux animaux montent rejoindre Ibis pour lui demander la raison de son coup de bec. Ibis incrimine Tamandua et son coup de queue, et voilà les trois animaux en train de monter d’un cran pour interroger Tamandua. De branche en branche, d’animaux en animaux, se reconstitue la réaction en chaîne qui a conduit à la chute d’Ocelot sur Coati : un petit rhume dans la forêt humide, pour le petit Singe-Ecureuil… qui n’aurait, suppose l’auteur, pas bien appliqué les leçons de sa maman Singe-Ecureuil lui recommandant chaudement de bien enrouler sa queue autour de son cou… pour ne pas attraper froid…

Les illustrations, fines, modernes, opposant un arbre noir à des animaux de couleurs, montrent tant des points de détails (animaux, végétaux) que des vues d’ensemble, par un jeu d’alternance qui n’oublie pas d’inviter ses protagonistes principaux, les animaux, à jouer à cache-cache entre eux et avec le jeune lecteur : on les aperçoit, on les devine presque tous, et ce presque dès le début, mais ce n’est qu’au fur et à mesure du récit qu’on les découvre véritablement, et qu’on reconstitue l’histoire.

A la toute fin, sur la dernière double-page du livre, Emilie Vast dresse le portrait des différents animaux présentés, en révélant au tout jeune lecteur leurs principales caractéristiques. On retrouve ainsi : Coati, Ocelot, Ibis rouge, Tamandua, Toucan, Paresseux, Singe hurleur, Ara bleu et Singe Écureuil… êtres fragilisés par un avenir incertain.

Quelques extraits !