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Portrait vivant d’un auteur-illustrateur : Kenji Abe

La BBthèque vous propose de découvrir un nouveau portrait vivant d’auteur-illustrateur (qui donc, qui donc aujourd’hui ?), et, cerise sur le gâteau, l’artiste présenté ici ce jour étaye son portrait vivant de son autoportrait post-confinement… !
Explication de l’intéressé sur cet autoportrait au poil : « mes cheveux ont poussé sauvagement pendant le confinement et j’ai maintenant l’air de « l’homme à la peau d’ours » des frères Grimm »
Voici donc…

Kenji Abe

Autoportrait de Kenji Abe**

Auteur-illustrateur de la série :

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Pour ce portrait vivant, Kenji Abe a accepté de répondre à ces quelques questions :

Qui suis-je ?

Je m’appelle Kenji Abe. Je suis auteur-illustrateur de livres pour les enfants.
Je suis né au Japon et j’habite en France depuis 2010.

Comment et pourquoi j’ai choisi de faire ce métier?

Quand j’étais étudiant, je me suis inscrit dans un cursus de cinéma. Or pour faire un film, il faut avoir l’énergie nécessaire pour diriger une équipe. Cependant j’ai trouvé que je n’avais pas ce genre d’énergie. Je suis une personne qui préfère travailler seul.

Par ailleurs, juste avant que je ne devienne étudiant, Claude Lévi-Strauss était très populaire au Japon parmi les étudiants. J’ai également été influencé par cet engouement et j’ai lu ses œuvres. Ma façon de comprendre le structuralisme était peut-être plus personnelle qu’académique mais en tout cas, j’étais très fasciné par les mythes des peuples non civilisés qui ont été cités dans ses livres. J’ai donc commencé à chercher et à lire les livres qui recueillaient les divers mythes. Ces histoires étaient très différentes de celles qui sont produites comme des marchandises sur le marché. Beaucoup d’entre elles étaient courtes, rudes, n’avaient pas de décoration pour le divertissement et semblaient ne se préoccuper que de leur sujet essentiel. J’ai trouvé qu’elles étaient très belles.

Ces deux choses, apparemment non liées, m’ont conduit à ce domaine, ce métier. Pour moi, elles ont fait lien et c’était le chemin naturel.

Quoi qu’il en soit, je ne pense pas que j’ai, jusqu’à présent, réussi à réaliser ce que je voulais faire. Je vais donc travailler, de nouveau, sur le prochain livre.

Comment je travaille pour écrire un livre ?

À propos de la façon de former les récits, je pense que l’histoire d’un livre pour enfants doit être simple, en général. D’un point de vue adulte, une histoire simple peut parfois sembler de peu de valeur, mais je crois qu’il y a certaines histoires très simples qui méritent d’être racontées.

Si on ajoute des éléments divers et on rend une histoire plus complexe, alors il est facile de faire des histoires qui ont des apparences différentes. Elles peuvent sembler nouvelles et différentes.

Dit autrement, si on enlève les éléments moins essentiels, des histoires apparemment différentes peuvent parfois se révéler être la même histoire. En conséquence, on peut peut-être y découvrir quelque chose comme le squelette d’une histoire.

Je tourne mon attention vers ces squelettes et je les évalue.

Mais parfois il y a aussi des cas où un petit détail, comme une seule tache à la surface, peut jouer le rôle de squelette d’une histoire.

Je ne peux pas généraliser la façon d’écrire un livre.

Est-ce que les Trois Gibbons pourraient vivre de nouvelles aventures ?

Oui, je le pense.

Comment j’imagine mes jeunes lecteurs quand j’écris ?

Il y a des écrivains qui écrivent en pensant à un unique lecteur très proche, comme son enfant, sa nièce, son neveu, un enfant de son ami, etc. Cette manière est naturelle et sincère. J’ai une admiration pour cette façon. Cependant, en ce moment, je n’ai malheureusement pas de lecteur comme ça.

Bien sûr, j’aime bien avoir des contacts avec les enfants à diverses occasions. Cela me rend heureux. J’adore aussi écouter et lire les témoignages de parents sur leurs enfants. Ça m’intéresse toujours beaucoup. Cela me donne beaucoup de choses, les informations, les connaissances, les insights et les réflexions.

