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Maître Corbeau…

Décidément, Thierry Dedieu relève tous les défis pour les tout petits dans sa collection  « Bon pour les bébés » que j’ai déjà eu l’occasion de vous présenter l’an dernier (c’était par ici) : cette fois, c’est une fable de La Fontaine, « Le Corbeau et le Renard », qui, grâce à lui, pourra être contée et re-contée aux bébés et, se faisant, rencontrer un franc succès !

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Souvenez-vous… à l’époque, cette collection, se fondant sur quelques principes-clés tels le choix d’un format géant, d’un graphisme noir et blanc et de textes importants à mettre à portée des plus jeunes enfants, naissait avec quatre titres relevant de genres étonnants pour le public visé : outre une comptine et un jeu de virelangue, du théâtre (rien de moins que Cyrano de Bergerac) et… tenez-vous bien, un théorème de maths (vous connaîtrez ainsi votre Pythagore du bout des doigts) ! Alors pourquoi pas une fable à présent ?

Dedieu ne change rien aux vers de La Fontaine, hormis dans la mise en page du texte, qui encourage l’adulte à lire ces vers comme de la prose : messieurs dames les bébés, cette fable est une histoire comme les autres.

Niveau illustrations : en page de couverture, Maître Corbeau (un tantinet circonspect) tenant en son bec un fromage ; première page : un paysage vierge, hormis un arbre sur les branches duquel le corbeau se perche, un fromage au bec ; page suivante, le renard, gueule ouverte, apparaît à proximité de l’arbre et repère sa proie ; page suivante, le renard, tandis qu’il persuade le corbeau d’ouvrir son bec, est lui-même représenté la gueule de plus en plus ouverte, et les crocs saillants ; page suivante, le corbeau, dupé, à son tour ouvre largement son bec tandis que le fromage amorce la descente escomptée ; page suivante, le fromage a été intercepté par la gueule du renard, désormais fermée et bien occupée ; dernière page, le corbeau, bec clos, a le regard mauvais de celui qui s’est fait roulé.

En bref, une mise en scène extrêmement belle et efficace (où l’on comprend bien que la bouche sert à la fois à s’exprimer & à manger), servant brillamment cette fable intemporelle.


Voici les références complètes de cet album pour vous aider à le trouver en bibliothèque ou en librairie :

Le corbeau et le renard [Texte imprimé] / Thierry Dedieu. Paris : Le Seuil jeunesse, 2016. – 1 vol. (12 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 38 x 28 cm.
ISBN 979-10-235-0666-2 : 14,50 EUR
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Contraires canins, contraires malins

Dans une veine graphique et design, voici un imagier dédié à l’apprentissage des contraires par le jeu, conçu la créatrice franco-suédoise Élo avec la complicité des éditions Sarbacane :

Les chiens (contraires)

les chiens contraires elo

Un petit livre animé tout cartonné et de forme carrée, qui invite le tout petit à appréhender un mot et son contraire en manipulant les différents pliages & rabats (accordéon, fenêtre, etc. !), entamant par la même occasion une partie de cache-cache avec une galerie de chiens surprenants et amusants. Le fil rouge de cette aventure ? l’univers canin, oui, mais aussi les variations de point de vue et le mouvement à l’origine de ces changements :

  • Un chien COURT et ramassé sur lui-même (note de fantaisie : qu’on se le dise, ce chien au pelage vert a des oreilles et des pattes tigrées rose & noir) s’allllllloooooonge et se transforme en LONG chien quand on soulève son corps constitué d’un rabat-accordéon ;
  • Un GROS chien (rouge à petits traits noirs), opposé à un chien FIN (et rose, à l’exception des oreilles et pattes alternant le jaune et le noir en mode spirale), devient carrément TRÈS GROS une fois ouvert son ventre faisant office de volet ;
  • DESSOUS le rabat, il y a un autre chien bleu (sauf les oreilles & pattes orange à taches noires… bien sûr). En rabattant ce rabat… surprise, un chien orange à taches noires (et oreilles bleues !) DESSUS ;
  • DEVANT le gros chien (rouge à pois noir, museau prune, oreilles grises pendantes) allongé, un chien fin (couleur vert amande, oreilles et pattes prune, et long museau jaune moutarde avec, en guise de piercing, un clou) se tient debout ; tourner le rabat (correspondant à la partie inférieure du gros chien) sur sa partie supérieure, et voilà désormais le chien fin DERRIÈRE le gros chien.
  • Un chien bleu ciel (dont je tairai la couleur des oreilles, des pattes et et du museau) se tient, selon la façon de manipuler le rabat qui le constitue, DEBOUT ou ASSIS ;
  • De même, d’autres chiens très originaux se retrouvent selon le bon vouloir manipulateur du jeune lecteur :
    • A POIS ou SANS POIS
    • DROIT ou TORDU
    • DEHORS ou DEDANS
    • DE FACE ou DE DOS
    • A L’ENDROIT ou A l’ENVERS !

Un album-documentaire astucieux et facétieux, pour que les bébés jouent en toute liberté tout en se familiarisant avec le vocabulaire décrivant comment ces drôles de chiens mais aussi ces farceurs d’humains — bref, comment tout un chacun — se situe(nt) dans l’espace, nom d’un chien !


Pour vous aider à trouver ce livre en librairie ou en bibliothèque, en voici les références complètes :

Les chiens : contraires [Texte imprimé] / Elo. – Paris : Ed. Sarbacane, 2016. – 1 vol. (20 p.) ; illustrations en couleur ; 17 x 17 cm.
ISBN 978-2-84865-854-4 : 12 EUR