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Les docu-peintures-sculptures

La BBthèque vous présente aujourd’hui une très belle démarche de premiers documentaires pour le très jeune public, à travers l’œuvre de Susumu Shingu, dont trois titres sont parus récemment en France aux éditions Gallimard jeunesse, célébrant la nature et le grand air :

Derrière ces trois titres en effet, un même artiste, né à Osaka au Japon, peintre et sculpteur, qui propose aux bébés lecteurs autant de voyages de grande qualité dans des petits pans de réalité :

La fraise

ou l’anatomie d’une fraise, si si, un livre qui retrace poétiquement et scientifiquement le cycle de vie de ce fruit. Il s’agit d’un récit, qui dit le temps qui passe, mais aussi qui se répète ; d’un récit mis en mots et en images, colorées, réalistes, en mouvements presque, avec quand c’est nécessaire des gros plans, autrement une mise en scène type paysage, pour expliquer la genèse des bébés fraises, de la graine au fruit qui apparaît puis mûrit, les changements des couleurs, l’émergence des odeurs, grâce aux actions du vent et du soleil. En un mot :

La fraise est un paysage infini.

Avec le soleil

L’astre solaire est également de la partie dans cet autre livre, il est tellement présent que c’est même lui qui occasionne l’histoire. L’histoire d’un personnage (bébé lecteur, mon double, mon miroir) qui part en promenade une journée, en bicyclette par un beau temps ensoleillé… Jeux d’ombres à chaque page, pour mettre en scène cette expédition entre amis en été, jusqu’à atteindre la forêt où le soleil n’écrase plus, mais « où scintille la lumière », le sombre progressant, jusqu’à la tombée de la nuit où l’imagination s’embrase et où l’on devient pressé de rentrer chez soi, sous un soleil couchant. Ici aussi, les couleurs sont au rendez-vous pour un récit qui réfléchit intrinsèquement la notion de lumière chez l’enfant.

Le voyage du vent

Last but not least : place à un autre voyage, celui du vent, avec un livre… pop-up (quand le livre devient sculpture et vice-versa), que le bébé lecteur, avec l’adulte, s’amuse à manipuler pour traduire les mouvements du vent. Le vent est le narrateur de ce premier documentaire, qui nous raconte sa journée, de l’éveil, au plus près de nous, à l’endormissement, dans la lumière de l’aurore boréale, toujours en mouvement. L’enfant découvre ainsi ce que le vent écoute : le bruissement des feuilles quand le livre se transforme en arbre abritant oiseaux, branches et feuillages ; ce qu’il entend : quand une vache le salue ; ce qu’il voit : des oiseaux migrateurs qui le voisinent (portés par lui ?) ; ce qu’il crée, formes dans le désert, avancées dans la mer par le pouvoir de son souffle sur un bateau, etc. Un livre-spectacle qui introduit auprès des plus jeunes la fondamentale notion de climat.

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Boîte à rituels

La BBthèque vous présente aujourd’hui non pas un livre mais un kit plutôt pratique, série de 30 fiches pour aborder les rituels du quotidien en gestes et en musiques, bref par le biais de jeux autour des comptines :

Dans la boîte, on trouve un petit livret d’explications et trente fiches de comptines, réalisées par une psycho-motricienne et formatrice pour la petite enfance, Pascale Pavy, et illustrées tout en douceur par Hélène Chetaud. L’idée est la suivante : une fiche = une comptine = un rituel = un besoin chez le jeune enfant, assorti d’une proposition de réponse (mimée, rythmée, chantée) pour l’accompagner dans ses premiers apprentissages et le guider vers l’autonomie. Le rituel se donne ainsi à lire sous forme de carte plastifiée, support pour l’adulte comme pour l’enfant. Et les cartes sont classées en quatre grandes catégories, facilement repérables grâce à un code couleur :

  • cartes jaunes : début et fin de journées (réveil, séparation, endormissement)
  • cartes bleues : actions quotidiennes (continence, alimentation, sociabilisation)
  • cartes rouges : apprentissage des émotions
  • cartes violettes : calmer les peurs et anxiété

Parmi les comptines, on trouve beaucoup de reprises de chansons classiques pour enfant, dont les textes sont changés pour parler du sujet abordé. Par exemple, « sur le pont d’Avignon » devient « sur le pont de la colère », avec les paroles suivantes :

Sur le pont de la colère, on ne tape pas, on ne tape pas

Sur le pont de la colère, on s’y prend tout autrement

Les petits enfants font comme ça …

[mimer à l’enfant deux respirations profondes pour l’inviter à trouver le calme]

et puis encore comme ça…

[mime bis]

