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Grrr (in/off)

Réveiller le monstre qui est en soi, et pourquoi pas ? Aujourd’hui dans la BBthèque, nous partons à la rencontre de petites bêtes rouges, à poils, queues et crêtes dorsales, qui ne sont jamais contents : ils pensent « Grrr », donc ils le sont !

Cette histoire, écrite par Clémence Sabbagh et Agathe Moreau aux éditions Diplodocus, met ainsi en forme (par un graphisme très sympa) et en scène (on tire vers la bande dessinée) un état émotionnel dont nous sommes tous victimes un jour ou l’autre : le mécontentement, poussé à son paroxysme dans la communauté des Grrr en ce qu’ils ne semblent, en fait, jamais contents, ni du temps qu’il fait, ni de ce qu’ils font, ni de ce qu’ils mangent, ni de vivre ensemble, tout est sujet à râler et demeurer insatisfait.

Et puis… un jour… quelque chose de nouveau survient. Quelque chose de nouveau et surprenant, qui va permettre à chacun de sortir de cet état. Quelque chose de rien du tout, pourtant : trois petits pois (qui sont rouges, comme eux). Ces trois petits pois, que tout le monde peut voir car ils apparaissent sur la façade d’une haute tour de la ville, suscitent d’abord l’interrogation, l’étonnement, la recherche du pourquoi du comment. Le lendemain, les petits pois se sont multipliés ! Les Grrr passent de la curiosité à l’enthousiasme pour ce prodige, auxquels ils adhèrent parce qu’il les motive : les voici même, tous sourires, qui poursuivent cette aventure inouïe en ajoutant, avec leurs crayons, leurs pinceaux, d’autres pois, de toutes les couleurs cette fois, et puis d’autres formes, des lignes, triangles, rectangles, etc. pour finir écrire des mots délivrant toutes sortes de messages, personnels ou universels, dans un grand vent de parole libérée…

Les Grrr sont désormais si contents qu’ils entraînent tout le monde dans leurs débordements de joie… y compris cette petite fille narratrice, image du bébé lecteur, qui conclut l’histoire, un pinceau vert à la main et sa maison (murs et sols) remplie de ses dessins, en interpellant en ces termes ses parents :

Les Grrr font comme ça et pas autrement, tu les connais pas ?

On leur consacre chaque année une journée, une journée où tout le monde peint et dessine ensemble sur les murs.

Et surtout, surtout, où il est interdit de râler !

Un album résolument positif qui apprivoise nos émotions avec humour et fantaisie. Youpi !

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Dessiner le monde avec 6 formes

1 gabarit de 3 x 2 = 6 formes et le monde s’ouvre à toi : voici en substance et en pratique ce que Bastien Contraire dit et montre au bébé lecteur dans son livre d’éveil artistique Bleu sourire, paru aux éditions du Centre Pompidou :

bleu sourire bastien contraire.jpg

La page de couverture ainsi que la quatrième de couverture sont des pages toute cartonnée à trous, pour permettre au jeune lecteur d’explorer, y compris avec les doigts, ces trois-fois-deux-font-six formes originelles/originales & monochromes (rose, rouge, bleu, vert, jaune et encore rose) :

  • au recto : un rond, un arc & un demi-ovale
  • au verso : un chapeau, un triangle et deux ronds superposés

que l’ouvrage, tout cartonné, va décliner, comme un imagier improvisé, un imagier à continuer.

« Qu’est-ce que c’est ? » Ce que l’auteur-artiste veut, ce que le bébé lecteur voit, ce que le bébé lecteur dessine et représente à son tour ! Par exemple, un rond peut se faire soleil, montgolfière, glace, fleur, pomme, planète, tête ou ballon ! La forme de l’arc, quant à elle, servir de point de départ au dessin d’un pont, d’un pantalon, d’un éléphant, d’une route, d’un serpent, d’une coquillette ou encore d’un arc-en-ciel…

De double-pages en double-pages, les images ainsi constituées à partir des gabarits ou pochoirs regorgent de couleurs et sont accompagnées du lexique adéquat : une image = un mot. En outre, chaque double-page propose ainsi une scène plus ou moins cohérente (image A + image B + image C…), plus ou moins farfelue (B et C se correspondent oui, mais A, que vient-il faire là ?), mettant des objets ou êtres vivants en résonance les uns avec les autres, et invitant l’enfant à reconnaître les figures, leurs significations mais aussi les formes à partir desquelles elles ont été créées.

Ou comment passer de la forme élémentaire aux formes complexes, comment représenter le monde qui nous entoure… et faire fonctionner à plein tube notre imagination. A partir d’une figure unique, créer le multiple, se jouer des répétitions et des variations. Un livre d’activité riche et élaboré, pour les vacances d’été et puis aussi tout le long de l’année.

