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Dans le ciel

Après Mes envolées, et si on partait plus avant à la découverte du ciel avec les tout-petits n’enfants ? Un fil continu de poésie, de grandes et magnifiques illustrations ainsi qu’un texte d’information qui pose tout un tas de questions et prend le temps d’y répondre brièvement et simplement : c’est le pari réussi du premier documentaire Dans le ciel, écrit par Aurélia Coulaty et illustré par un duo d’illustrateurs et designers réunis au sein de l’atelier Bingo, aux éditions Amaterra :

Les images, expressives, colorées, empruntant à l’abstraction pour mieux mettre en scène le ciel, occupent la majeure partie des doubles pages, et le texte figure en-dessous, telle une légende, à gauche le mot, à droite l’explication, invitant le bébé lecteur à lever les yeux pour mieux observer le ciel en général, alternant points de vue fondamental et original, soit, en particulier… : le soleil, la pluie, l’arc-en-ciel, les cerfs-volants, le vent, les grues, l’aurore boréale, les lanternes célestes, l’âme des gens, la brume, la trace de l’avion, les montgolfières, l’orage, les abeilles, les graines de pissenlit, l’aube, le crépuscule, les étoiles filantes, les pigeons voyageurs, les machines volantes, la tornade, les nuages, les chauves-souris, la lune, les flocons de neige, les lâchers de colombes, la fumée, les feuilles d’automne, les feux d’artifice, les papillons, la grêle et la Voie lactée.

On passe d’un sujet à l’autre sans transition ou presque, et ce livre peut être lu du début à la fin d’une traite, comme au gré des petites mains qui le feuilletteraient dans l’ordre qu’elles voudraient ; on s’intéresse au climat, aux saisons, au jour, à la nuit, à comment, qu’on soit homme ou animal, voler et traverser le ciel, à ce que les hommes projettent et mettent dans leur tête quand ils regardent et investissent à leur tour cet espace immense au-dessus de nous. En bref, il s’agit là d’une superbe et inédite encyclopédie visuelle du ciel, dont vous pouvez découvrir quelques extraits ici

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Mes envolées

Qu’est-ce qui donne des ailes aux enfants ? Les éditions Dyozol, Emma Robert et Célina Guiné misent sur la poésie, dans un très bel album intitulé Mes envolées :

Le jeune enfant s’exprime ici à la première personne, c’est le narrateur, un brin rêveur, qui prend au pied de la lettre les expressions figurées qu’il entend dans son entourage :

Maman me dit souvent que je suis tête en l’air

Papa me dit parfois que je suis dans les nuages

Grand-mère me dit souvent que je n’ai pas les pieds sur terre

Maîtresse me dit que je suis toujours dans la lune

Métaphores de l’envol, l’enfant s’interroge et se dit qu’à la fois en effet il est physiquement là, mais que peut-être une partie de lui, un autre ou le même, un double peut-être, voyage sur Terre et dans les airs !? Pensées à hauteur d’enfant qui valent le déplacement ! Un joli moment de lecture à partager avec les bébés lecteurs, les bébés rêveurs, les bébés voyageurs ; l’occasion aussi d’expliquer aussi aux tout-petits que le langage est constitué de mots mais aussi d’images…

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Sous les étoiles…

Sous les étoiles… 

la terre…

Et sur la terre… ?

Au gré du vent…

vole…

un papillon.

Lumière aujourd’hui sur la réédition récente d’un très beau livre, tout cartonné, célébrant la vie en mouvement et les organismes vivants : Sous les étoiles… — du rôle fondamental des points de suspension —, signé Martine Perrin aux éditions Les Grandes Personnes :

Livre-objet, livre-jeu à manipuler… le concept à l’œuvre, c’est un imagier à dévoiler, par un jeu de découpes où le motif rond est roi, accompagné de couleurs vives annonciatrices de l’élément à trouver aux pages suivantes :

  • sous le cercle de la couverture, ciel empli d’étoiles… la Terre, multicolore ;
  • le feuillage, vert, de l’arbre émergera des courbes de la colline ;
  • le soleil, jaune, révélera ses rayons tout là-haut…