Le concept, ludique et sympa, permet d’aborder dans la joie, la bonne humeur voire la dérision, des questions critiques pour et avec les tout-petits ; il constitue une porte d’entrée pour anticiper ou aborder en légèreté des sujets complexes avec les bébés. L’affaire est d’autant plus drôle à partager avec les enfants quand ces derniers connaissent les versions originales des comptines… ce qui ouvre la voie (et la voix !) au second degré ! Quelques extraits ici (parmi lesquels le pont de la colère, hihihi ^^)…

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Doux rêves, doux rêveurs…

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une véritable anthologie poétique des rêveurs pour les tout-petits… et pour toute la vie : un très très beau livre, signé Isabelle Simler aux Editions courtes et longues, dont voici déjà la très très belle couverture…

C’est un ouvrage grand format (28 x 25 cm) de 80 pages s-il-vous-plaît… et qui sent bon le papier. C’est un album qui explore et apprivoise le monde de la nuit pour les tout-petits : il dit, à travers le dessin, le noir mais aussi et surtout toutes les lumières qui l’habitent. C’est une histoire qui restitue la vie, de manière sensible et sensitive, aux tout-petits, la nature dont ils font biologiquement partie.

Isabelle Simler livre ainsi, de double-pages en double-pages, des portraits d’animaux endormis en gros plan, dans leurs environnements, avec des traits si fins, si précis, qu’on en perçoit le moindre détail, qu’on aimerait les toucher. Les mots ne sont pas en reste pour décrire ces temps de sommeil et de rêves si essentiels à l’éveil… Quelques extraits deci-delà, de beaux poèmes qui accompagnent chaque portrait de dormeur :

le paresseux rêve en hamac

la baleine à bosse rêve à la verticale

le rouge-gorge rêve en pelote

la chauve-souris rêve à l’envers

le hérisson rêve à l’abri

l’hirondelle rêve à tire d’aile […]

l’enfant rêve sous la lune

Ce livre magnifique, qui capte le regard et retient l’attention des lecteurs de tout âge à la minute où on s’en saisit, a bénéficié de l’aide à la création littéraire jeunesse du Conseil départemental du Val-de-Marne et est offert comme cadeau de naissance à tous les enfants nés dans ce département en 2018… Vous trouverez d’ailleurs quelques éléments complémentaires et éclairants dans cette vidéo, où Isabelle Simler, l’auteur et illustrateur/trice de Doux rêveurs, explique sa démarche :

Bon voyage dans les contrées du rêve, à la frontière du réel et de l’imaginaire !

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Ouste le loup

Lumière sur un tout-cartonné qui aborde la question de la peur du noir en évoquant la technique du papier découpé… découpant l’espace pour mieux rappeler les mille et unes couleurs du jour à l’heure où tombe la nuit. J’ai nommé :

Les yeux du loup

de Javier Sobrino et Lucie Müllerová
aux éditions L’atelier du poisson soluble

Cet album, petit format carré, est un tout-cartonné qui représente des papiers découpés pour illustrer l’histoire narrée. L’histoire d’un enfant, Arián, qui s’adresse au bébé lecteur à la première personne pour lui exposer son problème :

Je m’appelle Arián.

Et quand on me couche, j’ai peur de m’endormir seul.

Etre plongé dans le noir ne me plaît pas du tout…

… car j’ai l’impression que le loup va venir et me manger.

Des images de bêtes menaçantes peuplent alors les pages du livre et l’imagination du petit Arián, qui sait très bien comment riposter et, généreux, livre au bébé lecteur la solution qu’il a trouvée pour surmonter sa peur du noir :

  • allumer la lampe de chevet
  • jouer, mentalement ou physiquement, avec ses jouets… beaucoup de peluches, douces, inoffensives, représentant pourtant dans la vraie vie des animaux dangereux : ours, tigre…
  • avec les parents, un moment câlin et une histoire du soir regorgeant de personnages auxquels s’identifier

Bien entouré de ses êtres de vérité et de fiction, trouver le sommeil, apaisé.

Mention spéciale aux illustrations, signées de l’artiste tchèque Lucie Müllerová, qui s’inspire, donc, du procédé de papier découpé, sur fonds de couleurs vives à mesure que l’enfant surmonte sa peur du noir (place au jaune, au bleu, à l’orange, au rouge, au violet !) ce qui donne une très belle ampleur graphique et esthétique à cet album, ode à la lumière et aux spectres de couleurs sublimant littéralement le noir et la peur que cette (non)couleur peut provoquer.

Vous pouvez feuilleter quelques extraits en ligne ici pour vous faire une idée…

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De quoi rêves-tu dans le noir ?

