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Portrait vivant d’une autrice-illustratrice : Elis Wilk

La BBthèque vous propose aujourd’hui de découvrir un nouveau portrait vivant d’une autrice illustratrice ! Aujourd’hui, c’est Elis Wilk qui se livre à nous :

Elis Wilk

Elis Wilk photo 2 - portrait vivant - BBthèque


Pour ce portrait vivant, Elis Wilk a accepté de répondre à ces quelques questions :

Qui suis-je ?

Je suis une femme, une artiste et une jeune maman de 40 ans. J’aime danser, réfléchir, rire, lire, dessiner, discuter avec mes amis pendant des heures, la nature et aussi m’amuser en général. 

Comment et pourquoi j’ai choisi de faire ce métier ?

J’ai toujours aimé lire depuis toute petite. On avait beaucoup d’albums et d’autres livres à la maison et quand j’ai su lire, j’ai dévoré les bandes dessinées et les romans que je trouvais chez moi, chez les amis de mes parents, à la bibliothèque ou ailleurs. 

Au début j’ai fait des études plutôt classiques (scientifiques puis sciences po) qui n’avaient rien à voir avec l’illustration et les livres et je me suis pas mal ennuyée. Je n’étais pas à ma place. 

Mais je ne savais pas que l’on pouvait étudier l’art et que, moi aussi, je pouvais un jour devenir artiste. Après mes études, j’ai travaillé dans un théâtre dans l’éducation artistique. J’ai rencontré beaucoup de gens et vu beaucoup de spectacles avant de partir en Italie et de tout lâcher pour me convertir à l’illustration. J’avais 30 ans, je n’étais plus toute jeune et ce n’était pas simple. Mais j’étais tellement curieuse et passionnée que j’ai réussi à m’améliorer, à apprendre puis à prendre confiance et à devenir enfin une vraie artiste. 

Le livre c’est l’endroit où j’ai trouvé un équilibre entre le dessin, l’histoire et le mystère et aussi la rencontre avec les lecteurs. Je ne voulais pas faire de l’art qui soit juste dans les galeries ou les musées. 

J’aime le fait que les livres soient accessibles et puissent se retrouver chez tout le monde, petits et grands.  

Comment je travaille pour écrire un livre ?

Quand je crée un livre, je me mets à ma table devant une feuille blanche. J’écris les idées qui me viennent pour ne pas les oublier. Souvent les idées s’inspirent du réel et des thèmes que j’aime ou qui me parlent au moment de créer le livre : les inuits pour Dans mon ours, l’amour pour Le loup et la poulette, la relation mère & fils pour Maman?!, la nature et la peur des bruits que vivait mon fils de 3 ans pour L’appel de la lune, la relation entre un enfant et son petit chat pour Que fais-tu petit chat ?, la fragilité de la vie et la poésie du quotidien pour mon prochain album Je suis, etc. 

En général j’écris beaucoup et je ne garde pas tout. Il y a plusieurs histoires possibles, comme des chemins qui bifurquent puis on en choisit un que l’on suit : on développe ainsi une idée et si on voit qu’elle peut tenir sur l’ensemble d’un livre on s’y accroche et on y mêle parfois les idées trouvées dans les autres morceaux d’histoires. C’est un mélange de choses qui prend du temps, comme une ballade où l’on ne peut pas prévoir le paysage suivant, montagne ou forêt à venir, mais on reste confiant, on avance et quand on les aperçoit, on les découvre sereinement, parfois avec surprise et alors on sait qu’on est heureux d’être là. Ensuite, une fois le texte créé, je commence à réfléchir à la technique que j’utiliserai, ceci en dessinant. Je change souvent de technique d’un livre à l’autre. Je fais des essais, pas toujours heureux mais, là encore, j’essaie d’avancer tranquillement dans l’inconnu.

Quand j’ai trouvé la technique adaptée à l’histoire et au livre que je veux faire alors je fais un story-board (petits rectangles – les pages- et dessins rapides au crayon) pour trouver des idées de composition, de rythme etc. et, enfin, je crée chaque illustration qui, là encore, évoluent pas mal avant d’être finalisées. 

Comment j’imagine mes jeunes lecteurs quand j’écris ?

Je ne les imagine pas vraiment. Disons que j’essaie de m’amuser, de me surprendre – on est son premier lecteur – et que le fait d’avoir un enfant m’aide à mieux comprendre les choses qui font vibrer le petit lecteur.

Un livre c’est comme une maison, il faut une solide base et des pièces bien pensées. Ensuite on affine, on décore et on rend cette maison originale et accueillante. 

Est-ce qu’il m’arrive de discuter avec les enfants autour de mes livres ?

