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Triangle + Carré = amitié ?

Un nouveau livre sur les formes dans la BBthèque, qui fait rimer amis et géométrie ! Il nous vient du Canada et des Etats-Unis, fruit d’une collaboration de Mac Barnett au texte, Jon Klassen aux illustrations, il a été traduit et adapté en français par Alain Gnaedic et édité cette année aux éditions l’Ecole des loisirs… il s’appelle Triangle, et il a une très jolie bouille montée sur deux petites pattes :

Dans cette histoire aux illustrations très épurées, avec de belles couleurs sur une gamme clair/foncé très nuancée, les deux personnages principaux sont un TRIANGLE et un CARRE qui se cherchent un tantinet dans leur relation d’amitié.

Triangle habite une maison triangulaire, dans une contrée de logis triangulaires itou également. Carré réside dans une demeure carrée, à l’instar de ses voisins logeant également dans des habitations carrées. Quand Triangle veut rendre visite Carré, il lui faut faire un pas vers une autre forme que soi ; quand Carré veut aller voir Triangle, il doit également faire ce chemin-là. Sans pour autant, l’un comme l’autre, devenir à leur tour, Triangle carré ou Carré triangle ! Tout en conservant, donc, leur intégrité. Et non seulement ils conservent leur propre forme, leur propre identité, dans cette relation à l’autre, mais ils apprennent aussi, au passage, à connaître et à comprendre leur différence.

C’est un album qui parle de l’amitié, avec des personnages qui se sentent suffisamment à l’aise ensemble pour vouloir se faire des blagues, se jouer des tours, et finalement (se) faire un peu peur parfois. C’est un album qui parle des limites de l’amitié, grâce à une narration qui raconte deux aventures, l’une de Triangle avec Carré, l’autre de Carré avec Triangle, deux aventures qui se succèdent, deux aventures en miroir, vécues de deux points de vue différents. C’est un album qui traite, in fine, de respect et réciprocité. C’est un album qui met en scène le vivre ensemble, et qui donnera certainement de quoi réfléchir aux plus grands des bébés à l’heure de leurs premières socialisations, en crèche par exemple ou en petite section d’école maternelle…

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Ouste le loup

Lumière sur un tout-cartonné qui aborde la question de la peur du noir en évoquant la technique du papier découpé… découpant l’espace pour mieux rappeler les mille et unes couleurs du jour à l’heure où tombe la nuit. J’ai nommé :

Les yeux du loup

de Javier Sobrino et Lucie Müllerová
aux éditions L’atelier du poisson soluble

Cet album, petit format carré, est un tout-cartonné qui représente des papiers découpés pour illustrer l’histoire narrée. L’histoire d’un enfant, Arián, qui s’adresse au bébé lecteur à la première personne pour lui exposer son problème :

Je m’appelle Arián.

Et quand on me couche, j’ai peur de m’endormir seul.

Etre plongé dans le noir ne me plaît pas du tout…

… car j’ai l’impression que le loup va venir et me manger.

Des images de bêtes menaçantes peuplent alors les pages du livre et l’imagination du petit Arián, qui sait très bien comment riposter et, généreux, livre au bébé lecteur la solution qu’il a trouvée pour surmonter sa peur du noir :

  • allumer la lampe de chevet
  • jouer, mentalement ou physiquement, avec ses jouets… beaucoup de peluches, douces, inoffensives, représentant pourtant dans la vraie vie des animaux dangereux : ours, tigre…
  • avec les parents, un moment câlin et une histoire du soir regorgeant de personnages auxquels s’identifier

Bien entouré de ses êtres de vérité et de fiction, trouver le sommeil, apaisé.

Mention spéciale aux illustrations, signées de l’artiste tchèque Lucie Müllerová, qui s’inspire, donc, du procédé de papier découpé, sur fonds de couleurs vives à mesure que l’enfant surmonte sa peur du noir (place au jaune, au bleu, à l’orange, au rouge, au violet !) ce qui donne une très belle ampleur graphique et esthétique à cet album, ode à la lumière et aux spectres de couleurs sublimant littéralement le noir et la peur que cette (non)couleur peut provoquer.

Vous pouvez feuilleter quelques extraits en ligne ici pour vous faire une idée…

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Classiques revisités : c’est bon pour les bébés !

Oui oui deux nouveaux livres dans la collection Bon pour les Bébés imaginée et réalisée au Seuil Jeunesse par Thierry Dedieu ! Une collection qui marie un très grand format cartonné pour de tous petits lecteurs (des livres presque de la taille des bébés !), un graphisme noir sur blanc pour les tous petits yeux et des mots audacieux pour des toutes petits oreilles qui peuvent tout entendre, le tout pour des tout petits ⇒ très grands cerveaux !