Ces choses me font réfléchir non seulement à l’enfant, mais aussi à tous les êtres humains en incluant les adultes et, partant, moi-même. Par l’étude des peuples non civilisés, les anthropologues pensent, par conséquent, aux humains eux-mêmes. Mon attitude peut être rapprochée de cette démarche, si je pousse le raisonnement. Je ne sais pas si c’est la meilleure méthode ou non. À l’avenir, il se peut que je change. Mais maintenant, c’est comme ça.

Est-ce qu’il m’arrive de discuter avec les enfants autour de mes livres ?

Malheureusement, je n’ai pas, au jour d’aujourd’hui, beaucoup d’expérience dans ce domaine. J’en ai envie pour les jours prochains.
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La BBthèque remercie chaleureusement Kenji Abe d’avoir répondu à ces quelques questions et recommande à tout un chacun de découvrir plus avant l’œuvre de cet auteur-illustrateur, notamment la série d’albums des trois gibbons publiée aux éditions MeMo. Les trois comparses partagent en effet avec les jeunes lecteurs leur riche quotidien, mariant routine et événements singuliers ; au gré de leurs aventures, ces êtres sensibles, responsables et volontaires font l’expérience de la relation à l’autre et développent un état d’esprit ouvert et solidaire, qu’il fait bon partager avec des lecteurs de tout poil !
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Vous pouvez retrouver ci-dessous les chroniques BBthèque des livres de Kenji Abe :
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Portrait vivant d’une autrice-illustratrice : Claire Garralon

La BBthèque vous propose aujourd’hui de découvrir le portrait vivant d’une autrice illustratrice (qui donc, qui donc ?) :

Claire Garralon 

Claire Garralon - photo - portrait vivant BBthèque
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Autrice-illustratrice de…

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Pour ce portrait vivant, Claire Garralon a accepté de répondre à ces quelques questions :

Qui suis-je ?

Je m’appelle Claire Garralon et je suis autrice illustratrice, c’est à dire que j’invente des histoires, je les écris et je les illustre. 
Ensuite, on fabrique un livre avec mes histoires.
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Comment et pourquoi j’ai choisi de faire ce métier ?

J’ai toujours dessiné, quand j’ai appris que le métier d’illustrateur existait, je me suis dit que ça devait être formidable et j’ai tout fait pour devenir illustratrice.
Un peu plus tard, j’ai écris mon premier album et depuis je continue !
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Comment je travaille pour écrire un livre ?

c est ma mare claire garralonPour C’est ma mare par exemple, j’avais envie de parler de comment se partager un territoire ou comment vivre ensemble sur la même terre. Mais je voulais que ce soit très simple. Alors j’ai pensé à une mare et des canards. J’ai d’abord écrit l’histoire et après je l’ai illustrée.
Je commence toujours par écrire et je m’appuie sur le texte pour les dessins même si j’ai des idées d’images tout en écrivant. Je dessine avec des crayons de couleur, des papiers que je colle et avec un ordinateur, ça dépend.
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Comment j’imagine mes lecteurs quand j’écris ?

Je ne les imagine pas.
J’écris ce que j’ai envie de raconter, qui me touche, après je sais que mes lecteurs sont des enfants, donc j’essaie de rendre accessible mon propos par des mots et des illustrations simples parce que j’aime quand c’est épuré et le plus simple possible.
J’aime aussi l’idée que les enfants imaginent en regardant des images ou en écoutant une histoire.
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Est-ce qu’il m’arrive de discuter avec les enfants autour de mes livres ?

poule bleue claire garralonOui, je vois beaucoup d’enfants dans les écoles et c’est toujours très touchant quand ils me parlent des albums que j’ai réalisés et parfois surprenant.
Une fois, je venais de faire un atelier avec des enfants et je leur racontais Poule bleue mais je n’avais pas le livre. Je disais que poule bleue ne voulait pas laisser ses petits gambader dans le pré… Un petit garçon a reconnu l’histoire qu’il avait lue chez lui et me dit « mais si, elle veut qu’ils y aillent, elle les accompagne tous les jours mais au dernier moment elle ne peut pas laisser ! » Ce qui est effectivement différent, elle veut les laisser mais n’y arrive pas.
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La BBthèque remercie vivement Claire Garralon d’avoir répondu à ces quelques questions et invite chaleureusement tout un chacun à découvrir plus avant l’œuvre de cette autrice-illustratrice qui écrit des livres plein de sens à destination des jeunes enfants, et les illustre avec humour, goût et talent.
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Vous pouvez retrouver ci-dessous les chroniques BBthèque des livres de Claire Garralon
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A l’intérieur des émotions

Oyez, oyez, ouvrez grand vos oreilles et vos yeux, car voici venir une merveille de livre jeunesse pour mieux comprendre et connaître nos émotions : cette merveille s’intitule A l’intérieur de mes émotions, elle est signée Clothilde Perrin aux éditions du Seuil, avec la collaboration de l’atelier Saje.