 

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Pimpanicaille

Eveil musical dans la BBthèque aujourd’hui… mais aussi éveil artistique, avec la publication à l’Ecole des loisirs de Pimpanicaille, par Jean Colombain et une myriade de bambins :

Un album tout-cartonné aux couleurs vives et aux dessins naïfs et premiers… car ils sont réalisés par des enfants ! Toutes les images de l’ouvrage proviennent en effet d’une collection de dessins & peintures d’enfants réalisés dans les années 1950, un magnifique univers visuel, qui vient rencontrer la poésie de comptines revisitées. Pas moins de vingt-sept ritournelles et chansonnettes détournées, écho de rengaines connues des petits comme des grands, que Jean Colombain, l’auteur de ce recueil original, imagine en écho aux dessins d’enfants avant de soumettre à son tour un répertoire inédit aux enfants d’aujourd’hui. Des comptines en couleurs, qui marient avec succès l’ancien et le nouveau… la répétition et la création. Un petit extrait ?

Si j’étais une girafe, 

Je monterais sans escalier

A la lucarne du grenier.

Veux-tu que je t’emmène 

Là-haut dans la plaine,

Pour cueillir des fleurs

De toutes les couleurs ?

 

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Héros surprises

Avis aux déjà-geeks et futurs-geeks, Gilbert Legrand, le pro de la transfo des objets en trucs dinguos, s’attaque aux super-héros ! Dans la famille livres-surprises, après les Animaux et les Trésors… je demande les Héros !

Ca se passe toujours aux éditions Sarbacane, en cartonné format carré hautement manipulable par les petites mains et les grands yeux, avides de jouer avec les objets du quotidien… eux-même intrinsèquement dotés, mais si bien sûr, de sacrés pouvoirs… aux yeux des bambins ! Une belle ode à ces menus (mais super) produits, personnalisés à souhait pour accomplir leurs (super) missions… ! Allez, deux exemples, en images s’il-vous-plaît :

L’image reprise en couverture de l’album :

Un tire bouchon ? [l’apprenti lecteur voit sur sa gauche l’image détourée d’un tire-bouchon… et entend l’adulte lire « un tire-bouchon » ; il tire le rabat et découvre à la droite du tire-bouchon un drôle de super-héros :

EXTRACTOR Devant lui, les bouchons s’enfuient !

Mais aussi… ceci :

Psst connaissez-vous aussi…. la vie caché de ces instruments là : voici qu’un couvercle à casserole se transforme en CUISTOMAN étouffant les marmites en fusion, une perceuse en PERCEMAN, roi du mille trous minutes, une planche à découper en PLANCHA GANGSTAS, une bombe de peinture en DOCTEUR TAG qui de son ombre domine la ville fantôme,  etc. !

Une merveille, que dis-je, mille merveilles, visuelle(s) et fonctionnelle(s) pour les plus petits et les plus grands, qui met(tent) littéralement le design à portée de main des bébés… émerveillés.

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Théâtre hilarant en pâte à modeler

Le froid s’installe, la nuit tombe de plus en plus tôt, les uns et les autres font grise mine… halte à la déprime, l’auteur(e) et illustrateur japonaise Michiyo Namura a décidé de nous redonner le sourire avec son album hi hi ha ha ha publié à l’école des loisirs, théâtre hilarant pour enfants, tout en pâte à modeler  :

Un atelier plastique résolument joyeux, dans la mesure où Michiyo Namura utilise la pâte à modeler, très colorée, pour représenter et offrir aux bébés lecteurs le spectacle de la gaieté. Ses réalisations rondes et vives (la bienveillance jusqu’à la dernière dent de tous ces sourires à pleines dents) sont photographiées et présentées sur fonds de couleurs pastel unies (blanc, violet, rose, vert, bleu…)… plus vraies que nature, comme si elles venaient d’être modelées par les petites mains des petits lecteurs. Ses réalisations, à savoir de petits bonshommes, adultes, enfants, bébés, à qui la vie sourit ou qui sourient à la vie, exprimant leur bonheur tant via leurs mines réjouies que par l’émission de drôles de petits bruits, onomatopées enclenchant tout un jeu avec le son… les sonorités, donc, des émotions. Ici, le rire est toujours partagé : un tout-petit dans les bras d’un adulte aimant, le berçant ; et parfois même une famille entière ! Des câlins, des guiliguilis, une berceuse, une balade, une sieste (avec doudous contents itou également), des bisous, un méga sourire quand on nous prend en photo… in fine, tout au long de la journée, tout peut devenir prétexte à s’amuser et s’extasier.

En bref, un album un brin euphorisant pour mettre en images et en sons les émotions avec les jeunes enfants, rire ensemble à gorge déployée… et leur lancer, pourquoi pas, des défis en pâte à modeler !

Et… psssst… rendez-vous ici pour découvrir d’autres livres d’éveil artistique !