Le premier titre est plutôt classique, l’autre… l’est tout autant, finalement, sur les rangs de l’école primaire… mais adressé et conçu pour les 0-3 ans… ça on n’avait jamais vu ^^

Mon premier donc :

LE TOUT PETIT VER TOUT NU

Qui a vu, dans la rue, tout menu, le petit ver de terre ?

Qui a vu, dans la rue, tout menu, le petit ver tout nu ?

C’est une comptine, une ritournelle pour enfants, un texte qui se dit bien, qui se lit bien, qui a tout pour plaire aux bébés lecteurs :

  • ses sonorités, plaisantes à écouter — il y a essentiellement des mots en u, qui font un petit tour, s’en vont et puis reviennent, qui s’agencent d’une certaine façon puis se réagencent pour constituer la narration et retourner complètement la situation : « dans la rue », « tout menu », « tout nu », « la grue », « qui a vu », « a voulu », « manger cru », « n’a pas pu », « disparu », etc.
  • un sujet qui parle beaucoup aux petits n’enfants : un TOUT PETIT ÊTRE (tiens, tiens, comme le tout petit lecteur) TOUT NU (les tout-petits aiment très souvent être tout nu) parvenant à surmonter l’inévitable danger qui le guette (en l’occurrence… la dévoration) !
  • les illustrations qui exploitent avec bonheur et succès le potentiel comique de la comptine : la taille du ver (presque aussi grand finalement que la grue !), son élasticité, aussi, font de lui un vrai héros, personnage principal de l’histoire, acteur du récit, auquel (mais si !), par jeu, les lecteurs s’identifient.

Mon second, accrochez-vous bien…

LA TABLE DE DEUX !

Oui, vous avez bien lu, le titre de cet album pour les 0-3 ans correspond bien à l’intitulé d’une table de multiplication, la première qui plus est (autant commencer par le commencement). Le titre est programmatique, dans la mesure où l’album lui-même contient textuellement, il fallait l’oser, rien de plus, rien de moins, toute la table de deux (une page par multiplication s’il-vous-plaît).

Ce n’est pas la première fois que Dedieu introduit dans cette collection des notions de mathématiques auprès des tout-petits : il avait démarré fort, d’ailleurs, avec rien de moins que le théorème de Pythagore, qui résonnait comme une formule magique plutôt qu’un énoncé géométrique ! Le principe, dans La table de deux, est un peu le même, et se révèle, porté par la mise en scène imaginée et réalisée par Dedieu, extrêmement réjouissant, plaçant la notion de jeu au cœur de l’album et, par la même, au cœur du calcul mathématique :

  • avec la typographie : les chiffres, signes et résultats de multiplication sont ici liés — écrits tout attachés (« deuxfoisundeux », « deuxfoisdeuxquatre »…) —,   à lire et dire aussi liés, reflet (un brin ironisé) de l’apprentissage-même des tables de multiplications que le bébé lecteur ne manquera pas de devoir faire quand il sera un peu plus grand — réciter, réciter, réciter les tables de multiplications !
  • avec les illustrations, qui expriment par l’image les résultats de ces multiplications : en plus d’observer les belles compositions en miroir dessinées par Dedieu où les animaux à compter vivent leur propre vie (certains se suivent, d’autres s’assemblent, se pourchassent, etc.) , l’enfant s’amuse peu à peu à compter lui-même, deux (lapins), quatre (rats), six (escargots), huit (geckos), dix (libellules), douze (oiseaux), quatorze (grenouilles) tentant de manger seize (moustiques), dix-huit (poissons), vingt (araignées, et si on multipliait aussi par le nombre de pattes et d’yeux ? ^^)

Une histoire, eh oui, on-ne-peut-plus rythmée, pour le plaisir de conter et de compter avec les bébés !

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Un crocodile à la plage

Place aujourd’hui à un album qui sent bon l’été et les vacances au bord de l’eau :

Nageur comme fossile

de Natacha Andriamirado et Delphine Renon

En format paysage, portée par des illustrations pastel tendres, ludiques et d’une précision rare, voici l’histoire d’un fréquentant hors norme à la plage : ce crocodile, Fossile, qui, si, si, avec bonhomie et bienveillance, dans le sable et avec ses autres compagnons de jeux & bronzage prend racine. De toute sa longueur, et sans se départir, ni de ses lunettes, ni de ses tongs, ni de ses serviettes, il occupe le terrain sans mettre dans l’eau ni les pieds, ni les mains, ni rien. Lui, c’est le gardien. Le conseiller. Il est bien entouré, les auteurs de l’album nous ont présenté ses vingt-quatre amis dès la première double page : Gramme l’hippopotame, Clapin le lapin, Dandelion le lion… Avec un sourire sage, calme et (en apparence ?) tranquille, il les observe, les guide, les encourage à jouer, nager, s’amuser avec l’eau…

Mais son sourire se fend progressivement, jusqu’à ce que Fossile montre des dents… de peur s’entrechoquant : scoop !