Dans ce premier documentaire qui donne le primat à l’illustration et à la manipulation, Clothilde Perrin dresse un portrait résolument humain (et non robot) de cinq émotions fondamentales qui nous animent quotidiennement : la colère, la tristesse, la joie, la peur et le dégoût. L’objet-livre est grand (41 x 28 cm) et riche, mais aussi conséquemment fragile, du fait de ses mille et un détails à manipuler pour mieux découvrir, tout en images, tout en analogies, le fonctionnement de ces affects qui agissent en nous et nous troublent, depuis la petite enfance jusqu’à la fin de vie, et qu’il est utile d’apprendre à connaître dès le plus jeune âge afin de mieux pouvoir les gérer.

Chaque émotion fait l’objet d’une double page, avec une personnification au programme : ainsi, sur chaque page de droite, l’incarnation de l’émotion en un personnage illustré. Prenons par exemple Colère. Si tu me regardes et si tu soulèves les différents rabats qui constituent mon corps, tu constateras que mes poings sont fermés, mon sourire inversé, mon front plissé, une fumée sort de mes oreilles, sur ma tête des petites cornes ont poussé, un feu terrible grandit en moi, avec mes bras je risque de taper et cogner, mon cœur bat la chamade et je suis prêt à dégainer ma fiole de gros mots et mon paquet de nerfs… sacrément emmêlés. Sur la page de gauche, tu découvriras mes différentes caractéristiques : mon physique, mes points forts et mes points faibles, ce que j’aime ou j’adore (mes personnages préférés à savoir ceux qui se mettent facilement en colère ; mes œuvres d’art préférées, en l’occurrence Max et les Maximonstres, bien sûr, mais aussi le boxeur de Basquiat ; mes jeux et repas préférés…), ce que je n’aime pas mais vraiment pas, ainsi que mes sensations.

Une œuvre de toute beauté que l’enfant, comme l’adulte, prend beaucoup de plaisir à explorer, pour appréhender ensemble, avec des images, des mots, des jeux, des chansons… la complexité et la richesse de nos émotions. Vous trouverez ici et  quelques extraits en ligne de ce théâtre cathartique des émotions, à se procurer d’urgence pour se mettre dans leur peau et le cas échéant, leur faire la peau ; ou comment, avec le jeune enfant, prendre par la main nos affects principaux et se donner ainsi les moyens de les prendre en main.

Psssst : vous cherchez des idées complémentaires d’albums sur les émotions ? La BBthèque vous en recommande quelques autres… par  !

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Manger & jouer

Les tout-petits (comme les plus grands) aiment jouer… tout est jeu pour eux, pour leurs mains, leurs oreilles, leurs yeux… y compris, yum yum et miam miam… le manger ! Voici aujourd’hui dans la BBthèque deux livres-jeux qui font la part belle aux fruits, légumes et autres aliments : 

  • Les intrus : aliments de Bastien Contraire (parution août 2018 Albin Michel Jeunesse)
  • Qui suis-je ? de Claire Dé (parution septembre 2018 Editions des Grandes Personnes)

Les intrus : aliments de Bastien Contraire

Où l’on retrouve ou découvre l’univers graphique et ludique de Bastien Contraire, auteur-illustrateur du livre d’éveil artistique Bleu Sourire paru récemment aux éditions du Centre Pompidou : adepte de la technique du pochoir, il propose ici aux tout-petits de participer à un petit jeu :

Parmi ces aliments se cache un intrus

Jeux de formes, jeux de couleurs & pièges à la clé, le jeune enfant observe, nomme, catégorise, cherche le sens, de double-page en double-page toutes cartonnées — 11 planches de 8 éléments chacune. De l’art de la série & de la liste pour tout- petits… !Un premier documentaire résolument drôle sur l’univers de la cuisine… et plus encore (un livre qui donne par exemple bien envie d’alimenter les séries de nutriments ou objets présentés… à vos feutres, crayons, pinceaux, prêts, partez… !)

Qui suis-je ? de Claire Dé

Claire Dé aime aussi jouer, et son média préféré, c’est la photo : photographe-plasticienne chroniquée à plusieurs reprises dans la BBthèque — Devine à quoi on joue ?, Compte sur tes doigts ! —, elle propose avec Qui suis-je ? un livre-jeu accordéon aux facettes multiples.