Oui je rencontre beaucoup d’enfants. J’adore expliquer comment je travaille, le étapes, les questionnements, etc. Mais ce que j’aime le plus c’est quand les enfants ou les adultes créent à leur tour. 

Je propose souvent des ateliers de création de mini-livres et là c’est génial, après avoir expliqué comment je crée un album, chacun rentre totalement dans la création et construit son propre livre avec passion et originalité quel que soit son âge. 

A chaque fois c’est beau et surprenant cette diversité et cette capacité que les gens ont à créer eux aussi. Petits et grands se connectent à leur créativité, cette part d’enfance inventive, libre et brute qui existe en chacun et là c’est gagné…


Allez, une dernière photo d’Elis Wilk ? La revoici, prenant un bol d’air en dehors de son atelier :

Elis Wilk photo 4 - portrait vivant - BBthèque

Un grand merci à Elis Wilk pour sa participation à l’aventure du portrait vivant. La BBthèque vous invite à vous plonger dans son œuvre qui donne la part belle à l’imagination et la création, le tout avec amour et humour ! Pourquoi ne pas commencer par ses deux livres chroniqués par la BBthèque ? Les voici les voilà :

 

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Maman ?!

Dans la BBthèque, vous avez déjà eu l’occasion de découvrir un pan d’univers de l’illustratrice Elis Wilk quand elle s’adresse à une famille naissante, à des tout-petits grandissant. Aujourd’hui, j’ai le grand plaisir de vous présenter un nouveau titre écrit et illustré par Elis Wilk, aux éditions belges Versant Sud dont c’est la première publication à destination des bébés lecteurs… véritable coup de cœur ici :

maman !? d’elis wilk

Un très jeune enfant, blondinet en pyjama rouge, et au très joli prénom… Zéphyr… dessine, déjà, en toute autonomie, sur une feuille blanche, elle-même posée sur un tapis multicolore dans une pièce où figurent deçà-delà quelques uns de ses jouets et objets du quotidien : son biberon, à l’instant terminé, une peluche, une casquette, une chaise d’enfant, un ballon, un livre…

Tout à coup, Zéphyr dit : maman ?!

oui mon petit chat !

Et c’est ainsi que, le cadre posé, démarre un dialogue et un jeu de représentations tout en amours et imagination : quand Zéphyr appelle sa maman, sa maman lui répond « oui », complète sa réplique d’un mot tout doux le décrivant, et l’illustration l’accompagnant ne représente non pas la maman, mais l’enfant littéralement devenu ce mot tout doux : voici Zéphyr transformé, pour commencer, en petit chat ! Le bébé, encouragé et guidé par la voix maternelle, quitte le tapis et avance lentement à quatre pattes tout en continuant d’héler sa mère, avec un peu plus d’insistance : « maamaan ?! » … « Oui mon petit escargot ! »  Voici Zéphyr métamorphosé en escargot !

De double page en double page, l’enfant progresse dans sa promenade, à quatre pattes puis debout, du tapis à la table en passant par le petit coin, toujours interpellant sa maman, qui, continuellement disponible, lui répond toujours par l’affirmative tout en l’affabulant d’autres noms d’animaux… raccords avec son itinéraire, pour enfin atteindre les jambes de l’interpellée, elle-même en train de dessiner, attablée :

maman !

oui mon bébé d’amour !

Elle le prend dans ses bras, les voici tous deux représentés pour la première fois ensemble, souriants ; l’enfant, qui a conservé quelques traces sur son visage de ses incarnations successives et éphémères, tient le pinceau de la maman entre ses doigts, prêt à lui rendre affectueusement la pareille… quand tout à coup le voilà qui s’écrie, non pas « maman » mais…

caca !

Zéphyr, au terme de son périple, est ainsi devenu un grand, capable de savoir quand il a fait, va faire ou non… caca. Alors la maman ne le dit pas à haute voix, mais dessine, délicatement, un enfant-putois.

OR DONC...

  • Une émouvante et éclatante lecture-promenade sur l’amour filial, centré sur la relation mère-enfant, et réciproquement… au menu, convergence et en même temps différences de point de vue… dépeintes avec autant d’humour que de caresses ;
  • Un accompagnement, sobre et fin, à l’autonomie du jeune enfant ;
  • Une mise en scène, délicate et sans cesse renouvelée, de de la création et de la créativité, de la naissance jusqu’à l’âge adulte, l’une et l’autre se nourrissant mutuellement.

Nota bene : ce livre a été réalisé lors d’une résidence de création à Valuéjols dans le Cantal, avec le soutien du Centre National du Livre, le Conseil Départemental & la Médiathèque Départementale du Cantal ainsi que la municipalité de Valuéjols. Merci à eux aussi pour cette belle initiative.