Fossile a peur

d’aller dans l’eau.

Heureusement, Fossile a des amis… et sait les écouter :

Impossible !

Les crocodiles n’ont peur de rien !

Encore moins de l’eau !

Fossile, ne soit pas si inquiet […] Allez viens !

Crois-nous, ce n’est pas la mer à boire.

Ragaillardi, le voici qui plonge à son tour & à grand fracas, SPLASSSHHH ! dans l’eau, ouvrant une gueule béante pour dévoiler maintenant un sourire franc (son ami le poussin en profite d’ailleurs pour lui brosser une dent) ! Voilà, en toute simplicité, sa peur apprivoisée, et désormais, Fossile le crocodile aime beaucoup lézarder sur le sable ET nager dans l’eau.

Un livre très sympa, qui invite par ailleurs les jeunes lecteurs à nommer les animaux, à les compter grâce à un joli et discret système de points de couleurs et à repérer certaines des sempiternelles activités qui font tout le charme d’une journée à la plage : jeux d’anneau, jeux de balle, épuisette et coquillages.

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Bonjour, les animaux

Une bonne nouvelle pour les amoureux de la nature, Anne Crausaz est de retour dans la BBthèque avec un nouvel album, encore et toujours de toute beauté, aux éditions MeMo, collection Tout-petits memômes :

bonjour, les animaux

bonjour les animaux anne crausaz.jpg

Un livre de format carré et grand (idée de génie pour les sublimes illustrations… jeux de cadrages et effet grandeur nature saisissant !) donnant la parole à un jeune enfant vivement intéressé par les animaux qui l’environnent : ces bêtes plus ou moins familières font ici individuellement, page après page, l’objet d’un portrait et d’un dialogue avec le tout-petit narrateur et donc le tout petit lecteur…

Le point de départ de cette promenade animale :

  • dès le saut du lit, à la maison, les animaux de compagnie :
    • « bonjour, mon chat » qui mi-assoupi ouvre un œil tout en agrippant une pelote de laine
    • « au revoir mon chien », déjà debout, prêt à suivre son maître, « aujourd’hui, je ne peux pas t’emmener »
  • la rue et sa peuplade coutumière :
    • « pas le temps de m’arrêter, les pigeons. je vais au zoo ! »
    • idem pour le moineau
  • le zoo et ses animaux sauvages… mais ici jamais représentés en cage :
    • « bonjour les canards » 
    • « bonjour, l’autruche »
    • … les chimpanzés !
    • le porc-épic… pas très avenant…
    • le crocodile… souriant à pleines dents ?
    • la panthère… un gros chat ?
    • la lionne et son bonhomme, les rois des rois
    • les ibis, rouges et blancs, si élégants
    • le renard… et son timide petit
  • puis de rechef, la rue : les pigeons et le moineau, toujours au rendez-vous, ainsi que les fourmis !
  • retour enfin à la maison dans la soirée, retrouvailles avec chien et chat.

Quelle aventure enthousiasmante ! L’enfant fait fi de toute peur, liant naturellement le connu et l’inconnu, et passant de l’un à l’autre sans aucun souci. Chaque rencontre se traduit, dans l’album, par une image, les dessins illustrant ici le point de vue de l’enfant, et un bref commentaire, le détail le plus marquant toujours aux yeux de l’enfant. Au-delà, le tout-petit s’adresse aux animaux : il les salue — bonjour —, les observe et avec empathie les questionne — « bébé renard as-tu peur ? moi aussi quelquefois » — s’identifiant de-ci de-là à ces êtres qui partagent nombre de nos préoccupations : se lever, se déplacer, se cacher, sourire, râler… manger… et, mais c’est bien sûr… dormir, après une journée si remplie !

Or… donc… à l’heure du coucher… que de nouveaux camarades à qui souhaiter la bonne nuit… L’énumération est longue… ! Engendrant des jeux de répétition idéals pour une lecture du soir. Et comme toute bonne histoire a une fin, le narrateur de conclure : … « bonne nuit, les animaux… bonne nuit, tout le monde ». Chut… zzzzz…. le livre se referme sur cette journée exceptionnelle. Et vous savez quoi ? Il suffira d’ouvrir ce livre, une prochaine fois, pour revivre cette folle journée !