Dans le livre lui-même qui se déplie entièrement, côté recto, une galerie de natures mortes portraits versions fruits et légumes, clin d’œil sans doute à Arcimboldo, ou comment avec des photos d’un fruit ou un légume (ça me fait penser aussi au land art de Marc Pouyet…), composer un drôle de visage ! De la personnification du potager en 34 portraits 🙂

Côté verso, le fruit ou le légume est accompagné d’un enfant : la galerie de portraits se poursuit, humaine cette fois-ci, facétieuse, active, joueuse, gourmande… alliant plaisir du partage et joie de l’identification. Pour la petite histoire, au départ, c’est l’inverse : en résidence en 2017 pendant plusieurs mois dans des crèches, Claire Dé dit avoir « installé un studio photographique dans la salle de vie des bébés, tout un en leur apportant à chacune de mes visites, de beaux fruits du monde entier. De ces séances de jeux gourmands est né cet album où fruits et enfants ne semblent former qu’une seule et même famille. La couleur de peau, de cheveux et de vêtements des enfants entrent joyeusement en dialogue avec celle des fruits, questionnant ainsi, à travers ce jeu de miroir, l’identité des uns et des autres. « Qui suis-je ? » semblent-ils tous nous demander en renvoyant le petit lecteur à sa propre personne. »

Le bébé lecteur, joueur et mangeur découvre ainsi ces aliments nombreux et variés sous toutes leurs coutures… mais aussi son corps, ses sensations, ses émotions.

Au livre-accordéon s’ajoutent, en outre, des cartes-devinettes, imagier ludique pour deviner quel fruit ou légume se cache derrière la devinette. Par exemple… allez… une difficile :

Ma peau est rose et toute poilue, et j’ai le goût du litchi… 

Qui suis-je ?

Bonne lecture… et bon appétit !

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Doux rêves, doux rêveurs…

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une véritable anthologie poétique des rêveurs pour les tout-petits… et pour toute la vie : un très très beau livre, signé Isabelle Simler aux Editions courtes et longues, dont voici déjà la très très belle couverture…

C’est un ouvrage grand format (28 x 25 cm) de 80 pages s-il-vous-plaît… et qui sent bon le papier. C’est un album qui explore et apprivoise le monde de la nuit pour les tout-petits : il dit, à travers le dessin, le noir mais aussi et surtout toutes les lumières qui l’habitent. C’est une histoire qui restitue la vie, de manière sensible et sensitive, aux tout-petits, la nature dont ils font biologiquement partie.

Isabelle Simler livre ainsi, de double-pages en double-pages, des portraits d’animaux endormis en gros plan, dans leurs environnements, avec des traits si fins, si précis, qu’on en perçoit le moindre détail, qu’on aimerait les toucher. Les mots ne sont pas en reste pour décrire ces temps de sommeil et de rêves si essentiels à l’éveil… Quelques extraits deci-delà, de beaux poèmes qui accompagnent chaque portrait de dormeur :

le paresseux rêve en hamac

la baleine à bosse rêve à la verticale

le rouge-gorge rêve en pelote

la chauve-souris rêve à l’envers

le hérisson rêve à l’abri

l’hirondelle rêve à tire d’aile […]

l’enfant rêve sous la lune

Ce livre magnifique, qui capte le regard et retient l’attention des lecteurs de tout âge à la minute où on s’en saisit, a bénéficié de l’aide à la création littéraire jeunesse du Conseil départemental du Val-de-Marne et est offert comme cadeau de naissance à tous les enfants nés dans ce département en 2018… Vous trouverez d’ailleurs quelques éléments complémentaires et éclairants dans cette vidéo, où Isabelle Simler, l’auteur et illustrateur/trice de Doux rêveurs, explique sa démarche :

Bon voyage dans les contrées du rêve, à la frontière du réel et de l’imaginaire !

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L’enfance de l’art

L’art est un jeu d’enfants, démontre une nouvelle fois la maison d’édition Palette… avec son nouveau livre-jeu destiné aux lecteurs en herbe :

L’enfance de l’art

conçu par Loïc Le Gall

avec le suivi éditorial de Marion Balalud de Saint-Jean

Ce livre d’éveil artistique — format paysage et à spirales s’il-vous-plaît — joue la carte ludique à 100%. Dès la première page, la règle du jeu est communiquée à l’enfant :

Retrouve les trois œuvres qui illustrent chaque thème : femme, arbre, maison, enfant, fleur, fruit, légume, chat, chien, cheval, oiseau, bateau, soleil, voiture !