C’est l’hiver, la nuit tombe tellement tôt… c’est le moment ou jamais de se plonger dans un réjouissant livre phosphorescent pour faire briller les yeux des jeunes enfants :

De quoi rêves-tu ?, écrit et illustré par Hector Dexet aux éditions Amaterra, est un album qui joue définitivement la carte du passage du jour à la nuit, histoire idoine du soir dans la mesure où il met en scène des rêves… des rêves d’animaux d’abord (tes doudous, bébé lecteur…) et puis ceux du bébé lecteur lui-même (si ce n’est lui, c’est donc son frère)… représenté sous sa couette, endormi, en train de rêver, apaisé, lui aussi.

Explication : chaque double page représente, en pleine lumière, de jour donc, un petit être, et interroge ce qui se passe dans sa tête, une fois la nuit tombée quand il se trouve, de fait, plongé dans le noir le plus complet… La forme et le fond se marient ici à merveille pour offrir un très chouette spectacle aux enfants : grâce à la physique, la lecture devient magique… ! Car en plus de l’illustration et du texte classiques, chaque double page est doublée d’une illustration et d’un texte phosphorescents ; après le temps de lecture éclairé (sur un fauteuil placé à côté d’une lampe qui l’éclaire par au-dessus, c’est parfait…), on éteint la lumière et l’histoire phosphorescente prend le relais, donnant corps aux rêves les plus fous des différents personnages !

On peut lire tout le livre suivant cette technique, suscitant plaisir et émerveillement chez le jeune enfant : j’allume puis j’éteins, j’éteins puis j’allume, selon si j’allume ou si j’éteins, je ne vois ni ne lis la même histoire… Ce sont deux faces cachées qui se complètent, et puis c’est aussi un moyen intéressant, drôle et ludique, de surmonter et la peur du noir, et l’angoisse de la mise au lit, quand elles surgissent chez le tout-petit : notre sommeil aussi est rempli de vie…

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Noël dans ma poche

Noël s’approche… cette fête, au début de l’hiver, pleine de cadeaux et de surprises… de quoi inspirer Martine Perrin pour un tout petit livre —  8,5 cm * 8,5 cm — , tout cartonné, mignon tout plein, qui joue la carte du livre à trou, coucou-caché, quelles surprises Noël et le Père Noël nous ont réservé…

La couverture elle-même (rouge !) est découpée : étoile donnant sur des étoiles brillantes dans la nuit bleutée… C’est la veille de noël, le Père Noël n’est-il pas en train d’effectuer sa tournée, se demande le bébé ? Sûrement, « alors ce matin, j’ai sauté sur mes deux pieds », oh une page (bleue !) découpée : triangle donnant sur… « le sapin illuminé »… sous lequel « j’ai découvert, tout excité », oh une nouvelle page (verte !) découpée : carré, donnant sur… non pas un, mais « plein de cadeaux à déballer ! »

Jeux de formes et de couleurs vives

comme des papiers cadeaux !! 

La suite du récit, vous vous en doutez, c’est le grand déballage de ces mille et un cadeaux… le jeu de formes se poursuivant ainsi au gré des objets offerts :

  • un cercle ? un tambour bien sûr…
  • un losange ? un cerf-volant !!
  • un ovale ? un nounours…
  • un rectangle ? un livre
  • un cœur ? une carte de remerciements !

Et à la fin du livre, un quiz visuel pour déterminer si le tout petit se souvient de ce que chaque emballage cadeau contenait 🙂

Un très chouette premier album pour jouer et rejouer la magie de noël avec les tout-petits.

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Mon enfant de la Terre

Dors mon enfant et ne tremble pas,

ce n’est que le feu qui crépite sous le plat.

Comme toi, en Afrique, le bébé tête,

blotti dans son écharpe, le sein de sa mère.

Ainsi s’ouvre Mon enfant de la Terre, de France Quatromme, conteuse, et Sandrine Boniniaux, illustratrice, aux éditions des éléphants : un livre-berceuse, où chaque double-page décrit, par le verbe et par l’image, la mise au lit de bébés du monde entier, les différences, les ressemblances et, fondamentalement, l’appartenance commune des tout-petits à la même planète.

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L’entame est toujours la même, rythmant la lecture de ce carnet de voyage : « dors mon enfant et ne tremble pas », énoncé qui met en confiance le jeune enfant. Un tour du monde tout en douceur, qui se clôt ainsi :

Dors mon enfant et ne tremble pas,

Ce n’est que le murmure de nos rêves.

Comme toi, le monde entier s’endort

à la musique de la vie qui va !

Dors, dors mon enfant de la Terre.

Dors, dors et ne tremble pas.