Des extraits à découvrir en ligne ici : http://www.editions-memo.fr/bonjour-les-animaux !

 

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Tout en haut du toboggan

Hourrah, Malika Doray revient dans la BBthèque ! Son nouvel album, publié à l’Ecole des loisirs dans la collection Loulou & Cie, propose aux petit-tout(e)s de vivre une aventure courante et ô combien excitante : la descente du toboggan ! Et pas n’importe quel toboggan… un toboggan GÉANT !

Tout en haut du toboggan

tout en haut du toboggan - malika doray

Pour donner au bébé la pleine mesure de cette chute libre et exaltante, ce livre tout cartonné est en format paysage & se lit de haut… en bas pour des raisons similaires à l’excellent Bloub°Bloub°Bloub° sur un thème très approchant : la dégringolade en version aquatique comme terrestre… quelle bonne rigolade !!

Ici, une ribambelle de bébés animaux (tous différents, sauf les cousins lapins qui ne divergent que par leurs vêtements… bien évidemment) se lancent dans l’aventure, depuis l’éléphanteau qui, redoutant l’expérience, se laisse néanmoins entraîner par l’entreprenante et enthousiaste fourmi, le chat à la poursuite de la souris, jusqu’aux macareux et crocodiles en duo (plus on est de fous, plus on rit), tout le monde tourne, tourne (un petit tour et puis s’en va… mais où sont-ils donc passés ?) et descend, descend, descend… jusqu’à rejoindre, tout en bas, les parents… les attendant… et les félicitant de cette descente décoiffante !

Le bébé lecteur retrouve avec bonheur les personnages qui peuplent l’univers de Malika Doray, tout doux, doudous… En bref, un album tout en rimes et en douceurs, pour s’amuser et apprivoiser ses peurs : hauteur (sur ce sujet, je vous recommande aussi vivement, itou également, Vu d’en haut de Marie Poirier), vertige, vide… dans la bonne humeur !

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Souris, souris, tout petit…

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Tout-petits souris, c’est le nom d’une collection intéressante et jolie, éditée à La Joie de lire : une nouvelle série de petits livres carrés, tout cartonnés, aux bords arrondis, mettant en scène des personnages de jeunes souris réalisés en feutrine et photographiés dans leurs environnements reconstitués… comme des maisons, que dis-je, des villages de poupées très très proches de notre réalité… et dont le théâtre de verdure fera verdir bien des citadins !

Chaque album porte sur une souricette ou souriceau en particulier, qui expérimente, à la première personne du singulier, une émotion et/ou un sentiment influençant grandement son caractère à un moment T… de quoi donner au bébé lecteur des clés pour apprivoiser et surmonter s/ces émois !

Barnabé l’inquiet

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Barnabé, c’est le souriceau qui accompagne le bébé lecteur dans ses peurs, car Barnabé est la caricature de l’individu inquiet, qu’un rien ou que tout affole : les petites fourmis du jardin, le vent emportant les vêtements séchant à l’air, la traversée d’un petit pont en bois, le dodo dans le noir, etc.

Tout ? Non ! Car Barnabé, comme le bébé lecteur, sait aussi vaincre sa peur… quand il le faut vraiment : par exemple, quand son doudou est en danger !

Quelques images sur le site de l’éditeur pour vous faire une meilleure idée : http://www.lajoiedelire.ch/livre/barnabe-linquiet/

Salomée la pressée

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Salomée, c’est la souricette qui expérimente une maladie qualité commune à tous les enfants : l’agitation ! Mademoiselle est pressée, du matin jusqu’au soir, elle se lance dans plusieurs activités à la fois, préfère bouger plutôt que siester, caracole en tête pour les repas, piétine quand elle est la dernière d’une longue file d’attente, mais passe en revanche des heures dans son magasin de jouets préféré !…

Un album pour mettre des mots sur le dynamisme des tout-petits tout en leur apprenant, aussi, à se calmer et prendre leur temps… quand c’est important. Ou comment ralentir le rythme, parfois, pour se recycler… avant de redémarrer à fond les ballons !!

Quelques extraits sympathiques par ici aussi : http://www.lajoiedelire.ch/livre/salome-la-pressee-2/ !

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Mention spéciale à l’univers à la fois tendre, drôle, réaliste (de l’art de la miniature et du détail….!) et poétique co-signé Odile Baillœul côté tissus, figurines & co, Claire Curt côté photos. Dans ce monde de petite souris, le bébé lecteur peut facilement se projeter, et les plus grands s’émerveiller de la qualité artistique de l’ouvrage…