Puis, hop, le livre se scinde en trois colonnes, trois mini-livres pour s’adonner au jeu des mille et unes correspondances ! Comme dans un méli-mélo, c’est au bébé lecteur de faire tourner les mini-pages, chaque mini-page reproduisant une grande œuvre d’art… classique, moderne ou contemporaine… peinture, sculpture, faïence… déco, portrait, nature morte… jusqu’à obtenir la combinaison gagnante : les trois maisons, les trois femmes, les trois enfants…

Une démarche originale pour faire découvrir aux plus petits les plus grandes œuvres d’art : par le jeu, donc, mais aussi par des thèmes universels et accessibles, le tout servi par une très belle qualité d’impression permettant d’apprécier les détails de chaque tableau. Dans ce premier documentaire à manipuler avec ses petites mains, chaque repro est légendée : thème, nom de l’artiste, titre et date de l’œuvre, pour la culture générale de l’adulte lecteur… mais aussi pour une lecture évolutive de l’enfant grandissant, qui se voit offrir un formidable et fécond voyage dans l’histoire et la pratique de l’art.

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Bonjour, les animaux

Une bonne nouvelle pour les amoureux de la nature, Anne Crausaz est de retour dans la BBthèque avec un nouvel album, encore et toujours de toute beauté, aux éditions MeMo, collection Tout-petits memômes :

bonjour, les animaux

bonjour les animaux anne crausaz.jpg

Un livre de format carré et grand (idée de génie pour les sublimes illustrations… jeux de cadrages et effet grandeur nature saisissant !) donnant la parole à un jeune enfant vivement intéressé par les animaux qui l’environnent : ces bêtes plus ou moins familières font ici individuellement, page après page, l’objet d’un portrait et d’un dialogue avec le tout-petit narrateur et donc le tout petit lecteur…

Le point de départ de cette promenade animale :

  • dès le saut du lit, à la maison, les animaux de compagnie :
    • « bonjour, mon chat » qui mi-assoupi ouvre un œil tout en agrippant une pelote de laine
    • « au revoir mon chien », déjà debout, prêt à suivre son maître, « aujourd’hui, je ne peux pas t’emmener »
  • la rue et sa peuplade coutumière :
    • « pas le temps de m’arrêter, les pigeons. je vais au zoo ! »
    • idem pour le moineau
  • le zoo et ses animaux sauvages… mais ici jamais représentés en cage :
    • « bonjour les canards » 
    • « bonjour, l’autruche »
    • … les chimpanzés !
    • le porc-épic… pas très avenant…
    • le crocodile… souriant à pleines dents ?
    • la panthère… un gros chat ?
    • la lionne et son bonhomme, les rois des rois
    • les ibis, rouges et blancs, si élégants
    • le renard… et son timide petit
  • puis de rechef, la rue : les pigeons et le moineau, toujours au rendez-vous, ainsi que les fourmis !
  • retour enfin à la maison dans la soirée, retrouvailles avec chien et chat.

Quelle aventure enthousiasmante ! L’enfant fait fi de toute peur, liant naturellement le connu et l’inconnu, et passant de l’un à l’autre sans aucun souci. Chaque rencontre se traduit, dans l’album, par une image, les dessins illustrant ici le point de vue de l’enfant, et un bref commentaire, le détail le plus marquant toujours aux yeux de l’enfant. Au-delà, le tout-petit s’adresse aux animaux : il les salue — bonjour —, les observe et avec empathie les questionne — « bébé renard as-tu peur ? moi aussi quelquefois » — s’identifiant de-ci de-là à ces êtres qui partagent nombre de nos préoccupations : se lever, se déplacer, se cacher, sourire, râler… manger… et, mais c’est bien sûr… dormir, après une journée si remplie !

Or… donc… à l’heure du coucher… que de nouveaux camarades à qui souhaiter la bonne nuit… L’énumération est longue… ! Engendrant des jeux de répétition idéals pour une lecture du soir. Et comme toute bonne histoire a une fin, le narrateur de conclure : … « bonne nuit, les animaux… bonne nuit, tout le monde ». Chut… zzzzz…. le livre se referme sur cette journée exceptionnelle. Et vous savez quoi ? Il suffira d’ouvrir ce livre, une prochaine fois, pour revivre cette folle journée !

Des extraits à découvrir en ligne ici : http://www.editions-memo.fr/bonjour-les-animaux !