De page en page, le bébé lecteur découvre, toujours en quatre temps aka quatre pages — 1 : une image : un complément circonstanciel ; 2 : un cache, rond : un verbe ; 3. un trou, rond : suspens… quel sera l’être derrière la page ? 4. une image : l’être en action, soit le sujet de la phrase ! le tout exprimé via un duo de couleurs complémentaires propre à chaque séquence, mais qu’on retrouvera plus tard… sous une forme un peu différente… car l’existence est faite de résonances — l’essence éternellement renouvelée de la vie sur la planète Terre : le soleil, la pluie et le vent, les animaux volant et nageant, les végétaux fleurissant, et, bien sûr, pour parachever ce tableau, comme un cadeau à l’homme, le bébé naissant du ventre de sa maman :

Et sur la terre…

vient…

un enfant.

Une lecture poétique, graphique, symbolique et magnifique, accessible à tout âge pour les petits enfants… et les futurs ou déjà parents, donnant à voir ce qui ne se voit pas encore…, du moins à première vue.

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Tous les câlins du monde

Tous les câlins du monde (bien évidemment publié aux éditions Rue du monde) : voici un titre de livre bien alléchant pour les tout petits enfants et leurs parents…

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A l’occasion d’une balade forestière, Manuela Monari et Evelyn Daviddi racontent comment Papa Ours et Petit Ours voient le monde… un univers d’amour et de tendresse, vu à travers les yeux émerveillés d’un marmot confiant et heureux :

– Regarde, Papa ! Des nuages embrassent la montagne. Et là, les fleurs se serrent fort autour de leur cœur. Tout semble tenir comme collé par du miel !
– Tu sais, Petit Ours, dans l’univers, tout se fait des câlins ! Des poussières et des gaz forment ainsi des étoiles… C’est en s’étreignant très fort que l’air, le feu, l’eau et la terre fabriquent la vie sur notre planète. La mer nous berce dans une vague douce qui nous enveloppe. Le soleil vibrant embrasse la nuit. Et, un peu plus tard, ce sera au tour de l’obscurité d’embrasser la lune.

Ce n’est pas tout ! La verve de Papa Ours s’envole ensuite vers les flocons de neige, le givre, le vent, les nuages, le ciel, la sève, les feuilles, les branches, les nids, les oiseaux, les abeilles, les fleurs… et bien sûr, la douceur du miel :

Tout comme nos pensées embrassent nos rêves pour devenir des idées nouvelles et changer le monde.

Le dialogue filial s’achevant, bien évidemment, sur l’évocation des câlins parents-enfants… et de ceux entre parents qui donnent naissance à tous ces enfants !

Un livre-caresses entre contemplation, imagination et affabulations, servi par des illustrations douces et éternelles.

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Nuage

Lumière aujourd’hui sur un album, une fois n’est pas coutume, hongrois, signé Diána Nagy, aux éditions MeMo :

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Et c’est l’histoire… d’un tout jeune nuage, sobrement prénommé Nuage. Le saviez-vous ? Les nuages descendent parfois la nuit, près du lac, pour se reposer à la fraîcheur de l’eau et admirer les nénuphars. Pour Nuage, c’est la première fois… et le voici tellement enthousiaste, tellement affairé par ses mille et unes découvertes qu’il en oublie de remonter au ciel avec le reste de sa tribu avant le lever du soleil — l’ennemi n°1 des nuages, celui qui a juré leur fin !

Aïe aïe aie… Fort heureusement, Nuage, en copinant avec les éléments de la nature environnants, animaux notamment, trouve de précieux alliés pour l’aider dans son ascension :

  • les libellules, les abeilles et papillons, battent des ailes pour l’élever dans les airs
  • les fourmis messagères cherchent d’autres candidats (hérissons, écureuils) pour lui prêter main forte
  • tandis que les grands nuages, tout là-haut, tentent de cacher le soleil…
  • jusqu’à que le vent emporte Nuage… vers sa maman.

Un premier récit original, solidaire et sensible, ode à la nature vécue par un tout-petit, entre joie et larmes, bonheurs de la découverte et angoisses de la séparation et de l’inconnu. Les illustrations, très graphiques, déclinant un bleu de plus en plus lumineux et ne craignant ni la superposition des éléments ni l’expression du mouvement, renouvellent le genre de la fiction pour enfant, qui vient insuffler un vent de… fraîcheur pour les bébés lecteurs.