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Rose poulpe et orange sanglier

Oyez oyez, deux nouvelles couleurs et animaux font leur apparition dans la très chouette collection signée Janik Coat aux éditions MeMo : après les couleurs primaires et le vert, voici le rose, associé à la figure du poulpe, et l’orange, associé à celle du sanglier :

Au menu, des associations toujours étonnantes et détonantes, qui fonctionnent à merveille : un poulpe et un sanglier, bien sûr, des animaux familiers très courants qu’on croise rarement sur notre chemin ; un poulpe rose et un sanglier orange, encore moins !

Le principe de cette série reste identique aux quatre premiers titres : un livre, format paysage = un animal au prénom sooooo vintage = une couleur = quelques autres éléments, organiques ou statiques, vivants ou morts, de la même couleur ! Pour l’orange, les citrouilles & carottes, les orangs-outangs, les soucis et le jus d’orange ; pour le rose  : les flamants roses, les roses, les cochons et l’amouuuur ! Et pour finir, le jeu : retrouver Jean-Michel le sanglier orange parmi des sangliers d’autres couleurs (non vraiment ils osent…) ; et idem pour Ava, le poulpe rose !

En bref, toujours, un bestiaire imaginaire servi par un graphisme ludique pour appréhender une à une, et dès le plus jeune âge, les couleurs de la vie.

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Maman ?!

Dans la BBthèque, vous avez déjà eu l’occasion de découvrir un pan d’univers de l’illustratrice Elis Wilk quand elle s’adresse à une famille naissante, à des tout-petits grandissant. Aujourd’hui, j’ai le grand plaisir de vous présenter un nouveau titre écrit et illustré par Elis Wilk, aux éditions belges Versant Sud dont c’est la première publication à destination des bébés lecteurs… véritable coup de cœur ici :

maman !? d’elis wilk

Un très jeune enfant, blondinet en pyjama rouge, et au très joli prénom… Zéphyr… dessine, déjà, en toute autonomie, sur une feuille blanche, elle-même posée sur un tapis multicolore dans une pièce où figurent deçà-delà quelques uns de ses jouets et objets du quotidien : son biberon, à l’instant terminé, une peluche, une casquette, une chaise d’enfant, un ballon, un livre…

Tout à coup, Zéphyr dit : maman ?!

oui mon petit chat !

Et c’est ainsi que, le cadre posé, démarre un dialogue et un jeu de représentations tout en amours et imagination : quand Zéphyr appelle sa maman, sa maman lui répond « oui », complète sa réplique d’un mot tout doux le décrivant, et l’illustration l’accompagnant ne représente non pas la maman, mais l’enfant littéralement devenu ce mot tout doux : voici Zéphyr transformé, pour commencer, en petit chat ! Le bébé, encouragé et guidé par la voix maternelle, quitte le tapis et avance lentement à quatre pattes tout en continuant d’héler sa mère, avec un peu plus d’insistance : « maamaan ?! » … « Oui mon petit escargot ! »  Voici Zéphyr métamorphosé en escargot !

De double page en double page, l’enfant progresse dans sa promenade, à quatre pattes puis debout, du tapis à la table en passant par le petit coin, toujours interpellant sa maman, qui, continuellement disponible, lui répond toujours par l’affirmative tout en l’affabulant d’autres noms d’animaux… raccords avec son itinéraire, pour enfin atteindre les jambes de l’interpellée, elle-même en train de dessiner, attablée :

maman !

oui mon bébé d’amour !

Elle le prend dans ses bras, les voici tous deux représentés pour la première fois ensemble, souriants ; l’enfant, qui a conservé quelques traces sur son visage de ses incarnations successives et éphémères, tient le pinceau de la maman entre ses doigts, prêt à lui rendre affectueusement la pareille… quand tout à coup le voilà qui s’écrie, non pas « maman » mais…

caca !

Zéphyr, au terme de son périple, est ainsi devenu un grand, capable de savoir quand il a fait, va faire ou non… caca. Alors la maman ne le dit pas à haute voix, mais dessine, délicatement, un enfant-putois.

OR DONC...

  • Une émouvante et éclatante lecture-promenade sur l’amour filial, centré sur la relation mère-enfant, et réciproquement… au menu, convergence et en même temps différences de point de vue… dépeintes avec autant d’humour que de caresses ;
  • Un accompagnement, sobre et fin, à l’autonomie du jeune enfant ;
  • Une mise en scène, délicate et sans cesse renouvelée, de de la création et de la créativité, de la naissance jusqu’à l’âge adulte, l’une et l’autre se nourrissant mutuellement.

Nota bene : ce livre a été réalisé lors d’une résidence de création à Valuéjols dans le Cantal, avec le soutien du Centre National du Livre, le Conseil Départemental & la Médiathèque Départementale du Cantal ainsi que la municipalité de Valuéjols. Merci à eux aussi pour cette belle initiative.